PortailPortail  AccueilAccueil  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
{ What is the date today ? }

N'oubliez pas que l'histoire du forum suit le cours des saisons que nous vivons IRL à J+2 ans.

NOUS SOMMES EN 2017

Donc faites attention à vos dates de naissances et autres dates dans la chronologie de vos personnages.

{ Forum réservé aux membres déjà inscrits }


Le forum n'est plus administré.
Nous n'acceptons plus de nouvelles inscriptions pour le moment.
Pour toute demande de gestion
ouvrez un sujet dans la section réservée aux invités et un membre vous répondra.

{ Invité }

Si tu as cinq minutes
Fais un petit tour du côté du clic

Top Site #1 Top Site #2 Top Site #3 Top Site #4

"Ayez la clic attitude !"


Partagez | 
 

 Le Hasard fait bien les choses ? [Savy]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Mark Resnald
● Magic Touch ●

avatar

Nombre de messages : 104
Age du personnage : 24 ans
Signature : Mélusine
Avatar : Lux Aeterna
Date d'inscription : 02/04/2011
Coup de coeur : 3
Gallions : 4929

MessageSujet: Le Hasard fait bien les choses ? [Savy]   Sam 15 Juin 2013 - 16:53

Y'avait des jours comme ça.

Y'avait des jours comme ça, où rien n'allait. Où rien ne m'allait. Tout était dénué de sens et moi-même j'en faisais partie. Alors à quoi bon se réveiller là maintenant ? Je n'avais nullement envie de sortir du lit, harassé par des souvenirs trop présents et une Réalité vide de sens. Mes orbes dorées étaient grandes ouvertes, je scrutais mon plafond sans y déceler aucune réponse.
La main sur le crâne, j'avais mal. Comme si la veille, je m'étais pris une cuite monumentale, mais il n'en était rien. L'alcool et moi ça faisait deux. Et ça le fera toujours. Je soupirais, exhalant une brume tiède dans la pièce déjà chaude. Je me retournais dans le lit, pour pouvoir attraper le verre rempli d'eau présent sur la table de chevet. Et de me rendormir à moitié ...

Bordel. Je détestais quand j'étais amorphe comme ceci ! Ça ne présageait rien de bon, pour le restant de ma journée.

Puis, merde, je devais me bouger le chaudron sinon je n'arriverais à rien. Alors je sortis de mon lit en bâillant ostensiblement. Je me pliais de telle sorte que je faisais craquer toutes les parcelles de mon corps. Là, ça faisait du bien. Et direction une bonne douche ... froide. Hurlant de rage, oui le chauffe-eau ou je ne sais quoi, avait encore grillé, je me retrouvais dans la douche transi de froid.
Bien sûr étant dans un appartement moldu à souhait, l'usage de la baguette était prohibé. Je devrais donc prévenir mon très cher concierge pour que ce dernier se démène pour trouver un plombier.

Bordel de vie.

J'étais crevé depuis pas mal de temps, sujet à des insomnies notoires et récurrentes et là, je me retrouvais à me rincer sous une eau glacée. Putain ... M'emparant d'une serviette propre et chaude, merci quand même, je me séchais. Je m'habillais sobrement et sombrement. Jean foncé, sweat-shirt noir et baskets. Tournant en rond dans cette appartement, très peu pour moi. M'emparant de ma veste en cuir, je sortais en descendant les escaliers quatre à quatre. Ce qui fit grommeler mon concierge, auquel je répondis par un large sourire et un salut de la main.
Déambulant dans la rue main dans les poches, je n'avais nul but. Nulle exigence. Juste oublier qui j'étais pour une journée. Un Résistant, amoureux d'une rouquine croisée il y a de cela deux années à New-York et portant une affection démesurée à sa chère cousine disparue. Je me frottais la tête, marchant toujours sans but, sans repères. Mon ventre me rappela à l'ordre, j'avais faim. Visiblement. Croquant dans ma viennoiserie française, je m'engageais dans une ruelle. Qui débouchait sur quoi au final ?
Un charmant café, petit de part sa taille mais grand par sa fréquentation. Intrigué je regardais par la vitre, cherchant une connaissance par automatisme. Mais il me semble et je pense ne pas me tromper, me trouver du côté Moldu. Alors autant se faire discret, ma baguette étant par habitude bien cachée à la vue de tous.

Il y avait du monde. Ce qui allait changer de ma solitude pour une fois. Bien que je n'étais nullement habitué à tout ce brouhaha incessant. Mais bon, pour une fois.

Poussant la porte de l'établissement, je rentrais dans celui-ci sans aucun bruit. Mais toutes les têtes se tournèrent vers ma personne. Il y eut cette sale minute de malaise, où tout les regards étaient braqués sur moi et moi seul. Merde.
Au lieu de m'asseoir dans le fond de la salle, je décidais, d'un pas nonchalant mais néanmoins alerte de me rendre au comptoir afin de passer commande.

C'était une jeune femme. Très jeune même qui se trouvait derrière le comptoir. Souriant et dardant mes yeux dorés dans ceux de la demoiselle, je commençais à lui parler :


- Est-ce que je pourrais avoir un truc qui puisse me réveiller ? Vous auriez quoi en stock ?

Nouveau sourire engageant, tandis que je scrutais la salle. Salle qui avait repris ses occupations.

- Sinon mettez moi un Whisky-Pur ... Ouais, un Whisky. S'il vous plaît.

Vraiment, quel lieu pittoresque.
Bordel, je m'ennuyais déjà.
A croire que je suis comme une femme, je sais jamais ce que je veux.
Revenir en haut Aller en bas
Savannah Brooks
● Humain ●

avatar

Nombre de messages : 16
Age du personnage : 18
Habitation : Londres
Occupation : Etudiante
Signature : Savy
Avatar : Venus
Date d'inscription : 10/04/2012
Coup de coeur : 0
Gallions : 4054

MessageSujet: Re: Le Hasard fait bien les choses ? [Savy]   Jeu 20 Juin 2013 - 0:07

Samedi matin + fin de printemps + soleil = affluence. L'équation gagnante des cafés du monde entier, qui voyaient leur clientèle exploser avec l'arrivée des beaux jours et l'approche des vacances estudiantines. Un calvaire pour ceux qui, comme moi, payaient les études en questions avec quelques heures de travaux forcés entre les salles bondées et bruyantes, les terrasses trop ensoleillées et les pauses clopes avec des collègues tout aussi crevés et dépourvus de conversation comme d'intelligence.

Certes, le petit café où je travaillais à temps partiel depuis presque deux ans n'avait qu'une minuscule terrasse et j'étais maladivement réfractaire au tabac, mais là n'est pas le sujet. Le vrai problème, c'était ce foutu soleil éclatant qui me narguait de ses rayons brûlants, comme s'il cherchait à me faire regretter de bosser au lieu de sortir ma gratte pour en tirer quelques notes de musique.

Eh bien il n'avait pas à faire tant d'efforts, parce que je le regrettais déjà à l'instant même où je m'étais réveillée. Vie de merde.

J'étais accoudée depuis bien cinq minutes au bout du comptoir, la tête ailleurs, à ruminer mes griefs contre cette foutue société qui forçait les gens à travailler comme des forcenés sans pouvoir profiter des petits plaisirs de la vie, quand Jake, le barman, me tapota plus ou moins gentiment le coude du doigt. Je tournai la tête vers lui et le trouvait accoudé également au bar, face à moi, son visage bien trop près du mien à mon goût. J'affichai une moue blasée pour toute réaction : j'avais l'habitude de sa familiarité excessive, et surtout de ses petites techniques de drague pas toujours subtiles auxquelles je m'étais fait un devoir de résister. Il était mignon, oui, mais il fumait - et il savait pertinemment à quel point j'avais horreur de ça.


-Eh bien, ma toute belle, on s'ennuie ?

-Haha, lâchai-je, sarcastique. C'est sûr, je m'ennuie comme un rat mort. Mes cinq premières minutes de repos depuis le début du rush et je m'ennuie comme un rat mort. T'as l'œil, toi.

Il eut un sourire tout aussi sarcastique que je décidai d'ignorer.

-Plutôt que de rêvasser pendant tes heures de boulot, tu voudrais pas me remplacer le temps que je me fume ma clope.

Je levai les yeux au ciel - bein voyons ! C'était tellement prévisible que j'aurais dû le voir venir. Je le poussai sans ménagement hors de son territoire sacré en grommelant un "va plutôt te la bouffer, ta clope" qui lui tira un franc éclat de rire et le regardai sortir en songeant non sans frustration qu'il faudrait peut-être que je me mette à la fumette, moi aussi. Ah oui, autre détail important ici : ceux qui ne fumaient pas n'avaient pas de pause. Je vivais vraiment dans un drôle de monde. Une fois encore, vie de merde.

La porte s'était à peine refermée derrière Jake qu'elle se rouvrait sur un nouveau client. Et là... silence. Je relevai la tête de mes verres et compris instantanément ce qui avait autant attiré l'attention de l'assistance : le type qui se tenait dans l'entrée, visiblement embarrassé d'être ainsi scruté par tout le monde, n'était pas fait pour passer inaperçu, loin de là. Il avait un charisme étrange, presque sauvage, qu'il était impossible d'ignorer. Une présence folle qui ramenait sans pitié les faibles à leur insignifiance. Quant à ses yeux... Des filles moins averties se seraient damnées rien que pour un regard de lui. Et peu importe que cette beauté diabolique affiche une mine à moitié hagarde comme à cet instant.

Diabolique, oui. Parce qu'à la seconde où je l'avais vu, une image s'était imposée à moi avec force : celle d'un démon usant des artifices des anges pour dissimuler sa noirceur.

Diablement appétissant malgré tout.

Il finit par s'approcher du comptoir, d'un pas plus vif et assuré que ce que son expression fatiguée pouvait laisser croire, et me lança un large sourire à faire se pâmer les plus émotives - ou à faire froid dans le dos. Je soutins son regard perçant avec toute la maîtrise de moi que je pouvais avoir, refusant de céder au malaise que créaient chez moi ces inquiétants iris d'or en fusion. Il était du genre à briser des cœurs. A faire faire des cauchemars, aussi. Impossible d'oublier le jour où l'on croisait la route d'une créature telle que lui.

Il parvint à me faire hausser un sourcil moqueur dès les premiers mots - ok, je ne m'étais pas attendue à un gentleman extraordinaire, ni à une intelligence hors du commun, mais là, franchement, il cassait allègrement le mythe. Et sans complexe.


-De quoi vous réveiller ? Nous avons un bon café en stock, si ça vous dit, répondis-je non sans ironie en détaillant les cernes qui assombrissaient son visage diablotin.

J'étouffai un éclat de rire malvenu lorsqu'il préféra me demander autre chose - malvenu parce que ça ne faisait pas exactement partie du manuel du bon serveur selon mon patron. Autrement je me serais bien payée une bonne barre de rire. Il me demandait un whisky. A 10h du matin. Et tout ça avec un air sûr de lui qui valait bien tous les Jake du monde.


-Un whisky dès le matin ? dis-je sans faire le moindre effort pour cacher ce que je pensais d'une telle lubie. Pur, en plus. Un whisky pur. Dès le matin. Vous êtes sûr que vous préférez pas mon café ? C'est bien meilleur pour la santé, vous savez ? Mais bon, moi, je dis ça, c'est vous le patron...

Je me retournai pour saisir la bouteille sur une étagère en verre et refis face à ce drôle d'oiseau avec un sourire presque sadique, m'attendant déjà à ce qui ne manqua pas d'arriver : il s'attira de nouveau l'attention d'une partie des clients, qui le fixèrent d'un air franchement réprobateur... Mon sourire s'élargit.

-Vous êtes sûr de vous ? insistai-je en agitant doucement la bouteille au-dessus d'un verre vide, faisant tanguer le liquide ambré dans un gloup-gloup pas très engageant.
Revenir en haut Aller en bas
Mark Resnald
● Magic Touch ●

avatar

Nombre de messages : 104
Age du personnage : 24 ans
Signature : Mélusine
Avatar : Lux Aeterna
Date d'inscription : 02/04/2011
Coup de coeur : 3
Gallions : 4929

MessageSujet: Re: Le Hasard fait bien les choses ? [Savy]   Jeu 20 Juin 2013 - 23:43

Bien.

J'avais échoué dans ce bar plus par dépit que par intérêt. J'étais du côté des Moldus et même si ma condition me savait supérieur, j'étais comme une bête curieuse. Cela ne m'était jamais arrivé car conforté dans les idées de la Dynastie BloodDust, j'étais l'Héritier, Mark Resnald et j'étais fort.
Oui, mais on avait changé la donne. L'Héritier, je ne l'étais plus. J'avais laissé ma place à Loevi, car j'étais lâche. Extrêmement lâche. Elle avait du supporter à elle seule, les désagréments de cette Dynastie décadente, car moi en plus d'être lâche, j'étais mort. Elle avait du me croire mort, comme plusieurs de mes camarades. J'avais trompé les foules.
Et je me retrouvais là, dans ce bar rempli d'humains dépourvus de pouvoirs, à commander un Whisky pur, à 10 heures du matin. Alors que d'autres en étaient à peine au petit-déjeuner.

Et merde.

Distrait, j'écoutais la petite barmaid me faire un sermon dans les règles de l'art. Je soupirais, passablement énervé d'un tel comportement. Comment osait-elle ? Elle était payée pour servir les clients. Point barre, alors le reste je m'en fichais. Comme un gamin puni, je fis la moue. En même temps, elle avait douloureusement raison, aux yeux des charmants Moldus, je passais pour un alcoolique notoire.
Whisky à 10 heures du mat', ça le faisait moyen. Je posais mes gants de cuir noir sur le bar et en tapotais le bois, sans rien dire. Pour une fois, on me mettait à l'épreuve et j'avais écouté. Bordel, ça me foutait les boules.


- Hm Grommelais-je énervé. Je veux bien un café. Mais le plus noir que vous ayez.

Sans sucre, sans lait. Noir.

Je vis arriver une jeune femme près du comptoir, souriante, qui n'hésita pas à se pencher et me montrer le galbe impeccable de ses jambes.


- Savannah ! Tu pourrais me mettre une formule petit-déjeuner, s'il te plait ! Je dois reprendre le boulot dans moins d'une demi-heure ! Tu serais adorable !

Ben voyons.

- Hééé, dis donc beau brun. T'es pas d'ici toi ? Je me trompe. Et ton regard ... flippant.

- Non, et merci.

J'attendais mon café, visiblement préoccupé. Qualité de Résistant. Je me tournais dos à la barmaid et scrutais la salle, des jeunes femmes me souriaient, des hommes, probablement leurs petits copains, me fusillaient du regard.
Personnellement, je trainerais pas longtemps. Vraiment pas.


- Au fait, c'est quoi ton petit nom ? Ne pus-je m'empêcher de demander.

Au pire j'étais pris pour un pervers. Chouette.
Revenir en haut Aller en bas
Savannah Brooks
● Humain ●

avatar

Nombre de messages : 16
Age du personnage : 18
Habitation : Londres
Occupation : Etudiante
Signature : Savy
Avatar : Venus
Date d'inscription : 10/04/2012
Coup de coeur : 0
Gallions : 4054

MessageSujet: Re: Le Hasard fait bien les choses ? [Savy]   Lun 1 Juil 2013 - 22:06

Mwahaha. Comme prévu, mon petit diable me fixa droit dans les yeux d'un air très mécontent, pesant visiblement le pour et le contre. Ça se voyait comme son beau petit nez au milieu de sa diabolique figure qu'il avait envie de m'envoyer paître sans mettre de gant - même si, je m'en aperçus par la suite, il portait effectivement des gants, et en cuir noir s'il vous plaît. D'un autre côté, j'avais parfaitement raison et nous le savions très bien tous les deux. Les regards de l'assistance pesaient toujours sur nous, comme dans l'attente d'une conclusion intéressante - "Baston !" semblaient nous crier certains d'entre eux, brillant un peu trop d'anticipation.

Malheureusement pour eux, le démon aux yeux d'or rendit les armes avec toute la dignité dont il pouvait de draper - c'est à dire, pour le coup, assez peu - et se rabattit piteusement sur mon café maison. Mon sourire s'étira sur le côté, narquois, tandis que je savourais ma petite victoire avec une joie toute sadique. Un café noir de chez noir, donc, en lieu et place d'un whisky pur. Je replaçai la bouteille sur l'étagère, derrière moi, et m'affairai sur la cafetière grande distribution en sifflotant gaiement - bon j'admets, pour le "fait maison" c'était pas encore ça, mais au moins je n'étais pas responsable du fossé qui séparait l'appellation d'origine incontrôlée de la dure réalité. De toute façon, il allait l'avoir, son café super corsé. Et pas question de se plaindre de son amertume écœurante...

C'est alors que la voix bien connue d'une habituée et presque amie me parvint par-dessus le chuintement désagréable de la machine pour commander le traditionnel petit déjeuner de la miss. Un sourire ravi s'épanouit tout de suite sur mes lèvres tandis que je me retournais pour lui répondre avec le ton chaleureux que je n'adressais qu'à elle.


-T'inquiète pas, Fanny, tu vas l'avoir à temps, comme tous les matins. Et bonjour à toi aussi, conclus-je avec un soupçon d'ironie, en lui lançant un clin d'œil qu'elle me rendit malicieusement...

... avant de se tourner vers le beau brun qui attendait toujours son café noir. Ok, petite précision, pour ceux qui se poseraient la question : oui, Fanny est une croqueuse d'hommes chevronnée. Et comme elle est d'une beauté remarquable, quoique pas forcément classique, il y en a très peu qui lui résistent. En fait, un seul - mais il se trouve aussi qu'il s'agit de l'amour de sa vie, l'inaccessible patron de la boîte où elle travaille, donc elle se rabat sur ce qui reste : c'est à dire la moitié masculine de la planète. Elle n'est pas difficile.

Je la vis donc se pencher vers le beau diable inquiétant qui siégeait comme un roi à mon bar - un prince, en fait, presque un prince des ténèbres avec sa mine sombre et ses vêtements de cuir noirs assortis - pour tenter une approche... qu'elle étouffa presque dans l'œuf. Certes, elle était très clairement fascinée par ce regard troublant aux reflets pas ordinaires, mais aussi un brin effrayée, c'était flagrant. Et quand l'inconnu se permit de prendre le qualificatif "flippant" comme un compliment, elle tourna vers moi une expression interloquée qui trouva pour toute réponse un haussement d'épaules blasé. Ce lascar-là avait une araignée au plafond, ça ne faisait pas un pli. Mais bon. Pas mon problème.

La machine à café rendit son dernier crachotement et j'attrapai la tasse fumante pour la poser sur le comptoir à côté du coude en cuir, avec un vague espoir qu'il la renverse en se retournant pour la saisir. Ce qui faillit bien arriver de ma main quand il reprit la parole à brûle-pourpoint. J'échangeai un regard perplexe avec Fanny, qui se posait visiblement les mêmes questions que moi :
1/ Déjà, à qui s'adressait-il ? Il observait la salle d'un air absent, toujours aussi hagard, un peu comme s'il avait oublié notre présence, aussi bien la mienne que celle de Fanny.
2/ Etait-il sourd ? Enfin quoi, chacune de nous avait interpellé l'autre en utilisant son prénom, de façon parfaitement audible. Il fallait être soit sourd - soit déjà complètement shooté au whisky à 10h du matin - pour ne rien avoir entendu.

J'émis un ricanement silencieux et me saisis à nouveau de la bouteille, la brandissant comme pour assommer l'étrange phénomène qui s'était incrusté dans ma matinée tranquille. J'obtiens en retour quelques hochements de tête amusés et approbateurs de la part de plusieurs mecs dans la salle. Fanny étouffa un pouffement derrière sa main - pas très discret mais pour un peu, il était aveugle aussi.


-Moi c'est Colleen, et elle Samantha, finis-je par répondre avec tout le sérieux possible - ce qui n'était pas si aisé avec cette pauvre Fanny qui pleurait presque de rire.

Il faut dire que, cette fois, je faisais miné de poser la bouteille en équilibre sur la tête dodelinante du grand diable défoncé. Même Jake, pourtant toujours dehors avec sa clope, se tordait de rire sur le pavé. Bon, la jolie rousse qui se déhanchait devant lui y était sans doute aussi pour beaucoup.
Revenir en haut Aller en bas
Mark Resnald
● Magic Touch ●

avatar

Nombre de messages : 104
Age du personnage : 24 ans
Signature : Mélusine
Avatar : Lux Aeterna
Date d'inscription : 02/04/2011
Coup de coeur : 3
Gallions : 4929

MessageSujet: Re: Le Hasard fait bien les choses ? [Savy]   Lun 1 Juil 2013 - 23:13

Hm.

J'avais préféré opter pour le café noir de chez noir, plutôt que pour le Whisky pur à dix heures du mat'. Bien qu'en cet instant précis, me délecter d'une dose d'alcool m'aurait réveillé. Mais, je ne tenais pas l'alcool. Quand nous fêtions nos réussites à Poudlard des matches de Quidditch, j'étais souvent le seul à boire tout le jus de citrouille. C'était ma foi, assez pathétique. Je sentais venir le mal de crâne grandissant que cette serveuse me donnerait dans quelques instants.
Elle, et son ami nymphomane. Car adepte de la gente masculine, il y avait. Je regardais cette jeune femme qui me faisait un rentre-dedans notoire, il fallait être aveugle pour ne pas le remarquer, auquel je ne répondis rien. Mes iris dorées scrutaient la salle, sans vraiment voir la populace qui s'y trouvait. Merde, j'étais crevé. L'une de mes mains occultée par le cuir noir s'empara de la tasse encore fumante. Je sentis le liquide noirâtre, et ne pus qu'apprécier à moitié. Pourquoi avais-je commandé un café ? Je détestais ça en plus.
J'étais à l'ouest complet, et sa mixture dégueulasse n'allait pas arranger les choses. Mais, conscient que cette dernière allait me booster un tant soit peu, je la bus d'une traite.

J'avais raison : dégueulasse.

Je reposais la tasse sur le comptoir avec un bruit sec. Les deux jeunes femmes agissaient de concert, tout en me regardant. La serveuse, répondant au doux prénom de Savannah se foutait royalement de ma gueule. Elles étaient deux, avec la moitié de la salle ici présente. Et l'autre intoxiqué de la nicotine qui prenait sa pause dehors. Non, je ne devais pas péter les plombs. Me frottant l'arrête du nez sans mot dire, je tentais de me calmer. A Serpentard, j'appréciais déjà moyennement qu'on se paye ma tronche, alors en grandissant. Bien que ces deux demoiselles étaient fortement charmantes, je n'avais pas envie d'être d'une agréable compagnie.
Lentement, je me retournais vers la jeune femme qui m'avait servi son immonde boisson, et je la fixais de mon regard doré. Ce dernier n'était pas habituel et certains s'en doutaient. Mais cela m'avait valu quelques compliments, et j'étais rempli d'orgueil rien que d'y repenser. Mais là, n'est pas la question. J'avais juste envie de commettre une exaction dans son bar purement et simplement.
Avec un léger sourire mutin, je passais derrière le comptoir, faussant compagnie à "Miss croqueuse d'hommes" et "Miss je te fais un café dégueulasse", pour me servir cette fois-ci ... Aucune idée, mais foutre la pagaille dans son bar, ça ce serait cool.

Délicieusement gamin mais cool.


- Le patron offre la tournée ! Hein Savannah ? Hein Fanny ? Répliquais-je en les fixant ostensiblement tout en souriant. Tandis que la clientèle attroupée n'en demandait pas mieux, je m'extirpais du comptoir pour me rapprocher des deux jeunes femmes et les prendre par la taille. Au pire cette fois-ci je n'étais pas Mark Resnald, mais Adrian Gray. Le même patronyme que j'avais employé quand je l'avais rencontrée. Elle. Ces deux greluches n'étaient rien à côté. Enfin, si un peu de divertissement dans ma matinée emmerdante.

Tout sourire je m'éloignais d'elles. Ce n'est pas que je m'ennuyais, mais il n'y avait aucune action ici. Quoique si, peut-être. Je vis le type écraser sa cigarette sur le sol et revenir vers l'établissement. Alors que je me préparais à partir, ce dernier posa sa main sur mon épaule. Non, mec. Mon regard doré s'étrécit de plus en plus, je n'aimais pas ce contact, mais l'autre ne s'en formalisa pas.
Mais quand il tomba nez-à-nez avec mon expression froide et mon regard doré qui en disait assez long sur ce que je pensais, il retira sa main in extremis, comme s'il s'était brûlé.
Il semblerait qu'il apprend vite le garçon.


- Au plaisir Savannah. Ne pus-je m'empêcher de rétorquer, un sourire carnassier figé sur mes lèvres mates.

Quoiqu'après tout, c'était pas si mal d'embouser son monde. Non ?
C'était drôle surtout.
Enfin pour moi. Mais je persistais à croire que tout le monde n'avait pas le même humour que moi ...
Et ça, c'était bien triste.
Revenir en haut Aller en bas
Savannah Brooks
● Humain ●

avatar

Nombre de messages : 16
Age du personnage : 18
Habitation : Londres
Occupation : Etudiante
Signature : Savy
Avatar : Venus
Date d'inscription : 10/04/2012
Coup de coeur : 0
Gallions : 4054

MessageSujet: Re: Le Hasard fait bien les choses ? [Savy]   Dim 14 Juil 2013 - 14:53

Il fallait s'y attendre, l'intrus n'avait pas aimé le "café maison" du patron - fait avec la machine antédiluvienne au bruit d'enfer et corsé comme il l'était, ça n'avait en soi rien de franchement étonnant, loin de là. Par contre, la grimace que l'infâme breuvage lui tira valait à elle seule le détour, et même Fanny avait l'air d'accord avec moi. Il n'avait apparemment pas plus apprécié mon sens de l'humour, pourtant visiblement partagé par ma très chère Fanny et l'ensemble des clients du café, ou peu s'en fallait. Peut-être que le fait de se sentir comme le dindon de la farce y était pour quelque chose ? Moi je dis ça...

Il se tourna vers moi avec un rictus figé entre l'amusement et la menace qui en aurait inquiété plus d'un, mais je n'étais pas du genre à me laisser intimider et son regard d'or me laissa de marbre, maintenant que je m'y étais un peu habituée. D'un autre côté, c'était clairement annonciateur d'embrouilles, et je n'avais pas l'intention de le laisser faire n'importe quoi sur mon lieu de travail. J'avais déjà assez de problèmes comme ça. A première vue, je devais être capable de gérer la situation sans aide - au pire, je pouvais toujours appeler Jake à la rescousse, mais tant que je pouvais éviter d'en arriver là...

Espoir déçu : à voir le comportement parfaitement puéril du bonhomme qui s'était glissé derrière le comptoir pour offrir une "tournée du patron" avec un enthousiasme débordant, gérer la chose toute seule allait peut-être se révéler plus ardu que prévu. Je jetai un bref regard à l'extérieur, où Jake s'était décidé à aborder la plantureuse rousse et la draguait ouvertement, avant de revenir sur notre fauteur de trouble de la journée. J'allais devoir me débrouiller toute seule pour l'instant. Génial.

Au moins, il avait bien retenu nos vrais noms, contrairement à ce qu'il nous avait laissé entendre. Abruti.

Il nous attrapa par la taille, Fanny et moi, nous couvant d'un regard aussi séducteur que moqueur avant de nous lâcher pour s'éloigner vers la sortie. Me faut bien avouer un truc : c'était dans ce genre de situations que je regrettais de ne pas être sorcière et de ne pas avoir de baguette magique sous la main. Ce crétin en aurait pris pour son grade, pour le plus grand plaisir de toute l'assistance. En attendant, j'allais devoir gérer cette tournée impromptue que personne n'allait payer.

Ce fut heureusement à cet instant précis que, abandonné par sa rousse, Jake revint en scène. Il se planta à côté du démon, lui plaqua la main sur l'épaule et vrilla son regard le plus menaçant dans son regard d'or. Je crus qu'enfin les choses allaient bien tourner - jusqu'à ce que Jake retire brusquement sa main, yeux écarquillés, comme s'il s'était brûlé.

Eh ! Non mais quoi ? Jake !

Je quittai rapidement l'arrière du comptoir pour aller le retrouver alors que l'autre me saluait avec sarcasme. Je ne pus m'empêcher de grimacer et répliquer. Chassez le naturel...


-C'est ça, au plaisir. Si ça pouvait être à votre enterrement ce serait parfait.

Jake me rejoignit à mi-chemin, se rapprochant de moi dans un mouvement protecteur qu'il ne me vint même pas en tête de critiquer. J'avais comme un brusque pressentiment qui me poussait à fuir, me cacher. Cet homme me mettait mal à l'aise - au temps pour mon sang-froid.
Revenir en haut Aller en bas
Mark Resnald
● Magic Touch ●

avatar

Nombre de messages : 104
Age du personnage : 24 ans
Signature : Mélusine
Avatar : Lux Aeterna
Date d'inscription : 02/04/2011
Coup de coeur : 3
Gallions : 4929

MessageSujet: Re: Le Hasard fait bien les choses ? [Savy]   Mer 7 Aoû 2013 - 16:22

Ah ah.

Je m'étais amusé un petit temps en leur compagnie. Ma foi, ils m'avaient tous un peu diverti, mais maintenant je m'emmerdais. A croire que ce bar miteux, me manquait déjà. J'entendis la serveuse, répondant au doux prénom de Savannah, me hurler des insanités. Souriant, je sortis du pub, où un vent frais m'accueillit.
J'étais bien, et je regardais le ciel couvert par d'épais nuages sombres et énormes. La pluie, quant à elle, n'allait pas tarder à tomber. En même temps, sur Londres, c'était normal. Mais connaissant les derniers orages, je devais me mettre à l'abri. Et étant du côté moldu, me pavaner avec ma baguette, allait me faire défaut.
Au pire, j'irais m'abriter, dans un pub, plus sympa que le dernier qui m'avait accueilli.

Comme c'est chouette.

Alors que je déambulais dans les ruelles étroites du Londres moldu, un visage connu me regarda étrangement. C'était Lucas Spandle, le guide que j'avais remplacé dans le musée d'art contemporain, où je travaille désormais. Autant dire que je suis un néophyte tout ce qu'il y a de plus beau dans l'Art. Mais lors de l'entretien, j'aurais été plus à même de me défendre et d'assurer avec ma belle gueule.
C'est pourquoi, le conservateur m'avait choisi au détriment des autres. Alors que l'Art, j'y connaissais cacahuète ! Et c'était donc comme cela, que je remplaçais quand je le pouvais le type que j'avais malheureusement en face de moi. Mains dans les poches et tête baissée, j'avançais en ayant un infime désir, celui qu'il ne m'ait pas remarqué ...


- Hé ! Adrian ? C'est toi ? Hé mec, tu fiches quoi ici ?

Et merde.

Sourires et accolades au rabais, voilà ce que j'obtenais. Pour toute réponse, je le fixais de mon regard doré et j'émis un demi-sourire. Poli mais distant. Le blond ne s'en formalisa pas et continua de m'asséner toutes ces civilités et ses questions. Questions, qui restèrent en suspens. Bordel, si je m'étais barré cinq minutes plus tôt, j'aurais pas rencontré cette tête de Troll. Mais évidemment, la Chance n'était nullement de mon côté.
Marchant à mes côtés, j'avais envie de lui jeter tout mon venin pour qu'il parte, il m'entraîna dans le quartier que j'avais quitté auparavant. Même bar, même ambiance pourrie.
Mec, tu crains.


- Allez viens ! Tu verras ! Savy est vraiment adorable et gentille !

- Merci, mais j'ai déjà donné. Rétorquais-je en rebroussant chemin. Mais il fallait croire que l'homme ne comprenait rien. En effet, il me stoppa dans ma démarche et m'amena de force, dans ce bar miteux. Cette fois-ci, le silence régnait en maître, tandis que la cohue se trouvait au bar. Ça, c'était mon œuvre.

Souriant, non fallait pas pousser, je consentis à suivre le petit blond qui visiblement, avait déjà ses petites habitudes. J'étais déjà gavé.


- Savy ? Quand tu seras moins débordée, tu pourras me mettre un café au lait, s'il te plaît ? Et toi Adrian ?

- Pas de café. Répliquais-je d'une voix froide. Un thé noir, fera l'affaire. Ton plus doux mais dénué de sourire.

Je n'étais pas masochiste.
Quoique si, un peu pour m'être laissé entraîner ici.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Le Hasard fait bien les choses ? [Savy]   

Revenir en haut Aller en bas
 
Le Hasard fait bien les choses ? [Savy]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» La nature fait bien les choses ?PV Dentô Shinji ?
» Le hasard fait bien les choses...| Conrad
» [RP] Le hasard fait bien les choses...
» Le hasard fait bien les choses. [Bartemius Croupton Jr.] TERMINÉ
» Le hasard fait bien les choses ! [Ludmila Parker]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
L'Alternatif :: Les Pays Unis de la Résistance :: Londres ● Capitale des PURs :: Commerces & Administrations-
Sauter vers: