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 L'Uruk à Frange

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Isis Kitlee
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MessageSujet: L'Uruk à Frange   Sam 25 Sep 2010 - 21:54

Egon a toujours été le plus raisonnable. Depuis leur emménagement dans les sous-sols du château, aller à la Foire Annuelle des Sorciers du Chemin de Traverse, au début du mois, avait été une de ses rares sorties. D’ailleurs, la seule qui n’avait rien à voir avec des missions pour la Résistance. Sortie décidée par Isis, qui avait envie de revivre leur premier rendez-vous pour leurs années ensemble. En tout cas, la partie la plus agréable qui se résumait à une table au restaurant Le Ciel, un verre d’hydromel, des regards qui en disent long et finir enlacés avant d’avoir atteint le lit.
Malgré tout, Egon évitait les sortit car « on [ndlr : Isis et Egon] est des aimants à problèmes, alors ne tentons pas le diable ». Alors le lion raisonnable restait sagement dans sa cage. Et pour éviter de tourner en rond, s’épuisait inlassablement dans des duels de sorciers, dans des mises au point de stratégie et des missions pour la Résistance.

Rester discret et ne pas tenter le diable.

Leitmotiv qu’Isis ne respecter pas des masses. Être raisonnable n’a jamais fait partit de son vocabulaire. Elle ne pouvait se résoudre à arrêter ses sorties. Rester calfeutrer au château la rendait folle. Elle avait essayé. Garder son fils, s’était révéler une expérience traumatisante pour tous les deux. Alors, très rapidement, elle s’était orientée vers ses talents d’apothicaire. Malgré tout, quand le stock des potions pour la Résistance était plein à craquer, il lui fallut trouver un nouveau passe temps. Elle avait bien essayé d’aider Emmett, mais ses talents de traductrices étaient quasi nul sans compter que l’amour qu’elle portait pour la Prophétie n’aidait pas. Alors, elle passait plutôt son temps à ralentir le Passeur qu’autre chose. D’ailleurs, il n’était pas rare qu’il reste travailler chez la Kalista.
De ce fait, Isis sortait. Aller voir ses amis était à ses yeux la seule chose qui calmait ses nerfs. Son exutoire. Et cela même si elle était un aimant à problème.



Le vent automnal soulevait les premières feuilles mortes dans l’allée sombre. L’iccam remonta son col pour lutter contre le froid. Il était plus de 23 heures et avait promis de revenir avant 23 heures. Son repas s’était éterniser, elle allait recevoir un sacré savon. Vu que l’excuse, désolée, avec les copines de promos on n’arrivait pas à se décider qui avait le plus appétissant postérieur dans les mecs de notre promos, et puis fallait bien qu’on finisse la bouteille d’hydromel, ne fonctionnerait surement pas.

Arrivé aux portes de Poudlard, Isis bifurqua vers la forêt interdite. Egon lui avait montré une entrée secrète vers les sous-sols que les vampires utilisaient pour venir à leur guise. Ils étaient pratiquement les seuls à arpenter ce passage, ne craignant pas les créatures magiques de la forêt. Alors pourquoi Isis se dirigeait vers ce lieu ? La raison principale, était qu’à cette heure ci, Poudlard était infesté d’étudiant qui allaient et venaient, en particulier des recrues de la Résistance. Et Isis n’avait aucunement envie d’être balancer, elle avait toujours l’espoir d’amadouer Egon pour le mettre se son côté et de promettre à grand renfort de baiser que ça n’arriverait plus. Se sauver par la chair. Pas très glorieux, mais cela restait une alternative tout à fait agréable.
La seconde, plus importante à ses yeux, était qu’elle aimait marcher seule. Les mains dans les poches, les branchages qui craquaient sous ses pieds, les feuilles tourbillonnantes et le vent lui faisaient beaucoup de bien. La solitude, elle et ses pensées, dans un endroit à ciel ouvert sans que dans les cinq minutes quelqu’un pointe le bout de son nez pour savoir ce qu’elle faisait. Le bonheur.

Elle avait autant besoin de passer du temps avec ses amies autant que d’être seule. Et depuis 2 mois, ces moments étaient des denrées rares.

C’est sur cette pensée, qu’elle entendit un craquement inhabituelle. Trop bruyant pour qu’ils proviennent de ses pas, trop feutrer pour que cela soit un des sombral qui venait la voir de temps à autre. Inquiète elle fit un tour sur elle-même, essayant de trouver le responsable du bruit au travers les feuillages. La boule de feu qui lui servait de lampe fit des cercles de plus en plus large autour du la sorcière, puis revient à sa place. Rien. Isis esquissa un sourire crispée et reprit sa marche.

Ses pouvoirs réveillés, elle usait de nouveau de sa magie, ce qui lui faisait un bien fou. Sa baguette lui manquait mais les quelques sorts basiques qu’elle utilisait quotidiennement donnait des résultats étonnant qu’elle chérissait. Toutefois, elle se limitait à ses sortilèges passifs. Depuis son périple en Indonésie, Isis refusait de s’entrainer sur des sortilèges d’attaques, elle appréhendait les résultats. Le seul hic, est qu’il fallait pas mal de concentration pour utiliser sa magie. Elle manquait encore de pratique.

Elle bifurqua à droite, pressant le pas. Maintenant qu’elle était bien enfoncé dans ce labyrinthe verdoyant, elle trouva que l’entrée secrète n’était peut être pas la meilleure de ses idées. Sentiment qui se renforça quand elle dut contourner un chêne immense qui bloquait le sentier. L’impression que quelque chose tournait autour d’elle ne la lâchait pas. Elle se rassurait tant bien que mal en se disant qu’elle a toujours eu une imagination débordante.

Contourner l’arbre avait été plutôt délicat, talons et sol boueux n’ont jamais fait bon ménage. Ajouter à ça des réflexes diminuer par l’absorption d’hydromel et vous avez une Isis sur les fesses.


- Et merde

A peine le temps de se relever et se dépoussiérer que deux masses menaçantes se ruèrent sur elle. Prise de panique, elle arriva à arrêter l’un des monstres qui se mit à geindre mais n’échappa pas au deuxième. Emprisonner sous l’Uruk à Frange qui la menacé de ses crocs acérés, Isis essaya tant bien que mal d’utiliser sa magie mais la peur bloquait ses capacités. Terrifié elle essaya sans succès de sortir de l’étau de l’animal ce qui n’était en rien aisés. Elle espéra juste que ses hurlements alerteraient les sombrals. Ils étaient déjà venus à son aide dans le passer et là, elle ne voyait pas qui d’autre pourrait la sortir de cette situation.


Dernière édition par Isis Kitlee le Dim 26 Sep 2010 - 2:09, édité 3 fois
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Seth Cullen
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MessageSujet: Re: L'Uruk à Frange   Sam 25 Sep 2010 - 23:56

En l’absence de sombral, pourquoi ne pas bénéficier de l’aide d’un vampire ? Ces temps-ci, il y avait toujours un vampire qui traînait quelque part...

« A la nouvelle lune, mon cœur s’est brisé. Liam l’a ramassé sans parler. Il se sentait fautif. Peut-être parce que ce n’était pas la première fois que la tournure que prenait ma vie dépendait d’un de ses actes. Devais-je dire, d’une de ses erreurs ? Non... Il serait injuste de lui imputer celle-ci. En fait, je ne sais pas. C’est compliqué. Et même si je devais lui en vouloir, auquel des Liam devrais-je mettre un coup de savate ? Celui du présent ou celui du futur ? Les deux ? J’aimerais lui en vouloir mais j’ai pris l’habitude d’encaisser les bassesses de la vie sans me rebeller contre la destinée. Ce n’est pas faiblesse mais stoïcisme. A part me soulager en lui brisant trois côtes, quelle consolation pourrais-je tirer de la violence ? Aucune. Pourtant, Dieu seul sait combien j’ai besoin de me défouler.

Au premier quartier de lune, mon cœur s’est enivré. Japhet l’a recollé. Japhet et l’alcool. Je n’avais jamais bu avant ce soir-là. En quelques deux cent cinquante années - ou plus, je ne compte plus le temps qu’en décennies - d’errances dans toutes les dimensions temporelles les plus invraisemblables, je n’ai jamais bu un verre d’alcool fort. La bièraubeurre de mes 17 ans ne compte pas. J’avais besoin de solder mes douleurs dans l’éthanol plutôt que dans le meurtre. J’étais très moche. J’étais très mal. D’autant plus que l’alcool n’a pour moi pas le goût attendu. Il coulait dans ma gorge, brûlant, une odeur et un goût répugnant comme si j’avais ingurgité un verre de mercurochrome. L’ivresse a duré la moitié d’une nuit. L’ivresse ne tient pas dans mon corps.

C’est aussi ce soir-là que j’ai résilié les derniers fragments de pureté que j’hébergeais en moi. Impur est devenu mon désir. Impur et commun. Je partageais pour la première fois de ma vie le désir de tous. Le besoin de chair. En masse. Impudique et étanche au respect.

J’ai découvert les ruelles sombres où des femmes marchandent leur corps pour quelques livres. J’ai découvert le sexe dénué de partage. J’ai découvert les gestes qui attirent les moins prudes et la complaisance qu’on ressent lorsque ces jeux de séduction fonctionnent. J’ai découvert d’autres soupirs, d’autres corps, d’autres façons de s’oublier. Elles n’étaient pas toutes des prostituées. Seule la première l’a été. Elle est d’ailleurs la seule que je n’ai pas mordue.

Pour les autres, je les méprisais autant qu’elles m’adoraient. Et je n’aimais pas qu’on me désire. Je supportais toujours aussi peu qu’on me touche. Je ne me permettais ces écarts que pour poser mes lèvres sur un corps à siphonner. Le mélange de l’écœurement et de la nécessité de me nourrir a toujours rendu mes « repas » détestables. Mais ces filles n’étaient ni complètement des proies, ni complètement des corps. Elles étaient ma potion d’oubli.
En les abordant, je restais distant et enclos dans un beffroi de silence. Je les regardais de haut et avec dégoût. Elles appelaient ça du mystère. Ce n’était que de l’inappétence. Plus je me détournais, plus elles cherchaient la concomitance. Je les laissais m’avoir pour jouer leur jeu le temps d’accéder au seul plaisir qui me reste : le sang.

La perdition a duré neuf jours. Puis j’ai rencontré Sarah Leigh. Une Vélane qui m’a posé bien des soucis. Sur le sein de Sarah Leigh, j’ai décidé d’arrêter ce gâchis qui ne me faisait rien oublier de ce que j’avais perdu. De celle que j’avais perdue. Parce que Sarah Leigh était une sorcière et que j’avais bien trop peur, en réalité, de me laisser aller à aimer quelqu’un d’autre.

Je suis retourné au Clocher ce matin. Poussière et araignées. J’ai délogé les habitants indésirables en me faisant croire que je resterai ici pour toujours parce que c’était ma place. Japhet et Liam sont venus me rendre visite. Ils m’ont aidé à nettoyer la vieille chapelle. Je les ai raccompagnés à travers la forêt.

A la pleine lune, moi, j’étais vide.

Liam m’a dit que quelque chose avait changé en moi.
Japhet n’a rien dit. Mais elle écoutait attentivement.

- Je n’ai pas changé, ai-je dit.
D’ailleurs, je ne change plus depuis des lustres.
- Tu es sombre, Seth, a-t-il insisté. Tu dois l’oublier.
- Je l’ai oublié.

Je ne savais pas si c’était vrai ou non. Ils ont eu l’air de me croire.

- Il a raison, a renchéri Jah avec son air conspirateur, qu’est-ce que tu as fait ?

Je n’ai pas répondu. Liam l’a fait pour moi :

- Tu as forniqué !

Le professionnel de la phéromone avait prononcé son verdict. Le membre du jury – Jahphet – avait applaudi :

- Oui ! C’est ça !

Nous arrivions près de Poudlard. Je n’avais aucune envie d’y aller. Je les ai laissé rentrer sans répondre à leur accusation fondée. J’aurais voulu me regarder dans un miroir pour estimer si ce genre de chose était réellement visible... ou peut-être était-ce tout bonnement impossible de cacher à un obsédé sa propre obsession. »



Jah et Liam avaient regagné Poudlard. Liam allait certainement squatter le café campus et Japhet la chambre qu'elle partageait avec ses copines.

Seth s’était profondément engagé dans la forêt pour rentrer au clocher quand un cri l’alerta. Il bouillonnait d’idées sombres et, comme la preuve par la chair n’avait rien donné pour satisfaire son besoin de se défouler, il était prêt à foncer dans toutes les situations qui se présenteraient pour se départir de son excédent d’énergie.

Il se déplaça au plus proche de l’endroit d’où avait retenti le cri en quelques secondes. Son défouloir se présenta sous la forme immonde et à la fois si attirante d’un Uruk à Frange. Seth était toujours aussi fondu de créatures magiques bien que la plupart d’entre elles le fuie comme la peste.

Une silhouette se mut dans les ténèbres de la forêt. Par l’odeur, Seth saisit tout de suite qu’il s’agissait d’une âme humaine. Il ne délibéra pas des heures, trop heureux de pouvoir jouer du poing, et empoigna à bras nu la créature qu’il chevaucha entre les arbres, serrant de plus en plus fort ses bras autour de son cou. Il ne voulait pas tuer cette créature qu’il tenait pour l’une des plus exceptionnelles qui peuplaient la forêt. Il serra jusqu’à l’asphyxie et l’Uruk tomba comme une masse sur son flanc. Seth descendit de son dos et alla coller son oreille contre son cœur pour vérifier qu’il battait toujours.

Le cœur battait faiblement. La bête tressaillit. Il s’empressa de s’écarter d’elle. Il l’observa un temps. Elle ne bougeait plus. Il vérifia les alentours et la saisit à bras le corps pour la déplacer plus loin que les abords du château avant de revenir auprès de la silhouette qui avait failli terminer en agapes pour créature à frange.

La surprise le secoua.

- Isis... Isis Kitlee, murmura-t-il en s’approchant d’elle, conservant une distance règlementaire. Tu...

Tu quoi ? Il avait reçu des lettres d’elle à Carlisle... c’était il y a plus de 80 ans. Aux yeux d’Isis, cela devait faire deux, peut-être trois ans. Lui avait-elle écrit encore ? Il n’était pas repassé chez ses parents depuis l’incident avec les Liam et avec Eden.
Alors « tu » quoi ?

- Tu vas bien ?

C’était un début.

Il s’accroupie à ses pieds, sentit au passage quelques effluves d’hydromel, fut trop préoccupé par celle qu’on lui avait un jour assigné de surveiller pour prendre le temps de sourire. Il regarda ses jambes, se releva, scruta ses bras... il n’avait pas senti l’odeur de l’hémoglobine. A priori, tout allait bien. Mais pourquoi n’avait-elle pas de baguette ?

- Ta baguette ?






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MessageSujet: Re: L'Uruk à Frange   Dim 26 Sep 2010 - 16:58

Isis fut sauvée des griffes de l'Uruk par un miracle. Elle avait bien tenté de faire le poids contre la créature mais ses tentatives échouèrent les une après les autres. C'est au moment où elle réussit à faire venir à elle une grosse branche pour l'envoyer dans la tête du monstre qu'on la délivra.

La main toujours crispée sur son arme de fortune, le reste de son corps commençait doucement à se détendre au fur et à mesure que la créature magique s’éloignait. Les battements de son cœur se firent moins rapides, sa respiration plus douce, même ses tremblements stoppèrent. Encore sous le choque, elle se releva difficilement, déglutie avec difficulté avant de relever la tête pour voir si il le danger avait réellement disparu ou la bête s’amusait juste à jouer avec ses nerfs.

Avec aplomb, elle s’examina rapidement, pour voir si elle était blessée. Des égratignures sur les mains, un manteau déchiqueté, et pour le reste, à part de la boue et un mélange de bave rien à déclarer. Elle allait lâcher son arme de fortune pour vérifier la tête, quand un bruissement de feuille l’alerta. Elle brandit mollement le morceau de bois qui finit sa course sur le sol sans avoir servit, la jeune femme ne pouvant pas le tenir. Finalement, elle s’était peut être cassé un truc
.

- Isis… Isis Kitlee.


Elle le regarda avec des yeux ronds. Seth Cullen. Quand la bestiole s’était écartée, elle avait bien cru apercevoir une silhouette humaine. Elle avait pensées que Solace ou Amys devait trainée dans le coin ou que son imagination avait pris le dessus. Mais jamais au grand jamais elle avait imaginé voir Seth, même pas essoufflé, mais à priori inquiet, débarquer à cet instant précis.

Avec tout le respect et la distance qu’elle lui connaissait, il l’examina attentivement avant de reprendre sa place. Il avait la même attitude, le même regard impénétrable, cette même froideur dans les traits, le même visage. C’était la même personne qu’il lui avait apporté un petit déjeuner dans le parc de château après une crise. Ca remontait à 3 ans. Et il n’avait pas changé. Pas d’un pouce. Le même jeune homme introverti de 17 ans.

Isis se releva doucement, chancela quelque peu, mais tient bon. Elle se massa le bras endolori, la douleur s’atténuait, une bonne chose. Cela sans cesser d’épier à la dérober son sauveur. A force de côtoyé des vampires, elle savait plus ou moins les reconnaitre. Elle ferma les yeux, elle en était sure, le bras qu’elle avait cru voir empoigné l’Uruk à frange portait exactement la même chemise. Ce n’était pas une coïncidence.


- Ta baguette ?

Bien sur elle n’avait encore rien dit. Elle le fixait avec effarement. Quel évènement dans ses trois dernières années l’avait rendu comme ça ? Qui lui a fait ça ? Elle ne pouvait pas imaginer que son ami à ne pas toucher est put avoir un avenir si atroce. Elle se revoyait à l’infirmerie, discutant pendant une partie de carte. « Sans toi, j’aurais commis l’irréparable ce jour-là.» prenait maintenant tout son sens. Sa transformation… au combat blanc il était déjà un… dans ce placard à balai, il était… il a toujours été…


-Tu es…

Non. S’était forcement de la fabulation. Il ne pouvait, elle était encore en état de choc. Seth Cullen était un de ses amis, même si il n’avait pas répondu à ses dernières lettres, ça ne voulait rien dire, il a toujours été distant. Elle le prenait tel quel. Ca ne l’avait jamais inquiété. Il ne pouvait pas être... Pas le Seth qu’elle connaissait. Il ne ferait pas de mal à une mouche.

- Je n’en ai plus… plus besoin.

Elle se concentra, ferma le poing et le rouvrit doucement. De sa paume s’échappa une boule de feu qui éclaira les alentours. Isis fixa son sortilège, mal à l’aise, encore secouée.


- Merci… Ca fait… quoi… la deuxième fois que tu me sauves la vie Roi Cullen.


Elle avait beau sourire, et jouer le ton de l’humour, rien de drôle de venait d’elle. S’accrocher à un surnom d’ado ridicule ne l’aiderait pas. Elle avait beau retourner le problème dans tous les sens, elle ne pouvait renier ce qu’elle voyait. Ce qu’Amys lui avait appris sur sa race.
Seth était un vampire.

Pourtant, Isis faisait tout pour ne pas l’admettre.

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MessageSujet: Re: L'Uruk à Frange   Jeu 30 Sep 2010 - 0:38

- Deux fois...? Peut-être plus à vrai dire. Tu faisais beaucoup le mur pour rejoindre Jonathan à l'époque... laissa-t-il en suspend.

Il n’avait pas eu besoin d’être fin psychologue pour remarquer qu’Isis avait subitement changé d’aura. Il aurait aimé mettre avec insouciance cela sur le compte du choc émotionnel de ce qui venait de se passer mais les années lui avaient appris qu’il n’était jamais bon de voir chez les autres ce qui nous arrangeait de voir. Au mieux, cela repoussait l’échéance de la franche discussion à plus tard. Au pire, on laissait le non-dit se propager comme un poison qui tendrait tôt ou tard à paralyser la relation qu’on entretenait. Il choisit la version « instant de vérité ».

Il l’avait senti fuyante tout à coup. Elle s’appliquait à avoir l’air normal mais c’était comme si sa voix et son regard étaient tombés dans leurs talons.

Seth recula et finit par tourner complètement le dos à Isis. Il écarta légèrement ses bras du long de son corps puis il lui fit de nouveau face. Il avait choisi un emplacement où un rai de lune était parvenu à percer la trouée de feuillages sombres.

Il avait ce visage immobile que rien n’affectait. Ni la crainte de la décevoir, ni celle de l’effrayer comme il devait être effrayant pour de nombreuses personnes de se trouver en face d’un être qui n’était ni vivant, ni mort... et, surtout, qui avait très mauvaise réputation de part son mode de nutrition. Mais vampire, ce n'était pas tout.

Ainsi, les bras écartés et les yeux fixés à elle, il attendit que la lune pleine fasse son œuvre. Il retira sa chemise, lentement, comme s’il s’agissait d’une punition et qu’il se conduisait sciemment à l’échafaud.

Alors, le faisceau lunaire intensifia la blancheur de sa peau. Son visage fin et lisse à la mâchoire allongée se durcit. Un duvet de poils blonds commença à pousser. Puis le duvet s’étendit à ses tempes, ses joues, ses bras, jusqu’à devenir une véritable fourrure. Son dos se courba, pliant sous l’autorité d’un bassin et d’épaules robustes et carrées qui s’élargissaient et s’allongèrent. Sa corpulence doubla de volume, ses ongles se transformèrent en griffes, ses dents étonnamment blanches en crocs aussi acérés que ceux des Uruk. Il était sur quatre membres. Son pantalon s’était déchiré sous la musculature massive du loup qu’il était devenu. La seule chose qui n’avait pas changé était la couleur vert d’eau de son regard.

Il s’approcha très lentement d’Isis pour ne pas l’effrayer. Il dirigea son large museau vers la paume intérieure de sa main et la licha. Puis, il se redressa pour fondre ses yeux clairs dans ceux de son ancienne camarade. Même sur quatre membres, il arrivait presque à sa hauteur.

Il aimait être loup. A l’intérieur de son corps tout devenait chaud. Et surtout, son cœur pulsait.

Il la contourna en prenant bien soin de ne commettre aucun mouvement brusque. Une fois derrière elle, il licha encore une fois son cou pour la chatouilla et profita de la distraction pour l’attraper par le col et la tirer vers l’arrière. Il lui indiquait qu’il voulait qu’elle l’accompagne. Il se positionna couché pour lui permettre de monter sur son dos et, quand elle fut installée, il se mit à avancer au trop, puis un peu plus vite, et encore plus vite, jusqu’au galop. Il ne fit pas d’excès de vitesse mais il voulait qu’ils s’éloignent de la bordure de la forêt. Ils traversèrent la nuit et atteignirent bientôt le Clocher. Il la fit descendre de son dos et alla sur le pas de la porte qu'il poussa de ses deux grosses pattes de devant.

Il entra et en ressortit presque aussitôt sur ses deux pieds, avec sa peau pâle et son sourire d'albâtre edit: ET SON PANTALON Very Happy. Il terminait d'enfiler une chemise :

- Excuse-moi pour le kidnapping. Je te raccompagne dès que tu veux. J’avais pensé à la chemise, sourit-il mollement, mais pas au pantalon.

Cela était sa façon d’expliquer à Isis, sans drame, sans grandes phrases, ce qu’il était devenu. Elle aussi avait des choses à lui raconter... elle pouvait faire de la magie sans sa baguette. Alors, elle aussi, qu’était-elle devenue ?

Seth désigna le Clocher de la chapelle en souriant à son invitée :

- C’est ma maison... si le coup du loup-garou ne t’a pas dégoûtée, je t’invite à boire quelque chose de chaud. Je crois que Japhet a laissé du thé quelque part.

Il réfléchit et fit une petite grimace amusée :

- Mmm, tu avais plutôt l’air d’en être au mojito... mais, pour une raison que seuls Dieu et Liam doivent connaître, mon frère a acheté du saké et de l’alcool de violette. Je ne peux pas en boire... m-m-mais, rassure-toi, j'ai, heu, déjà mangé. Enfin, je veux dire, tu... enfin, tu ne crains rien. De toute manière, même affamé, tu n'aurais rien craint. Promis.

Silence malhabile.

- C’est une invitation, Isis.

Et il aurait aimé qu'elle l'accepte.






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Dernière édition par Seth Cullen le Sam 9 Oct 2010 - 1:01, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'Uruk à Frange   Sam 2 Oct 2010 - 21:16

Elle regarda silencieusement la porte ouverte, mettant fin à sa lutte intérieur. Après un temps, qui dut rendre son hôte encore plus mal à l’aise, elle s’avança doucement vers l’entrée. Arriver à l’auteur de Seth, elle leva le bras pour le toucher, lui signifier que leur amitié était le plus important à ses yeux et que la révélation importait peu, avant de laisser retomber. Il semblait appréhendait toujours les contacts humains. Alors, elle freina sa spontanéité, et lui sourit. Sincèrement. Sa peur avait laissé sa place.

- Du thé. Ca sera parfait… mais je note pour la liqueur de violette. Je serais contente de t’en débarrasser dans le futur.


Elle finit par entrée dans le clocher. L’intérieur simple et rustique faisait ressortir la chaleur de lieux. On se serait cru dans un bric à brac où se mélangeaient les époques et les styles. Si la douceur du lieu contrastait avec la froideur du maitre des lieux, son caractère maniaque était de loin contredit par les tous de livres qui poussaient un peu partout.

Isis ôta son manteau déchiqueté et le laissa dans un coin.


- Je peux me débarbouiller quelque part ? J’ai pas envie de tout dégeulasser.

Si Seth était vêtu d’une simple chemise immaculée, c’est bien elle qui déparié dans cette maisonnée. Couverte de boue séchée, elle s’orienta dans la direction que son ami lui indiqua. La salle de bain quoi que petite était très représentative de la pièce principale. Amusée, elle ôta du bout des doigts le livre qui trônait dans le lavabo pour ne pas l’abimer et le posa délicatement sur le haut de la pile la plus proche. Elle tourna lentement le robinet, se crispa au bruit de la vieille tuyauterie, et regarda l’eau sortir par giclée. Quand le flot fut continu, Isis commença à se nettoyer.

La transformation en loup l’avait profondément choquée. Elle remettait en question toutes ses suppositions, sans rien changeait à l’horreur de la découverte.


Valait-il mieux être un loup-garou ou un vampire ?
Vaste question dont la seule réponse valable aux yeux de la jeune femme était ni l’un ni l’autre. Depuis sa rencontre avec l’amant lycan de Mallhou – d’ailleurs, le seul qui eut grâce aux yeux d’Isis - elle n’avait jamais changé d’avis. Devenir l’une de ses créatures restait, à son avis le pire châtiment que l’on puisse infliger à un être humain. Faire de sa vie une lutte interminable entre sa nature bestiale qui dévorait tout sur son passage et sa conscience. Trouver un équilibre pour ne pas devenir un monstre. Alors que le reste du monde vous considère comme tel si malheureusement, vous êtes infecté.


Alors, qu’est ce que ca changeait que Seth soit l’un ou l’autre ? Les deux.
Il avait toujours son regard droit, son sourire indéchiffrable, son syndrome du sauveur et sa froideur. Il gardait toujours ses distances. Montrer plus ses failles… y lui sembla qu’il avait craint qu’elle n’accède pas à sa requête.


Elle releva la tête et passa la main sur le miroir pour retirer la buée. Son reflet semblait las, abattu. Triste. Elle ferma le robinet.

Rien. Ca ne changeait rien.



- C’est très joli chez toi, Seth. On s’y sent bien. L’idée du livre dans le lavabo est très intéressante. Insolite,s’amusa-t-elle, quand elle entra dans la pièce principale, je te la piquerai bien.

Il devait surement tué pour survivre.
Elle avait tué par vengeance.


ISis s’était approchée de l’espace cuisine pour l’aider à préparer le thé. Silencieusement. Elle aurait préféré des retrouvailles plus conventionnelles. Mais, aucun des deux n’étaient conventionnelles.


Ca ne faisait pas de différence.
Deux sorciers devenus… autres choses.



- Ca peut boire du thé un loup-garou ? Un vampire. Un hybride des deux… dis moi que tu es un hybride des deux. Je ne sentirais moins anormale. Ca compenserais que je fasse de la magie sans baguette… parce qu’entre nous, sérieusement, je suis sur que ca choque plus les gens de voir de la magie sans baguette que de voir un loup-garou ou un vampire. C’est trop banale…

Dédramatiser. L’effet surprise était passé. Elle avait passé ce cap. Elle avait évacué ses inquiétudes.

Elle lui gratifia un sourire moqueur. Attendant un pique de la part de son ami.


- N'empêche, tu es plus tactile en bêbête à poil. Ca fait bizarre comme sensation. Na pas te voir déglutir, à deux doigt de te foutre en l'air parce que tu as réussit a atteindre ton but, réussir à toucher quelqu'un. J'suis super contente pour toi.

Vraiment rien de conventionnelle.
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MessageSujet: Re: L'Uruk à Frange   Sam 2 Oct 2010 - 22:19

« Les autres me dégoûtent. Qu’on me touche me demande un effort particulier pour ne pas en être malade. C’est biologique. Avec le temps, tout ça est peut-être devenu plus une habitude qu’un réel écœurement. Car, plus que tout autre sensation, j’exècre qu’une femme me touche. J’ai détesté tous les aspects de la dépravation de ces neuf derniers jours bien qu’à l’instant où j’accomplissais toutes ces licences, j’en ressentait le besoin.

Je dois décider qu'on peut me toucher.

Il est vrai que sous ma forme lycanthrope, ça ne me fait rien. Je n’y pense pas. Je ne suis plus un homme, je ne suis qu’un loup. Je mange, je vis, je dors comme un animal. Je ne suis qu’instinct et je ne suis que nature. La nature ne méprise rien. La nature ne pense pas. Elle se défend quand on l’attaque, elle s’obstine à étendre son empire, elle survie sans se poser de question. Elle n’a pas de conscience et elle est tranquille.

Quand je suis loup, je n’ai aucune barrière. Je ne ressens pas les choses de la même façon. Le simple fait de marcher sur quatre pattes change toute la vision qu’on a du monde.

Je ne m’étais jamais posé la question jusqu’à présent. Isis a raison. Pourquoi me serait-il plus délicat de toucher une prostituée qu’une amie ? Je suis plus tactile lorsque je ne suis pas dans ma forme humaine. Pourquoi n’ai-je jamais cherché à transférer la sérénité que j’éprouve alors ? Me suis-je bloqué psychologiquement ? Me suis-je imposé sans le savoir des paramètres d’humanité ou de bestialité quand je passe d’une forme à l’autre ? Me plais-je à oublier ces lois quand je ne suis qu’un pion de la faune fantastique ? »



Seth fut saisi par la remarque. Il se tourna vers Isis et interrompit les gestes qu’elle avait en cours en posant sa main sur son avant bras. Il regarda sa main froide sur la sienne. Il ne parvenait pas à décrire ce que ça lui faisait. Jusqu’ici, il n’avait pas touché Isis en souvenir de ce que ça lui avait fait la première fois qu’il avait dû la prendre dans ses bras pour traverser tout Poudlard lors du Combat Blanc.

« Et maintenant ? Qu’est-ce que ça me fait ? »

Sans jugement pour son geste et sans considération pour ce qu’il aurait pu paraître cavalier, il fit glisser la paume de sa main le long du bras d’Isis et remonta jusqu’à son épaule. Sur le chemin de sa main, il eut le temps de remarquer que son vêtement était quasiment haillon. A la fin de son exploration, il lui donnerait une chemise ou un pull. Pour l’instant, il était bien trop étonné par ce qu’il était en train de faire.

Son visage était sérieux et absorbé par sa main pâle sur l’épaule enguenillée. Il releva son visage vers Isis et rompit le contact physique :

- Je ne bois pas de thé, répondit finalement d’une voix sans poids. Je ne mange rien qui soit cuit. Mon cœur bat quand je suis un loup et il cesse quand je suis un vampire. Mon corps est chaud quand mon cœur bat et il redevient d’une froideur macabre quand il cesse. Je ne suis pas assujetti aux biorythmes humains bien que je puisse vomir, pleurer, transpirer... avoir un orgasme. Il y a d’autres choses...

Il prit la main égratignée d’Isis et laissa sa phrase en suspend. Peut-être que le Saké pourrait servir de désinfectant. Il n’aurait eu qu’à lever son bras pour saisir, au-dessus de lui, la bouteille posée sur une étagère de cuisine désespérément vide. Vide de nourriture. Juste à côté trois bandes dessinées moldues. Rien d’autres. Où était la bouteille d’alcool de violette ?

Mais il n’avait pas besoin d’alcool pour la désinfecter quand un peu de sang pouvait la soigner. Il passa son index sous le plan de travail en bois et ne mit pas plus de quelques secondes pour y trouver une épaisse écharde.

- Je ne devrais pas appréhender de te toucher.

Il appuya son doigt sur l’écharde jusqu’à la sentir dans sa chair. D’un mouvement sec, il retira son index. Il saignait. Il apporta son doigt au-dessus de la paume d’Isis qu’il n’avait pas lâchée et l’enduit de son sang. Il le passa sur toutes les lignes de sa main, sentant des remous dans son ventre mais il ne vomissait guère plus aussi facilement depuis qu’il était un vampire.

- C'est juste... bizarre. Plus agréable que...


La fin de la phrase aurait été trop équivoque. Il s'abstint de la terminer.

Après un temps de ce drôle de rituel, les micro-plaies se refermèrent. Il sourit en allumant l’eau de la robinetterie pour y passer la main d’Isis afin de la nettoyer.

Il aurait aimé la croire en ce qui concernait la magie sans baguette et ce qu’on pouvait considérer de normal ou d’anormal. Il apprécia plus la tentative de relâchement que le trait d’humour. Pour s’éviter toute réaction au sujet de cette guérison paranormale, il rebondit à rebours sur ce qu’elle avait dit :

- Comment arrives-tu à faire de la magie sans baguette ?

La main était propre. Il l’invita à s’asseoir sur un coin de table qui n’était pas envahi par les livres. Il attendit qu’elle fût assise pour filer en vitesse vers sa chambre et en rapporter une chemise et un pull. Blancs tous les deux.

- Prends ce que tu préfères, dit-il en s’asseyant à son tour.

Et de revenir sur la question qu’il venait de poser :

- Raconte-moi ce qui t’es arrivée.






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MessageSujet: Re: L'Uruk à Frange   Mer 6 Oct 2010 - 17:56

Pendant toute l’expérience, Isis ne dit mot, sans pour être insensible. Le geste qu’il avait entreprit la fit sursauter. Elle frissonna par la température surnaturelle de la main qui la guérissait. Mais plus que tout, elle ne put s’empêcher de pouffer très légèrement quand il lui dit que s’était « plus agréable que… ».
Etonnant, pas dans le fait qu’il laisse en suspend sa phrase, dans le fait qu’il l’ait débuté. Dans ses souvenirs, elle ne revoyait aucun moment où Seth avait exprimé un sentiment tel quel. Elle l’avait toujours vu comme un observateur qui, s’il ressentait quelque chose, ne partageait pas sauf avec un proche.

Elle écarquilla les yeux quand il la guérit. Mais là aussi, ne dis rien. Elle le regarda curieuse. Curieuse de le voir affronter un de ses démons. Curieuse de savoir ce qu’il pensait, ce qu’il ressentait. Curieuse de percer le mystère Seth Cullen.


La tasse précieusement tenu dans les mains, elle eut à peine le temps de souffler sur la fumée qu’il était déjà revenu. Elle regarda du coin de l’œil les deux vêtements posés sur la table avant de boire une gorgée. L’épaule droite de son chemisier était complètement déchirée, et le bas de ce même côté. Le reste, intact, se fut le manteau qui avait tout pris.


- Merci

Mais elle n’en prit aucun. Elle n’avait pas froid pour l’instant. Le thé lui suffisait. Et même à l’état d’haillon, elle n’était pas indécente.

- C’est une longue histoire, commença-t-elle, lasse d’avance.

Elle n’avait aucune envie d’approfondir le sujet. Elle n’a jamais envie d’approfondir ce sujet. Surtout avec des personnes extérieures aux remues ménage de sa vie. Pour les protéger, en partie, pour garder une partie de sa vie vide de toute prophétie, mais surtout depuis juillet, de ne pas donner de piste à toutes personnes susceptible de mettre les siens en danger. Même si elle avait confiance en eux.

- Je pourrais te sortir un gros baratin, mais je n’ai jamais été lâche… même si pas très courageuse.

Isis lapa une autre gorgée pour se donner un peu de courage et commencer un récit qu’elle redoutait d’avance. Elle joua avec sa tasse, la faisant tourner entre ses doigts pour se calmer.

- Tu te souviens, de cette soirée à l’infirmerie où je t’ai battu à plate couture à ce jeu de carte stupide sur des créatures magiques. Maintenant que j’y repense, ça a dut te faire bizarre… ca parait si loin, murmura-t-elle, j’ai… j’ai fait une crise. Tu m’avais porté jusqu’au parc. Je m’en souviens parce que ton geste m’avait surprise, et émue. Enfin, cette crise n’était pas quelque chose d’isolée. Depuis mes huit ans, depuis que mes pouvoirs sont éveillés, je les aie subis. Plus au moins violente, mais sans jamais de trêve. Après mes aspics, elles ont empirées, à tel point que je tombais dans un coma si profond que je paraissais morte. Je revenais à la vie quelques minutes après, et dans les dix minutes qui suivaient j’étais complètement rétablie.

Silencieuse, elle fixait son thé. Parce qu’Il l’avait cru trépassé qui avait passé ce foutu marché avec Ghlida… Isis n’avait jamais pardonné à sa sœur d’avoir fait ça.

- J’ai alors entrepris des recherches sur mes origines, reprit-elle, décrispant ses doigts sur la porcelaine, j’ai été adopté par des moldus. Je ne sais pas si tu savais. Enfin, ca n’a aucune importance, enfin si... mais, où j’en étais… donc, j’ai entrepris des recherches, qui pour faire court… en faite, non, je ne peux pas faire court… comment je vais t’expliquer ça sans t’embrouiller….

Elle posa la tasse. Les confidences ne sont pas son fort. N’ont jamais été son fort. Et, à priori, ne le seront jamais… Elle se tortura les mains, bougea nerveusement, remis sa tignasse encore mouillée en place, respira un bon coup…

- En fait, pendant ses crises, je voyais des choses, comme des espèces de vision, des trucs que je ne comprenais pas… mais il y avait toujours ce mot qui revenait, Galléa. J’ai donc orienté mes recherches comme ça. J’ai suivi tout un cheminement, grâce à l’aide de Bérénice, une de mes profs à l’époque, et je suis arrivé chez une vieille dame. L’une des plus loufoque qu’il m’ait été donné de voir. ‘Fin bref, elle connaissait mon mal et comment m’en guérir, enfin, pour être exact, elle possédait la clé de ça. Ma mère biologique, lui avait laissé des souvenirs qui me permirent de reconstituer à la fois l’histoire de ma naissance et celle de mon mal.

Rien à faire. Elle n’avait pas son flegme à la Cullen pour passer un capte sans le moindre signe d’agacement, de gêne, de « je veux être ailleurs ». Malgré tout, elle se promit d’aller au bout de son récit, même si il était brouillon. Elle lui devait bien ça, se montrer aussi courageuse que lui. Elle avait une dette envers lui, et sachant qu’elle ne pourrait jamais s’en acquitter, elle se devait de faire cet effort.

- Donc, par ses souvenirs, j’ai appris que mon père adoptif était mon véritable père et qu’il ma eu avec Marjane, ma mère biologique. Tout ça plus au moins orchestré par ma mère, qui, elle, ne pouvait pas avoir d’enfant. San oublier le fait que ma mère avait recueillit ma mère biologique et qu’au fil du temps, elles se considéraient comme des sœurs… et ce n’est pas intéressant comme infos, souffla-t-elle, la tête dans les mains.

Deux années étaient passées et l’information n’avait toujours pas été digérée. Elle n’abordait jamais le sujet avec quiconque. Les rares fois où on avait du aborder spécifiquement cette partie étaient un cauchemar. L’amour absolu de ce triangle amoureux ne remportait pas jamais la bataille contre la trahison qu’Isis ressentait.


- Donc, commença-t-elle, essayant vainement de faire taire les tremolos de sa voix, Marjane était, est une Galléa. Par ou commencer ce nouveau chapitre…Bon, à part si tu as vécu dans un cercueil depuis le combat blanc – je rigole, mais je ‘accorde, s’était pas drôle – Thiam Phucci est l’île légendaire ou naquit La Rose à L’ombre. C’est aussi l’île ou naquit les sycides, qui après avoir du fuir Thiam Phucci, se rebaptisèrent Galléa. Qu’on croit à cette légende ou non, il s’avère que ces femmes ont commencé leur nouvelle vie dans la forêt de Brocéliande. Marjane est née sur l’île des déités.

Isis finit son thé. Elle se rassura, la partie qui allait débuter était celle qui la gênait le moins. Elle commençait à maitriser le sujet. Mainte fois, elle du conter cette histoire à Rhidow qui lui réclamait sans cesse. En même temps, on pouvait difficilement faire plus épique.

- Elle [ndlr : Marjane], ce ne fut bien entendu pas la seule à venir sur ces nouvelles terres. La cheftaine de leur clan, Azra, instaura les règles du camp. Pour la plupart, ces règles étaient là pour protéger ses Sœurs et sa fille Ghilda, née demi Galléa, demi sorcière. Elle utilisait comme son père la magie blanche. Alors que sa mère, comme Marjane, et comme moi, utilisons la magie verte… Mais j’aborderais le sujet plus tard. Donc reprenons, Ghilda grandit, entouré de femme adulte et de son père. Alors, ce ne fut pas une surprise qu’elle trouva la compagnie d’une enfant moldus qui n’habitait pas très loin de leurs camps, Vix. Il se trouve qu’en grandissant, l’Ankou s’éprit de la jeune femme qu’elle était devenue. Celle-ci refusa ses avances et pour faire cours se refugia chez les Galléas. Je ne vais pas t’ennuyer avec toutes les péripéties qui il y a eu, ca nous prendrait toutes la nuit, et toute la journée de demain, mais sache que ça aboutit à une sorte de pacte entre les Galléas et Vix. Les Galléas sont de nature divine, de ce fait, l’Ankou n’a aucune emprise sur elles. Alors, quand l’amoureux éconduit s’appropria la vie de Vix, les Galléas divisèrent son âme et la cachèrent en elle pour qu’il ne la récupère pas. Pour se rituel, il y 9 Galléas, dont Marjane.

Isis alla se resservir en thé, tout en continuant son récit.

- De ces 9 femmes, il y a deux ans, seul 2 étaient en vie, et une vivait en enfer. Enfin pour être précise, seul 2 Parcelles de Vix étaient dans le cops de deux personnes en vie, et une troisième Parcelle étaient dans le corps d’une personne en Myr.

Elle posa sa tasse brulante et s’enveloppa du pull blanc.

- Ce fut une hécatombe chez mon peuple. Si ces 9 femmes avaient réussit à protéger Vix, l’âme de celle-ci, nommer donc Parcelle, devint un poison au fil du temps. Les sentiments négatifs comme la colère, la haine, le désespoir ou encore la nostalgie les faisaient sombrer doucement à force des malaises et des crises. Beaucoup se tuèrent. Elles n’avaient aucun moyen de s’en débarrasser à moins de donner se fardeau à leur fille. C’est comme ça que j’ai hérité de la Parcelle de ma mère et que j’ai eu le droit à mon lot de maux liés à ma Parcelle.

Remontant nerveusement les manches, elle reprit, consciente qu’il y avait des trous énorme dans son récit et que Seth les avaient déjà tous repéré même si il ne disait rien.

- J’ai été libéré de cette Parcelle. Complètement guérit… même si à vrai dire, ce n’était pas une maladie. L’un des mystères est résolu. Alors, parlons plus technique. Les Galléas utilisent la magie verte. La magie de la nature. Elles n’ont jamais eu de baguette, pas besoin. Ca fait partie de leur facette divine d’utiliser l’essence magique à travers elle et sans catalyseur. Par contre, les Galléas issu d’un père sorcier utilisent la magie blanche. Je ne sais pourquoi, mais la magie usuelle prévôt sur celle de la nature. Moi, je suis issue d’une Galléa et d’un moldus, alors, je ne sais pas ce que ca aurait du donner… normalement je n’aurais jamais du survivre. J’aurai du être morte née. Donc mon cas est exceptionnel. A vrai dire, j’ai supposé que tant que la Parcelle de Vix était en moi, elle me permettait d’user de la magie blanche. Mais j’ignore pourquoi. Peut être une sorte de bouclier, une arme qi pouvait me permettre de supporter sa présence de Vix sans me détruire complètement. Enfin, le fait est que depuis que je ne l’ai plus, j’use de la magie verte. Il m’a fallu du temps pour m’en rendre compte. Au début, j’avais l’impression de perdre mes pouvoirs. En vérité jusqu’à très récemment je le pensais vraiment. Ca a été une période…. Difficile serait un terme trop faible.

Elle se remémora les périodes de cette triste découverte. Une partie d’elle était à jamais morte suite à ce fait. Ca l’avait bouleversé de manière trop subtile pour qu’elle s’en rende compte.

- Au début, se fut des sortilèges qui faiblissaient en qualité. Puis, petit à petit certain sort m’était impossible à réaliser. Un peu plus tous les jours, mais infime. Puis il y eu la période où ma baguette ne me répondait plus du tout. Là, ça a été vraiment délicat. J’ai arrêtée de l’utiliser. J’avais peur de blesser quelqu’un, de blesser mon fils. Et là, ça à évoluer plus rapidement au point où maintenant, si je touche une baguette, n’importe laquelle, je fais exploser tout ce qui m’entoure.


Isis se souvient de sa première rencontre avec la Kalista. Plus que la rencontre avec une des clefs et sa présentation au Résistants qui étaient dans les confidences, se fut la dernière fois ou Isis tient sa baguette dans la main. Elle avait à peine effleuré du bout du doigt que l’explosion qui en découla pulvérisa la table, blessa trois personnes et souffla la salle entière. Isis eut sa main et son bras droit inerte pendant quelque heure.

- J’ai passé presque un an et demi étant persuadé de ne plus jamais faire de magie de ma vie. Mais plus maintenant, minauda-t-elle, maintenant, je peux faire des super boule de feu éclairante juste en fermant le poing. Ce n’est pas la classe ça.


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MessageSujet: Re: L'Uruk à Frange   Jeu 7 Oct 2010 - 21:36

- C’est la super classe.

« Je n’ai pas tout compris mais l’essentiel est là. Je n’ai pas posé de question et je ne l’ai pas interrompu pour obtenir des précisions car il m’a paru que chaque phrase prononcée lui coûtait un pénible effort.

Cependant, un passage de ce récit m’avait marqué car ce n’était pas la première fois qu’une de mes connaissances me parlait de Myr, d’Ankou et d’une certaine Ghilda.

Il y avait eu cette fois, pendant ma formation avec Amys pour survivre à mes premiers instincts de vampire. Ma tutrice m’avait raconté la raison pour laquelle elle avait disparu. Elle m’avait transformé au prix de sa vie. A cette époque, elle souhaitait en finir. Boire le sang d’un humain contaminé par la morsure d’un loup-garou était un suicide programmé. J’avais été son va-tout pour la mort. Mais son récit ne faisait pas mention de Galléa et encore moins d’Isis. Il avait été question d’Egon Sutham. Le parrain de Noah. Noah, mon ami. Amys m’avait fait le récit de ce que cet homme avait dû endurer pour sauver sa petite amie.

Bien avant ça, Liam m’avait aussi raconté cette histoire. A l’époque, elle était morcelée et elle m’avait été complétée par Noah. Noah qui venait d’un futur alternatif désirait me former pour empêcher Liam d’être tenté par la morsure et ainsi éviter le sordide futur qui attendait ma famille.

Comment toutes ces personnes, Amys, Liam et Noah, pouvaient-ils avoir une histoire en commun avec les ancêtres d’Isis ?

La question me perturbait mais je la gardai pour moi. Manifestement, cette histoire mettait Isis très mal à l’aise. Je n’avais pas envie d’empirer la douleur de ces confidences en lui confiant que je connaissais personnellement la personne qui était à Myr avec cette Ghilda et que cette personne était à l’origine de mon état. »


Seth avait gardé un visage dénué de tout signe qui aurait pu trahir que cette histoire l’avait fait tiqué.

Il avait envie de trouver Amys. Noah était retourné à son époque et Amys serait la seule à pouvoir expliquer cette coïncidence. Il se leva et marcha en long et en large, ses déplacements n’étaient pas nerveux. Il semblait avoir besoin de se dégourdir les jambes:

- Mais aujourd’hui, dit-il en marchant, tu es vivante et tu es forte. C’est ton histoire.
Nous n’avons pas des histoires très faciles, finit-il par sourire en s’étirant.

La nuit était bercée par la lueur des chandeliers. L’automne avait bardé les soirées d’une brise plus fraîche. Seth aimait cette humidité. Le soleil était un calvaire. En marchant, il s’était retrouvé près d’une fenêtre. Les yeux perdus dans la forêt et le cours d’eau qui descendait jusqu’au lac de Poudlard. Ses pensées s’ébrouaient dans un amas d’images qu’il se confectionnait et de questions qu’il ne se sentait pas de lui poser. Il ne se rendit pas compte qu’il avait laissé un long silence. Il reprit comme la suite logique de ce qu’il avait dit un peu avant :

- Je ne sais pas si tu attends de moi que je te rende la pareille. Dois-je te raconter ce qui m’a amené là ? Ce qui s’est passé depuis la dernière lettre que je t’ai écrit... Ca commence par une morsure. Non, par deux morsures. J’étais très curieux à l’époque. Je trouvais extraordinaire de rencontrer un lycan. Ca n’a pas très bien fini comme tu peux le constater. Comme je suis une personne qui a beaucoup de chance, ça ne s’en est pas arrêté à un loup mais à un loup puis à un vampire. Je me suis réveillé au milieu d’une forêt... seul. Après, il y a mes deux dernières années à Poudlard et un combat jour et nuit pour comprendre ce qui m’arrivait. Je suis mort... enfin, mon cœur a cessé de battre le jour de mes 17 ans.

Seth revint s’asseoir à la table. Il venait à peine de poser ses fesses sur la chaise qu’il réalisa qu’il n’avait pas envie d’être immobile. Il était plein d’énergie. Il avait envie de chasser. De se dépenser. De bouger... il se tint à carreaux.

- Je ne sais pas si tu te souviens de Caleb Sutham... il était à Poufsouffle. Disons que Caleb avait de grands pouvoirs. Il m’a aidé à domestiquer ma transformation en loup-garou... nous sommes toujours amis. Un jour, le vampire qui m’a crée est revenu. Avec son humour à la con, il s’est excusé du contre temps qui l’avait retenu loin de moi. C’était une femme. Elle aurait dû me former à la soif et à la traque, m’a-t-elle dit. Ce qu’elle fit l’été de mes 17 ans en m’emmenant avec elle et Caleb à travers un voyage temporel éprouvant. Nous sommes revenus. J’ai essayé de reprendre ma vie où elle s’était arrêtée... malgré ce qui était arrivé. Ca a marché... un temps. Mais rien ne demeure, sauf mon visage d’adolescent. Tout bouge et je devais bouger avec ce Tout agaçant. Je suis reparti, seul, cette fois, pour voyager dans différentes époques et oublier celle-ci... si pénible. J’ai vécu plus de 250 ans, Isis. Mais je reviens toujours, parce que c’est ici que tout à commencé et c’est ici que j’aimerais que tout finisse.

Seth était de nouveau debout.
Il ne tenait pas en place.

Avait-il jamais parlé autant à Isis ?
Il ne tenait pas en place.

Il regarda les vêtements qui étaient toujours sur la table :

- Heu, si tu veux te changer, il y a une chambre là-bas. C’est le squatte de Liam, je ne veux absolument pas savoir ce qu’il y a laissé. Ne me raconte rien, blagua-t-il.

Il désigna un couloir. Celui qu’elle avait emprunté pour se rendre à la salle de bain. La deuxième porte du couloir était sa chambre. Il n’y avait jamais dormi mais son frère ou ses quelques invités y logeaient quand ils venaient. Pendant ce temps, Seth lisait. Il lisait beaucoup parce que les nuits sont longue et que ses yeux sont rapides. Initialement, cette chambre avait été construite pour Eden. Elle n’y dormirait plus. Et pour cause.

- Mais si tu es bien comme ça, pas de souci... tu dois être fatiguée, non ? Je te raccompagne ?


« Ca c’était très malhonnête et cavalier, Seth Cullen. Tenter de se débarrasser de ton invitée pour courir vers Amys et en apprendre plus ? Pourquoi ne pas simplement insister et confronter ton histoire avec celle d’Isis ?

Parce que, ma curiosité ne doit pas se tarir au détriment de son bienêtre... Aller, Amys peut bien attendre une nuit. Je n’ai pas vu Isis depuis trop longtemps. »

Mais la proposition était lancée. Il ne restait plus à Seth qu’à attendre la réponse, en espérant qu’elle fût négative.
Ou, à prendre son courage à deux mains et croiser les doigts pour qu'Isis ait du culot :

- Autrement la chambre de Liam t'es grande ouverte. Si tu veux passer la nuit ici et rentrer demain matin.







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Dernière édition par Seth Cullen le Ven 8 Oct 2010 - 19:24, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'Uruk à Frange   Jeu 7 Oct 2010 - 23:16

Isis regardait interloquée Seth faire les cent pas. Elle se demandait comment il avait pu changer autant en seulement 3 ans. D’imperturbable, il était devenu agité, comme si il avait besoin de se mouvoir pour réfléchir, alors qu'elle l'avait toujours plus ou moins statique si on excepté les matchs de quidditch.
Les explications avaient apporté la réponse. Finalement, en 250 ans, il n’avait pas beaucoup changé.

Le menton dans la paume de main, Isis suivait les aller retour du p’tit vampire, jouant négligemment avec la tasse.


- Tu as tenté de me virer Cullen. Je n’aurais jamais cru ça de toi.

Elle se leva et alla à sa rencontre. Il se tenait près de l’évier, droit et impénétrable. Jamais elle n’aurait vraiment deviné qu’il souhaitait qu’elle reste.

- Et je ne dormirais pas dans la chambre où ton frangin s’est envoyé en l’air avec d’innombrable personne. Ca me gâcherait à coup sur le merveilleux souvenir de ma nuit passé dans ses bras. Un trop beau souvenir.

La tasse lavée, elle la laissa s’égoutter sur l’évier.


- Non, mais tu étais sérieux avec ton « je te raccompagne ». Je te déballe ce qui m’est arrivé durant ces trois années, et ça, tu peux le croire, je le fais pas à tout le monde. Et après tu m’annonces que tu as vécu 250 ans grâce à de voyage dans le temps. Et puis… basta, tu en as marre. Alors, on se dit au revoir, on attend 250 ans. Tu me resauves la vie une énième fois. On se refait une petite discussion autour d’une tasse de thés, se racontant nos petits malheurs. On se souhaite bonne chance et on repart pour 250 ans. Cullen, me prend pas pour une scrout, tu t’en sortiras pas comme ça.


Pourquoi s’enflammait-elle ?
  • a) Elle détestait être rejetée
  • b) Elle ne souhaitait pas que cette rencontre fortuite se finisse de cette manière
  • c) Elle voulait connaitre le nom de ce bonne femme vampire pour lui faire regretter de s’être servit de Seth comme ticket de magicobus vers Myr
  • d) Elle voulait savoir ce qui l’avait titillé pour l’agiter à ce point.


- Si tu me disais déjà ce qui te tracasse.

Le ton s’était adoucit. Son coup de sang était retombé.


- Je ne suis pas fatiguée. J’ai toute la nuit devant moi. La journée de demain. Et tout le temps qu’il faudra. Les personnes qui m’attendent savent ou je suis. Si besoin, elles sauront me chercher.

Pendant son récit, elle avait sentit Egon cherchait inconsciemment le lieu ou elle se trouvait. Si elle était en danger. Le connaissant, il devait s’inquiéter qu’elle ne soit pas rentré tout en se gardant bien de le montrer à quiconque. De toute manière, elle se ferait priver de sortit, comme une ado, alors autant continuer sur cette voie et assumer jusqu’au bout son escapade.

- Et non, pas de questions, réprimanda-t-elle, la main levée vers le visage de Seth pensant anticiper une réaction d’un être humain lambda, oubliant à qui elle avait à faire. Pas avant que tu es répondu à la mienne. Aux miennes.

Isis alla camper sur un fauteuil en signe de défie. S’il avait toujours l’intention de la virer, il pouvait se mettre le doigt dans l’œil.

- Je te propose une sorte de jeu. On se pose les questions qui nous tracassent chacun notre tour. Peu importe que ça fasse mal. Crever les non-dits. Tu as toujours réussit sur moi. Pire qu’un psychomage. Au fait, pour te préparer, ma prochaine question concernera le combat blanc. Mais pour l’instant, tu n’y couperas pas. Qu’est ce qui te tracasse autant pour perdre ta bienséance?


Dernière édition par Isis Kitlee le Sam 9 Oct 2010 - 22:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'Uruk à Frange   Ven 8 Oct 2010 - 22:43

« La nuit passée dans ses bras ?
Oh... non. Pas Isis !
Liam Cullen, à quel fruit de la tentation n’as-tu jamais cédé ? »


Liam s’était bien gardé d’en parler à son frère mais Seth comprit de manière rétrospective diverses allusions qu’il avait faites à l’époque.

Flashback - Carlisle, 1ère année d’étude de Liam à Poudlard University, 2009.

- Un hibou vient d’apporter une lettre pour toi, Seth ! cria Japhet à travers la villa qui baignait sous la canicule estivale.

Allongé sur le lit de sa chambre aux rideaux à demi tirés et le visage sous un roman qui était particulièrement mauvais et qui ne pouvait pas avoir d’autre utilité que de servir de pare-soleil, Seth bougonna. Sa sœur entra en trombe dans la chambre, se jeta sur le lit de son frère et le débarrassa de l’ouvrage qui recouvrait son visage. Elle lui pendit la lettre au-dessus du visage :

- C’est l’écriture d’une fille ! gloussa-t-elle. Tu trompes Eden ?

Liam passait dans le couloir au même moment. Son oreille parabolique avait entendu les mots « Eden » et « Tromper » dans la même phrase. Il voulait s’en donner à cœur joie. Il s’incrusta à son tour sur le lit de Seth, cerné par sa fratrie.

- Ma chambre n’est pas un espace public. Sortez.
- On veut savoir de qui est cette lettre !
l’apostropha Jah.

Liam se saisit de la lettre pour faire mine de l’ouvrir mais la main du vampire fut prompte à la lui retirer. Seth était déjà à l’autre bout de sa chambre. Il regardait sa fratrie, assise sur le lit dans l’attente que leur curiosité soit récompensée. Seth soupira et décacheta la lettre en leur assénant déconcerté :

- Vous êtes pathétiques.

Il regarda la signature :

- Isis Kitlee. Elle me donne des nouvelles. Me demande si j’irai à la Foire Annuelle en septembre et espère que je vais bien. C’est tout. Rien de sexuel, Liam. Rien de croustillant, Jah.
Libérez ma chambre.


Liam avait sourcillé et sourit en se levant et commenta d'un air détaché :

- Isis de Poufsouffle ? Petite brune, jolies mensurations ? Hum... Tu lui passeras le bonjour de ma part. Je me demande si elle aime toujours la vue qu’on a depuis l’île de la Cité...

Retour au présent.

Seth fronça des sourcils amusés mais se vit obligé de corriger la demoiselle. En d’autres circonstances, elle n’aurait pas eu tord, toutefois, il se devait de préciser.

- Liam n’a jamais eu d’innombrables conquêtes qui soient venues ici. Par contre, il s'est servi de ma chambre pour stocker un nombre impressionnant d’articles et de magazines dont je n’ai pas envie de connaître la provenance ou l’utilité.

Un sourire railleur lui échappa.

- Il travaille pour des magazines féminins... ce qui en soit est dans l'ordre des choses.

Le cadet des Cullen avait tenté plusieurs fois d’inviter son aîné - du présent - à vider sa chambre de tous les instruments, magazines et appareils féminins qui s’entassaient dans cette pièce. La plus part étaient des cadeaux de firmes moldues et sorcières qui faisaient de la publicité dans les pages de Sexy Witches et de WMV, des envois pour des tests de comparaison de produits ou pour des sondages de qualité. De la boîte de protections féminine, à la cire à épiler, en passant par le maquillage, les parfums, les faux ongles, les crèmes et potions d’embellissement et divers outils de tortures que Dieu (ou le Diable) avait forcément créé pour punir les femmes d’être les descendantes d’une croqueuse de pommes, tout y était. Il ne manquait que les gardes de robes qui allaient avec, bien que la chambre devait probablement receler de lingerie, d’une robe ou deux de haute couture et d’escarpins qui ne faisaient que les rendre plus grandes.

Très loin d’être impressionné par le grand retour de Princesse Gros Mots, Seth alla s’assoir sur le plan de travail de la cuisine qui se trouvait à quelques mètres du fauteuil où elle s’était assise. Elle le défiait et il n’eut pas envie de réagir à ses remarques sarcastiques. Il lui souriait, amusé. Content qu’elle ne se soit pas laissée abuser par sa tentative de la mettre à l’écart.

Par contre, elle avait faux. Il ne se sentait pas tracassé le moins du monde. Il avait envie de bouger car il était peu habitué à rester enfermé la nuit. Pour les vampires, la nuit était le moment privilégié pour la chasse. Il fallait croire que ce soir, Seth Cullen serait privé de traque par Isis Kitlee. Il avait été pressé de rejoindre Amys pour enquêter. Cette histoire lui avait fait réaliser qu’il n’avait pas vu sa créatrice depuis le retour de son dernier voyage. Elle devait savoir qu’il était rentré mais elle non plus ne s’était pas pressée de rendre visite à sa progéniture.

Pourtant, pendant sa descente aux enfers, elle avait dû « ressentir » le mal qu’il l’avait rongé. Que faisait Amys ? Qu’est-ce qui l’avait retenu de venir le voir ?

Il remit ses questions à Amys à plus tard puisque, d’après le petit jeu d’Isis, il pourrait peut-être en apprendre plus, directement auprès d’elle. Il décida qu’en fonction de ce qu’il allait comprendre ce soir, il en discuterait - ou pas - avec Amys. Cela lui donnerait une bonne raison de la retrouver.

Le vampire se cala sur le plan de travail en bois, de profil par rapport à Isis, et adossé au mur qui formait un renfoncement assez large pour que son dos puisse tenir aisément avant de se poursuivre en une courte cloison d’un mètre qui marquait grossièrement la séparation de la cuisine avec la partie salon de la pièce principale. Il releva un genou qu’il retient entre ses bras pendant que l’autre jambe était allongée sur tout le long du plan de travail.

Il prenait son temps pour s’installer. Son visage était impassible. Il réfléchissait à ce qu’il serait bon de dire tout de suite ou de révéler. Il était d’accord avec les termes de ce jeu mais il ne doutait pas que toutes les vérités n’étaient pas bonnes à dire... il fallait attendre le meilleur moment pour les balancer.

Il fit la première confidence à pas de loup. Choisissant ses mots mais ne prétendant à aucun moment avoir envie de la ménager. Le jeu pour le jeu.

- Jouons, Isis, sourit-il de façon indescriptible. Excuse-moi d’avoir essayé de te chasser. C’était maladroit mais pour moi, à cette heure-ci, je suis généralement en chas... enfin, en promenade. J’étais pressé de te mettre à la porte car je voulais rendre visite à une personne qui m’avait déjà parlé de Ghilda auparavant. J’ai été surpris. Comme me raconter tout cela avait l’air de te faire de la peine, je n’avais pas le cœur à insister. Mais puisque tu veux jouer, jouons.

Seth avait récapitulé les protagonistes liés à cette histoire. La dernière fois que ses méninges avaient été aussi éveillées remontait à la lecture de Also sprach Zarathustra, de Friedrich Nietzsche.

« Liam me confie que Noah vient de 2023. Dans le futur, lui et moi sommes recherchés pour de multiples meurtres.

Flashback - Poudlard, 2008.

- Mon parrain et éducateur, qui s’appelle Egon Sutham et qui n’est pas véritablement mon cousin comme je l’ai inventé ici, eut un jour l’occasion de descendre en Myr, l’enfer des sorciers, pour sauver sa femme habitée par une force maléfique. Comme Orphée aux enfers, tu vois? A Myr, il fut aidé par Amys, une femme vampire qui avait été punie et envoyée aux enfers pour s’être suicidée en buvant le sang contaminé d’un sorcier mordu par un loup-garou. Je ne sais pas si tu sais que l’Ankou punit gravement les suicidés considérant qu’il est le seul à avoir le droit de vie ou de mort sur le genre sorcier. Bref, je crois qu’Amys est le vampire qui a mordu ton frère... Dans le futur, ton frère va être à l’origine d’un sacré bain de sang.

C’est en regardant la presse qu’un jour Amys (ressuscitée) est venue trouver Egon pour lui raconter que Seth était le jeune sorcier dont elle avait bu le sang empoisonné... elle lui a expliqué qu’elle était morte avant d’avoir pu se présenter à lui et l’éduquer à sa soif. Egon et Amys vous ont longtemps recherché pour calmer la soif de Seth mais... heu... Seth est vraiment très puissant. Regroupant les propriétés du vampire et du loup-garou, il a achevé Amys... mais laissé Egon en vie pour que celui-ci retourne près de ses enfants. Personne n’a jamais compris ce que Seth recherchait, sauf que... heu... d’après mon parrain qui a pu en réchapper, le bain de sang dont on a accusé ton frère... je... Egon dit que... je ne sais pas trop, Liam... Seth aurait visiblement domestiqué sa soif tout seul et c’est toi qui aurais tué les innocents. Je suis désolé...

- Tout ce que tu as dit n’arrivera pas car je vais le changer... Seth vivra heureux et je ne tuerai personne. Je dois lui dire... alors avant de me donner ton identité, sache que je raconterai tout à mon frère. Tu vas me dire qui tu es ?

- Je m’appelle Noah... Noah de Lansley. Je suis le fils de Sacha de Lansley et d’Elinor Redgrave.

- Je sais très bien ce que cela veut dire. Si tu crois que nous n’en avons pas parlé des centaines de fois...
S’il est comme il est, c’est de ma faute. J’ai du mal à imaginer ne rien pouvoir faire pour partager sa douleur... Noah, Seth va mourir. Son cœur va cesser de battre et je serai là quand cela arrivera. A son réveil, il ne sera plus le même. Il sera un autre... et je refuse de le laisser subir mes erreurs tout seul. Je n’ai pas peur de mourir si je peux rester avec lui.

- Ce que tu vas changer dès à présent pourra empirer ou améliorer la situation... il faudra être vigilant. Egon est allé à Myr... l’idée est dangereuse mais tu crois que nous pouvons y envoyer quelqu’un avec promesse de retour afin de demander à Amys d’éduquer non pas Seth... mais toi... ou alors, il ne faut pas que Seth te morde si tu commets des crimes.

(Extrait de Les Autres, avec Liam Cullen & Noah de Lansley)

Retour au présent.

Le soir même, Liam me présentait Noah. Nous décidâmes qu'au début des vacances d'été, nous partirions à la recherche d’Amys dans une époque future puisqu’à cette époque-ci, Amys était encore en Myr. »



Ils l’avaient retrouvé en 2010, se souvint encore Seth. Elle l’avait pris sous son aile pour le former. Ils avaient voyagé dans d’autres époques passées et futures. Elle lui avait raconté en détail l’histoire de Myr et la raison pour laquelle elle n’avait pu remplir son devoir de créatrice. Puis, quelques centaines d’années plus tard, Seth était revenu en 2008.

Mais désormais 2012 était arrivé. 2012, c’était maintenant et Seth savait exactement où se trouvait Amys aujourd’hui puisqu’il y avait été avec Noah pour rencontrer sa créatrice.

Elle est dans une association qui s’appelle TASKS, se remémora-t-il. Elle s’occupe d’orphelins.

Plus sérieusement, pour Isis, il poursuivit de sa voix baryton-basse :

- A mon tour de te poser une question... ma créatrice m’a raconté l’histoire de Ghilda, de Vix, d’Ankou et tout ça... et toi ? Comment... l’as-tu apprise cette histoire ? La Pensine ne concernait que l’histoire de tes ancêtres, d’après ce que tu m’as raconté. Alors qui t’a raconté les chroniques de Myr ?






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