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 [Merlin's tales] Les nimbes obscures

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Sham Alasdair McBrashen
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MessageSujet: [Merlin's tales] Les nimbes obscures   Mar 27 Avr 2010 - 15:41

Les changements s'effectuent toujours de manière insidieuse, à l'abri des regards, sans qu'on y prenne garde.

Qui, en jetant un regard sur hier, est à même de dire "aujourd'hui, je suis différent"? Je ne parle même pas d'évolution. Pas de "j'ai compris la leçon de la veille et cela me rend plus à même d'affronter ma réalité". Je pense juste à notre essence, à ce qui fait de nous ce que nous sommes. Ce qui nous permet de dire "je suis moi", sans hésitation. Ce qui, à nos yeux, nous distingue de la masse immense des "autres". Ce qui est ancré en nous depuis que nous avons vu le jour et qui disparaîtra avec nous à notre dernier souffle.


Nous étions le 12 mai 2012, le soleil ne s'était pas couché depuis deux jours.


Les stores du Merlin's Tales étaient baissés, de façon à offrir un peu de repos. S'il est vrai que l'on peut vivre sans lumière, notre organisme trouve son compte à l'alternance de la clarté et des ombres. L'intérieur du pub était calme, comme toujours. Je l'avais choisi précisément pour son cadre intime et discret. Depuis quelques temps, je répugnais à retrouver Natacha à TASKS, un sentiment diffus que je ne m'expliquais pas mais qui suffisait à me trouver des arguments pour fréquenter d'autres lieux. Mon explication à la jeune femme tenait en quelques mots: "Alice était supposée inoffensive". Supposée. Le coeur du problème.

Cette même Alice qui se manifesta soudain par un babillage incompréhensible. Disons incompréhensible pour la majorité des gens. Je savais cependant que c'était le regard de la barmaid qui la gênait. Et l'inconfort, chez ma filleule, était toujours source de... désagréments. Migraines, troubles de la vision et toute sorte d'indispositions passagères. On me disait souvent que je la gâtais trop sans que quiconque comprenne que je ne le faisais, entre autre, que me protéger.

Je glissais un doigt dans la bouche d'Alice. Le sacrifice de mon auriculaire était le seul moyen de la calmer et de m'assurer un peu de tranquillité.

Ma vie avec Alice, tout au long de cette année passée, elle ressemblait à quoi?
Il avait tout d'abord fallu s'adapter au rythme d'une nouvelle-née. Ce sont dans des moments comme ceux-là qu'on prend conscience combien la jeunesse est égoïste. Jusque-là, je n'avais eu qu'à me charger de moi-même, ce qui constituait malgré tout un défi quotidien. Mais j'organisais mon temps libre en fonction de mes seules envies et des quelques aléas obligatoires de la vie en société (visite de politesse à la famille, tête-à-tête avec de vieux amis à moitié perdus de vue). Désormais, entre mes études, mon part-time job et Alice, mon emploi du temps était devenu sacrément chargé. J'avais caressé pendant un temps l'idée d'abandonner Poudlard Uni et de passer mon diplôme en candidat libre mais je savais que je ne pouvais pas me le permettre. Il avait donc fallu trouver une solution. Elle apparut sous l'identité de Maxwell, un tout jeune elfe de maison que j'engageais pour s'occuper d'Alice pendant les cours et le travail. Maxwell était plein de bonne volonté et mourrait d'envie de bien faire. Seulement, il était d'une maladresse sans commune mesure avec son enthousiasme et, au tout début, je passais plus de temps à m'inquiéter que le nez plongé dans mes grimoires. Nous finimes par trouver un équilibre dans lequel s'ajouta une alternative: Andrew. Le véritable père d'Alice. Plongé dans une dépression liée à la disparition de Rachel les premiers mois, il reprit le dessus doucement. Sans trop que je sache comment, nous nous retrouvâmes à partager mon appartement à Glasgow. Il y avait vécu du temps où il était avec Rachel, à mes frais, bien sûr. La mort de celle que nous avions aimé tous les deux, à notre manière très imparfaite, avait fini par nous rapprocher. C'était toujours un fainéant de première classe aux idées étroites mais nous trouvâmes en Alice un terrain d'entente et il n'était pas de si désagréable compagnie. Il entrenait la maison la semaine, pendant que j'étais à Poudlard, et gardais la petite quand je travaillais le week-end. Nous nous croisions relativement peu, au final et je crois que cette situation nous convenait à tous les deux.
J'avais aménagé ma chambre à UC pour y accueillir Alice, faisant fi des commentaires de mes camarades de maison. Mon âge avait toujours constitué une barrière entre nous et je m'y étais habitué. Cette nouvelle situation n'arrangeait pas les choses, ce que je considérais comme de moindre importance. Emmy me conservait son amitié et son soutien me suffisait. Elle était la seule à être à même d'endormir Alice en chantant doucement à côté de son berceau. C'était là des moments précieux.
Entouré de ces trois-là (Maxwell la semaine, Andrew le week-end et Emmy quand l'envie lui en prenait), je réussis à rattraper le retard que j'avais cumulé les premiers mois. La situation demeurait certes bancale et j'avançais au jour le jour.

Parallèlement, ma relation avec la petite fille devenait étrange. La première fois que j'en pris conscience fut quand je m'éveillais en sursaut, lors d'un cauchemar qui ne ressemblait en rien à ceux que je pouvais faire en temps normal. Une demi-minute plus tard, Alice s'éveillai en hurlant à pleins poumons. Alors que je la berçais en me demandant si c'était une heure pour aller chercher Emmy (et tranchant que non), je fus pris de la certitude que ce rêve était le fruit de l'esprit du petit être que je tenais dans les bras. J'étais veillé tard pour finir une dissertation et je ne m'attardais donc pas sur la question.
Mais, au fur et à mesure que le temps passait, mon lien avec Alice, qui n'était pourtant ni ma chair ni mon sang, se renforça. Je pouvais presque sentir ses états d'âme et ses émotions. Cela donnait parfois lieu à des quiproquos gênants, notamment au tout début, où je prenais ces ressentis pour les miens et que mes actions s'en ressentaient. Je me mis à éviter la compagnie de certains pour chercher celle de gens que je n'avais fait que côtoyer jusque-là. Mon attitude étonnait, sans même que j'en ai conscience.

Je fus sorti de mes pensées par la barmaid qui venait s'enquérir de ma commande. Celle-là même dont le regard dérangeait tant Alice. Je sentis la petite fille hostile et me tint, malgré moi, sur mes gardes.


- Qu'est-ce que vous prendrez?

"Un café. Et ... vous auriez du lait de brebis?"


Alice en raffolait.
La barmaid s'éloigna en acquiesçant rapidement.

Je rangeais mon livre (avec une seule main, ça n'était pas si évident) et me mit à guetter le carillon de l'entrée.
Natacha allait arriver d'un instant à l'autre. Nos "rendez-vous" s'étaient espacés au fur et à mesure qu'Alice grandissait. Tous les quinze jours, au début, puis de manière mensuelle. Aujourd'hui, cela faisait six semaines que je ne l'avais pas vue. Et jusqu'ici, elle n'avait pas trouvé matière à redire sur la façon dont les choses évoluaient. Alice n'avait manifesté aucune pulsion meurtrière, aucun pouvoir paranormal, aucun quoi que ce soit d'alarmant. Si on omettait les hurlements hystériques aux alentours de ses sept mois. Le calvaire des dents qui poussaient.
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Natacha Melikov
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MessageSujet: Re: [Merlin's tales] Les nimbes obscures   Mar 25 Mai 2010 - 11:04

Son cas était loin d’être aussi tendu que celui de Sham. Quand elle y réfléchissait, ses quelques doutes sur la faisabilité de l’idée de Sham de garder Alice avec lui (au lieu de la retourner tel un colis à Ste Mangouste) s’étaient révélés injustifiés. Natacha n’en conservaient pas moins une réserve toute naturelle quand on savait comment les journaux et l’hôpital sorcier communiquaient sur ses enfants nouveaux nés et pour le moins doués en matière de magie, malgré leur jeune âge. Le contrôle que le père adoptif d’Alice exerçait sur elle semblait porter ses fruits, ce qui ne pouvait que la rassurer.

Les premiers jours, elle avait veillé scrupuleusement sur ce drôle de couple, d’un nouveau genre. Entre Sham et elle, Natacha semblait la plus indiquée pour s’occuper d’une jeune enfant et il avait bien fallu que Sham se fasse à ses nouvelles obligations paternelles. Comme convenu, Natacha avait pris à sa charge toutes les responsabilités liées au confort de la petite Alice. Vêtements, nourriture (jusqu’à ce qu’ils sachent ce qui avait la préférence de l’enfant), couches, berceau, etc. Les arrivages de matériels à TASKS étaient très bien utilisés. Les premiers mois passés, le père avait pris le relais et Natacha ne faisait plus que pourvoir aux urgences en tout genre ou aux crises ménagères insurmontables pour un homme.

Peu à peu donc, ses ‘responsabilités’ avaient décru, de même que la surveillance du père et de sa fille. Alice n’avait encore tué personne, elle paraissait se faire à la vie normale d’une enfant, si on excluait les hurlements et les pleurs normaux pour un être vivant de cet âge. Natacha n’avait donc plus aucune raison de jouer les vigies. Oh, il restait bien un problème, les changements dans le comportement de Sham, autant ceux qu’elle voyait quand elle le retrouvait pour quelques heures, que pour ce qu’elle entendait ci et là. Elle s’intéressait maintenant aux ragots, parce qu’ils étaient une source d’informations, si ce n’était fiable, mais au moins assez intéressante pour se faire une idée générale de ce qui se passait. Rien d’alarmant encore, mais elle ne pouvait s’empêcher de garder à l’œil tout ce qui lui tombait sous la main.

Et aujourd’hui, cela faisait 6 longues semaines qu’elle n’avait pas cherché à revoir Sham, Alice et celui qui gravitait autour d’eux, Andrew. Natacha ne l’avait rencontré qu’une fois ou deux, sans s’y intéressait plus que nécessaire. Six semaines pendant lesquelles elle espérait que rien de grave n’était arrivé. Elle doutait parfois que Sham la contacte en cas de besoin, sans savoir d’où lui venait ce doute.

Le Merlin’s Tales. L’étudiante avait réussit, la première fois, à trouver l’endroit sans (presque) trop de mal, mais soupirer de soulagement quand elle repensait au transplanage, qui l’y amenait sans effort et sans risque de se perdre. A côté de ça, le désartibulage ne lui faisait pas peur. Elle poussa la porte et croisa d’abord une femme, qui lui indiqua facilement la direction à prendre pour rejoindre ses deux rendez-vous. Sham et Alice étaient bien là. Natacha salua d’abord l’ainé et s’approcha ensuite de la fille, occupée à mâchouiller un doigt, et pas l’un des siens.


"Tu sais que l’on a inventé les tétines pour ça ?" demanda-t-elle en riant.

Elle caressa la joue d’Alice pour la saluer et s’installa à une chaise libre, en face de la petite famille. Sans en avoir l’air, la jeune fille se mit à étudier les traits de son camarade de cours, pour y décerner elle ne savait quoi, un indice ou une preuve qu’il était toujours le Sham d’avant, d’avant Alice. Mais c’était comme cherché une aiguille dans une meule de foi. Hormis être un peu fatigué (normal me direz-vous), il ne paraissait pas… étrange.


"Des nouvelles ? En 6 semaines, tu dois avoir des tas de choses à me raconter," demanda-t-elle, pour engager la conversation.
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Sham Alasdair McBrashen
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MessageSujet: Re: [Merlin's tales] Les nimbes obscures   Mar 22 Juin 2010 - 22:51

L'arrivée impromptue de la barmaid avec mes commandes reporta d'un peu mes réponses. Autour de mon doigt, les dents naissantes d'Alice se resserrèrent. Le poids de l'habitude m'empêcha de grimacer. Il y a pire au monde que servir de chewing-finger à une gamine de un an.

"Tu prends quelque chose?"

Autant profiter de ce que l'on avait sous la main. A savoir la barmaid.
Alice lui envoya un regard noir et me mordit un peu plus fort.
Au temps pour ce que l'on avait sous la main.
La barmaid, décidément peine de bon sens, recula jusqu'à son comptoir, soudain consciente que ses verres nécessitaient un bon coup de chiffon. Nous commanderions directement là-bas. Soit.
Je finis par extirper mon index de la cavité buccale de mademoiselle, fripé et humide. On avait fait plus sexy.


"Les tétines, tu disais? Ces trucs moldus en vieux caoutchouc?"

Oui. J'avais suivi mes cours d'Etudes des Moldus, moi aussi.
Mon dégoût était perceptible dans ma voix. je n'avais rien contre les êtres dépourvus de pouvoirs magiques. Mais ça n'était pas une raison pour cautionner toutes leurs inventions tordues.
Fin de l'épisode tétine.
Début d'un résumé de six semaines.
L'aide grandissante d'Andrew qui commençait à vraiment prendre sa place de père. Les questions idiotes des voisins qui se demandaient si être élevée par deux hommes (allez savoir ce qu'ils font ensemble...) était vraiment une bonne chose. Les premiers bégaiements d'Alice qui rendaient Maxwell, l'elfe de maison, à moitié gâteux, malgré leur totale absence de sens. Les qualités culinaires de ce même Andrew, jusqu'ici insoupçonnées et qui m'enlevaient une belle épine du pied. ...
Je lui offrais quelques uns de ces éléments du quotidien qui rendaient nos vies plus vraies. Des petits riens qui me servaient d'introduction pour amener les choses en douceur.


"La vérité, c'est que je ne sais pas comment sont supposés être les gosses de cet âge. Je la trouve très éveillée et le regard qu'elle pose sur le monde est parfois effrayant de justesse."

Je crois qu'à ce moment-là, je ne me rendais pas compte combien ce regard allait au-delà de la simple acuité visuelle et combien j'étais imprégné de tout ce que pensait et faisait Alice.

"Elle a déjà un avis très tranché sur les gens et l'univers qui l'entourent en général. Je sens que parfois, elle est à deux doigts d'agir. D'exploser."

Et que ces deux doigts-là étaient les miens. Le contrôle que j'exerçais encore sur elle. Je ne dis rien à Natacha de mes doutes pour la suite. De ce qu'il adviendrait de nous quand elle aurait dix, quinze ans. Comme tout le monde, je suppose, je me disais que j'avais encore le temps.

"Elle aime ou elle déteste. Et elle ne change jamais d'avis.
Nous avons rencontré quelqu'un d'intéressant, il y a une quinzaine. Ethan Jones. il était avec moi à Poudlard, quelques années au-dessus."


Et combien il était étrange (et agréable) de ne plus être le sempiternel aîné qui ne comprend pas grand chose aux moeurs estudiantines.

"Il est fascinant, à sa façon. Et je pense que nous allons l'apprécier."

Calme et très discret, il ne s'imposait pas et c'était quelque chose qui me plaisait. Alice était d'un calme olympien en sa présence, ce qui était un présent rare. Ethan était resté quelqu'un d'intelligent, de vif. De compagnie agréable. Seul Andrew semblait trouver à redire à ses visites. Mais c'était sans doute une sorte de jalousie possessive qui supportait mal un homme de plus dans l'entourage d'Alice. Il m'avait accepté, bien obligé par les circonstances, mais supportait mal que l'affection de la petite fille puisse aller à un autre qu'à un de ses pères.

"Mais je parle beaucoup de nous. Quelles nouvelles de ton côté?"

Pure politesse.
Je m'étais agacé de ce fait qu'un nouveau-né devenait quasiment le seul sujet de conversation lors d'une rencontre quelconque avant d'en être moi-même le premier rôle. J'apprenais à me taire. Aucun doute que mes collègues de Unicorn Ring auraient du mal à accepter cette autre de mes lubies de "vieux".


Dernière édition par Sham Alasdair McBrashen le Sam 6 Nov 2010 - 16:45, édité 1 fois
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Natacha Melikov
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MessageSujet: Re: [Merlin's tales] Les nimbes obscures   Mer 8 Sep 2010 - 19:17

"Juste un café," répondit-elle au profit de la femme qui attendait et qui préféra s'enfuir (c'était ainsi que Natacha voyait la chose), avant de revenir sur la tétine. Sa fibre moldue vibrait encore de la façon dont Sham avait parlé de sa malheureuse tétine. Pauvre tétine.

"En caoutchouc spécialement conçu pour ce genre d'utilisation. Et personnellement, je préfère les voir se faire les dents sur ces 'trucs moldus' que sur une vieille chaussure trouvée par hasard dans un coin."

Natacha aussi n'avait rien contre les êtres pourvus de magie, mais elle ne cautionnait pas non plus les étroits d'esprit qui ne faisaient pas d'efforts pour comprendre une autre culture qui venait à peine de découvrir l'existence de la magie et de la communauté (vaste communauté) qui s'en servait. La jeune fille aurait pu croire que ce serait à eux de faire le plus d'efforts pour se faire à cette idée, mais finalement, les moldus n'étaient peut-être pas les plus idiots quand il s'agissait d'accepter ces trucs de sorciers.

Ses bribes de mauvaise humeur se désagrégèrent peu à peu. Sham, contrairement à ce qu'elle aurait pu croire, ne se montra pas difficile pour la contenter, elle et sa curiosité toute légitime. Quand on cautionnait ce genre de folie, on préférait être au courant si tout allait bien (moins quand tout allait mal, c'était en tout cas ce que la normalité voudrait). Et comme tout jeune père, bien qu'une moitié de père, son collègue d'étude avait des doutes, des interrogations. Natacha garda pour elle que les moldus avaient écrit des tas de bouquins sur le sujet, il aurait pu lui sortir qu'on n'élevait pas un enfant moldu comme un enfant sorcier ! Le truc étant que tous les enfants se ressemblaient, à l'âge d'Alice.

"Bruyant, quand les heureux parents n'ont pas de chance. Mais tu parais ne pas avoir ce genre de problème. Éveillée tu dis ?"

A partir de ce moment, leur petit coin de café commençait lentement mais surement à entrer dans la quatrième dimension. Ce n'était pas tant le fait qu'Alice soit éveillée qui la choquait, il y avait bien des enfants en avance sur leur âge, ce n'était pas un fait nouveau. Mais de là à sous-entendre que la petite, si jeune, pouvait avoir un avis tranché quelconque sur le monde décadent qui était le leur...

Natacha se gardait bien de froncer des sourcils à chaque fois que Sham, sans faire attention à ce qu'il disait ou la façon dont il le disait, lui expliquer un fait sur Alice. Mais cette façon qu'il avait de dire 'nous' quand il parlait d'Alice l'interpellait. Et elle commençait à s'en vouloir d'avoir donné son aval pour la proposition de Sham qui visait à contenir Alice et sa part 'étrange' qui était le fait de sa naissance à un mauvais moment de leur Histoire. Devait-elle ou non en parler avec Sham ? L'étudiante ne savait pas comment il allait réagir, mais très franchement, si ça continuait dans cette direction, ça allait vraiment devenir flippant !

"Qu'est-ce qui le rend si fascinant pour notre petite Alice et toi, cet Ethan ?"

Bon, ce n'était pas vraiment la question qu'elle aurait dû poser. Mais en même temps, elle ne pouvait pas non plus tirer de conclusions hâtives sans creuser un peu avant ! Peut-être n'était-ce que sa langue qui avait fourché (plusieurs fois certes) et qui lui avait fait utiliser le 'nous' plutôt que le 'elle' de rigueur quand il parlait de sa fille adoptive. En tous les cas, sa question lui offrirait certainement une réponse, si Sham était d'humeur lyrique.

Quant à elle, elle n'avait pas autant de choses à dire sur sa vie.

"Tout baigne, enfin autant que possible dans le contexte politique qui est le notre. Les cours, les examens, les sorties, TASKS... tout ce qui fait la vie étudiante en clair ! Je commence aussi à essayer de dessiner mentalement un projet d'avenir, il serait grand temps, d'après mon père."

Elle conclut sa diatribe d'un vague sourire, en pensant à son père, plongé dans son monde la plupart du temps, mais qui n'en oubliait pourtant pas les choses importantes de la vie -comme l'avenir de ses enfants, entre autre chose.
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Sham Alasdair McBrashen
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MessageSujet: Re: [Merlin's tales] Les nimbes obscures   Sam 6 Nov 2010 - 17:10

Même sans la regarder, je sentais littéralement un immense sourire étirer les petites lèvres d'Alice. La mention d'Ethan avait tendance à la mettre dans cet état de béatitude prolongé. Dans de pareilles conditions, j'avais généralement droit à soixante longues minutes de bonne humeur interrompue et communicative. C'était plutôt agréable. Parfois, moi aussi, je me demandais ce qu'Ethan pouvait bien avoir qui fascine autant Alice, elle qui était tellement critique vis-à-vis du genre humain en général et des gens que je fréquentais en particulier. Elle n'avait pas du tout apprécié Irma que j'avais ramené deux semaines plus tôt. Passons.
Avant d'aborder le sujet délicat d'Ethan Jones, je voulais rebondir sur les dernières paroles de Natacha.

"Des perspectives d'avenir, vraiment?"

J'avais voulu paraître amusé, j'étais plutôt à la limite de l'ironie. Je tentais de rattraper le tout par un sourire.
C'était le problème principal des autres étudiants de ma promo. Trop jeunes, ils se lançaient tête baissée dans une filière ou une autre, pour sa réputation ou sur un coup de cœur. Rarement pour les bonnes raisons de s'ouvrir un avenir. Arrivés en dernière année, ils se demandaient soudain à quoi ils avaient passé tout leur temps et se retrouvaient un peu pris au dépourvu face à la vie sans cours, sans profs, qui s'ouvraient soudain devant eux. Sortir du cadre confortable du milieu scolaire était une expérience intéressante. Toujours. Dans un sens ou dans un autre. Je me souvenais de ma propre première session estudiantine. J'avais suivi la voie sur laquelle on m'avait lancé pour découvrir en bout de course que, non, ça n'était pas fait pour moi. Trop tard pour faire demi-tour. Assume. Tu es devenu adulte. Si tu crois que la vie est faite pour se faire plaisir. Il faut serrer les dents et subir. J'avais accepté pendant cinq ans.
Je ne voulais pas croire automatiquement que ce soit le cas de Natacha. Par bien des aspects, elle me paraissait plus mature que moi à son âge. Le monde était moins chaotique de mon temps et il était plus facile d'y rester insouciant.

"Et tu as pensé à...?"

Ca n'était pas juste une piètre tentative pour rattraper ma bourde mais par intérêt réel. Même Alice s'était tue et dévisageait Natacha, immobile, concentrée.

"Je veux dire... qu'est-ce que tu aimerais faire? Continuer encore un peu les études en te lançant dans une filière privée ou bien débarquer sur le marché du travail avec ton enthousiasme tout neuf et des idées plein la tête?"

Encore une fois, j'avais plus l'impression de parler de moi plutôt que d'elle.
Je ne savais pas trop si elle désirait s'attarder sur le sujet. Personnellement, à l'époque, les sempiternels "et après, tu vas faire quoi?" me rendaient malade. Je ne voulais pas insister juste par curiosité. L'avenir tend à être une notion abstraite quand on est jeune.
Je réorientais maladroitement la conversation sur Ethan. Je sentais Alice qui m'y poussait.

"Ethan nous a aidé à y voir plus clair, en quelque sorte. Il est d'un charisme assez impressionnant. Ce serait le genre d'hommes que les autres suivraient sans hésiter si seulement il se donnait la peine de revendiquer une place de leader. Il saisit les gens en un regard, il les cerne et... et c'est comme s'il était capable, mieux que toi, de voir où est ta place. Venant d'un autre, ça serait flippant."

Mais il avait cette qualité rare de susciter la confiance chez autrui. Nous l'aurions suivi les yeux fermés, je crois.
Je m'attendais plus ou moins à ce que Natacha cherche à le rencontrer mais je ne serais pas celui qui l'y inciterait. L'idée de cette rencontre me mettait inexplicablement mal à l'aise. Comme s'ils faisaient partis de deux mondes différents dont le seul point de contact était ma propre personne. J'angoissais vaguement à l'idée de les mettre en présence l'un de l'autre. J'avais dans l'idée que Natacha devinerait immédiatement de quel genre d'hommes il s'agissait et qu'elle le rejetterait, sans même lui donner une deuxième chance de faire bonne impression. Elle était de TASKS. Il était de l'Opposition. Les deux univers n'étaient pas vraiment compatibles.

"Quoi qu'il en soit, si tu as besoin d'un coup de pouce pour ton "après", je suis là. Je me suis déjà frotté à tout ça et j'ai, comment dire, quelques contacts... Tu te vois plutôt dans quoi?"

Percevrait-elle mon malaise au travers de ces brusques changements de conversation? Pour éviter d'y penser, je me réfugiais dans ma tasse, l'air de rien.


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Natacha Melikov
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MessageSujet: Re: [Merlin's tales] Les nimbes obscures   Mar 23 Nov 2010 - 22:50

Natacha, pour cette fois, fit comme si elle n'avait rien entendu. Ce que c'était énervant les réflexions des 'vieux' qui prenaient tous les jeunes pour des idiots incapables de penser à plus loin que le lendemain, la prochaine soirée, la prochaine beuverie ! Comme si c'était si étonnant que cela que quelques personnes pensent, de temps à autres, à autre chose que le prochain sac à porter à son bras ou le prochain mec à mettre dans son lit. Natacha préféra ne rien dire, mais son expression en disait long sur ce qu'elle ressentait à être cataloguée dans le groupe des écervelées qui n'étaient pas fichues d'avoir une seule pensée intelligente (et qui pouvait aussi, de temps à autre, dramatiser à l'extrême une situation). Dans ces conditions, l'étudiante n'était pas certaine de vouloir répondre, mais Sham revint sur ses paroles précédentes, moins insultant que la première fois, et Natacha finit par s'apaiser, même si, si l'on additionnait cet écart et celui de l'épisode "tétine", cela lui restait en travers de la gorge.

"Je crois que je vais continuer à TASKS encore un moment, pas de nouvelles études. Quand j'aurais finis Unicorn, j'aurai le champ libre pour bosser à l'association à plein temps, je crois que ça dépannerait bien Ariane, et comme je ne pense pas qu'elle ait dans l'idée de me virer dès mes études terminées, je me dis pourquoi pas."

Son domaine d'études avait toujours droit à son intérêt, mais finalement, à bien y réfléchir, Natacha n'était pas certaine que c'était le bon moment pour abandonner, définitivement, TASKS et ses monstres. C'était assez idiot, parce que plus le temps passerait, plus elle s'attacherait à ses têtes blondes, et plus il serait difficile de s'en séparer, mais elle n'avait pas non plus l'impression d'avoir fait le tour de tout ce qu'il était possible d'apprendre au contact d'un organisme de ce genre. Et finalement, dans un CV, ça le faisait plutôt pas mal d'écrire que l'on avait fait partit, un temps plus ou moins long, de la direction de ce genre de structure. Ça démontrait de certaines compétences qui pourraient faire toute la différence si elle se décidait un jour à rejoindre le marché du travail à proprement parler.

" Mon boulot là-bas me plaît et je n'ai pas envie de la quitter si tôt. Peut-être qu'un jour mon diplôme me servira réellement, mais en attendant, ça ne fait pas de mal de l'avoir, il pourra toujours servir."

Et puisque qu'après tout, elle n'était pas la seule à devoir penser avenir, avec ou sans expérience de ce genre de passage dans la vie de tout étudiant, Natacha se permit, par politesse également, de retourner la question à son camarade :

"Et toi alors ? Tu comptes quitter Ste Mangouste pour prendre ton envol ?"

Le retour à Ethan fit resurgir les sentiments conflictuels que ressentait Natacha envers cet homme qu'elle n'avait jamais vu de sa vie et que vraisemblablement, elle ne rencontrerai jamais. Il lui brûlait les lèvres de sortir quelques commentaires bien sentis, sur son précieux Ethan, mais contrairement à Sham, la jeune fille savait se tenir et garder sa langue dans sa poche, quand elle sentait qu'il y avait des choses qui valaient mieux ne pas dire ou qui risqueraient de faire dégénérer la conversation. Elle n'était pas là pour se disputer avec Sham, à bien y penser.

Ainsi, elle se retint de lui dire que lui ou un autre, c'était en fait flippant ce que Sham lui racontait. Une telle clairvoyance, même sans en avoir été la victime, était étrange. Si tant était que cette sensation n'était pas une idée tout droit sortie de l'esprit enfiévré de Sham (ce qui n'était pas à exclure, vu comme il parlait d'Alice et de son Ethan). Bref, Natacha ne savait plus trop quoi en penser et ne savait plus non plus si elle désirait rencontrer, au moins une fois, cet étrange bonhomme, juste pour se faire sa propre idée.


"Si clairvoyant, qu'est-ce qu'il t'a prédit ?"

Une façon comme une autre de rebondir sur la discussion précédente et les perspectives d'avenir, si les prédictions d'Ethan étaient de ce genre, bien entendu. Et comme la réponse à sa question l'intéressait plus que de discuter encore de ce qu'elle comptait faire son diplôme en poche, Natacha occulta la question de Sham destinée à changer de conversation.
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MessageSujet: Re: [Merlin's tales] Les nimbes obscures   Mer 15 Déc 2010 - 18:19

Sujet délicat que l'"après" donc. Je ne savais pas trop si je devais me réjouir de voir que cet état de fait était relativement universel ou m'en inquiéter. Etrangement (quoi que, à la réflexion, l'étrange n'avait pas grand chose à voir là-dedans), Natacha semblait nettement plus déterminée et plus sûre d'elle que je ne l'étais à son âge. Je n'étais alors pas si mature et les travers que je recensais chez les autres étaient en premier lieu les miens.

Après sa déclaration d'intention vis-à-vis de TASK, je ne trouvais rien à ajouter. Il me semblait que j'aurais été incapable, quelques années plus tôt, d'assurer la tâche qu'elle endossait de plein gré. Peut-être que ça n'était tout simplement pas mon truc. Je me gardai bien de le lui dire et me contentai d'opiner du chef pour marquer un semblant d'approbation.
A mon tour d'affronter les questions.
Ste Mangouste?

- Mon job là-bas est confortable et je pense garder un pied dessus pour assurer mes arrières.

Allais-je lui épargner le sempiternel discours sur la nécessité de survenir aux besoins de ceux dont on avait la charge, en précisant que j'avais perdu liberté et indépendance en héritant d'Alice? Certes, oui.

- Le temps de trouver ma voie. De me faire ma place. J'aimerais assez trouver une place de consultant en diplomatie moldue mais...

Mais les temps ne s'y prêtaient pas exactement. Je le savais déjà en entrant à Poudlard University mais j'avais eu l'espoir naïf que tout ceci serait terminé au sortir de Unicorn Ring.
Qui, déjà, avait abordé la question des perspectives d'avenir?
Changeons de sujet.
Pour sauter à Ethan? Hum. L'évolution n'était peut-être pas à notre avantage. Restons sobre et nuancé.

- Ce n'est pas vraiment un Trelawney...

Piètre tentative d'humour pour amener la conversation sur des rivages moins tendus. Tendus? Je n'avais rien perçu, obnubilé par mes pensées. Mais Alice, si. Elle était toujours particulièrement sensible à l'atmosphère des lieux, des gens. Et elle s'était crispée, en dépit des soixante minutes de bonne humeur annoncées. Je devais en conclure que quelque chose dans l'air n'allait pas. D'où l'humour.

- Non, ce que je voulais dire, c'est qu'il n'est pas clairvoyant dans ce sens-là du terme. Il serait plutôt doté d'une empathie ultra-sensible, comme s'il percevait véritablement les gens. Il a su percer à jour ce que j'étais. Ce que nous étions. Ce que nous voulions. Et trouver la réponse à nos attentes.

J'hésitais un instant. Pour comprendre véritablement le phénomène, il fallait l'affronter. Et une rencontre Jones/Melikov n'était pas exactement le sentiment que je me faisais d'une bonne idée. Eviter de pousser la conversation dans ce sens, donc.
Le malaise d'Alice grandissait, malgré la mention à Ethan. Je supposais que la présence de la barmaid y était pour quelque chose. Je préférais cette option à celle, plus handicapante, d'une antipathie naissante vis-à-vis de Natacha. Je n'avais vraiment pas besoin qu'Alive vienne mettre un frein à cette relation, également.

- Sortons, veux-tu? Nous avons besoin d'air.

J'avais déjà sorti la monnaie pour payer nos consommations. J'avais soudain envie de partir. Et vite.
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MessageSujet: Re: [Merlin's tales] Les nimbes obscures   Ven 4 Fév 2011 - 12:21

Il existait donc des hommes qui savaient se taire quand il le fallait. Après son petit laïus déterminé quant à son avenir proche, Sham n’avait fait aucun commentaire, ni bon et heureusement, ni mauvais. Natacha ne se croyait pas particulièrement stupide et si comme toute personne de son âge, elle aimait s’amuser et profiter de sa jeunesse, cela ne voulait pourtant pas dire qu’elle ne pensait pas à sa vie après les études et le temps de la presque insouciance. Clairement, l’option TASKS lui paraissait comme le meilleur choix possible, étant donné qu’elle avait déjà un pied dans l’organisation et qu’il ne lui manquait plus qu’un peu plus de temps pour y mettre le second pied. Sur ce point au moins, tous deux n’étaient pas bien différent. Toujours garder sous le coude les bons plans, même si cela n’excluait pas la possibilité de chercher autre chose.

"Mais quoi ? Je pense que c’est le bon moment pour la diplomatie, avec notre « coming out », tout le foin avec Antarès… Les sorciers ne sont surement pas en odeur de sainteté partout auprès des populations moldues…"

Natacha avala les dernières gorgées de café contenu dans sa tasse, alors même que Sham tentait (avec l’énergie du désespoir !) de lui expliquer un peu mieux le « talent » de son cher ami Ethan. Ce qui était inutile et la jeune fille s’abstint de lui faire remarquer : Hey coco, laisse tomber, j’ai compris que ton pote était un cinglé-psychopathe-chelou ! Mais un reste de bon sens la retenait de dire ce qu’elle en pensait. Ces explications ne rendaient pas Ethan moins étrange aux yeux de Natacha qui, même si elle avait accès à une magie franchement bizarre et venue d’elle ne savait où, avait tout de même du mal avec ce qui sortait de l’ordinaire. La divination, très peu pour elle, que cela vienne de cette folle de Trelawney ou d’un inconnu qui avait réussi à prendre l’ascendant sur un homme (et une enfant) faible.

"Je vois." (En réalité, elle ne voyait rien du tout, elle naviguait en plein brouillard) "Et il a une tente dans une petite ruelle où il tire les cartes pour les badauds aussi ?"

Humour, humour ! Natacha ne savait pas comment aborder ce qui la gênait et elle accepta sans mot dire de sortir. Marcher un peu, rien de mieux pour oublier les tensions. Elle salua la gérante qui paraissait assez ravie de les voir partir et retrouva l’animation de la rue. L’étudiante s’y engagea, la petite famille à ses côtés. Elle avait prévu de retourner à TASKS après son rendez-vous avec Sham et elle lui proposa de l’accompagner un bout de chemin, en repensant à cette façon assez particulière qu’avait Sham de parler, plus encore quand il était question d’Alice et lui. Ce « nous » qui ne devrait pas exister.

"Sham, en fait, il y a quelque chose qui me chiffonne depuis un petit moment… Est-ce que tu as conscience de ta façon de parler quand… quand par exemple tu me parlais de votre rencontre, avec Alice, d’Ethan ?"

Médaille d’or de celle qui sait comment aborder en douceur une conversation qui s’avérait risquer.
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MessageSujet: Re: [Merlin's tales] Les nimbes obscures   Dim 27 Fév 2011 - 23:10

Je ne m’aperçus réellement de combien l'atmosphère du petit pub avait fini par devenir oppressante qu'une fois dehors. Inspirer, expirer et me remettre les idées en place. Sortir le jouet préféré d'Alice, une petite peluche en forme de nain de jardin. Elle était tombée en amour avec la créature toute en coton et rembourrage et je ne cherchais pas vraiment à comprendre pourquoi. Les enfants ont des coups de cœur qui nous resteront à jamais étranger. Néanmoins, aujourd'hui, il lui en faudrait plus pour la calmer. Plus qu'un peu d'air frais et un doudou. J'essayais la visualisation positive made in McBrashen, qui consistait à m’imprégner l'esprit d'images apaisantes façon cascades au printemps et vastes champs de pissenlit. Ma migraine naissante perdit légèrement en intensité.
Avec d'autres que Natacha, j'aurais pris congé prétextant je-ne-savais-quoi, un cours à réviser ou une urgence à Ste Mangouste. Voire même une envie pressante d'Alice à satisfaire dans la minute. Les gens devenaient toujours un peu gênés quand on se mettait à parler couche et tout le tralala. Les enfants étaient de petites choses charmantes pourvu qu'on les laisse s'attacher à la seule image et non aux réalités de leurs besoins. Je suppose que je n'étais pas si différent avant d'hériter d'Alice. Mais Natacha était Natacha et je ne me voyais pas la congédier comme de rien sous prétexte que sa présence mettait ma filleule mal à l'aise. J'étais au-dessus de ça, tentai-je me convaincre.

Quittant les cascades, les prairies et tous les paysages bucoliques, j'en vins à l'humour de scène où le protagoniste principal était Ethan et le décor une tente devancée d'une longue file de badauds. A peine plus concluant.
En désespoir de cause, je reportais mon attention sur la jeune femme et fronçai un sourcil - le droit, signe de ma contrariété naissante. Le gauche, c'était pour l'étonnement surpris. Tout un code du langage corporel.

'Qu'entend-elle exactement par "ma façon de parler?'

Me reprochait-elle mon enthousiasme ou mes mystères? Je ne pouvais pas changer de nature d'un claquement de doigt, ou, d'après mon dernier cours d'Etudes des Moldus, comme un ordinaire en proie aux affres du zapping. Channel 1: Sham Alasdair renfrogné. Channel 2: Sham Alasdair ouvert et souriant. Channel 3: Sham Alasdair bavard. Channel 4: Sham alasdair secret et curieux. Channel 5: ... Ca manquait singulièrement de substance et de complexité.

Front plissé et concentration sur son volume maximal, j'essayais de me remémorer l'intégralité de notre conversation. Qu'avais-je raconté de notre rencontre avec Ethan? Et surtout qu'avais-je dit à propos d'Alice et de lui? Je craignais toujours que Natacha ne s'imagine que notre relation avait franchi un cap trop dangereux et que j'étais incapable de m'occuper comme il fallait de la petite fille. Je ne voulais pas qu'elle me la reprenne. Si, à sa naissance, Alice me faisait flipper et m'inspirait des cauchemars sans nom, je l'avais aimé plus que je m'en serais cru capable, à un point tel que je n'imaginais plus ma vie sans elle. C'était presque comme si elle avait toujours été là. pas de quoi sombrer dans l'idéalisme pour autant. Il y avait un certain nombre d'aspect de ma nouvelle vie dont je me serais bien passé. Mais il n'empêchait...
Peut-être Natacha pensait-elle que je séparais pas assez Alice de ma vie d'adulte. Que je le traînais où il ne fallait pas. Que je menaçais, je ne sais pas, son équilibre émotionnel. Mais il me semblait, a contrario, que, de ce côté-là, elle faisait des progrès grandissants. Elle devenait plus sociable. S'inquiétait-elle alors, Natacha, de l'influence que Jones pouvait avoir sur une petite fille de l'âge d'Alice. Si ce n'était que cela, je pouvais la rassurer. Ethan était nettement plus paternaliste que moi. Je le soupçonnais d'avoir lui aussi une famille, quelque part en Angleterre. Discuter filiation et femme n'était pas exactement au centre de nos priorités. Il me semble même que l'interroger sur ces sujets-là me serait apparu comme déplacé.

Non. Je ne voyais pas.
Et je ne voulais pas pour autant l'amener à voir des choses qui étaient peut-être passées inaperçues à ses yeux. Peut-être un détail que je jugeais anodin était-il une preuve suffisante pour démontrer que je n'étais pas un bon père de substitution. Y avait-il des critères qui départageaient ainsi les bons parents des mauvais? Quelle était la place des intentions et des sentiments dans un tel classement?

Ô migraine! Elle revenait en trombe.

Dans l'incertitude, je me contentais de hausser vaguement les épaules. C'était un de ces gestes que j'affectionnais dans des situations comme celles-ci, car ils pouvaient tout et ne rien dire, sans jamais donner à l'interlocuteur la certitude de bien avoir compris le sous-entendus. Exactement ce dont j'avais besoin.
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MessageSujet: Re: [Merlin's tales] Les nimbes obscures   Mar 1 Mar 2011 - 16:32

Natacha attendit. Et attendit. Attendit encore, quelque chose, n’importe quoi, même un borborygme lui aurait suffit, cela au moins aurait été une preuve probante qu’elle n’avait pas parlé à un mur, ou alors que sa question, même si elle était gênante, avait été entendue et comprise. Mais au lieu de cela, elle eut droit à un vague haussement d’épaule, le genre de réponse qui voulait clairement dire « Tu m’emmerdes avec tes questions, fout-moi la paix ». Tout cela après un long silence où elle s’était demandé s’il fallait qu’elle répète ou se mette à parler javanais pour tenter d’avoir quelques mots. Mais non. À priori, elle n’aurait droit à rien d’autre que ce haussement d’épaule dédaigneux. Dire qu’elle avait prit de son temps pour couvrir l’enlèvement d’Alice et tout ce qu’elle gagnait, c’était ça…

Cela rejoignait bien son sentiment général quand à Sham. Certes, elle ne s’était pas attendue à ce qu’ils deviennent les meilleurs amis du monde, ils n’avaient pas la même façon de voir les choses, pas le même parcours et surement pas les mêmes préférences dans beaucoup de domaine. Mais elle avait eu la bêtise de croire que ce genre d’histoire était de celle qui rapprochait les gens, pas qui les éloignait. Il lui fallait encore grandir un peu, Natacha se trouvait bien trop fleur bleue, aujourd’hui.


- Et bien, merci pour cette réponse ô combien complète et pertinente, qui ne manque de plus pas de charme. C’est vraiment un plaisir de discuter avec toi, tu le sais ?

Oui, elle avait bien le droit d’être cynique de temps en temps, la situation s’y prêtait bien après tout. Cela lui apprendrait à chercher à aider quelqu’un qui ne voulait pas de son aide. Très certainement, son Ethan serait plus à même -s’il le voulait- de faire ce qu’à priori, elle ne pouvait pas. L’étudiante avait assez donné de son temps et de ses compétences pour ce drôle de couple père d’adoption-enfant, il était plus que temps pour Natacha de passer à autre chose. Elle ne voyait aucune raison de s’imposer plus longtemps.

- Je retourne à TASKS, inutile de m’accompagner, je connais le chemin. Bon courage pour la suite. Au revoir Alice.

Sans rien savoir de l’inimitié que la dite Alice commençait à ressentir contre elle, Natacha lui caressa la joue et sans même un dernier regard, reprit son chemin. Elle ne s’était pas autant attachée à Alice qu’à ses monstres de l’association, et même si elle ressentait une légère appréhension à l’idée de quitter la petite ainsi, elle savait qu’elle s’en remettait rapidement. Ses monstres avaient besoin d’elle, Alice avait non pas un, mais presque trois pères pour s’occuper d’elle, Natacha n’avait aucun souci à se faire pour l’enfant. Elle était bien entourée, normalement.

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