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 Le Royaume de Myr

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Egon Sutham
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MessageSujet: Le Royaume de Myr   Mar 4 Mar 2008 - 15:20

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I

L'arrivée




Il faisait lourd, il ne cessait de pleuvoir à grosses gouttes.


J’avais toujours pensé que les enfers n’étaient que chaleur et atmosphère torride mais à traverser ses contrées rocailleuses sur lesquelles sévissait une pluie diluvienne et continue, force fut de constater que l’enfer n’était qu’un caillou rempli d’eau. Une coquille inhabitée abandonnée sur une plage inébranlable. Où sont donc toutes les âmes damnées ? Où est Ghilda ?


Egon marcha longtemps sans trouver âme qui vive. Ici, il n’y avait pas de soleil, pas de lune, pas de temps. Le ciel était un amas de nuages épais et sombres où l’orage tonnait comme une musique continuelle. Il n’y avait pas de couleurs chatoyantes. Pas de verdure. Rien qui ne fût en vie. Tout était le gris bleu des nuages, le noir de la pierre qu’il foulait de ses pas fatigués, le rouge sang du ciel qui pleuvait ses trombes diluviennes et l’ocre des troncs d’arbres décharnés.


Il vit une montagne au sommet de laquelle brillait un feu. Il marcha vers l’antre. Plus il s’approchait, plus les hauts remparts protégeant la montagne grandissaient. C’était une ville et non pas une montagne. Une ville au milieu de laquelle une tour lugubre et imposante avait été érigée. Au dernier étage de cette tour, des flammes.

Arrivé devant la muraille, Egon rencontra enfin les premiers êtres depuis le début de son périple. Ses pieds nus sur la pierre humide le brûlaient. Il saignait. Et laissait derrière lui des flaques de sang vite dissoutes par la pluie.

- Qui va là ? s’écria un des gardes de la Grand Porte.

Egon ne savait pas quoi répondre, car il avait oublié qui il était depuis tout ce temps qu’il avait erré jusqu’ici. Il releva vers eux son visage à peine reconnaissable à cause de la poussière du sol et de la pluie qui lui formait un masque de cendre par lequel seuls ses yeux bleus avaient encore un semblant de vie. Il s’inventa un nom qui était collé à sa mémoire pour convenir aux deux hommes.

- [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien].

Les deux gardes ouvrirent avec précipitation et ils firent une révérence à Egon qui, étonné, ne se fit pas prier pour avancer dans la ville des ténèbres.

- Excusez-nous, maître, s’apitoyèrent les gardes en refermant la porte.

L’un d’eux, à la peau noire, vêtu d’une armure sombre et d’un casque qui ne laissait pas voir son visage, accompagna Egon à travers la ville.

- Je serais votre guide. Il vous attend depuis longtemps.

Il ? Qui était « il » ? Egon ne demanda pas. Sur le chemin il ne regarda pas le paysage car son esprit vaquait à deviner qui il était. Plus il pensait moins il se souvenait de ce qu’il avait été. La seule chose qui lui restait du monde des vivants était un prénom: Ghilda. Il devait délivrer la dénommée Ghilda pour...

Pourquoi ?

Il avait oublié mais délivrer Ghilda d’une force maléfique était sa seule conviction. La seule raison pour laquelle il était là, à Myr.

Sur son passage, tout le monde le regardait. Se questionnait. Qui était-il, lui à la peau si blanche malgré la suie ?

Les chuchotis eurent tôt fait de faire lever la tête du jeune homme sur les silhouettes qui l’entouraient. Son cœur se mit à battre à toute allure. Ces gens... ils étaient horribles. Effrayant. Ecoeurant. Certains saignaient à cause d'une hache enfoncée dans le crâne, des couteaux dans le ventre ; d’autres, en haillons, avaient le visage verdâtre de pustules ; certains avaient la peau verte, leur crâne n’avait pas de cheveux et leurs yeux n’avaient pas de pupilles. D’autres, peut-être les plus bouleversant, n’avaient plus de paupières au dessus de leurs yeux globuleux, plus de lèvres à leur bouche qui n’était qu’un trou sans dents, plus d’oreilles. Leur peau était grise et flétrie comme le sol, et l’eau qui coulait sur eux s’évaporait, créant un nuage de condensation permanent autour d’eux. Ils étaient les seuls qui étaient nus, sans haillon, sans vêtement. Ils semblaient être fui des autres morts-vivants qui s’appliquaient à ne pas les toucher.

Tous étaient des hommes et des femmes de tous les âges. Leur visage était malheureux. Leur peau était sur les os. Egon fut pris de vomissements. Le garde en armure s’inquiéta pour lui et attendit qu’il régurgite une matière grisâtre avant de s’approcher. Effaré par ce qu’il venait de cracher, Egon recula en se serrant le ventre.

- Ce sont les morts prit par l’Ankou, raconta le garde, ils portent sur eux, pour l’éternité, les séquelles de ce qui les a enlevé à la vie: Avada Kedrava pour ceux dont la peau est verte et les yeux aveugles. Lacérations, maladies... les suicidés sont ceux qui n’ont plus de visage. On les prive de leur sens. Ils portent en eux le feu brûlant de la folie d’Ankou. Car Ankou, ou La Mort, aime décider par lui-même de ceux qu’il veut prendre. Or, lui voler son travail, c’est se croire plus fort et cela, Ankou ne le supporte pas. Ce sont tous les gens qui n’ont pas mérité d’aller au royaume de Sidh...

Quand Egon se fut remit, le garde poursuivit son chemin jusqu’aux portes de la tour. Devant la construction, avant que le garde s’en aille, Egon l’interrogea:

- Pourquoi ne suis-je pas comme eux ? Pourquoi ai-je encore tout mon corps... et vous aussi ?
- Parce que vous comme moi avons été invités.
- Invités ? Par la mort ?
- Techniquement, dans votre monde, vous êtes mort. Ici, vous n’êtes que de passage. Ankou décidera si vous resterez un Incarnat, un homme de chair qui vit en Myr, ou si vous pouvez aller en Sidh... ou... il vous dira lui-même le troisième dénouement de votre destin.
- Je ne suis pas [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien], je ne sais pas qui je suis, admit Egon désemparé.
- Doucement, prenez le temps... vous allez vous souvenir petit à petit. Quand je suis arrivé, je ne savais plus rien. Après, j’ai commencé à me souvenir.

L’homme ôta son casque. Le visage devant lui ne lui rappelait rien de familier mais lorsqu’il se souviendrait de tout, Egon se souviendrait aussi que ce visage était celui de Sullivan McAlistair.

- Bon courage, Egon, sourit Sullivan avant de s’en retourner vers les deux portes de la muraille. Il venait d'offrir une partie de son identité au garçon qui avait tout oublié.




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Egon Sutham
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MessageSujet: Re: Le Royaume de Myr   Mar 4 Mar 2008 - 18:15

II

Ankou



Derrière la porte où venait de le guider Sullivan, se dressait un escalier abrupt. Egon l’emprunta. Il arriva sur un pallier. Tout ici rappelait une grotte dans laquelle on aurait construit un château.

Un homme l’attendait. Une taille imposante, des cheveux longs. Le visage aux traits saillants et sépulcraux. De sa voix caverneuse, il s’adressa à Egon:

- Bienvenue parmi nous, toi qui as la prétention de soigner Ghilda de ses maux.

En une phrase, la créature répondit à de nombreuses questions que le jeune sorcier s’était posé: comment retrouver Ghilda ? Quelle chose maléfique la retient ? Que dois-je faire dans ces catacombes ? Où trouver mon prochain guide ?...

La peur avait abandonné Egon depuis le désert de pierres. Elle ne s’intéressait plus à lui. La curiosité l’avait remplacée. Il suivait son hôte disgracieux dans les décombres de rocaille, avide de savoir ce qui l’attendait. Il ne pouvait mourir deux fois, alors la douleur ne lui faisait pas peur.

Dans une pièce aussi sombre que toutes les pièces et les couloirs de cette tour, son hôte - qui s’était présenté comme étant un des Mages de la mort appelé Ankou - le laissa avec un groupe de baigneuses à l’aspect vampirique. Fines et élancées, dans leurs robes vaporeuses aussi sombres que les ténèbres, jusqu’à ce qu’elles se retrouvent à seulement quelques centimètres de lui, Egon auraient pu les croire jolies. Mais de près... Leurs iris rouge sang étaient fendus par une pupille en forme de larme noire, plus bas, leurs lèvres gercées étaient violettes et cousues l’une à l’autre avec une fine corde où des débris de peau pourrissaient. Comme des toiles d’araignées, elles avaient toutes des cheveux blancs et vaporeux qui s’emmêlaient autour de leur visage.

Deux d’entre elles prirent chacun des bras d’Egon et l’amenèrent près d’un bain en forme de trémie. Derrière lui, l’hôte lui expliqua:

- Lavez-vous avant de venir à ma table. Nous avons à parler...

Les femmes fantomatiques et défigurées à la peau racornie, lui donnèrent le bain avec grand soin. Leur aspect était aussi ignoble que leurs manières étaient attentionnées. Quelle drôle d’impression que celle d’être cuisiné avec appétit ! Leurs bouches cousues les empêchaient de parler mais dans leurs regards de sang, Egon voyait qu’elles ne rêvaient que d’une chose: le manger.

Tandis qu’elles s’effectuaient, il n’eut pas la force de résister à l'exhortation de l'amphitryon et il se laissa manipuler par les mains de ces bestioles, croyant qu’il n’avait rien à craindre d’elles. Leurs lèvres avaient été cousues pour une bonne raison et elles obéissaient à leur maître. Ce dernier avait requit qu’il soit propre et amené dans la salle des Egards.

Une heure plus tard, Egon avait retrouvé sa couleur blanche et une odeur respectable. Les femmes vampires l’accompagnaient à ladite salle. Une d’elle, celle qui l’avait baigné et nettoyé et qui l’avait défendu des ongles des autres créatures à maintes reprises durant le bain, lui dit au revoir en enfonçant ses ongles dans son avant bras. Il saigna. Elle n’emporta avec elle qu’une goutte de sang en le remerciant de ses horribles yeux rouges.

- Vous êtes mort.
- Je sais.
- Mais je ne suis pas celui qui vous a ôté la vie...
- Qui m’a tué ?
- Ghilda... vous le lui avez demandé.
- Elle a ce pouvoir ? Qui est Ghilda ?
- Ma femme.
- Ankou a une femme ?

Le rire de l’Ankou résonna dans la pièce et il fit apparaître une table remplie de victuailles.

- Mangez.
- Je n’ai pas faim.

Et le ventre d’Egon grommela le contraire. L’Ankou reprit avec plus d’insistance. C’était un ordre.

- Mangez. Car pour ce que vous aurez à faire ici, il vous faudra beaucoup de forces. Cela sera votre seul repas. A moins que, comme les Nécrodites, vous désiriez vous repaître des chairs des Inferits.

Egon mangea.

- Vous souvenez-vous un peu ?
- Non.
- Forcez-vous ! ordonna-t-il d’une voix qui coupa la faim du jeune homme.

Il reposa la cuisse de poulet qu’il allait manger et se concentra. Une galaxie de souvenirs commença à tournoyer dans son esprit. Des images lui revinrent.

- Mangez.

Il mangea.

- Je m’appelle Egon, dit-il en reprenant le cour de son repas avec hésitation. Je suis mort à 21 ans, à Londres dans le loft de... je... ne sais plus. Une dame. Je suis un sorcier...
- Très bien, très bien... vous voyez, cela vous revient.
- Qui est Ghilda ?
- Vous m’avez déjà demandé.
- Je sais mais vous n’avez pas répondu ce que je voulais.
- Ah ! rit-il, elle est une des Galleas à l’intérieur de laquelle cette misérable Vix dont je fus sottement épris quand elle était une enfant a trouvé refuge. J’ai tout donné à Ghilda pour apaiser ses souffrance, j’ai essuyé tous ses caprices... allant jusqu’à ne jamais prendre Azra ou Marjane la pure. Mais ici, dans ces ténèbres, la puissance de Vix est pour toujours en déséquilibre... je ne peux pas vivre sur Terre... Ghilda ne peut plus rester ici sans souffrir, j'ai...
- Que voulez-vous ? l'interrompit Egon.
- Avant de mourir, te souviens-tu de ce que tu as promis ?
- Je...

Après un effort, Egon collecta sa mémoire.

- J’ai promis de délivrer Ghilda de sa douleur si elle... je ne me souviens plus.

Plus il essayait de se souvenir, plus son cerveau tambourinait.
Il se mit à saigner du nez, alors Ankou décida que l’interrogatoire était terminé pour le moment.

- Nous ne sommes pas pressés. Ici, le temps n’a pas de puissance. Voulez-vous bien dormir ? Demain, je vous emmènerai rencontrer Ghilda... elle est terriblement souffrante depuis le vol du Calice.
- Le Calice ? demanda Egon en essuyant son nez.
- Nous verrons cela demain. Evitez de saigner devant les vampires, vous vous mettriez tout seul en danger. Cela vous ferait-il plaisir que je fisse venir près de vous un visage que vous connaissez plutôt que mes ensorceleuses ?
- Je ne me souviens de personne... qui soit mort ou même vivant.
- Nous verrons bien.

L’hôte agita un bâton en fer qui ne le quittait pas. La tête du sceptre représentait un œil d’une taille impressionnante et dont les nerfs étaient la continuité du fer, s’y enfonçant comme si le bâton était le reste du corps qui aurait dû le porter.

L’œil dégagea une intense lumière qui aveugla Egon et quand il rouvrit les yeux, une chose merveilleuse apparue devant lui. Elle avait un teint d’albâtre et des vêtements blancs immaculés. Une longue robe à la traîne de dentelle la suivait sans qu’elle touche le sol. Elle flottait. Elle tendit ses deux bras vers Egon et l’étreignit.

- Je suis Deneb Kaïtos Céti, lui dit-elle en souriant lorsqu'elle se détacha de lui. Et toi, tu es un savant crétin.

L’Ankou disparut en l’obligeant une dernière fois à manger et à soigner son nez.




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La Rose
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MessageSujet: Re: Le Royaume de Myr   Mar 4 Mar 2008 - 18:44

III

Deneb


Le Savant Crétin peinait à déterminer s’il connaissait réellement cette apparition. Elle attendit sans parler qu’il termine son repas et l’accompagna vers une pièce où elle le coucha et lui parla tandis qu’il essayait de trouver le sommeil. Jusqu’à son réveil, elle le veilla. Caressant son front pâle et lui racontant des histoires de Poudlard et la façon dont elle était morte. Elle ne le laissa jamais sans surveillance. A l’entrée de la pièce, les vampires attendaient qu’elle le laissât seul dans l’espoir ostensible de dépecer celui qu’elles avaient baigné. Mais, elle resta jusqu’à ce qu’il rouvre les paupières.



Take my hand
I'm a stranger in paradise
All lost in a wonderland
A stranger in paradise
If I stand starry-eyed
That's the danger in paradise
For mortals who stand beside an angel like you

I saw your face and I ascended
Out of the commonplace into the rare
Somewhere in space I hang suspended
Until I know there's a chance that you care

Won't you answer this fervent prayer
Of a stranger in paradise
Don't send me in dark despair
From all that I hunger for
But open your angel's arms
To this stranger in paradise
And tell him that he need be
A stranger no more


"Stranger In Paradise" - Sarah Brightman



Les histoires de Deneb avaient investi son cerveau sans qu’il fût encore capable de comprendre qu’elle lui parlait de lui, d’elle. Elle avait reconstruit sa mémoire sans se risquer à élaborer le pont entre ses histoires et la vie du jeune homme. Il devait faire cet effort tout seul.

- J’ai rêvé, lui dit-il en lui prenant la main.
- De quoi ? s’émerveilla-t-elle sans se lasser de caresser ses cheveux.
- De la vie d’un garçon qui marchait sans s’arrêter à travers divers mondes et diverses histoires.
- Ce garçon te ressemblait ?
- Je ne sais pas.
- Tu te souviens de ces histoires qu’il traversait ?
- Oui, très bien...
- C’est peut-être toi ce garçon ?
- Je ne crois pas...
- Pourquoi donc ?
- Ce garçon avait peur alors que moi je n’ai jamais peur.
- Ici, tu n’as pas peur mais peut-être que là-bas tu étais aussi vulnérable que n’importe qui...
- Non, je ne crois pas...
- Egon... Citrouille, sourit la jeune déesse avec affection. Pauvre bébé, tu dis n’importe quoi. Tout le monde a peur. C’est ce qui empêche de faire trop de bêtises.
- Je fais des bêtises, moi ?
- Peut-être... se retrouver mort quand on n’a que 21 ans n’est pas un grand signe d’intelligence, tu sais.
- Mais on m’a pris ma vie ! s’insurgea-t-il.
- On m’a dit que tu l’avais sollicité.
- Pour aider !
- Ahhh bon ? fit Deneb incrédule. Aider à quoi ?
- A ramener Isis à la vie !
- Ah... donc tu as échangé ta vie contre celle de cette personne que tu appelles Isis... continua-t-elle sur le même chemin.
- Tout à fait, fit-il avec une moue de chérubin en se redressant sur le lit.
- Mais alors que vient faire Ghilda dans tout cela ?
- C’est celle qui a pris ma vie, il me semble.
- Il te semble ?
- Si je retire la Parcelle qui empoisonne Ghilda, elle ne souffrira plus. C’est la condition que j’ai accepté en échange de la vie d’Isis. Pour trouver Ghilda, j’avais besoin de mourir... de toute façon, Isis s’en fout.
- Ah bon ? Elle s'en fout ? Bon... si tu le crois. En tout cas, tu te rappelles mieux, Egon. C’est bien, sourit la jeune fille. Je dois retourner à Sidh maintenant... tu sais, je t’ai toujours aimé et je suis fière de ce que tu fais avec les enfants de TASKS, pour la Rose et tout. C’est cool !
- Cool ?
- Ouais, c’est cool parce que tu te refais ! Wink


Et elle disparut après avoir redonné à son ancien petit ami, sans qu’il ne soit oppressé et qu'il saigne devant les vampires toujours à la porte, des souvenirs assez motivants pour combattre la force de Vix et rentrer chez lui.




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MessageSujet: Re: Le Royaume de Myr   Mar 4 Mar 2008 - 19:52

IV

Amys


Le temps n’avait pas d’emprise sur Myr mais Egon se sentait impatient de venir à bout de sa quête. Il avait attendu dans la pièce qui faisait sa chambre que les dames vampires s’approchent de lui. Celle qui lui avait volé une goutte de sang s’assit la première à côté de lui et d’un regard vif et animal, elle empêcha les autres de s’approcher. On se souvenait que le jeune homme n’avait pas craint sa blessure et n’avait pas protesté pour lui donner ce minuscule rubis d’hémoglobine. Bien que cela lui fût difficile, la vampiresse résistait à la tentation de se servir encore.

Quand Ankou arriva et qu’il trouva Egon assit sur le lit avec aplomb alors qu’il était entouré de ces monstres, il s’étonna de l’attitude du vampire protecteur.

Il décocha un geste avec son bâton de fer en sa direction. Le lacet qui ceignait ses lèvres se défit. Sa mâchoire s’ouvrit pour parler:

- Je n’ai rien fait, s’amenda-t-elle, je le protège des autres.
- Est-ce vrai, Egon ?

Egon hocha la tête.

- Amys, peux-tu résister au sang ?
- Oui, promit-elle.
- Alors tu seras celle qui l'accompagnera auprès de Ghilda.

Tous trois se dirigèrent aux confins de la tour. Ils arrivèrent dans une salle au plafond élevé. La pièce était une caverne arrangée comme une chambre princière. Allongée sur un grand lit blanc, près d’une fenêtre par laquelle on voyait le ciel rouge et la pluie tomber:

- Voici Ghilda...

Egon s’approcha avec précaution. Il eut un sentiment de déjà-vu et se souvint de la Rose, et se souvint d’Isis, et se souvint de Marjane qu’il avait vues allongées avec la même douleur paisible sur le visage.

- Elle souffre moins depuis que tu es à Myr.
- Que dois-je faire ?
- Tu sais comment transférer la Parcelle. Fais-le.

Il y eut un silence sauvage qui ensevelit la pièce dans un ténèbre encore plus profond. Egon recula du lit où dormait Ghilda.

- Hors de question.
- Et bien si tu trouves un autre moyen, fais-le moi savoir. Pour l’instant, ceci est ta prison et Amys restera avec toi.

Ankou disparut. Les portes se fermèrent. Le sorcier n’essaya pas de les ouvrir, persuadé que la tentative serait vaine.

- Que te demande-t-il de faire ? Questionna la voix d’Amys.
- Il veut que je lui donne un enfant.

La confession bougonne d’Egon provoqua le rire sans fin d’Amys qui s’approcha à son tour du corps de Ghilda.

- Je ne trouve pas ça très drôle, Amys.
- Oh, pardonne-moi, maître, avant ton arrivée je n’avais plus ri depuis une éternité. C’est un deuxième cadeau que tu me fais.
- Quel était le premier ? La goutte de sang ?
- Oui, un délice. Juste ce qu’il fallait pour passer entre les cordages de ma bouche. Tu m’as nourri.
- Comment se fait-il qu’il y ait des vampires ici ? Je pensais que les vampires étaient des âmes errantes sur Terre qui conservaient leur corps.
- Puis-je te retourner la question ? Je pensais que les humains étaient des êtres vivants domiciliés sur Terre tant qu’ils n’étaient pas morts.
- Je suis mort.
- Un mort qui saigne ? Sans blague.

Egon eut soudain un mouvement de recul.

- Tu vas me bouffer ?
- Tu pourrais me parler mieux. Je ne bouffe pas, je bois, je me délecte, je m’enivre...
- Qu’avais-tu à gagner à me protéger contre tes copines ?
- Entre autre, la miséricorde. Peut-être ne serais-je plus punie par l’Ankou. Peut-être retournerais-je un jour sur la Terre pour vivre ma vie de vampire.
- Pourquoi as-tu été punie ?
- Pour avoir essayé de mourir par mes propres moyens. J’en avais marre d’être éternelle. Ici, c’est pire. Je n’ai donc rien gagné... car ma soif ne s’éteint jamais, ça me fait souffrir. Et que les quelques Incarnats qui se promènent ici, gorgés de sang délectable, sont des tentations qui peuvent me valoir la douleur des damnés... des suicidés sorciers, si tu préfères. Ankou me punirait encore plus si je tuais un Incarnat.

Egon se souvint des explications de Sullivan au sujet des sorciers qui s’étaient donnés la mort et qui erraient, sans leur visage, en portant le fardeau de leur douleur dans leur corps rabougri.

- Ca doublerait ta pénitence...
- C’est peu dire. Etre à Myr, c’est souffrir éternellement. Comme cette Ghilda. Fais-lui donc son enfant qu’on en finisse et tu retourneras sur la Terre ou, si tu es chanceux, tu iras en Sidh. Et moi aussi, je pourrais aller boire du sang frais et quitter Myr.
- Je n’ai aucune envie de faire un enfant à une morte.
- Elle n’est pas morte, elle est comme toi: de passage... sauf que sa passade dure un peu trop. Mais il faudra que tu te décides vite, maître...
- Pourquoi ? Tu es pressée ? se moqua Egon.
- Disons que la goutte de sang que tu m’as donnée hier est assez pour tenir quelques jours mais pas plus...

Stupéfait, Egon venait de comprendre pourquoi Ankou avait enfermé Amys avec lui. Pourquoi ce dernier repas pour le revivifier. Pourquoi le remettre sur pied et le rendre présentable. S’il ne se décidait pas à transférer la Parcelle ou à trouver une solution pour Ghilda, la dame vampire se chargerait de lui en le tuant pour de bon.

Amys sourit à Egon:

- Ah... je vois que tu viens de comprendre l’urgence mais comme tu es gentil, je ferai de mon mieux pour me retenir.





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Dernière édition par L'Ombre le Mer 5 Mar 2008 - 2:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le Royaume de Myr   Mar 4 Mar 2008 - 20:38

V

Sang



"Je ne sais pas combien de temps s’est écoulé depuis qu’Amys et moi sommes enfermés dans cette salle. Amys me raconte la vie qu’elle avait avant d’arriver en Myr. Elle n’a qu’une envie, c’est de repartir. Que ça soit en me tuant ou me voyant procréer avec Ghilda. Je déteste la façon dont elle me regarde avec ses horribles yeux rouges. Elle a faim. Elle a soif. Elle me veut mais comme elle le dit si bien "je suis gentil" donc elle résistera le plus longtemps possible. Je sens que cela devient de plus en plus difficile pour elle. Et la peur n’est toujours pas là. Or comme le disait Deneb, la peur est bonne comme elle empêche de faire des bêtises."

- Fais-le.
- Non.
- Fais-le, bon sang !
- Cette expression te va bien... mais non.

Nous avions joué des centaines fois à ce petit jeu du "fais-le - mais non".

Je venais de prendre une décision pour reculer l’échéance.

Enervée comme un drogué qui manque d’héro, Amys tournait en rond et frappait les murs. Aucun brouhaha qu’elle émettait ne réveillait Ghilda.

La vampiresse approcha ses lèvres violettes et gercées de mon cou. Contrairement à ce que je pensais des vampires - avant elle, je n’en avais jamais rencontré - ses dents n’étaient pas pointues. Elles étaient seulement excessivement blanches. Je lui repoussai la tête sans trembler. Cela ne faisait que la dixième fois que je faisais ce geste depuis moins de ce que j’estimais être une heure.


- Arrête de faire l’idiote, je cherche une solution, dis-je blasé.

Elle tourna avec une célérité inhumaine dans toute la chambre et, avant que j’aie pu dire ouf, elle était revenue à côté de moi. Assise, les épaules abaissées comme une enfant qu’on vient de réprimander.


- Bon alors, dépêche-toi. J’ai de plus en plus de mal à me retenir. Tu me parais si appétissant.
- Je le prends comme un compliment.
- Oui, tu peux ! Je peux juste goûter ? Un rien du tout, une micro goutte !

Ca aussi, elle me l’avait déjà demandé des centaines de fois. Mais elle ne s’était jamais attendue à ce que cette fois-ci je lui dise oui.

- Oui.

Elle croyait avoir mal entendu.

- Comment ?
- J’ai dit oui, sers-toi, lui dis-je en lui tendant mon poignet. Si tu crois être capable de boire mon sang sans arriver jusqu’à la lie de mon âme, alors prends... mais concentre-toi pour me laisser encore du souffle, le temps que je me décide.
- Je n’arriverai pas à me retenir ! Tu m’en demandes trop !
- Alors, patiente.

Et je repliai mon bras.

Elle s’en saisit soudain et y planta sa mâchoire. Elle but mon sang. La douleur était insupportable mais je tâchai de garder ma conscience éveillée pour tenter de la repousser si elle ne s’arrêtait pas.

Mes forces diminuaient. Je n’avais pas de nourriture pour reprendre des forces. J’avais mis ma confiance dans la créature la plus vile que les ratés de Dieu avaient conçu.


- Amys, murmurai-je quand la douleur me paralysa tout le bras et le buste, tu pourras en boire plus, plus tard... si tu me laisses en vie... je... je vais le faire, le truc pour Ghilda... je te promets ! Je vais le faire car je dois retrouver Isis pour lui dire que je me suis trompé... Je dois quitter Myr...


Amys lâcha le bras d’Egon dans un terrible effort et s'écarta très loin de lui. Elle ventilait très vite. Il voyait flou. Focalisait son attention sur la lointaine bouche de la vampire. Du sang coulait à la commissure de ses lèvres et elle revint vers le jeune homme pour le porter dans ses bras, sans difficulté, vers un fauteuil.

- Toi, on peut dire que tu es le plus taré de tous les sorciers que je connais. Tu vas bien ?

Egon papillonna et découvrit une nouvelle Amys. Ses yeux rouges étaient devenus orangés et sa pupille était ronde. Ses cheveux blancs en toile d’araignée emmêlée avaient laissé place à une couleur brune et des boucles qui retombaient sur ses épaules. Ses lèvres violacées étaient à peine roses mais encore marquées des cicatrices et des points que les fils d’Ankou avaient laissés. Seule sa peau abîmée, dépieutée et crevassée n’avait pas beaucoup changé.

- Tu es moins horrible, murmura Egon.
- Sympa, le sorcier. Tu mériterais que je t’achève d’un coup de canines.
- Merci...
- De rien. Je suis persuadée que si je tiens encore, sur Terre j’aurais des humains à foison qui seront meilleurs que toi.
- Il ne faudra pas me le dire alors, car, sur Terre, je n’aimerais pas beaucoup l’idée que tu tues des gens.
- Nos chemins ne se recroiseront plus si nous nous en sortons, je t’en fais la promesse. Il n’y a rien à manger ici... comment tu vas faire pour reprendre des forces ?
- Arrêter de parler pour commencer...

Et de fatigue, le jeune sorcier s’endormit dans les bras du vampire.

Après une sieste qui dura, Amys se retourna vers le lit de Ghilda. De son ouïe fine, elle entendait les battements de son cœur qui se modifiaient.

Le vampire réveilla Egon.

- Maître, elle se réveille.




Iccam


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MessageSujet: Re: Le Royaume de Myr   Mar 4 Mar 2008 - 23:20

VI

Ghilda


Ghilda avait le même visage que dans les souvenirs d’Egon. Une beauté discrète composée des yeux de son père et de la grâce de sa mère. Bêtement, Egon se sentit honoré de la rencontrer en personne. Il lui fit une révérence. Amys se tenait derrière lui, à quelques pas de là et ne désirait rien perdre de la scène qui ferait d’elle un vampire à part entière lorsqu’elle retournerait sur Terre. Vivante comme un vampire peut croire qu’il l’est.

- Tu es celui que j’ai vu à travers les visions d’Isis, la descendante de Marjane ?

Egon se souvint que les Galleas se communiquaient leur vie par vision interposée. Il acquiesça doucement en se rapprochant du chevet où Ghilda avait les yeux ouverts.

- Tu as promis de me délivrer... de Vix... Te souviens-tu ?

Après une inspiration qui cachait mal sa gêne, Egon acquiesça derechef.

- Je veux rester avec l’Ankou... ici, j’ai appris à le connaître et à apprécier ce qu’il était malgré son aspect et ce qu'il fait. Mais vivre toujours avec cette douleur... Je n’en peux plus ! Ca fait deux mille années de ton monde mais ici chaque minute est une année. Personne, même les plus grands sages, ne peuvent souffrir une telle chose. Veux-tu me délivrer ?
- La situation m’impressionne, confessa Egon, confus, ce qui fit sourire Ghilda qui amena sur sa joue puis sous son regard d’azur sa main gelée.
- Ankou ne peut pas faire ce que tu dois faire pour me délivrer.
- Ca ne change pas ce que je ressens.
- Du dégoût ?
- Oui. Quelque chose comme ça.

Il y eut un silence. Egon regarda par-dessus son épaule ce que faisait Amys. Il ne s’était pas rendu compte qu’elle avait changée de place. Quand le vampire se déplaçait, elle ne faisait aucun bruit alors que son corps était aussi solide et fort que le roc. Amys fit comme si elle n’était plus là et tourna sa tête ailleurs. Elle s’était assise dans le fauteuil.

- Je sais que je suis égoïste et que je ne pense qu’à mon confort en ayant répondu à ta requête... mais désormais Isis n’a pas plus la Parcelle, je porte la sienne et c’est lourd.

Egon ne put contenir plus longtemps devant la malade, le désarroi qui le tenaillait. Il explosa de colère et il savait peu vers qui celle-ci était dirigée.

- Franchement ! Il n’y a pas d’autre moyen ? Vous êtes si faibles ! Morte ! Votre mari, La Mort elle-même qui m’enferme ici avec vous et un vampire pour que je vous fasse un enfant qui n’est même pas sûr d’arriver après une seule étreinte ! C’est... c’est invraisemblable ! Et si même je cédai une fois, et que vous ne tombiez pas enceinte, je ne suis pas certain d’avoir le courage de réitérer ! Vous connaissez votre peuple mieux que moi, n’avez-vous jamais pensé à une alternative ?
- Mourir.
- Vous êtes morte !
- Non, je suis une Incarnat, tout comme vous, dit-elle en reprenant le vouvoiement. Une vie humaine qui vit dans le royaume de Myr. Ankou ne songe pas à m’envoyer en Sidh et encore moins à faire de moi une de ces Inferi. Et moi non plus, je n’ai pas votre courage... je ne pourrais jamais me décider à mourir pour de bon afin de préserver celui que j’aime.
- Mais Ankou ne peut pas mourir !
- Vivre loin de lui ou lui, loin de moi, c’est plus que la mort... Iccam Umbrès, vous m’avez promis.
- Je sais, se désola Egon en se laissant glisser sur le sol, contre le lit. Amys, veux-tu bien te retourner, s’il te plaît ? Murmura-t-il.

Il savait que malgré la faiblesse de sa voix, là où elle se trouvait et avec son audition surnaturelle, Amys pouvait l’entendre. Le vampire se tourna en jubilant avec sa vitesse de vampire, ce qui confirma le pressentiment d’Egon.

Il se releva le cœur lourd et retira son vêtement. Quand il sentit le corps nu et froid de Ghilda contre le sien, enfin, il ressentit la peur.




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MessageSujet: Re: Le Royaume de Myr   Mer 5 Mar 2008 - 2:01

VII

Dilemmes



La première fois, Egon n’avait pu venir à bout de l’étreinte. Son corps ne répondait pas à l’appel de celui de Ghilda. Ils durent se résoudre à arrêter.

Amys, qui était assise sur son fauteuil et regardait le couple entre ses doigts écartés, fut en deux secondes auprès de la couche quand Egon se jeta en arrière, battu par son manque de désir. Ghilda avait tiré le drap sur sa poitrine et regardait le jeune homme avec désolation. Les yeux orangés du vampire le tançaient silencieusement.

Il sentit ces deux regards remplis d’espoir et de consternation peser sur lui et écarta d’un bras le visage d’Amys. Puis, il ferma les yeux.

- Tu veux bien arrêter de nous regarder ?
- Je peux aider ? demanda-t-elle avec un sourire sarcastique et la main droite levée qui désigna ensuite son entrejambe.

Ghilda pouffa à la vulgarité. Ce qui n’arrangea pas l'affaire de la virilité d’Egon qui maugréa des paroles inaudibles, même pour Amys.

- Tu veux bien cesser de te morfondre, maître ! Il y a des châtiments qui sont pires que de faire l’amour à une demie-nymphe, critiqua la vampire qui s’improvisait coach en ébats sexuels.
- Rha, arrête, Amys, tu me fatigues, fit-il en se retournant vers Ghilda dont la vision l’intimidait et l'agaçait plus encore.

Egon sentit le vampire monter sur le lit très doucement. Il se releva affolé et se rendit compte que Ghilda avait donné son consentement d’un regard.

- C’est une réunion ? essaya-t-il de blaguer bien qu'il ne se sentit pas mieux que la proie désignée d'un prédateur. Soudain, Amys s'arrêta à côté de la Nymphe.
- Il me faut du sang, dit simplement Amys en s’adressant à Ghilda. Sans toutefois détendre son regard vrillé dans les yeux bleus turquoise d'Egon.

La Gallea lui offrit son cou après quelques hésitations. Egon s’interposa en tendant son bras.

- Non. Si pour une idée ou une autre tu veux du sang, prends le mien.
- Tu auras besoin de toute ta vigueur, mon beau maître, alors arrête tes jérémiades. Concentre-toi plutôt sur ton désir. Et parle-moi dès que tu sentiras que je dois cesser. Il n’y a que ta voix qui peut me faire obéir.

Le vampire mordit le cou de Ghilda. Désespoir. Incrédulité. Impuissance. Egon savait qu’il ne saurait repousser la buveuse de sang avec sa seule robustesse physique car elle démontrait d’une force colossale. Il espérait qu'elle dît vrai quand elle le donnait maître de ses réactions. Après moins de cinq minutes qui lui semblèrent très longues, Egon s’adressa avec inquiétude à Amys.

- Amys, ne la tue pas. Tu sais quel risque tu encours si elle meurt... et moi, je veux rentrer.

Avec difficulté et après deux ou trois conjurations d’Egon, Amys finit par se détacher de Ghilda. Elle se tourna vers le sorcier et, une fois encore, l’énergie qu’elle reprenait en buvant le sang des humains la transfigura en une magnifique aphrodite. Sa peau s’était parfaitement lissée, ses lèvres étaient rouges et les cicatrices avaient disparu. Ses yeux étaient devenus jaunes d'or. Sa longue chevelure brune et bouclée donnait l’impression qu’elle venait d’être soignée et parfumée. Sa peau dégageait non plus une odeur de cadavre pourrissant mais un parfum onctueux de lait et de miel. Ses ongles étaient nacrés et taillés. Sa peau claire avait la texture du lait. Et quand elle parla, sa voix sonnait comme une mélodie aux oreilles d’Egon.

- Dis-moi encore que je suis horrible et je te cisaille de mes canines toutes nouvelles, doux maître, lui murmura-t-elle à l’oreille avant de l'approcher si près que leurs poitrines s'effleurèrent. Amys se pencha encore un peu plus et fit glisser doucement ses lèvres cerise et sucrées qui recouvraient ses dents d'une intrigante blancheur contre sa joue rasée, puis sur sa bouche chaude d'humain au sang frais. Elle l'embrassa, infiltra sa langue dans sa bouche et prit d'assaut les cinq sens d'Egon tous en même temps.

Egon se sentit happé par un tas de sensations qui lui étaient aussi complexes qu'inconnues. Mais il en fut une qui réveilla le membre têtu qui n'avait jamais su se mettre au garde à vous pour Ghilda.

Après un temps incalculable où il n'avait pas paru maître de ses mouvements, enchanté par le parfum, le regard et les lèvres hypnotiques d'Amys, celle-ci finit par mordre Egon par inadvertance, trahissant par là même son propre désir et le ramenant à lui. Il s’était sentit possédé par la voix et les gestes de la dame vampire qui agissait comme un succube. Il n’eut pas le temps de protester car elle s’en rendit compte, s’excusa et descendit du lit. Loin d’être vexée par la vampire qui avait su éveiller mieux qu’elle la virilité du jeune sorcier, Ghilda poursuivit l’étreinte sous l’œil encourageant d’Amys dont le parfum à proximité continuait d’étourdir et d'avilir Egon. Ghilda s'assit sur le vit enfin éveillé sans parvenir toutefois à voler un soupir à son amant obligé.

Le sorcier fronça des sourcils désolés en direction d'Amys. Son regard suppliant appelait à l'aide mais le vampire ne pouvait rien faire d'autre que rester dans sa ligne de mire pour maintenir son excitation. Elle le couva des yeux compatissant tandis que Ghilda commença à danser et s'agiter sur Egon. Heureusement la présence d'Amys et son rayonnement érotique irradiaient ses sens et allumaient en lui le désir absent. L'acte ne fut en rien agréable pour le jeune homme qui n'en tira aucun plaisir bien qu'il finit par jouir dans un désespoir aussi âpre et que déchirant. Même Ghilda aurait aimé lui présenter des excuses mais son objectif était inébranlable. Il fallait aller au bout de cette singulière besogne. De cette morbide promesse. Elle s'écarta d'Egon et s'allongea à côté de lui les jambes repliées sur sa poitrine pour garder sa semence le plus longtemps possible. Amys monta sur le lit avec sa vitesse de vampire quasiment une seconde après la dernière décharge du sorcier et le recueillir dans ses bras. Il était aussi vide qu'une poupée de cire.

- Je n'y arriverai pas une seconde fois, souffla-t-il à peine plus fort qu'un soupir dans les cheveux d'Amys qui le serrait fort.
- Si, tu vas y arriver. Je ne te lâcherai pas. Nous rentrerons ensemble et un jour nous nous vengerons du viol et de l’infamie de ces deux monstres, lui répondit-elle. Si elle avait su pleurer, à voir le pauvre garçon, elle aurait pleuré toutes les larmes de son corps. Il faisait de la peine à voir.

Elle s'allongea avec lui, entre lui et Ghilda qui n'eut pas le cœur de les chasser de la couche royale. Elle le veilla jusqu'à son réveil... jusqu'à ce qu'il faille recommencer. Encore et encore. Jusqu'à l’écœurement.

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Il n’y avait pas de nuit, pas de lune. Pas de jour, pas de soleil. Pourtant, ils devaient être restés longtemps dans cette chambre. Egon était barbu. Son corps épuisé gisait sur les draps. A force d’avoir nourri Amys et donné son corps à Ghilda, il était incapable du moindre effort. De temps en temps, de la nourriture en petite quantité, apparaissait pour Ghilda et lui. Ankou surveillait.

Au début incapable d'érection sans l'entremise voire les caresses évocatrices d'Amys, Egon finit par se détacher de son corps. L'érection devint mécanique et inhabitée mais il poursuivit l'effort avec le sentiment horrible d'être violé continuellement et dans le consentement général.

Alors qu'après un de ces horrible ébats, Amys caressait les cheveux d'Egon qui somnolait contre elle et son corps frais, nu comme un ver, comme en un refuge contre la moiteur et l'horreur, Ghilda eut un hoquet. La dame vampire qui veillait ordinairement sur le sorcier comme sur un objet précieux sans prêter plus d'attention que ça au moindre geste de la demie-nymphe, sentit une odeur acide qui se dégagea de la gorge de la jeune femme. Elle se redressa soudain et colla son nez près du ventre de la femme d’Ankou. elle le renifla comme un chien. Un sourire de victoire.

- Ca y est ! L’enfant... il est là ! déclara-t-elle heureuse en relevant le corps du jeune sorcier pour le prendre dans ses bras.

Egon ne répondit pas. Il s’endormit.

Like a Star


En se réveillant, il constata qu'il était de nouveau dans son ancienne chambre de pierre. Amys était assise au pied de son lit. Comme autrefois, lorsqu’il arriva à Myr, elle le protégeait des autres Nécrodites et vampiresses.

- Ah ! Dégagez ! Bon sang ! râla-t-elle en sortant ses dents blanches.

Elles firent toutes un pas en arrière.

- Cette expression te va bien, dit-il encore endormi.

En une fraction de seconde, Amys se trouva à la tête d’Egon. Elle lui tenait le visage et son parfum éblouissait toujours le jeune homme.

- Tu as bouffé ou tu m’attends pour ton quatre heures ? marmotta-t-il en s’efforçant de sourire faiblement lorsqu'il la découvrit au-dessus de lui.
- Je ne bouffe pas, je bois et me délecte, méchant. Ah ! Enfin, tu es réveillé ! Tu ne vas pas le croire ! Devine combien de temps tu as dormi ?
- Deux jours ? se hasarda-t-il à répondre pour le jeu.
- Plus.
- Trois ?
- Plus !
- Neuf ?!
- Neuf, oui... neuf mois.

Egon venait de retrouver toute sa vigueur. Il sursauta et se redressa d’un coup. Le drap tomba. Il était nu. D’un geste si rapide qu’il ne le vit pas, Amys remit le drap sur lui en se moquant:

- C’est qu’il était fatigué le poutou !
- L’enfant est né ?
- Oui... il y a trois jours... il y en avait deux.

Le visage d’Egon s’affaissa d’un coup mais il ne désirait pas partager avec Amys ce qui le tracassait. Les autres vampires avaient toujours l’immonde aspect qu’avait eu naguère sa vampiresse protectrice. Elles attendaient comme des animaux sauvages qu'il soit à leur portée.

- Elles sont plus nombreuses, pourquoi ne t’attaquent-elles pas ?
- Maintenant que j’ai bu, je suis bien plus puissante qu’elles.
- Tu as changé encore...
- Je n’ai pas bu de sang depuis toi. Parfois, pour me remercier, Ankou m’apporte un bœuf.
- Tu bois du bœuf. Erk !
- J’aurais dû accepter de te saigner à blanc, sale gosse, se renfrogna-t-elle en le repoussant d’une faible geste qui envoya pourtant Egon au tapis.
- Pourquoi tu es encore là ? lui demanda-t-il soupçonneux en se relevant pour chercher des vêtements.
- Parce que sinon ces vipères allaient te bouffer ! Elles, elles ne boivent pas, t'inquiète pas qu'elles dévorent ! Elles s'arracheraient la bouche pour ta chair...
- Ankou ne t’a pas délivrée ?
- Si.
- Tu veux dire que tu es restée là pour moi ? s'étonna-t-il sur le même ton suspicieux.
- Oui. Ca te dérange ? Je peux aussi bien m’en aller et te laisser en tête à tête avec mes copines, feignit-elle en se levant, provoquant une vague de satisfaction chez les autres vampires.
- Non, dit Egon en l'attrapant son bras gelé, reste. Je te remercie... merci d’avoir repoussé tes fabuleux repas terriens pour moi.
- Ankou m’a dit de te finir.
- Comment ça ?
- Il m’a dit, "prends-le. Tue-le, si tu le veux."
- Tu ne l’as pas fait...
- Non, je n’ai pas beaucoup aimé qu’il ne tienne pas sa promesse...

La vampiresse avait visiblement d'autres confessions plus délicates à formuler.

- Les bébés...
- Oui ? dit Egon en revenant à la réalité.
- Ankou va les tuer pour éradiquer Vix.

L’information était trop complexe pour que le cœur d’Egon parvienne à l’assimiler. Il ne considérait pas ces enfants comme les siens. Il aurait voulu qu’on efface de sa mémoire les semaines qu’ils avaient passées avec Ghilda et Amys dans cette morbide chambre... comment ressentir de l’humanité quand on se sentait un monstre ? Pourtant, son esprit chevaleresque prit le dessus et après un long silence, il termina de remettre sa chemise dans son pantalon et se dirigea vers la porte, toujours entouré de la meute de vampires.

Il fut retenu par la poigne de fer d’Amys.

- Non, maître, maintenant, ce n’est plus ton problème. Tu dois les laisser là. Moi, je suis restée pour te ramener vers les tiens.
- Comment veux-tu que je reparte en sachant ça ? Des bébés ! On ne tue pas des nourrissons ! vociféra Egon hors de lui en essayant de se défaire de l'emprise d’Amys.
- Egon, l’appela-t-elle pour la première fois par son prénom, j’ai veillé près de toi pour être là à ton réveil et t’empêcher de faire ce que, exactement, tu entreprends de faire... Mais rappelle-toi ce que tu m’as dit ? Isis... tu dois lui rapporter ce que tu m’as confié. Que tu t'es trompé. Rentre auprès de tes amis, de ta famille, ces deux enfants ne sont pas les tiens... ils n’ont pas d’autre destin que de mourir. Depuis le début, c’est prévu comme ça. Ne t'en es-tu jamais douté ? Ils étaient voués à périr. Il le faut pour neutraliser Vix. Tu dois rentrer pour quelque chose d’important... quand ils auront tué les deux enfants, là-bas, dans notre monde, il y a cette sorcière, Weaver. Elle va porter à elle seule l’intégralité de Vix, d’après ce que j’ai compris de Ghilda... et Ghilda te fait savoir que tu dois oublier les atrocités d'ici... oublier pour retourner vers Weaver... Il faut l’empêcher de se donner la mort. Ghilda ne veut pas la voir en Myr. La place de Weaver est en Sidh. Weaver, quand elle regardera dans tes yeux, elle comprendra qu’elle doit mourir pour que Vix disparaisse à tout jamais et soit envoyée en Myr. C'est une page de ton destin, Iccam Umbrès.

Le crâne d’Egon allait exploser. Il cria à Amys de le lâcher mais Amys n’en fit rien.

- Je sais que c’est douloureux mais tout ne tourne pas rond sur Terre... la vie est un enfer.





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MessageSujet: Re: Le Royaume de Myr   Mer 5 Mar 2008 - 13:41

VIII

Le Retour



Egon ouvrit les yeux. Il avait l’impression qu’il n’avait pas fait ce geste depuis...

- Des années, lui dit une voix grave depuis l’ombre où elle se cachait.

L’Ombre était assis sur un trône de pierre. Ses yeux gris brillaient dans l’étrange obscurité de la salle où il se trouvait. Le corps d’Egon reposait dans un lit disposé contre un mur de marbre situé à droite du siège royal.

- Où je suis ?
- A Poudlard, lui indiqua l'étrange adolescent de savoix grave.
- Vivant ?
- Oui... Ankou t’a libéré.

Sa tête cognait sévèrement dans la disgrâce de ses souvenirs. Egon venait de se rappeler qu’il se méprisait pour ce qu'il avait dû vivre. Esprit barbouillé. Vision confuse. Envie de vomir. Puis, les souvenirs doucement remontèrent à la surface comme un corps noyé. Il se releva et regarda ses bras. Ils ne portaient plus les morsures d’Amys. Du temps avait passé.

- Amys ! se souvint-il.
- Elle a été libérée elle aussi... tu lui as fait promettre de disparaître sitôt revenu à la vie. Elle t’a obéi.
- Les enfants... hésita-t-il en essayant de se souvenir.

Le silence de L’Ombre suffit à confirmer les réminiscences d'Egon, qui se jeta en arrière sentant sa poitrine se serrer, non pas d’avoir perdu des enfants qu’il maudissait certainement plus que lui-même, mais à cause de l’absence de combativité dont il avait fait preuve et qui le faisait se sentir coupable. C’était comme s’il les avait tué de ses mains en n’apportant pas, par ces mêmes mains, le secours exigé par sa propre morale.

- Ne t’en veux pas.
- C... combien de temps étais-je sans vie ?
- Douze jours.
- Vous avez dit des années.

L’Ombre fit apparaître un grand miroir face à Egon. Il s’y examina. Son visage n’avait pas changé. Peut-être était-il plus fatigué, des cernes soulignaient le bleu de ses yeux, les poils de sa barbe avaient quelques jours. Rien de plus. Le miroir flétrit dans les airs et disparut.

- En Myr, tu es resté sept ans. Ankou dit que tu as traversé le désert de pierre durant quatre années. Tu es resté dans la Tour et auprès de Ghilda presque un an. Puis, il y a eu la grossesse... Et votre retour avec Amys, qui a été quelque peu retardé.
- Retardé...? Je me souviens de presque tout, sauf de notre retour.
- Tu ne te souviens plus ? Mmm. Après qu’Ankou a donné tes enfants aux Nécrodites...

Egon tressaillit doublement. Il réfutait qu’ils fussent ses enfants. Il ne voulait pas qu’on lui lie par un pronon possessif ces monstruosités contre nature et morale. Par ailleurs, les enfants exterminés par les Nécrodites restaient dans sa tête une des pires images qu’il n’avait jamais vue.

Avec Amys et la meute de vampires sur les talons, se souvint-il, il avait pénétré dans la plus haute pièce de la tour où brillait le seul feu de Myr. Celui où étaient jetées les êtres qui ne devaient pas laisser de trace. Ankou s’apprêtait à jeter les jumeaux dans les flammes quand Egon était rentré pour le supplier de songer à une autre solution. Le rire caverneux de la Mort avait résonné dans tout Myr. Ankou était indifférent à ses supplications. Il ne voulait plus entendre parler de Vix. Bientôt, si le temps ne le faisait pas assez vite, il prendrait aussi Weaver, et ce, contre l'avis de Ghilda.

Sans atermoiement, la créature immortelle avait jeté les enfants au milieu de la meute vampirique avant de disparaître. Egon s’était à son tour jeté au centre des Nécrodites qui se disputaient les enfants en larmes et, pour le tirer des griffes des vampiresses qui s’enjouaient déjà de faire glisser un peu de sang de ce grand festin entre leurs lèvres cousues, Amys était entrée à son tour dans la bataille.

Elle avait réussi à dégager Egon mais n’avait pas pris la peine de sauver les enfants. Les cris. Ces cris stridents perforaient encore son cerveau. Il ne voulait plus regarder cet oppressant spectacle, même dans un rêve. Amys l’avait obligé à quitter la pièce en le portant prisonnier dans ses bras de pierre. Il était tombé léthargique, incapable du moindre mot et de la moindre protestation. La dernière image ? Un silence entrecoupé par des bruits de succion. Une mare de sang qui coule le long des escaliers qu'il redescend avec Amys. Le regard vengeur et rouge sang d'une des Nécrodites, le visage recouvert du sang des enfants dans lequel elle a savoureusement plongé sa figure pourrissante.

L’Ombre raconta ensuite à Egon les ans qu’il avait oubliés et que l'Ankou lui avait rapporté. Amys marcha des années en le portant infatiguablement à travers le désert de pierres, sous la pluie. Malgré la tentation du sang, elle n’avait jamais cédé. Son visage et ses cheveux s’étaient de nouveau flétris, ses lèvres gercées ne remuaient plus. Un jour, Ghilda qui était rétablie, gronda l’Ankou de son jeu cruel. Furieuse, elle venait d’apprendre que ce dernier n’avait pas ouvert la Porte aux deux fuyards. « Tu leur as promis. Ils ont fait ce que tu leur avais demandé. Rends-les à leur monde... ne les laisse pas errer, le désert de pierres est dangereux. Ils doivent manger autre chose que les cendres. Tu les prendras un autre jour de toute façon. »

Ankou leur ouvrit la Porte et, à cet instant, Egon avait rouvert les yeux. Après des années.

L’ancien Gryffondor resta tétanisé. Sa tête avait vingt-huit ans. Beaucoup de choses se bousculaient dans son esprit rompu. Beaucoup de questions.

- Je veux revoir Amys et la remercier ! Comment va-t-elle ?
- Elle se cache des moldus et boit le sang des bœufs. Elle ne veut plus boire de sang humain... quant à la revoir... je ne crois pas, Egon. Il faut la laisser tranquille.
- Je dois aller voir le professeur N’Guyen... je... dois... la...
- Je sais.

Quelques heures plus tard, Egon se présenta à l’infirmerie auprès du professeur souffrant. Depuis quelques jours, on entendait ses cris jusqu’à l’autre bout du château. Tous les étudiants étaient effrayés par ces cris. L’infirmerie était interdite. Les couloirs étaient glauques.

Mais quand Egon ressortit de là, les cris avaient cessé. Il referma la porte derrière lui. La Rose, debout, belle, rétablie, se tenait devant lui. Silencieuse. Désolée. Elle était venu lui parler d'Isis. Egon n'avait pas la force d'écouter une atrocité de plus. Il ne souhaita pas lui parler, alors il lui offrit un lamentable sourire et elle comprit qu’il désirait rentrer chez lui. Enfin.

Il avait ajourné très longtemps les questions qui l’obsédaient le plus: où était Isis ? Que faisait-elle ? Allait-elle bien ?

Pour répondre à ces interrogations, il s’informerait auprès de leurs connaissances communes car, en ce qui le concernait, après ces sept années de cauchemar, de mépris de lui et de dégoût, il se sentait parfaitement incapable de l’affronter ou de lui dire ses sentiments.

"Alors, je ne lui dirai jamais que je me suis trompé, que je fais une erreur."

En son âme et conscience, il décida que leur relation était terminée. Demain, dans la semaine, dans dix jours, bientôt, il lui dirait. La Rose aura bien confié à Isis qu'Egon s'était réveillé. Pour éradiquer Antarès, il y aurait la Résistance. Lui, il voulait seulement vivre bien. Oublier.

Dans le studio des Kaïtos, il trouva le sommeil plus facilement qu'il l'aurait cru. Il se sentait chez lui, en paix. En s'endormant, il songeait. Le lendemain, il irait à TASKS. Douze jours... comment Leigh et Natacha s'en étaient-ils sortis ? Reprendre le cour de la vie. Oublier.

Parce que, comme disait l'autre: "On se refait..."


fin




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MessageSujet: Re: Le Royaume de Myr   Jeu 6 Mar 2008 - 19:02

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