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 [Chaudron Baveur] Et maintenant...

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Daphne de Longueville
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MessageSujet: [Chaudron Baveur] Et maintenant...   Dim 29 Aoû 2010 - 0:36

Une pluie torentielle s'était abattue sur Londres, n'épargant malheureusement pas les passants qui s'étaient attardé sur Charing Cross Road, ignorant la menace pourtant très claire qu'avait proféré le ciel, gris et nuageux. Les passants les plus prévoyants se dissimulaient désormais sous d'immenses parapluies, tandis que les autres n'avaient d'autres choix que de trouver refuge dans les pubs et les commerces qui bordaient la célèbre rue, à moins de ne pas être effrayés par la possibilité de finir trempés. Tous étaient trop occupés à fuir l'averse que pour remarquer une jeune femme, qui, à en juger par sa tenue, avait été surprise par la capricieuse météo britannique. Elle était vêtue d'une simple robe de couleur noire et songeait, avec une certaine ironie, qu'il était heureux que ce matin, son choix ne soit pas porté sur la blanche. Mais Daphne de Longueville avait un problème plus sérieux qu'une robe détrempée et un maquillage dégoulinant. En effet, elle transportait, ou plutôt essayait de transporter, un nombre incalculable de bagages, de valises noires à l'apparence sobre. A Pré-Au-Lard ou sur le Chemin de Traverse, cela ne lui aurait posé aucun problème, un coup de baguette magique et le problème aurait été réglé. Mais Charing Cross Road était, malgré l'averse, encore trop fréquentée par des Moldus, et jeter un sort, ici, au vu et au su de tous, était bien trop risqué.Malgré le mélange des races, elle rechignait à utiliser ses pouvoirs devant la population nonm magique, qui posait beaucoup trop de questions à son goût. Daphne soupira, ce n'était décidément pas sa journée. Elle était arrivée de Canterbury ce matin, après des adieux à ses parents qu'elle avait tenté d'écourter un maximum, sans succès. Une fois à destination, elle s'était rendue à l'appartement légué par sa grand-mère et avait trouvé porte close. Elle avait essayé tous les sorts possible et imaginables, l'endroit devait probablement être protégé par plus qu'un simple sortilège. En attendant de résoudre ce problème, elle avait décidé de se rendre au Chaudron Baveur, et d'y louer une chambre. Encore faudrait-il qu'elle y arrive, ce qui impliquait qu'elle devrait trouver un moyen de porter ses bagages jusque là. Râlant d'avoir emporté autant de vêtements, elle fit son possible pour traîner ses valises, une à une, dans une ruelle isolée, marchant au passage dans une flaque d'eau. Parfait. Vraiment, c'était parfait. Après qu'elle eût terminé, elle scruta les alentours, et, ne voyant personne, sortit sa baguette magique et dit :

"Evanesco !"

Les bagages disparurent, Daphne les ferait resurgir du néant une fois arrivée à destination. Maintenant, elle pourrait s'y rendre sans trop de difficulté. Transplaner devant le Chaudron Baveur n'était cependant pas une bonne idée, et elle n'était pas d'humeur à lancer un sortilège d'amnésie à un Moldu terrorisé. Aussi décida-t-elle d'affronter la pluie et de reprendre sa route vers le célèbre pub. Le voyage lui prit une bonne quinzaine de minutes, la rue étant très longue, et c'est donc une Daphne trempée jusqu'aux os qui poussa la porte du bar, à côté duquel bon nombre de Moldus passaient sans le voir. Elle se dirigea immédiatement vers le comptoir, et réserva une chambre, la plus chère, souhaitant éviter les mauvaises surprises. Elle fit réapparaître ses bagages lorsqu'elle fut en haut, prit une rapide douche et se changea. Elle enfila une autre robe, longue et blanche cette fois-ci, épousant joliement ses formes, puis fouilla dans sa valise, y trouva un livre et redescendit. Daphne se rendit jusqu'au bar, où elle commanda un jus de fruits frais, et prit place à une table, se plongeant dans ses lectures.


Dernière édition par Daphne de Longueville le Mer 1 Sep 2010 - 20:45, édité 1 fois
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Shawn Page
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MessageSujet: Re: [Chaudron Baveur] Et maintenant...   Mer 1 Sep 2010 - 18:40

« — C’est vraiment un bon garçon. Tout ce qui lui manque à cet Antarès, c’est la Torah sur sa table de chevet.
— Maman, je crois que tu as un sérieux problème. Tu sais qu’il y a des gens bien qui ne sont pas juifs ?
— Où ça ?

Shawn a hésité. Etait-elle en train de se foutre de lui ? Le faisait-elle exprès ? A cause de sa mère, il avait développé nombre de tics comportementaux que seule la psychanalyse moldue aurait peut-être pu tenter d’éradiquer. Le temps passant, Shawn s’était habitué et ne se rendait plus compte des gestes qui trahissaient son anxiété, son agacement ou sa perplexité.
Tout en tenant le cellulaire dans une main, de l’autre il s’ébouriffait les cheveux. Le geste était énergique. S’il avait pu, il se serait pris la tête entre les mains pour se la frapper contre un mur. Sa mère le rendait barge. Même à plusieurs milliers de kilomètres de lui. Elle continuait de l’appeler six fois par jours. L’année dernière, il avait eu le bon goût d’éteindre le téléphone une demi-journée. Elle l’avait fait contacter par l’ambassade des Etats-Unis en Ecosse parce qu’elle avait été persuadée que des Résistants irlandais l’avait kidnappés. De l’invention d’extravagantes théories du complot, elle s’était fait une habitude presque aussi grotesque que celle de collectionner des capsules de bieraubeurre. En voyant un groupe d’Aurors armé jusqu’aux dents débarquer dans sa chambre d’étudiant à Poudlard – il était alors en charmante compagnie et la demoiselle ne s’était pas éternisée et avait filé jupon autour du bassin en hurlant que ce n’était pas ce qu’ils croyaient – Shawn avait cru mourir de honte. Il avait écarté l’idée de ne plus répondre au téléphone et s’était gentiment excusé auprès de la nuée de badauds, étudiants et professeurs, qui essayaient de découvrir ce qui était la cause d’autant de remue-ménage, et auprès des Aurors furibonds. Les huit hommes étaient repartis en grommelant quelque chose au sujet des américains. Dans sa tête, Shawn avait rectifié : « Pas les américains, juste ma mère... juive. Une catastrophe. J’avoue. »

Ce jour-là, Shawn en était au quatrième coup de fil. Lorsqu’il était hors de Poudlard, le cellulaire, à son grand regret fonctionnait et Veronica devait avoir des antennes maternelles pour repérer, malgré le décalage horaire, les moments où son fils était joignable. Il a marché sous la bruine en direction du Chaudron Baveur. Ses cheveux dégoulinaient entre ses doigts. Il ne lâchait toujours pas la mèche de cheveux qu’il était sur le point de s’arracher si sa mère n’arrêtait pas avec ses inepties.

— Où ça ? J’espère que tu te moques de moi, ‘man...
— Mais oui ! Bien sûr que je te taquine. Tu me prends pour qui ?
— Sincèrement, je préfère ne pas répondre à cette question.
— Ca veut dire quoi ça ? Shawn...
— J’arrive au Chaudron Baveur. Je dois raccrocher, ça ne va pas capter.
— Quand ces idiots de sorciers Anglais vont-ils finir par s’associer avec les réseaux téléphoniques moldus ! a-t-elle ralé.
— J’espère jamais ! Aller, bise, ‘mam. A plus tard.
— Quand ça plus tard... ? Je t’appelle quand ? Tu as un parapluie, hein ? J’entends qu’il pleut dans ton pays de malheur. Tu reviens pour Thanksgiving ? J’espère que tu ne sors pas avec une de ces anglaises, elles ont mauvaise réputation ! Tu ne me ramènes pas de goï ! J’te préviens, je donne ton héritage à l’Opposition si tu sors avec un goï, pire ! Si tu sors avec une protestante... Shawn ? Shawn ? Tu es là... ? Chéri ?... Sale gosse ! »

Non, Shawn n’était plus là. Il a raccroché en souriant, prévoyant de se soustraire rapidement au dernier flot d’insanités maternelles. Il y était habitué. Veronica attendait qu’il dise « bon aller, je raccroche » avant d’essayer de le retenir en balançant n’importe quelles questions déplacées à tord et à travers.

Le sorcier a rangé le téléphone dans sa poche intérieure. Derrière lui, un groupe de lycéennes moldues en uniforme est passé. Chacune partageait son parapluie avec une autre. Elles ont ri et ont gloussé en regardant Shawn qui dégoulinait comme une serpillère. Il leur a souri, amusé en repensant à ses vieilles années et pour leur faire la nique, il a sorti sa baguette et par un sortilège a crée un dôme invisible au-dessus de sa tête. Profitant de l’effet de surprise, il leur a fait une révérence matamore quand elles se sont arrêtées. Elles souriaient toujours mais avec un intérêt non dissimulé. Elles ont murmuré entre elles. L’une d’entre elles, poussée par ses copines s’est avancée d’un pas en direction de lui.

« — Aller, demande lui, l’ont-elle urgé en piaffant.
— V... vous... êtes un sorcier hein ? Demanda-t-elle en prenant son courage à deux mains.
Shawn a relevé la tête et a simplement opiné du chef.
— On se demandait... il parait que les sorciers ils... comment dire...
— Aller, Cathy ! Ont repris les autres en cœur.
— On se demandait s’il y avait vraiment une guerre contre Antarès, est-ce que les sorciers aideraient les... les moldus ou pas ?

Cela faisait toujours drôle à Shawn d’entendre les moldus utiliser leur vocabulaire. Le mélange des races facilitait et simplifiait beaucoup de choses.

— Je suppose qu’il n’y aura pas de guerre maintenant que tous les pays ont voté pour la légitimité d’Antarès. Mais si un jour, guerre il y avait, je pense que les sorciers seront divisés. Il n’y a pas que des bons sorciers qu’ils soient pour ou contre le règne d’Antarès. Mais je suis sûr que beaucoup feront en sorte d’aider les non-sorciers.

Bien qu’il appartienne au camp de l’Opposition, c’était ce que pensait Shawn. Intimement. Lui-même serait incapable de dresser sa baguette contre quelqu’un qui serait dans l’incapcité de se défendre. Qu’ils soient moldus ou sorciers.

— Je vais vous laisser mesdemoiselles, j’ai à faire ! Bonne journée ! »

De toutes les questions qu’elles auraient pu lui poser, Shawn ne se serait pas attendu à celle-ci. Il est entré songeur dans le pub du Chaudron Baveur. Son bouclier anti pluie se dématérialisa dès qu’il fut au sec. Il se dirigea vers Tom qu’il connaissait depuis sont arrivée à Londres, il y avait deux ans, et lui demanda s’il avait une chambre de libre. Plutôt une chambre spacieuse.

« — Ah ! Je suis désolé Shawn, la dernière est partie tout à l’heure. Il faudra que tu ailles voir sur le Chemin de Traverse ou que tu prennes chez les moldus. C’est bientôt la rentrée des collégiens et beaucoup de familles ont booké les alentours pour les courses de la rentrée. Tu prévois de rester longtemps ?
— Non. Deux nuits. Juste pour le weekend.
— Si quelque chose se libère, je te le ferai savoir. Aller, va t’asseoir quelque part le temps de te sécher, je t’offre ton verre. »

Shawn a serré la main de Tom pour le remercier et a erré quelques secondes entres les tables afin de trouver une place. Tom avait déjà servi le verre de liqueur quand il a rattrapé Shawn qui ne parvenait pas à prendre de décision sur la place qu’il voulait. Une famille bruyante à gauche. Plusieurs sorciers à la mine renfrognée par la pluie à droite. Des étudiants de Poudlard qu’il connaissait et avec lesquels il ne voulait pas particulièrement entretenir une conversion dans le fond... Le choix du confort s’est restreint à mesure qu’il a avancé. En dehors de ces considérations, Tom l’a donc dépassé pour l’attirer vers une table à côté d’une jeune fille qui sirotait seule. D’un ton joyeux, ou essayant subtilement de lier sa clientèle, tout en posant le verre sur la table voisine de la sienne, Tom s’est adressé à Shawn et à la jeune fille, la tirant de sa lecture :

« — Voici, Shawn ! Tu s’ras très bien ici ! C’est la jeune fille qui a pris la dernière chambre ! Mademoiselle, il va falloir remonter le moral de ce pauvre bougre va-nu-pieds ! »

Le sorcier s’est assis docilement, sans s’appesantir sur la remarque du gérant dont il se serait bien passé et qui avait quelque chose de terriblement gênant. La jeune filles ferait le ménage dans ce qu’elle venait d’entendre. Du moins, l’espérait-il.
Il a pris son verre entre ses mains en hochant poliment la tête en direction de la jeune fille tandis que Tom retournait derrière son comptoir.

« — Enchanté, a-t-il dit sans tendre sa main pour la saluer. Le geste de la tête lui a semblé suffire, Shawn. Shawn Page...
Il a levé son pied chaussé en le regardant puis en regardant la cliente.
— Et je ne suis pas un va-nu-pieds. »





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Daphne de Longueville
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MessageSujet: Re: [Chaudron Baveur] Et maintenant...   Mar 7 Sep 2010 - 11:45

The following nights were a rampage. I began to drink up Paris as if the city were blood. In the early evening I raided the worst sections, tangling with thieves and killers, often giving them a playful chance to defend the selves, then snarling them in a fayal embrace and feasting to the point of gluttony. I savoured different types of kills : big lumbering creatures, small wiry ones, the hirsute and the dark-skinned, but my favourite was the very young scoundrel who'd kill you for the coins in your
pocket. I loved their grunting and cursing. Sometimes I held them with one hand and laughed at them till they were in a positive fury, and I threw their knives over the roof tops and smashed their pistols to pièces against the walls. But in all this my full strenght was like a cat never allowed to spring. And the one thing I loathed in them was fear. If a victim was really afraid I usually lost interest. As time went on, I learned to postpone the kill. I drank a little from one, and more from ano..


Le fort accent londonien du tenancier s’éleva, inapproprié aux sombres ruelles de Paris, épargnant momentanément les victimes de Lestat. Daphne referma son livre et le posa sur la table. Elle adorait les histoires de vampires, surtout lorsqu’elles étaient écrites par des moldus, qui glorifiaient ces monstres assoiffés de sang humain et qui pendant longtemps n’avaient considéré leur existence que comme un fantasme, un délire né de la légende d’un fou sanguinaire au cœur brisé. En temps normal, Daphne aurait congédié Tom d’une manière franchement désagréable et n’aurait pas jeté un seul regard à l’inconnu. Mais la jeune fille se sentait désespérément seule, et ce nouveau départ était une chance inespérée d’enfin se débarrasser d’un handicap de taille si elle voulait un jour une vie sociale : Sa personnalité. Elle s’éclaircit la gorge discrètement, cherchant quoi répondre à Tom, mais sa réflexion fut trop longue, celui-ci se dirigea vers le comptoir, n’ayant visiblement pas attendu que Daphne lui réponde. Ce qui la laisse seule face à Shawn, qui ne trouva rien de mieux à faire que de lui adresser la parole.

Mais... je n'ai rien dit. Je ne pensais de vous que vous étiez un.. enfin... je... Daphne de Longueville, enchantée.

Daphne songea que tout, de son Anglais impeccable à son accent en passant par sa tenue, témoignait d'une éducation rigide, et de trop longues années d'une vie exemplaire, mortellement ennuyeuse. Elle trouvait palpitant le fait qu'un inconnu lui dise trois mots, et se rendait bien compte que c'était franchement désolant. Il lui faudrait prendre sur elle pour casser ces murs entre elle et les autres, afin de pouvoir envisager, un jour, de vivre une vie normale, loin, très loin, de la demeure familiale. Elle chassa rapidement ces pensées en secouant légèrement la tête et bui une gorgée, histoire de justifier son silence. Décidée à entamer une conversation, elle réfléchit rapidement, remarqua une pointe d'accent américain chez Shawn, et se dit que l'interroger à ce sujet était un bon début. Elle prit son courage à deux mains, observa Shawn et, dit, esquissant un sourire :

Il pleut.

Hein ?! La météo ? C'est tout ce qui lui était passé par la tête ?! Plus encore que le sujet, la phrase "il pleut" allait la faire passer sans aucun doute pour la reine de l'observation et une débile profonde... La vraie vie : 1 - Daphne : 0
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Shawn Page
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MessageSujet: Re: [Chaudron Baveur] Et maintenant...   Jeu 16 Sep 2010 - 20:28

« — Mhh... En effet. Il pleut. »

D’un calme olympien, Shawn n’a pourtant pas réussi à effacer complètement l’expression abrutie que la constatation de Daphne avait produite sur son visage. Immobile, il a été surpris par la banalité de la réplique qui ne pouvait même pas se prévaloir d’être une question. Un ange est passé. Le bruissement de ses ailes a frôlé le silence. Il a porté une ombre brève sur les paupières de l’américain. « Il pleut. » Une question subsidiaire ou métaphysique se cachait-elle derrière cet état de fait ou cette anglaise était-elle tout bonnement un peu demeurée ?

Shawn plissa un sourcil et releva le second sans cesser de fixer son interlocutrice. En deux années, il s’était plutôt accommodé du palabre des britanniques au sujet du temps qu’il faisait. Il ne maîtrisait pas encore – ou ne souhaitait pas maîtriser – cette ancestrale technique d’introduction à toute forme de discussion mais il savait une chose avec certitude : le traditionnel échange sur la météorologie ne commençait jamais par une constatation mais par une question.

Exemples pratiques :

« Espérons que demain la pluie se calme un peu, vous n’êtes pas d’accord ? »
« Vous pensez qu’il pleuvra toute la semaine ? »

Parce qu’il sera toujours un anglais pour s’étonner encore qu’il pleuve en Angleterre.

Les plus optimistes espèrent toujours que le lendemain sera ensoleillé pour agrémenter la discussion d’interjections béates : « Oh ! Quel temps magnifique, n’est-il pas ? » « Ah ! Oui ! Combien de temps cela va-t-il durer, là est toute la question ! » « Comme vous avez raison ! Vous souvenez-vous de la pluie d’avant-hier ? » « Certainement ! Mon Dieu ! Horrible ! »
Le soleil ne sert qu’à rallonger le prologue d’une sempiternelle critique pluviale. Même quand il fait beau, l’anglais parle de la pluie.

Quoi qu’il en soit, le secret de ces petites discussions réside dans la nécessité que l’introduction se termine par une question, isn’t it ?

« Quel temps exécrable, n’est-ce pas ? »
Alors l’interlocuteur peut rebondir :
« Oui ! C’est bien dommageable ! Mes gardénias vont se noyer. »
Ainsi, le premier peut sauter sur l’occasion pour alimenter la discussion sur le jardinage :
« Vous avez des gardénias ? Comme c’est charmant ! Avez-vous vu la nouvelle jardinerie à Ravenscourt Avenue ? »

Et bla et bla et bla.
Conclusion de la démonstration : on peut parler.

La cocasserie fonctionne avec toute forme d’intempéries, d’états nuageux, de grêles, de bruine, de vent, de canicule :
« Le brouillard d’hier m’a fait penser à celui de l’été 1977, pas vous ? »
Il n’y a qu’un anglais pour se souvenir du temps qu’il faisait tel samedi, tel été ou tel semaine. Les dérangements météorologiques provoqués par Antarès ces dernières années avaient dû donner aux anglais des sujets de discussion jusqu’à la fin des temps.

Toujours est-il, Shawn savait saisir les perches. Cette fois, l’anglaise qu’il avait face à lui était défaillante. Il n’y avait pas eu de perche.

Il a souri et a repris après un court laps de temps :

« — Le ciel est gris.

Il se moquait explicitement de son interlocutrice mais n’était pas certain qu’elle déchiffrerait la raillerie. Quand il faisait de l'humour, Shawn conservait un visage impassible pour provoquer le doute chez son vis-à-vis. « Rigole, rigole pas ? Il se fout de ma gueule ? Oui, je me fous de ta gueule. »

Il a poursuivit avec un visage impassible et les bras croisés sur la table face à son verre dont il n’avait pas encore bu une goutte.

— Le bar est bondé. Les chambres sont toutes prises. Mes chaussures sont noires. Ma boisson refroidie, a-t-il enchaîné sans intonation particulière comme un professeur ferait l’appel en cours.

Brisant le ton impassible, il a levé son verre en direction de la jeune fille pour porter un toast :

— Vous avez raison. Il pleut. Et cette banalité est peut-être tout ce qu’il y a dire aujourd’hui.
A votre santé, Daphne de Longueville. »

Shawn a bu une gorgée sans détacher ses deux prunelles sombres de la lectrice. En venant s’asseoir, il avait pu lire le titre de l’ouvrage. Cependant, il lui a semblé qu’il tirerait un plus grand amusement de la personnalité frigide – ou timide – de la demoiselle en ne lui tendant aucune perche, en ne lui livrant aucune attrape sur la discussion par une question qu’il aurait pu poser. Si elle voulait parler, si sa présence ne l’incommodait pas, elle trouverait certainement le moyen de rebondir.

Pour souligner habilement qu’il n’ajouterait rien à ce toast mais qu’il n’abandonnait pas l’embryon de discussion qui pouvait naître, il ne détourna en aucune occasion son regard d’elle, s’amusant à ses dépends, mais avec malice, de ce qu’elle dégageait. Rigueur, fermeté, fermeture.








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MessageSujet: Re: [Chaudron Baveur] Et maintenant...   Lun 20 Sep 2010 - 12:32

L’endroit où Daphne rangeait son balai n’était d’ores et déjà plus un mystère. La jeune femme vivait avec un Eclair de Feu enfoncé profondément dans la partie la plus charnue de son anatomie, l’empêchant de se mouvoir normalement, le dos sans doute droit et raidi d’avoir fréquenté le manche d’un peu trop près et pendant trop longtemps.

Non contente d’avoir démontré ses lacunes en matière de conversation, Daphne s’apprêtait maintenant à prouver qu’elle pouvait être TRES désagréable, chaleureuse comme un séjour au Pôle-Nord. Shawn commençait à sensiblement l’agacer. Daphne, qui n’était pas stupide, avait parfaitement saisi l’ironie robotique de son interlocuteur et était bien décidée à lui réexpédier ses sarcasmes en pleine poire. Mais pour qui se prenait-il ? Ils n’avaient après tout pas garder les hippogriffes ensemble, et Daphne ne tolérait pas que l’on se moque d’elle. Tout chez Shawn rappelait à la demoiselle pourquoi elle refusait de se mêler aux autres. Son aisance, son air décontracté et sa désinvolture énervaient Daphne, elles ne lui rappelaient que trop son manque cruel de conversation.

Qu’elle était loin, la Salle Commune de Serpentard, où Daphne avait instantanément trouvé ses repères. Elle y était connue, respectée, et personne n’aurait osé porter de jugement sur son naturel solitaire, férocement défendu par une répartie acide. Mais tout était cruellement différent, à présent, et l’avenir auquel aspirait Daphne passait obligatoirement par des changements radicaux. Il allait falloir apprendre à nouer des liens et à sourire aux cons, tisser une toile faite d’intéressantes relations pour satisfaire ses ambitions.

Tout en gardant à l’esprit que la liberté, à long terme, c’est de la solitude.

Et finir seule n’était vraiment pas quelque chose qui enthousiasmait Daphne. Elle se dégonfla donc comme un ballon de baudruche, ravala la méchanceté qui lui brûlait le bout des lèvres, soupira et dit :

Je vous l’accorde, Mr Page. Cette réplique était étonnamment ennuyeuse.

Et c’était reparti. Un petit peu d’huile d’argot aurait pourtant décoincé les rouages de Daphne. Mais la phrase était à l’image de sa créatrice : Lisse, proprette et, disons-le franchement, sans grand intérêt.
Blanc.


...


Alors que tout semblait perdu, Daphne songea soudainement qu’elle était décidée à ne plus passer pour une demeurée auprès de Shawn, sur qui elle jeta son dévolu pour ce « dépucelage social ». Baisser la tête, foncer dans l’arène, prendre le dragon par les cornes et en ressortir triomphante. Avant de se souvenir qu’il ne s’agissait là que d’une simple conversation et qu’en faire tout un plat était peut-être un poil ridicule… Mais cette pensée avait donné un peu de courage à Daphne qui d’un ton plus assuré, dit, refermant son livre en un "clac" sonore :

Très bien Shawn. Les présentations sont faites. Vous êtes le jeune homme à l’aise en société, je suis la jeune fille de bonne famille coincée et incapable de s’ouvrir aux autres. Plutôt que de vous moquer de moi, asseyez-vous à ma table et racontez-moi comment vous faites pour être aussi agaçant.


Il fallait admettre qu'il y avait du progrès. Le ton était un peu plus sec que l'avait voulu Daphne, mais il y avait là une volonté de poursuivre le dialogue, et d'en retirer quelque chose. On va y arriver.
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Shawn Page
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MessageSujet: Re: [Chaudron Baveur] Et maintenant...   Sam 25 Sep 2010 - 14:06

« — Je vous l’accorde, Mr Page, avait-elle dit. Cette réplique était étonnamment ennuyeuse. »

Il ne l’avait pas trouvé « étonnamment ennuyeuse » mais adorablement banale. Piqué au vif, la réplique suivante avait souligné d’un trait plus habile que des heures de discussion la personnalité acariâtre de la demoiselle. Lui qui avait eu envie de provoquer chez elle un réflexe ne fut pas déçu quand il obtint plus qu’une simple réaction. C’avait été une révolution orale. Nous passions de deux mots à plus de cinquante. A la fin de sa phrase, il s’était surpris à espérer qu’elle n’en tomberait pas malade d’écœurement tant on pouvait lire à quel point il lui coûtait de lui parler. Shawn venait de passer son certificat de maïeutique avec succès. Peu sujet aux blessures d’ego, les susceptibilités ne faisaient pas partie de sa grammaire émotionnelle. Il ne s’offusqua pas du ton castrateur employé et de la pique qui concluait son invitation à sa table. Ca restait une invitation et elle avait raison, il avait été agaçant. Exprès. De plus, elle s’était habillée pour l’hiver elle-même, sans qu’il eût besoin de la pointer du doigt. Elle les avait mis à égalité en une seule phrase.

Il s’est levé en prenant son verre, incapable d’effacer le sourire qui ornait ses lèvres. Elle continuait de l’amuser et il était parier qu’elle ne le faisait pas exprès.

Il prit la chaise d’en face et s’assit sans dire un mot. Il avait une réponse à donner. Il réfléchissait à cette réponse sans grand sérieux.

Une fois assis, il a détaillé sans ambages la jeune fille, la position de ses mains, son buste, ses vêtements, sa coiffure, son livre, ses lèvres, ses yeux. De bonne famille. Les américaines de bonne famille étaient souvent des filles qui se prévalaient d’un bon goût compassé quand elles étaient en public et qui étaient capables du pire (sexe, drogues et rock’n’roll) quand elles étaient en privé. Le concept de bonne famille était quelque peu galvaudé par les apparences.

Qu’en était-il en Angleterre ? Pour les quelques filles qui tournaient autour de son monde, il n’en connaissait qu’une qui appartînt à ce petit cercle privilégié. Elle s’appelait Chimera Domtown de Laclauvelle et suivait un cycle de droit en justice magique à Poudlard université, en troisième année. Chimera était brillante dans les études mais elle était le genre de fille qui n’avait absolument pas conscience de la difficulté du monde. Son plus grand souci était de savoir si ses ballerines étaient assorties à son sac à main dernier cri et, un jour, il avait été témoin d’une drôle de crise de nerf lorsque Chimera s’était rendue compte qu’une de ses amies avait le même débardeur d’on ne savait quel couturier sorcier français. Il avait fallu séparer les deux filles.
Shawn ne cautionnait pas les batailles de sacs à main ou les attaques de rouge à lèvres. Il y avait tellement plus important. Est-ce qu’il se battait avec le premier type qui portait les mêmes baskets que lui ? Non.

Bref, il avait assimilé le concept de la jeune fille de bonne famille à « centres d’intérêts subalternes », « frivolité » et « superficialité vulgaire ». Il avait stéréotypé la jeune fille de bonne famille pour le grand plus grand plaisir de son entourage. En effet, dans l’aile ouest de Hawk Ring, ses imitations de Chimera étaient très populaires. Chimera elle-même finissait par en rire. Et ça rachetait l’opinion critique qu’on pouvait se faire de la population bourgeoise : Chimera, tout comme Daphne venait de le faire, avait une capacité assez cocasse à se rire d’elle-même. Une rire pincé, une vision cynique et castratrice mais néanmoins la répartie ne leur manquait pas pour jouer de l’autodérision. Cela rendait ces personnages moins détestables.

« — Pour être agaçant, il faut au moins être beau, intelligent et cynique, a-t-il dit avec sarcasme. Je vous renvoie donc le compliment, Daphne de Longueville. »

Il souriait toujours, et sa litote avait un air de capitulation. Il lui admettait sa beauté et son esprit de la même manière qu’il ne refusait pas qu’elle lui prêtât cet adjectif qui était très mal approprié pour le décrire quand on le connaissait. Mais à cet instant, elle avait certainement raison, il était agaçant. Et ça l’amusait de l’agacer elle. Cependant, il ne pouvait pas se permettre de jouer trop longtemps sur la même corde au risque de le devenir vraiment.

Shawn a bu une gorgée de son breuvage et a radouci le ton, mettant de côté les sarcasmes :

« — Pourquoi fatalement une jeune fille de bonne famille devrait-elle être mal à l’aise en société, Daphne ? Ca vous exaspère les autres ? Vous avez du mépris pour tout ce qui n’est pas vous ou votre famille ? a demandé Shawn sérieusement mais sans jugement de valeur. La question était sincère mais on sentait qu’il ne pointait pas du doigt son vis-à-vis. Il cherchait seulement à comprendre ce qui la poussait à avoir un tel comportement. Il était vrai qu’il se sentait parfaitement à l’aise quel que soit le milieu dans lequel il était propulsé. Pourtant, sa famille était loin d’être prolétaire. Ca n’avait donc pas à voir avec l’argent mais avec l’éducation. Si Daphne était aussi fermée qu’une huitre, c’avait moins à voir avec Daphne elle-même qu’avec l’éducation dont ses parents lui avait fait bénéficier. »





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Daphne de Longueville
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MessageSujet: Re: [Chaudron Baveur] Et maintenant...   Lun 27 Sep 2010 - 16:37

Si Shawn recherchait en Daphne les traits de caractère qui lui avaient plu ou déplu chez les autres filles du même monde qu’elle, il risquait fort d’être déçu. Ou agréablement surpris. Daphne n’était ni sex, ni drugs, ni rock and roll. Elle avait bien évidemment rencontré les spécimens en question, appartenant malheureusement à une espèce en voie d’apparition. Oh oui, elle les avait rencontrées. Au cours d’interminables rallyes auxquels elle était forcée de se rendre, merci à ses charmants parents. Et très franchement, c’était d’un ennui mortel.

Chimera, Harmonie, Sybille ou Cristal, autant de poules au prénom original mais surtout ridicule, dont les portefeuilles remplis contrastaient avec leurs têtes vides. Daphne les méprisait profondément et supportait avec difficulté leur incapacité à commencer une phrase autrement que par « Moi je ». Quant à leurs crétins de parents, la « petite de Longueville » les détestait encore plus. Aveuglés par la brillante réussite de leurs filles chéries, ils ne se rendaient pas compte que toutes les deux semaines, l’une d’elles tombait enceinte ou faisait une overdose.

Et s’en vantait auprès de ses copines lors du rallye suivant. Nid à crabes, monde de merde.

Au bout de quelques mois, la mère de Daphne avait cessé de nier l’évidence, admettant le désintérêt de sa fille pour les fringues ridiculement chers et les sacs à main dernier cri. « Toutes les filles de ton âge rêveraient de la vie sur laquelle tu craches, ma fille ! » La porte de la chambre de Daphne avait claqué en guise de réponse, mettant un terme définitif à cette conversation. Jolie ? Oui, Daphne l’était. Et alors ? Elle était bien consciente que c’était toujours mieux que d’être moche, mais n’aurait pas supporté obtenir quoi que ce soit grâce à son physique, rien que l’idée était avilissante.

Quant à l’argent, oui, Daphne en possédait pas mal, mais n’avait aucun mérite. Sa grand-mère avait eu le bon goût de mourir quelques mois plus tôt, lui léguant un appartement et un beau petit tas d’or. Que Daphne ne dépenserait ni en chaussures, ni en sacs hors de prix, démodés d’ici trois semaines. Le seul point commun entre la jeune femme et ses consœurs était effectivement un bon sens de la répartie, dont elle avait usé et abusé envers celles avec qui elle était supposée tisser des liens. L’histoire avait vite été réglée, Daphne avait été tellement désagréable que plus personne ne voulait d’elle à ces putains de rallyes, même pas pour se moquer de son absence de sac et des ses vieilles baskets.

Quel dommage.

Plus la conversation avec Shawn avançait, plus Daphne trouvait l'exercice d'une facilité déconcertante. Shawn la mettait à l'aise, sa décontraction, tout d'abord énervante, était maintenant tel un filet en-dessous du fil où Daphne jouait les funambules, désormais moins effrayée par une probable chute. Elle ne put néanmoins s'empêcher de répondre à la remarque de Shawn par une pique, mais avec cette fois-ci un sourire franc aux lèvres, un air amusé et un ton bien plus léger.

"Vous êtes impressionnant, Shawn. Vous voyez des compliments là où il n'y en a aucun, c'est un don inutile, certes, mais rare. Et amusant, j'en conviens. Merci, ceci dit, je ne m'étais jamais encore fait retourner une inexistante gentillesse, et ce n'est pas pour me déplaire. "

Elle écouta sa question, surprise par sa franchise. La décontraction était une chose, les questions "cash" en étaient une autre. Satisfaite de ses progrès, elle ne s'arrêta pas en si bon chemin, et se décida à lui répondre.

" Le propre de la jeune fille de bonne famille, Shawn, c'est justement d'être à l'aise en société. Grandir dans ce monde, c'est apprendre à charmer avant même de savoir parler. Ce qui m'exaspère, ce ne sont pas les autres, mais plutôt ceux qui les appelle "les autres". Du mépris, j'en ai à revendre, mais plutôt pour ceux de ma famille, et surtout pour tous ceux qui croient que ce monde-là est le mien. Si mes fin de race de congénères aiment tant leurs cages dorées, et bien qu'elles y restent. Je préfère cent fois mon caractère peu loquace et ma timidité aux centaines représentations qu'elles donnent d'une pièce et d'une seule : Me, Myself and I."

De plus en plus surprise par son aisance, elle alla jusqu'à ajouter ceci :

"Du coup, je ne me sens à ma place nulle part, tiraillée entre une éducation vous vous en doutez peu folichonne qui m'a longtemps dicté de ne pas me mêler à n'importe qui, et une aversion profonde envers ceux que je suis supposée fréquenter. Si vous avez des enfants et que vous souhaitez faire d'eux de profonds handicapés sociaux, vous savez maintenant comment faire."


Un grand sourire aux lèvres, elle termina par un compliment, vrai cette fois-ci :

C'est un plaisir épique mais réel de vous rencontrer, Shawn Page.



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MessageSujet: Re: [Chaudron Baveur] Et maintenant...   Mar 28 Sep 2010 - 22:46

C’était tellement femme de ne retenir d’une réplique que ce qui nous intéressait. Dans la facétie, Daphne avait retenu le compliment sans relever le cynisme. Bien qu’il le fit avec humour, il se complimentait lui en un premier temps, elle ensuite. Il ne lui avait pas semblé dévoiler de grandes vérités : il la trouvait aussi jolie qu’agaçante. Mais ce n’était pas pour déplaire à la sorcière, alors gageons que Shawn n’en rajouterait pas une couche. Belle et agaçante. C’était tout ce qu’elle avait à son actif pour le moment. Son passif ne tenait qu’à un fil ; sa morgue sans pareille.

Plus elle parlait plus il revoyait à la baisse son taux de pédanterie pour l’assimiler à quelque timidité. La jeune fille n’était pas pédante mais sévèrement blasée. Elle reniait son milieu et sa famille en quelques phrases bien tournées que l’américain remisa dans un coin de sa tête pour parfaire petit à petit le portrait de cette inconnue.

Elle dépeignait un portrait acide de cette jeunesse dorée qui hantait les séries télévisées et les couloirs des écoles. Ce qui saisit Shawn, tout au long de la diatribe, fut cette aisance vocale qu’il n’aurait pas soupçonnée et dont il avait d’abord moqué l’absence. Elle s’était métamorphosée sous ses yeux. Et ça le ravissait. Il l’écoutait avec plaisir, sans avoir d’opinion à ce sujet qui l’intéressait moins que son interlocutrice.

« Je ne me sens à ma place nulle part. »

Il paraissait qu’on ne retenait toujours que 10% des conversations qu’on tenait avec le temps. Il savait que ce pourcentage se réduirait à cette simple phrase dont l’extraction se fit dans un sourcillement léger. Il la regarda en baissant les yeux, plissant les paupières d’un air intrigué. Il trouvait cette phrase à la fois triste et géniale. Elle ouvrait un panorama de questions et de réflexions dans lesquelles il se serait bien jeté corps et âme s’il n’était pas sûr que la discussion les mène à des heures tardives de la nuit.

Il leva son verre et but en souriant quand elle termina de s’exprimer.
Il termina son verre d’un trait car elle avait bien mérité un cul-sec. Lui-même n’était pas certain qu’il en aurait dit autant sur son compte et avec une telle lucidité au premier inconnu qui passait.

Il reposa son verre et son sourire s’agrandit encore :

« — Ne pas vous mêler à n’importe qui, c’est bien raté pour ce soir. Je suis environ n’importe qui. Mais merci pour les avertissements... sait-on jamais si du jour au lendemain une Chimera Domtown de Laclauvelle (une fille de ma promo) m’infligeait de l’épouser pour perpétuer sa drôle de race... Quant à la place que vous avez dans le monde, c’est peut-être un lieu commun de dire ça, mais je suis persuadé qu’on est tous là pour savoir où elle se trouve. Le plus triste serait de finir ses jours sans l’avoir jamais trouvé. »

La tablée de trois collègues de cours à laquelle il avait voulu échapper s’était levée. L’un d’eux reconnut Shawn et interpella les autres qui s’apprêtaient à sortir du pub afin qu'ils vinssent voir sa découverte. Shawn s’enfonça dans son siège et eut juste le temps de glisser à Daphne :

« — Je m’excuse d’avance pour ce qui va se passer... »

Celui qui s’était approché s’appelait Kyle. Il était dans la même classe de Sciences des Créatures Magiques et de Recherche Anthropomagique. Il était un des anciens colocataires de Shawn. Les deux autres étaient respectivement Geneviève, une étudiante française venu faire son dernier cycle à Poudlard University et avec laquelle il avait eu une brève histoire, et Flawnt, un garçon aussi grand que gras et aussi obtus que vaniteux. Du lourd. Shawn s’était retrouvé à l’infirmerie à cause de lui l’année dernière. Depuis les deux garçons n’avaient toujours pas réglé leur différent et ils s’évitaient tant qu’il était possible de le faire quand on partageait près de70% de son emploi du temps.

« — Salut Shawn, commença Kyle.
— Kyle, Gen, l’autre... bonsoir.

Il jeta un petit regard à Daphne en même temps que le dénommé Flawnt :

— Alors, ton séjour chez les traîtres ? interrogea d’emblée Flawnt qui avait résolument envie de se prendre une seconde branlée. Car si Shawn avait terminé à l’infirmerie, il en était autrement du géant qui avait terminé sur un lit de Sainte Mangouste.
— Parfait, répondit Shawn sans se départir de son sourire flegmatique.

Kyle, qui n’avait rien contre l’étudiant de 3ème année, s’interposa pour que la sauce ne monte pas.

— Ho, ho, Flawnt, tu n’as pas envie de retourner à Sainte Mangouste...
— Qu’est-ce que tu veux, Kyle ? demanda Shawn avec un chouaïa d’impatience. Tu vois bien que je suis accompagné.

Kyle eut un bref regard pour Daphne :

— Mademoiselle, excusez-moi de l’intrusion. Je ne pouvais pas partir sans saluer mon vieux pote.

De nouveau à Shawn :

— Fais gaffe à toi, Shawn, cette année, ça va être chaud à Poudlard... tout le monde n’aime pas beaucoup cette fusion avec l’Opposition.
— Si tout va bien, vous serez débarrassé de moi très vite, n’ai pas d’inquiétude, sourit Shawn en détournant son regard pour mettre un point final à la discussion.

Il prit le verre de Daphne pour se donner de la contenance :

— Je peux ? lui demanda-t-il, les lèvres déjà au bord du verre. »

Il ne but qu’une gorgée et sa grimace indiqua qu’il n’avait pas aimé ce qu’il avait bu. Les trois intrus tentèrent de s’en retourner mais pas sans un dernier petit coup de cuisse de Flawnt contre la table qui renversa le verre que Shawn venait de reposer. Le liquide s’étala sur la table et sur les genoux de Daphne.

Ni une ni deux, Shawn se leva et bondit sur la masse. Ca n’avait jamais été très sorcier mais l’américain avait toujours préféré la force des poings à la magie quand il s’agissait de régler son compte à un imbécile. Sa droite partit toute seule. Il prit un crochet sur la joue mais eut le temps de rendre un dernier coup de genou qui coucha son adversaire à terre. En moins de quelques secondes, Geneviève et Kyle avaient sortis leurs baguettes et ils la pointaient sur Shawn qui leva immédiatement les mains en l’air pour indiquer qu’il ne tenterait rien de plus :

« — Désolé, c’était pour dire au revoir, railla-t-il en reculant d’un pas.

Flawnt se releva étourdi et se tenant l’entrejambe, soutenu par Kyle qui brandissait toujours sa baguette vers Shawn pour le tenir au respect :

— Shawn, tu devrais faire attention, dit Geneviève avec compassion, ils sont tous sur le Chemin de Traverse ce soir. Tu devrais pas y aller.
— Je ferai ce que je veux, Geneviève. Mais merci.
— Tu nous manques...
Ce "nous" ne devait pas englober plus qu'elle et Kyle.
— Vous, pas vraiment, termina-t-il en un clin d’œil. »

Kyle força Flawnt à sortir tandis que Tom était arrivé pour les encourager à sortir plus vite côté Chemin de Traverse. Ce faisant, le gérant jeta un regard désapprobateur à Shawn, comme si ce n’était pas la première fois que ce genre d’incident arrivait.

Shawn lécha sa lèvre inférieure. Il saignait. Mais cela lui avait fait tellement de bien de se défouler. De nouveau en face de Daphne, il prétendit que l’incident n’avait pas eu lieu et, faussement navré, il sourit en sortant enfin sa baguette pour sécher la jeune fille :

« — Où en étions-nous ? Trouver sa place ? Visiblement, je cherche aussi la mienne bien qu’au contraire de vous, je me sente chez moi un peu partout... »






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MessageSujet: Re: [Chaudron Baveur] Et maintenant...   Jeu 7 Oct 2010 - 12:56

Bien qu'elle ne connaissait pas Chimera, Daphne n'avait aucun mal à dresser le portrait de la camarade de classe de Shawn.

Vous n'êtes pas trop mal, dans le genre n'importe qui. Croyez-moi, il y a pire. Si vous l'épousez, ce serait lui rendre service, je serais ravie de troquer un nom de famille pareil contre le vôtre. Domtown de Laclauvelle... C'est long, pompeux et risible.

Mais soit, avant le mariage, pensez à préciser qu'en cas de divorce vous souhaitez garder votre âme et veillez à habiter à au moins 3 années-lumières de vos beaux-parents.
Sans quoi vous recevrez constamment la visite de belle-maman, à l'improviste bien sûr sinon ce n'est pas drôle, qui vous demandera tous les trois jours :

"Où sont mes petits-enfants ?". Ce à quoi vous serez tenter de répondre "encore dans mes couilles, connasse", mais comme vous serez le gendre idéal, vous vous contenterez de sourire en baissant la tête puis changerez de sujet.


Aaaaaaah. Cela faisait du bien. Lâcher du lest. Se détendre. Dire des grossièretés. Et rire des choses qui lui avaient semblé graves et qui désormais étaient bien loin. Daphne était sortie de prison, il fallait maintenant qu'elle laisse cette vie-là derrière elle. Elle redevint plus sérieuse et continua :

Ne pas trouver sa place n'est généralement que temporaire. Ce qui est triste, c'est d'avoir pris n'importe laquelle pensant qu'on ne trouverait pas mieux, et d'y rester.


Daphne aurait volontiers poursuivi cette conversation mais le raclement des chaises de la table d'à côté et les excuses anticipées de Shawn lui firent tourner la tête. Elle suivit du regard les trois inconnus et comprit à l'air du jeune homme qu'ils n'étaient pas les bienvenus. Daphne remarqua non sans amusement que la demoiselle que Shawn avait appelée "Gen" n'était pas particulièrement ravie de constater que celui-ci était en bonne compagnie.

Aussi fit-elle un petit signe de la main à Geneviève, agrémenté d'un sourire.
Elle suivit avec attention le reste de la conversation, curieuse de savoir ce qui provoquait tant de tension entre Shawn et les trois autres. Lorsque Kyle lui adressa la parole, Daphne, d'un ton glacial, lui répondit :

Je ne vous pardonne pas. Puisque vous avez eu l'impolitesse d'être les malvenus, ayez au moins la courtoisie d'être brefs.

Mais les paroles suivantes résonnèrent aux oreilles de Daphne. L' Opposition ? Shawn en faisait-il réellement partie ? Daphne était bien sûr au courant de la délicate situation dans laquelle se trouvait le monde, mais n'avait guère encore choisi de camp, s'interrogeant depuis longtemps, très longtemps sur le bon choix à faire. L' Opposition, la Résistance ? Où était sa place ? Peut-être Shawn l'aiderait à le découvrir. Le jeune homme prit son verre et Daphne hocha la tête en signe d'approbation.

Quelques secondes plus tard, ses genoux étaient trempés. Mais elle n'eût en effet pas le temps de protester. Il venait de bondir sur son adversaire, qui risquait fort de passer un sale quart d'heure... en plus ou moins 4 minutes.

Elle regarda la scène sans réagir, Shawn s'en sortait plutôt bien, et n'était probablement pas le genre à apprécier qu'une femme vienne lui donner un coup de main. Une fois le calme revenu et les intrus partis, Daphne sourit devant l'air indifférent de Shawn. Avec malice, elle dit :

N'espérez pas vous en tirer comme ça. Vous me devez une explication, Shawn. Et un verre également.


Dernière édition par Daphne de Longueville le Lun 18 Oct 2010 - 21:16, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Chaudron Baveur] Et maintenant...   Mar 12 Oct 2010 - 19:00

Attention « — Mature Content Violence ou idées pouvant être choquantes — » Attention

Pour toute réponse, Shawn a levé sa main vers Tom sans quitter Daphne des yeux. Son regard était enchanté et pétillant. Sans conteste, il aimait de plus en plus ses manières et sa répartie.
Même s’il était à l’autre bout de l’établissement, Shawn distingua nettement l’air grognon du gérant qui traîna des pieds pour revenir vers eux. Il aurait préféré ne pas voir cette main levée et éviter son jeune client jusqu’à la fin de la soirée. « Il avait du toupet » disait sa bouche pincée. S’il n’avait pas été celui qui avait présenté Shawn à sa nouvelle cliente, il aurait mis le malotru à la porte pour lui faire les pieds et cela malgré toute l’affection qu'il avait pour l’américain. Evidemment, Shawn devait faire amende honorable pour se remettre Tom dans la poche. Il y travaillerait à grand renfort de sourires charmeurs et d’humour potache.

Pendant que Tom avançait vers eux, Shawn glissa tranquillement à Daphne :

« — Promis, je vous raconte tout... ou presque. »

Tom était arrivé. Shawn commanda une liqueur plus raffinée pour Daphne et choisit un whisky pur feu pour lui. Il trouva le moyen de rompre la mine contrite de l’hôte par une boutade sarcastique que le gérant apprécia. Loin d’être aveugle, Tom avait très bien compris ce que Shawn essayait de faire. Il acceptait de pardonner pour cette fois, mais, dit-il en revenant avec les consommations, il ne s’en sortirait pas toujours avec une pirouette et un sourire.
Il les laissa seul. L’américain avait le cœur soulagé de ne pas s’être fâché avec Tom. Aussi bien pour des raisons pratiques qu’amicales.

Ils se connaissaient depuis deux ans à peine mais l’homme avait développé naturellement une attitude paternelle pour lui. Il avait eu de l’affection pour cet américain désinvolte, largué en plein Londres, et qui vivotait à l’époque grâce à des livraisons de pizza, des paris illégaux sur les duels auxquels il participait et la force des poings quand il avait découvert les combats clandestins dans les caves moldues. Quand on voyait Shawn et sa tête de gentil garçon, il était difficile de se l’imaginer bagarreur. Mais il aimait ça au même titre que la lecture d’un bon roman ou qu'une douce sieste à l’ombre d’un corps qu’on vient de chevaucher. Nombreux furent les petits matins de l’aube où, Myllis, la femme de Tom avait joué les infirmières. Tom sermonnait Shawn et prétendait chaque fois que c’était la dernière fois qu’il les tirait du lit pour soigner ses blessures. Mais à chaque fois Shawn revenait et, à chaque fois, Millys le soignait et Tom lui prêtait une chambre libre pour qu’il se repose et se remette d’aplomb. Shawn se réveillait vers quatorze heures, le visage boursoufflé, Millys le retenait et l’obligeait à manger avant de le laisser repartir vers d’autres pizzas, d’autres duels ou d’autres combats.

Quelques semaines après son arrivée à Londres, il y avait eu une très grosse rixe au milieu du Chaudron Baveur. Deux Opposants et un indic’ se disputaient pour une raison obscure mais l’affrontement tournait à la panique générale. Shawn, fraîchement débarqué, avait mis un terme à la sanglante dispute en se mêlant à la bagarre à coup de maléfices et d’uppercuts... Disons qu’il avait son propre style et que celui-ci n’avait rien de conventionnel. C’était comme être gourmand et passer devant une vitrine de pâtisseries. Impossible de résister. Au bout du compte, les trois hommes, grandement abîmés, avaient été pendus par les pieds au milieu de l’auberge et, Shawn les avait contraint à demander pardon aux clients et au gérant pour le dérangement. Coincés, ils s’étaient même proposé de rembourser la casse. L’américain avait contrôlé que chacun reparte de son côté, protégeant un temps l’indic’ en l’invitant à boire une pinte, mais celui-ci ne lui avait rien lâché sur l’origine du conflit.

Cette intervention inopinée scellait le début de l’amitié de Shawn au couple de responsables. Il esquissait aussi le préambule de l’appartenance de Shawn à l’Opposition. Les deux hommes avaient rapporté l’affrontement à leurs supérieurs qui s’étaient obstinés à vouloir le retrouver, non pas pour se venger, mais pour l’engager. L’année suivante, Shawn était Opposant. Il l’avait confié à Tom qui connaissait bien son gars. Tacitement, Shawn avait promis qu’il n’y aurait plus un seul Opposant qui viendrait troubler l’ordre du Chardron Baveur. Le Chaudron Baveur était un lieu stratégique du Londres sorcier et il se devait de rester un endroit neutre et protégé. Faisant fi de l’avis de son camp, Shawn y veillait régulièrement. On ne lui en tenait plus rigueur car il était connu dans son camp pour ses manières originales, martiales et émancipées de toute gouvernance quelle qu’elles fussent.

« — Santé, dit-il.

Le whisky désinfectait et brûlait la plaie qu’il avait contre la gencive. Il grimaça et lâcha une tripotée de gros mots qui faisaient mieux passer l’alcool. Dès la troisième gorgée, sa bouche s’était habituée.

— Ce sont d’anciens camarades, commença-t-il à expliquer. En ce qui concerne Gen et Kyle, du moins. A Poudlard, les étudiants assimilent l’Opposition au mouvement qui a provoqué le Combat Blanc. Nombreux sont ceux qui ont du mal à pardonner l’évènement... et je les comprends. Pour faire passer leur rage, le grand jeu à la mode à l’université est de débusquer les partisans de l’Opposition pour en faire des piñata vivantes. La majorité de ces justiciers imbéciles n’appartiennent même pas à la Résistance... ce ne sont que des moutons haineux. Quand j’ai appris à mes colocataires de l’époque, dont Kyle, que j’appartenais à l’Opposition, parce que j’y croyais, parce que je pense que c’est un mouvement évolutionniste intéressant même si je ne partage pas toute sa politique, ils l’ont accepté... ce qui ne fut pas le cas de types comme Flawnt qui gravitaient autour de mon cercle d’amis.

— Flawnt et ses potes se sont mis à me chercher. La moindre occasion était bonne pour m’énerver. Ca marchait plutôt bien mais je gardais mon calme. Je n’avais pas envie d’entrer dans ce genre de conflit. Mais un jour, il est allé trop loin... il a...

Un silence pesant tartina l’atmosphère. Le visage de Shawn était plongé dans ses réminiscences. Il était sombre. Pour la première fois de la soirée, il avait perdu son air gai et malicieux. On avait l’impression qu’il se confectionnait des images de la scène à mesure qu’il la racontait.

— Flawnt et sa bande a cueilli ma petite amie, Fei, alors qu’elle sortait de ma chambre. Ils l’ont amené dans la Forêt Interdite, l’ont attaché à un rocher et suppliciée des heures pour lui faire avouer qu’elle appartenait elle aussi à l’Opposition. Ce qui n’était pas le cas. Ils jouaient une mauvaise gestapo et désiraient obtenir des informations sur mon compte sous prétexte de pouvoir les revendre à la Résistance. A bout de force, Fei a fini par dire ce qu’ils avaient envie d’entendre pour qu’ils la laissent tranquille. Bien entendu, elle ignorait tout de l’Opposition et de mes activités car nous avions d’autres choses en tête que parler politique et stratégies quand nous nous voyions. Elle a inventé tout ce qui lui passait par la tête pour mettre fin à son supplice le plus rapidement possible. Mais ça ne leur suffisait pas. Quand elle parlait, ils l’accusaient de mentir, quand elle se taisait, ils la traitaient de vendue... le soir, dans la Grande Salle, j’ai vu Flawnt entrer. Il avait son air supérieur, il puait la connerie fraîche à plein nez.
Puis, j’ai éprouvé comme un pressentiment, une gerçure dans la poitrine. J’ai cherché Fei des yeux... nous nous étions donné rendez-vous pour dîner... mais elle tardait.
Je me suis inquiété. Elle m’aurait prévenu si elle avait compté me planter pour dîner.

J’ai quitté ma table et, en passant à côté de celle de Flawnt, ce gros porc m’a lancé « ta bouffeuse de nems est beaucoup moins obstinée qu’on pensait. »

Mon sang n’a fait qu’un tour, je l’ai... détruit. J’en avais mal aux poings. Je ne savais pas ce qu’ils lui avaient fait mais, si Kyle et les autres ne m’avaient pas séparé, je l’aurais...

Les professeurs sont intervenus mais je n’en avais pas fini. Ils avaient écarté Flawnt de moi mais je me suis rabattu sur un de ses acolytes. Après trois tartes, il m’a confié que Fei était dans la Forêt. J’ai jeté des sortilèges contre les professeurs pour me débarrasser d’eux... Kyle et Gen m’ont aidé à les retenir quand ils ont entendu que Fei était dans la forêt. Alors, j’ai réussi à m’enfuir... Je suis allé la chercher... je gueulais son prénom, j'étais comme un fou... elle n’avait même pas la force de répondre « je suis là »... puis, j’ai fini par la trouver... ils l’avaient laissé là, comme un animal... ligotée, dessapée... blessée... elle était... je... enfin, j’ai écopé de trois semaines de renvoi pour avoir envoyé Flawnt à Sainte-Mangouste. J’aurais dû être renvoyé aux Etats-Unis. Mais...
Les richissimes parents de Flawnt et de ses petits chiens me sont tombés dessus avant même mon conseil de discipline. Ils ont négocié que je ne parle pas de ce qu’ils avaient fait à Fei contre l’assurance que je ne serai pas renvoyé définitivement de Poudlard. Fei m’a dit d’accepter... vous imaginez bien que j’aurais préféré que ça se sache. Mais... ils ont payé des dédommagements à Fei. Je devais la fermer... Pas d’excuses... des gallions pour effacer l'atrocité. Ca m'a rendu malade...
Epilogue ? J’ai rompu avec elle pour ne plus jamais la mettre dans une situation comme celle-ci et dès que Flawnt est sorti de Sainte-Mangouste, suite à l'intervention de ses parents, il s’est senti tout puissant. Intouchable... et il a commencé à lancer une campagne ouverte contre tous les étudiants qui faisaient partie de l’Opposition. J’ai perdu mes amis, Kyle, Filip... d’autres. J’ai eu une brève histoire avec Geneviève... cachée, évidemment, mais elle était obnubilée par ce qui était arrivé à Fei et elle n’a pas tenu la longueur.
Nous ne sommes pas beaucoup à assumer notre camp. Mais je comprends les autres, je comprends Gen. Alors étant devenu la seule piñata avouée de l’université, je suis leur terrain de chasse préféré. Kyle parvient encore à les retenir...

Shawn, tristement amusé, regarda en direction de la sortie qui menait au Chemin de Traverse et ajouta :

— Mais Kyle n’est pas omniscient. Visiblement, cette année, le conflit ne va pas s’en arrêter aux couloirs de l’école.
Votre curiosité est-elle assouvie, Daphne ? »

Son grand sourire était revenu. Effacés les souvenirs macabres.





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[Chaudron Baveur] Et maintenant...
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