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 L'Echange

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Shawn Page
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MessageSujet: L'Echange   Lun 6 Déc 2010 - 22:45

Le meeting n’avait pas duré plus de deux heures. Shawn remercia Yahvé. Une minute de plus et il sortait sa botte secrète : « Désolé, les mecs, je dois passer un coup de fil très important à ma mère... » On l’aurait un peu chambré mais il s’en serait tiré à bon compte car personne n’ignorait le tempérament sulfureux de Veronica Page. Certains de ses amis compatissaient même à son sort. On n’avait pas fait mère plus étouffante. Mais les trois Opposants libérèrent Shawn assez vite, se contentant ensuite de ses adieux expéditifs. Il voulait être partout sauf à l’abbaye à faire des ronds de jambes à ce congrès de potentiels dictateurs.

Il transplana vers Poudlard où il assista à ses deux derniers cours de la journée sans grand enthousiasme, rendit visite à Fei, dans la plus grande discrétion, pour lui éviter des problèmes supplémentaires. Elle lui raconta sa semaine, lui tut les propos injurieux dont il était encore le sujet principal mais Shawn les devina, l’invita à dîner à l’extérieur pour qu’ils puissent se sentir plus à l’aise mais Shawn repoussa l’invitation. Il avait une urgence. Une piste, pas la première, sur le trio après lequel il courait depuis des mois.

Il n’était pas sûr que le jeu en vaille la chandelle mais il avait appris à ne refuser aucune piste. C’était un signe assez clair de l’état d’avancement de sa mission : il n’avançait plus.

Son informateur lui avait donné rendez-vous au Petit Musée de la Magie Expliquée aux Moldus. Il avait déjà entendu parler de cet endroit, au détour d’un article dans un magazine d’art qui traînait dans la salle commune. Ca serait l’occasion de faire d’une pierre deux coups puisque son professeur d’Art Graphomagique leur avait assigné dans l’après-midi d’un devoir sur la comparaison des arts traditionnels moldus et des arts magiques. Shawn n’y connaissait pas grand-chose. S’il pouvait se procurer une ou deux brochures au passage ou une idée de sujet pour son devoir, il serait ravi.

Il ne connaissait pas son informateur mais il était de coutume que le premier contact se fasse dans un lieu public et fréquenté comme mesure préventive. Shawn ne fut pas le moins du monde étonné par le lieu du rendez-vous qu’on lui avait imposé.

Après avoir quitté Fei, il était très rapidement passé dans sa chambre d’étudiant pour quitter ses vêtements de sorciers et enfiler quelque chose de plus passe partout. Il avait pas mal grogné tout le long du trajet qui le mena à Pré-au-Lard où il comptait emprunter une cheminée pour rejoindre directement Londres. Il fallait vraiment qu'il trouve d'autres moyens de transports plus rapides. Il ne savait pas encore transplaner avec assez de précision pour être certain d'atterrir où il voulait. Il arriva aux alentours de seize heures devant la porte du Petit Musée. D’après le message qu’on était venu lui apporter le matin même à l’Abbaye, à la fin de sa réunion, son informateur l’attendait près de la statue de Merlin et les trois Gobelins, dans l’aile réservée à l’histoire du monde de la magie.

Les cheveux ébouriffés, son gros blouson d’aviateur sur le dos et un vieux jean qui méritait la poubelle, Shawn s’était planté devant la statue et attendait que quelqu’un vienne lui adresser la parole. L’entrée en matière devait se faire par « Bonjour, Merlin fut un grand homme... » et, à cela, Shawn devait « Encore plus, lorsqu’il est placé entre trois Gobelins. » Le Dschubba avait trouvé que son informateur avait un certain humour. D’habitude les mots de passe étaient des latineries désuètes et pompeuses.

« — Il est quand même bien vilain ce Merlin... » marmonna-t-il en regardant droit dans les yeux cerclés de petites lunettes de marbre de cette réplique qui se mit à lui répondre en fronçant le nez :
— On dirait que tu t’es fait coiffer par une Goule. Tu penses peut-être que c’est mieux ? »

Surpris, Shawn sursauta et tomba en arrière sur son humble fessier. Il sentit alors une présence tout près de lui tandis qu’un groupe scolaire se tordait de rire en le voyant les quatre fers en l’air.





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Dernière édition par Shawn Page le Ven 1 Avr 2011 - 23:03, édité 1 fois
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Ulysse Denali
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MessageSujet: Re: L'Echange   Lun 6 Déc 2010 - 23:45

Je ne l’aurais jamais pensé si jeune „, me dis-je en tendant ma main au jeune homme que Merlin venait de surprendre. J’étais habitué à être entouré de ces œuvres magiques et dont la plupart se mouvaient toute seule. Je connaissais toutes leurs facéties et l’artiste qui avait conçu Merlin l’avait créé à son image : moqueur, blagueur mais avec la faculté de répondre à toutes les questions historiques qu’on se posait au sujet de la chronologie du monde sorcier.

Donc, je le trouvais jeune. On m’avait parlé d’un Dschubba qui enquêtait corps et âme sur l’Amiral et les deux Iccams mais on ne m’avait jamais précisé son jeune âge. Nous devions être tous les deux dans la vingtaine mais je m’étais attendu à quelqu’un de plus... expérimenté. Je ne suis pas homme se fiant aux apparences. Je ravalais mon sourire pour ne pas insister sur l’hilarité générale que Shawn Page avait provoqué à son insu :

■ Bonjour, entamai-je, Merlin fut un grand homme...

Surpris, prenant ma main offerte pour se relever, il répondit mécaniquement et affichant à peu près le même étonnement que moi :

■ Encore plus, lorsqu’il est placé entre trois Gobelins... je... heu... Shawn Page, dit-il en gardant ma main dans la sienne pour la serrer en guise de salut.

Je lui souris et serra en retour, cette fois, comme signe de politesse :

■ Enchanté, Shawn. Je m’appelle Ulysse Denali. Je suis directeur du Petit Musée.

Je me tournai vers Merlin et les Trois Gobelins. La statue avait recouvré son immobilité marmoréenne et les trois gobelins échangèrent de place furtivement, restant aux pieds de l’illustre sorcier. L’un des gobelins tenait une épée qu’il tendait à Merlin, le second tenait un grimoire ouvert à une page précise qui était tournée de façon à ce que la page soit lue par le mage, et le troisième lui tendait une fiole presque aussi grosse que sa tête. Merlin penchait le visage vers eux. Dans sa main droite, il balançait sa baguette de droite à gauche tandis que la gauche caressait sa longue barbe qui s’enroulait autour des pieds de l’un des gobelins. Ils bougeaient de temps à autre puis reprenaient soudainement leur rigidité. Seul Merlin savait s’exprimer.

■ Cette statue représente la récompense que le peuple des gobelins apporta à Merlin pour le remercier de les avoir délivrés de Morock le dragon de Symbe. Tenue par Inipande, voici l’épée que nous autres “ moldus „ connaissions dans nos légendes sous le nom d’Excalibur. Par la suite, Merlin la fit sceller dans une enclume de granit. Seul le plus digne de devenir roi aurait été capable de l’en sortir. Le présent vient initialement du peuple gobelin. Le deuxième gobelin, Demiroux, offre à Merlin un grimoire contenant toutes les formules magiques et les potions du monde de la sorcellerie et le troisième, Galien, lui tend l’élixir d’immortalité. D’après la légende, Merlin versa une goutte de cet élixir un peu partout et en nourrit les licornes. D’où, par la suite, la légende selon laquelle le sang de licorne rendrait immortel... bref, Merlin avait défendu un peuple et il fut remercié par celui-ci. Ses nombreux pouvoirs et la suite de son histoire, il doit en partie à ce petit chapitre.

Je me suis éloigné de Shawn pour l’inviter à parcourir les allées du musée pendant que nous discutions. Je ne l’avais pas contacté pour lui raconter l’histoire de son peuple. Mais cette histoire m’avait donné des idées.

■ Je suis Soumis à Jezabel Jackersson, poursuivis-je sans trop m’appesantir pour qu’il comprenne que cela n’était pas un grand souci pour moi. L’information était plutôt destinée à le renseigner sur la manière dont j’aurais pu entendre parler de lui et de son assignation. Je l’ai entendu discuter avec d’autres Dschubba et Sargas de votre mission. J’ai cru comprendre que vous aviez une échéance. Je vous ai fait venir ici pour vous proposer un marché... une sorte d’échange si vous préférez... Je sais comment vous pourriez attraper l’Amiral, voire les Iccams, et je pourrais vous aider.

Nous étions arrivés au bout de l’aile consacrée à l’histoire. A gauche, nous revenions vers l’entrée et l’exposition de peintures. A droite, une signalétique indiquait que le couloir menait aux créatures et plantes magiques, après celle-ci nous rejoignions un couloir menant aux escaliers. L’un d’eux allait vers mes bureaux. Devant nous, une petite chambre était réservée à une exposition d’objets du quotidien des sorciers. Cette salle était pleine de monde. Les sorciers avaient la réputation de ne pas utiliser d’énergie polluante, c'est-à-dire électrique voire fossile. Tant d’objets se mouvant seuls attiraient toutes les curiosités : du balai à l’éplucheur, en passant par la multiplette et les échecs sorciers, ces petits outils faisaient fureur. Le groupe scolaire qui s’était moqué de la chute de Shawn les bouscula avec empressement et cris de joie pour se jeter contre les vitrines de cette petite pièce.

Ulysse sourit. Il fit un clin d’œil à Armentine Mordicus, sorcière responsable de ce secteur, qu’elle lui rendit à travers la foule joyeuse qui s’abattait vers elle :

■ Je crois que mon personnel a les choses en main... Que diriez-vous d’aller en discuter dans mon bureau, Shawn ?
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MessageSujet: Re: L'Echange   Mer 8 Déc 2010 - 1:32

« — Je dirais que je vous dois bien ça. Vous m’avez tiré d’une situation ridicule sans vous foutre de moi.
C’est la moindre des choses... »

Shawn faisait de l’humour quand il était sceptique. Il n’aurait jamais pensé que c’était avec le conservateur du musée qu’il avait rendez-vous et encore moins que le conservateur dudit musée aurait pu être aussi jeune et beau gosse. Tout d’abord, il pensait à tord qu’une telle initiative ne pouvait provenir que d’un sorcier fondu de moldus et qui voulait leur partager notre monde mais certainement pas l’inverse. Ensuite, il s’attendait plutôt à ce qu’un musée soit dirigé par un vieux croulant lunetteux à la Merlin et pas par une sorte d’éphèbe à la Men’s Health.

« Attention, Shawn, si tu continues de le dévisager, il va te prendre pour un gros demeuré. »

La surprise passée, le Dschubba écouta attentivement Ulysse. De son anecdote sur cette statue de marbre quadrifide à sa proposition dont il n’offrit pas tous les termes.
Il proposait son aide pour la capture des Iccams et de l’Amiral mais retenait encore le suspens en ce qui concernait la requête qu’il faisait en échange. Ne pouvant pas discuter de cet échange dans un lieu rempli de public, Ulysse invita Shawn à le suivre dans son bureau.

Shawn suivit, redoutant le piège éventuel mais il aimait assez l’aventure pour se jeter dans la gueule du loup histoire de tuer le loup par sympathie pour l’effort du loup. Pour en savoir autant, Ulysse était donc de l’Opposition et plus particulièrement un Soumis. Shawn connaissait la dénommée Jezabel de réputation. Il l’avait croisée au hasard de quelques réunions mais ne s’était jamais acoquiné. Il la trouvait surfaite, prétentieuse et superficielle. Vraiment, Ulysse était doublement damné de devoir être asservi à une ingrate du cerveau.

Ils prirent à droite et traversèrent un long couloir qui les amena à traverser une salle d’exposition consacrée aux créatures magiques et à la botanique sorcière. Loin du grandiose vacarme de la ménagerie du Chemin de Traverse, la majorité des œuvres exposées étaient des statues, des tableaux ou des œuvres étranges et mobiles de taxidermie sorcière comme cet immense dragon plus vrai que nature qui était le centre de toute l’attention. Par ici et par là, pour compenser l’imaginaire, des grimoires sous verre étaient ouverts aux pages où des illustrations animées donnaient les caractéristiques d’animaux qui nous étaient communs : phenix, basilic, acromentule, centaure, être de l’eau, licorne, occamy, demiguise, jarvet, sombral, lutins de cornouailles, botrucs, etc. Pour ce qui était des créatures en elles-mêmes, rien de dangereux. Il y avait bien trois boursouflets mauves et gris, une chouette et un elfe de maison vêtu d’un costume de gardien et d’une paire de baskets Nike qui aidaient les visiteurs avec dévotion. Quoi qu’il en fût certains dont Shawn n’était pas sûr d’avoir entendu parler, il resta ébahi devant la vitrine consacrée aux vampires et aux loups-garous. Ces créatures restaient des mystères, même pour de nombreux sorciers. Il traîna le pas devant une réplique d’un loup-garou qui faisait froid dans le dos. Ceux qu’il avait pu rencontrer dans la Forêt d’Etat du Connecticut étaient par dix fois moins effrayant que celui-là.

La salle de botanique offrait le même univers à l’aspect chaotique mais en plus luxuriant. Des plantes tendaient leurs fleurs ou leurs branches aux visiteurs traversant les allées de la serre. Plusieurs guides de toutes nationalités faisaient l’explication des vertus médicinales de certains ou de l’originalité de telle autre.

Ils arrivèrent à un escalier et prirent celui qui montait et qui était fermé au public. Shawn marchait derrière Ulysse sans parler. Il attendit que le remue ménage soit derrière lui pour demander ce qu’il avait en tête. Si l’offre d’Ulysse ne l’intéressait pas, il pourrait toujours s’en tirer à bon compte avec un sujet pour son exposé.

« — J’ai un devoir à rendre en Graphomagie et art plastique. Nous devons faire un comparatif entre des œuvres mold... heu, je veux dire Ordinaire et sorcière. J’ai vu qu’à l’entrée vous aviez exposé un diptyque sur le 14 juillet 2012. Vous pensez que je pourrais me procurer la fiche et l’affiche de l’expo... je crois que ce sujet m’intéresse. Et pour cause. »

Ils étaient arrivés devant la porte d’un bureau. Shawn dut encore abolir un de ses préjugés. Il croyait que le bureau d’Ulysse serait aussi immense et luxueux que la chaire d’un professeur universitaire mais ce ne fut pas le cas. L’endroit était sobre et bien rangé. Quelques documents étaient empilés et classé sur des étagères, une fenêtre française encadrée de rideaux blancs donnait sur la rue qu’on n’entendait pas, un porte manteau où était accroché une veste et une écharpe, des placards fermés, quelques babioles dont Shawn sous-estimait la valeur et n’aurait jamais appelé babioles s’il en avait connu l’histoire et la valeur, ainsi qu’un grand nombre de toiles, aux murs et sur le sol. Dans un coin, il y avait un vieux canapé et des fauteuils Chesterfield de brocanteurs qui entouraient une petite table basse en verre où une plante... merde ! Une mandragore... ? trônait seule. Un petit meuble de télé accueillait le nécessaire hi-fi et vidéo et un poste qui était allumé à leur entrait diffusait la dernière chanson d’Elliot O’Malley.

Au milieu de la pièce, près de la fenêtre, il y avait un bureau qui n’était rien d’autre qu’une table à manger cernée de quatre chaises.

Shawn resta au milieu de la pièce et attendit qu’on l’invite à s’asseoir, qu’on réponde à sa question et, par-dessus tout, qu’on lui détaille cet histoire d’échange.

Il avait plutôt bien refoulé sa curiosité. Outre le fait qu’il était en vacances dès demain soir et qu’il ne comptait pas retourner en cours, il avait tout son temps. L’échéance dont Ulysse avait parlé était sa seule urgence. Il lui restait un mois et demi.








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MessageSujet: Re: L'Echange   Lun 13 Déc 2010 - 19:23

■ Je peux vous aider si vous voulez, lui avais-je répondu en lui désignant le côté où étaient installés deux vieux Chesterfield en cuir marron que j’avais chiné dans une brocante cet été.
J’aimais mon bureau pour ce qu’il était simple et aménagé dans un chaos qui reflétait mes goûts et mon tempérament calme, chaleureux, déterminé... et inattendu.

Avant d’aller m’asseoir sur le canapé en face de mon ôte, je me suis dirigé vers un des placards surchargés de vieux dossiers. J’en ai tiré le livret de l’exposition qui avait eu lieu cet été autour des toiles du 14 juillet. Je la ramenai à Shawn, puis m’assis.

■ Vous pourrez axer votre analyse sur la manière dont deux artistes provenant de deux univers différents sont parvenus à faire ressortir leur opinion de toiles traitant du même évènement. Quand je vous raccompagnerai, nous passerons devant ces toiles. Vous me diriez ce que vous déduisez de ce que vous voyez... pour l’instant, parlons de la raison pour laquelle je vous ai fait venir.

Il y avait deux semaines de cela, j’avais surpris une conversation entre Jezabel et un Shaula alors que je l’accompagnais à l’Abbaye. Je devais faire régulièrement acte de présence pour que Jezabel ne se fasse pas critiquer de laisser autant de liberté à son Soumis. Nous jouions les apparences et ça me donnait à chaque fois l’occasion de visiter cette étrange bâtisse qui recelait de magie et de sorciers. Je m’étais habitué à mon statut à cela qu’il n’était pas très contraignant mais j’avais très vite déchanté quand j’avais pu croiser d’autres Soumis à Canterbury.

Ils étaient tristes, frustrés de ne pas avoir de libre arbitre, leurs regards étaient indifférents et rien ne paraissait les intéresser. Pour certain, j’avais observé qu’ils taisaient leur ressentiment. Leurs yeux brûlaient d’une vive flamme qui témoignait de l’abjection dont ils étaient les otages. Une sorte de solidarité tacite liait tous les Soumis. Je m’étais senti extérieur à ces signes de solidarité puisque mon statut n’était qu’apparence. Pourtant, je fus touché par le désarmement qu’ils m’évoquèrent. Je prenais lentement la décision de ne pas pouvoir en supporter plus longtemps. Je devais agir.

En écoutant parler Jezabel et ce Shaula, je compris qu’un certain Shawn Page, un Dschubba dans le collimateur de ces derniers, avait été désigné par Bruno pour devenir le responsable de la capture des Iccams et de l’Amiral. Les manières de Shawn déplaisaient fortement à ses supérieurs bien qu’ils durent se rendre à l’évidence : Shawn était efficace et avait constitué un dossier plus fourni que n’importe lequel des Shaulas. Ce Shaula se lamentait sur fragilité de sa position :

■ Si Page parvient à ses fins, je peux dire au revoir à mon poste. Il va devenir Shaula et favori d’Antarès. Je serais près à n’importe quoi pour l’empêcher d’y arriver même si je respecte totalement les ordres d’Antarès et de Bruno.

Jezabel avait été plus préoccupé par la réussite de sa mise en pli que par les paroles du Shaula. Mais j’avais bien écouté les confidences et une idée germa. Quand nous sommes rentrés, j’ai demandé à Jezabel ce que Shawn Page risquait, si à terme, il décevait les espoirs de bruno. Elle m’avait répondu qu’elle ne savait pas que la mort était la seule punition que Bruno connaissait. L’homme ne faisait jamais dans la demi-mesure. J’avais donc un homme avec une pression énorme et beaucoup d’ennemis. Ce Shawn me paraissait être un allié tout désigné pour mettre bout à bout le plan que je m’étais inventé.

Je devais d’abord lui expliquer ma conception du deal que je lui proposais. J’étais parfaitement contre l’idée qu’on puisse livrer trois personnes innocentes à Antarès, quels que soient les desseins finaux de ce dictateur, mais j’étais encore plus préoccupé par le nombre de Soumis qu’il y avait dans les pays Résistants. Puisque tout fonctionnait par politique interposée, peut-être que je pouvais fournir à Shawn des appuis qu’il lui manquait pour mener sa mission à bien et qu’en échange je pouvais utiliser sa propre influence pour libérer les Soumis.

■ Tout d’abord, je tiens à ce que vous sachiez que je ne partage pas l’enthousiasme général de la population des RUOs pour la capture de ces trois personnes. Cette capture représente à mes yeux le caprice d’un seul homme et il est indigne que des millions d’autres y répondent. Ceci étant dit, mes ambitions sont autres. Je vous concède les motivations de votre quête si vous me concédez les miennes en ce qui concerne ma volonté de vous aider malgré mes réticences.

Je marquai une pause pour lui laisser le temps d’entendre et d’enregistrer mes paroles. Puis, je repris aussi lentement que j’avais commencé pour que mon monologue soit le plus clair possible :

■ Voici mon postulat de départ : la Résistance se bat pour la liberté des individus. Elle souhaite libérer le monde d’Antarès et, à moindre échelle, le libérer de son influence quotidienne. Or, l’un de ses chevaux de bataille est la condition des Soumis. J’entends partout l’inquiétude des Shaulas d’avoir perdu trace de leurs Soumis, libérés sans doute par la Résistance.

Prenons en considération que votre but est de faire sortir Sacha de sa tanière. Le mien est de faire libérer les Soumis des pays Résistants qu’Antarès n’a pas voulu libérer pour punir les PURs.

Pour faire sortir le loup de son terrier, il faut mettre le feu au terrier. Pour mettre le feu au terrier, il faut trouver des sujets inflammables. La condition des Soumis est un de ces sujets.

La Résistance agit comme une justicière... Que ferait Sacha de Lansley, ou même les Iccams, si on faisait peser sur eux soit un drame, soit dilemme qu’ils auraient du mal à refuser au risque de faire tuer des milliers de Soumis ? Je m’explique.

Antarès a promis qu’il libèrerait tous les Soumis sauf ceux des PURs. La chose a été faite. Il essaye désormais de montrer un visage positif et de gagner la confiance des populations en prouvant qu’il sait tenir ses promesses. Il ne fera donc rien contre les Soumis non libérés au risque de revenir sur sa déclaration du 21 juin dernier. Par contre, que se passerait-il si quelqu’un dans l’Opposition menaçait la vie de tous ces Soumis à la place d’Antarès ? Un piège, bien entendu. Il est hors de question de porter atteinte à la vie d’une personne mais tant que la Résistance le pense, c’est tout ce qui compte.

Il suffit d’utiliser la méthode Antarienne : si Sacha de Lansley et les Iccams se rendent, nous ne tueront pas les milliers de Soumis encore prisonniers des PURs, s’ils ne se rendent pas, nous donnerons l’ordre à chaque Opposant ayant un Soumis de l’accompagner dans la Forêt d’Etat de je ne sais où, où ils seront à la merci des lycans.

Et pour appuyer cette déclaration, j’accepte d’être l’appât. Je ferai un appel aux trois fugitifs pour leur parler de la condition des Soumis et leur demander de se rendre pour sauver les Soumis. Ils n’écoutent plus l’Opposition... l’Opposition est un ennemi. Mais ils nous écouteront peut-être plus, nous, les dommages collatéraux de votre stupide guerre. Pas de référendum, juste une question posée à la Résistance pour les forcer à se plier et à éviter un massacre.

Pour que cela fonctionne et comme j’ai pu constater que vous n’aviez pas beaucoup de soutien au sein des gradés de l’Opposition mise à part Bruno, je vous suggère de ne pas parler de cette idée à qui que ce soit mais de veiller à ce qu’Antarès respecte sa parole si Sacha et les Iccams devaient se rendre.

Je sais que ce plan a des failles mais je compte sur vous pour les combler... Je vous échange la libération de milliers de Soumis contre les trois fugitifs.


Je laissai un silence remplir la pièce. J’attendais une réaction de Shawn pour discuter des détails de ce plan. Il était risqué mais si nous en contrôlions à deux tous les aléas, il pouvait aussi se montrer efficace.

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MessageSujet: Re: L'Echange   Lun 3 Jan 2011 - 21:45

Shawn écoutait attentivement et ne cherchait pas à interrompre le conservateur. A mesure qu’il parlait plusieurs réflexions firent leurs offices et Shawn était en ébullition. Son cerveau fonctionnait à plein régime et il avait de nouveau repris le goût de la quête. Ce qu’Ulysse proposait était une base intéressante mais dangereuse.

Tout d’abord, personne ne savait si Antarès respecterait sa parole. Foutre le bordel dans les pays de la Résistance était encore le seul moyen qu’il avait pour faire pression et les forcer à trahir les Iccams et l’Amiral. Depuis maintenant cinq mois, Shawn avait vu à quel point les réseaux Résistants portaient bien leur nom. Ca, pour être Résistants, ils l’étaient ! Obtenir des passe-droits et des informations étaient presque aussi difficile que d’obtenir le numéro de Julia Roberts. Malgré l’embargo commercial sur ces pays, ils tenaient tous plutôt bien et n’en ressortaient que plus forts.

Ensuite, utiliser un appât pour attirer l’Amiral et les Iccams grâce à une annonce n’était pas une chose évidente. Rien ne garantissait qu’Antarès ou Bruno ne se mettent à penser que Shawn voulait les coiffer au poteau en prenant une telle initiative. De plus, s’exposer publiquement au regard du monde, non, il ne voulait pas. Que ferait-on à sa famille en guise de représailles ? Pour rien au monde il ne voulait se retrouver dans la situation de Sacha. Tant que seule sa vie était en jeu, il n’avait peur de rien, mais si Veronica le voyait clamer à la télévision qu’il allait exterminer tous les Soumis elle allait faire une crise cardiaque.

Pourtant, l’idée d’Ulysse était tentante. Shawn ne se sentait pas particulièrement affecté par la condition des Soumis bien que la pratique ne lui inspirait rien de très moral. Il avait lui-même refusé par trois fois qu’on lui en assigne un. Quelle horreur d’avoir tout le temps quelqu’un dans les pattes. Déjà qu’il devait se cogner une co-équipière... Non. Il faudrait vraiment que ça soit une question de survie ou qu’on lui fasse un chantage à la mort pour accepter d’en avoir un. Si Ulysse était motivé par la libération des Soumis, ça ne lui semblait pas une mauvaise chose. Ca le ferait même beaucoup rire de voir la tête de Bruno quand il annoncerait : « Soumis, nous vous libérerons tous si les trois fugitifs se rendent d’eux-mêmes. »

Il allait y avoir du Shaula qui verrait cette libération d’un très mauvais œil. Tous s’étaient habitués à la pratique ; leur retrier leur Soumis serait un peu comme obliger un gamin a arrêter la tétine. Shawn entendait les cris et larmes d’ici.

Est-ce que ces trois personnes étaient plus importantes pour Antarès que la domination des siens sur les insoumis ?

Shawn soupira à la fin de l’explication d’Ulysse. Il lui parla en un premier temps des contraintes. Les principales étaient l’incertitude qu’Antarès accepte de laisser plus cent mille personnes retourner à la Résistance et l’autre était la pression que les Shaulas et les Opposants possédant un Soumis mettraient à Antarès pour qu’il refuse :

« — Si je le mets dans une position où il doit réfréner les contestations des Opposants et des Résistants à la fois, je vais me faire couper en morceaux. Mais en effet, l’idée mériterait peut-être d’être fouillée. Il faut déterminer ce qui est le plus cher à Antarès pour que ça fonctionne. Les Soumis, l’Amiral ou la capture des Iccams ? En relâchant les Soumis, vous avez conscience qu’Antarès renforcera le réseau Résistant : même si Sacha se rend, un autre Amiral verra le jour et les insoumis n’en seront que plus actifs. Ils chercheront à récupérer leur chef et seront prêts à tout pour se venger de cet odieux chantage. S’il prend les Iccams, ça sera la même chose... même s’il les supprime, Rosà et Umbrès - en admettant qu’ils ont les pouvoirs qu’on raconte - n’hésiteront pas à fournir deux nouveaux Iccams. La guerre sera sans fin. Et si les trois fugitifs ne se rendent pas, comment réagirez-vous lorsqu’on commencera à emmener les Soumis dans les Forêts d’Etat par votre faute ?

Shawn se jeta en arrière dans le canapé et sourit :

— Ce n’est pas aussi simple. Tout le monde a quelque chose à perdre... et personne ne lâchera son morceau. J’ai peur que la libération des Soumis doive attendre encore un peu. Par contre, vous venez de me donner une bien bonne idée. Il suffirait du sacrifice d’un seul innocent pour amener au moins Sacha à se rendre. J’avais d’abord pensé à sa femme mais Kenston bloque. Son fils est introuvable et ses proches doivent être tous Résistants. Ils préfèreraient crever que de le trahir. Mais en mettant la vie d’un innocent en jeu... un seul. Une seule personne...

Shawn réfléchissait et paramétrait son idée tout en la divulguant à Ulysse. Ses yeux se rabattirent tout à coup sur Ulysse et il n’eut pas la force de retenir son rictus :

— Sacrifiez-vous, dit-il soudain, avec une lueur maligne dans l’œil. A mon tour de m’expliquer...

Il se leva et commença à faire les cent pas, surexcité par son idée et mimant les gros titres des journaux avec ses mains, dans des gestes théâtraux :

— Journal du lundi. Gros titre : « Un Soumis capturé par Shawn Page. Ulysse Denali, conservateur du petit musée de la magie expliquée aux moldus a été enlevé dans la nuit. Ce matin, le bureau des Auror recevait un doigt humain dans un colis accompagné d’un mot « Chaque heure qui passera, nous vous enverrons le reste de monsieur Denali par hibou. Doigt par doigt. Un à chaque heure qui passe et durant laquelle l’Amiral et les Iccams ne se seront pas rendus. L’Amiral et les Iccams sont attendus dans les plus brefs délais à tel endroit. Quand nous en aurons terminé avec les morceaux de monsieur Denali et s'ils ne se sont pas rendus, chaque Opposant enverra au Ministère, doigts après doigts, leurs Soumis par la poste. Pour éviter cette boucherie, prenez très vite une décision. »

S’ils se rendent, je vous promets sur mon honneur de libérer tous les Soumis, et cela même si je dois en mourir. Ma parole ne doit rien vous dire mais les sorciers peuvent pratiquer ce qu’on appelle un serment inviolable. Une promesse qu’on ne peut pas trahir sauf au péril de sa vie.

Je ne suis pas suicidaire. Je tiendrai parole mais il faudra plus qu’une annonce télévisée pour convaincre l’Amiral », termina Shawn en braquant ses yeux sur la main d’Ulysse.

« — Alors, monsieur Denali ? A quel point voulez-vous libérez les Soumis ? Sachez juste une chose : si je n’attrape pas les trois fugitifs avant la fin du mois de janvier, Antarès me tue et mon amie avec. Ce sont les termes négociés en échange de tout le potentiel à la disposition de l’Opposition pour m’aider à cette mission. D’autre part, je ne suis pas motivé par la récompense... et je pourrais plus probablement négocier celle-ci en échange de la libération des Soumis. Mais il me faudra un vrai levier... c'est-à-dire les trois d’un coup. Qu’en dites-vous ? Prenez-vous le risque ? »

En vérité Shawn testait Ulysse. Il s’amusait et ne savait pas vraiment s’il serait lui-même capable d’aller jusqu’au bout de son plan. Une chose était particulièrement mal vue dans l’Opposition : utiliser le Soumis d’un autre Opposant à ses propres fins. Oserait-il toucher un cheveu ou un doigt d’Ulysse ? Il ne le savait pas encore. Mais la réaction d’Ulysse lui donnerait sans doute une indication sur ce qu’il pouvait envisager.





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MessageSujet: Re: L'Echange   Mer 12 Jan 2011 - 23:10

Est-ce que la libération des Soumis valaient un doigt? Mon doigt. Tous. Cinq? Juste deux? Je ne savais pas. A froid, l'idée m'écœurait. J'avais replié ma main aussitôt que le regard de Shawn s'y était attardé. Rien que son regard sur ma main me faisait mal. Comment pourrais-je sérieusement penser à ce sacrifice? Pourtant, un simple index, même un auriculaire, pour la libération de millier de personnes ce n'est pas grand-chose. Si on avait pu résoudre les conflits du 20ème siècle en s'arrachant les doigts, nous n'en serions peut-être pas là aujourd'hui. Pourtant (loin de moi l'envie de décharger mon sentiment de culpabilité), je crois que ça n'aurait rien résolu. "Monsieur Bush, coupez-vous un doigt et nous résoudrons le problème en Afghanistan." L'homme d'état l'aurait-il fait? Je ne pense pas. Les guerres et les conflits se gagnent à l'intelligence et à la stratégie. Pas au sacrifice... Les sacrifices ont donné les guerres de religion.

Il m'a l'air d'un garçon intelligent mais complètement effronté. Je ne m'étonne pas d'en avoir autant entendu à son sujet. L'arrogance du personnage a dû en mettre plus que je ne le pense en déroute.

Son idée me fait froid dans le dos et je suis incapable de discerner s'il se moque de moi ou s'il est sérieux. Son regard brun me toise sans politesse. J'en viens à me dire que j'ai eu une très mauvaise idée. Je veux jouer aux héros sans avoir la trempe des héros. Mes doigts resteront où ils sont.

Je souris à moi-même et mes épaules s'affaissent un peu. Je capitule.

■ Avant de vous rencontrer, j'étais motivé. Vous m'avez retiré toute envie de me battre. Ce sont les gens comme vous qui empêchent les gens comme moi d'essayer d'apporter leur pierre à l'édifice et de faire le bien. Vous êtes tout simplement démoralisant.

Je me lève comme il l'a fait un peu plus tôt. C'est très difficile de rester assis. J'ai envie de lui dire de couper ma main dès maintenant. Je revois les visages tristes, je repense à la moralité d'empêcher toutes ces personnes d'être et de faire ce qu'elles veulent... est-ce qu'un auriculaire est si précieux.

Mes questions s'affrontent les unes après les autres. Je ne sais pas si je peux faire confiance à cet écorché vif. Il me dit qu'une épée de Damoclès est au-dessus de lui comme s'il me demandait l'heure qu'il est. C'est un suicidaire qui n'agit que pour l'épouvante. Si ce qu'il dit est vrai, se soucie-t-il vraiment de son amie?

Je n'ai plus aucune certitude. La détermination qui avait animée mon plan vient de se prendre une sacrée claque. Il a l'air si sûr de lui, me dis-je en le dévisageant gravement.

Je déteste les héros. Je vais le regretter...
Mais une seule fois dans ma vie, pourrais-je faire ou aider à faire quelque chose de bien qui ne soit pas seulement bénéfique à mes propres besoins.

■ Admettons, lui dis-je énervé et anxieux. Admettons que je suive votre plan. Je veux une garantie réelle que vous négocierez votre récompense contre la libération des Soumis que cela fasse ou non plaisir à Antarès et aux Shaulas. Dès que j'aurais cette garantie, je vous... je marque un moment d'hésitation. Ce que je fais est grave. J'implique des centaines de personnes qui n'ont rien à voir dans tout ça. Je me demande si mes propres idéaux ont le droit de juger que la vie de trois personnes et une main démise de ses fonctions motrice vaut moins que celle de milliers de personne. Je ne suis personne pour décider de ça et pourtant mon cœur me le dicte.

■ Je vous dirai où trouver Sacha le 25 décembre. Ca sera un bon début.

C'était ma dernière cartouche et j'ai tiré en aveugle. Je ne sais pas comment Shawn va prendre cette information. Pour acquérir ce renseignement, j'ai trahi Elliot... je ne savais pas encore que j'utiliserai tout ça contre ses amis. C'est l'histoire d'un parchemin qui traîne dans la poche d'un manteau. Une invitation signé Kephren pour qu'il se rende à une soirée regroupant uniquement des membres de la Résistance. Il était invité à y donner un petit concert privé avec ses amis. Tout cela devait rester secret. Elle s'excusait de le mettre dans cette position et ne souhaitait pas qu'il croit qu'elle le prenait par les sentiments mais il y aurait ses amis d'école et son premier producteur, disait-elle. Après quelques recherches, il m'a été facile de faire des recoupements. Sacha avait produit le premier film d'Elliot grâce à son héritage numéraire. J'ai remis à sa place la lettre qui avait glissée du blouson d'Elliot. Il était seulement venu prendre des nouvelles de Jezabel...
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MessageSujet: Re: L'Echange   Dim 23 Jan 2011 - 18:03

Shawn ne s’était pas attendu à ce qu’Ulysse puisse envisager de séparer d’un ou de plusieurs doigts pour le bien d’autrui. Le Dschubba dût faire un effort surhumain pour camoufler l’appel de son corps vers celui d’Ulysse. C’était une réaction instinctive qu’il avait déguisé en simple clignement de paupières. Pourtant, il se serait bien vu lui sauter dans les bras et l’étreindre comme un frère. Enfin, Shawn venait de rencontrer une personne qui était capable de jauger ce qu’il y avait à perdre ou à gagner en faisant des sacrifices. Ca ne voulait pas dire que Shawn était sérieux et qu’il accepterait ce sacrifice. Parfois il n’y avait nul besoin de tout ça pour arriver à s’en tirer à bon compte. Cependant, savoir que d’autres que lui étaient motivés dans des buts idéologistes qui n’avaient nullement l’envergure de devenir maître du monde mais de faire de ce monde un monde meilleur était rassurant. Il se sentit soudain moins seul. Ulysse avait l’air plus mature et pondéré que lui. Moins sujet aux débordements... il se prit à songer qu’ils feraient un bon binôme. Meilleur en tout cas que celui qu’il formait jusqu’à présent avec Allanah.

Quoiqu’il en pense et aussi grande fut sa joie en entendant la réponse d’Ulysse et la préciosité de l’information qu’il détenait, Shawn fit un effort pour rester pragmatique et calme.

Il ne s’était encore jamais penché sur le cas des Soumis avec sérieux mais leur condition commençait à prendre une dimension qu’elle n’avait jamais eu encore à ses yeux jusqu’ici. Ulysse était un homme brave, intelligent et qui avait l’air saint d’esprit. Cet homme avait été assujetti. Il avait l’air de bien s’en tirer mais combien d’autre Ulysse l’Opposition avait-elle tué, sacrifié ou torturé pour des raisons qu’il était impossible de percer à jour ? Ulysse avait une valeur et d’autres, même s’ils n’étaient pas des Ulysse en puissance, avaient été enlevé à leur famille et à leur croyance pour suivre uen cause qui n’était probablement pas la leur.

En réfléchissant même un peu plus loin, Shawn entrevit une manière de voler à la Résistance son cheval de bataille. Si lui, Opposant, parvenait à faire libérer les Soumis, que défendrait donc la Résistance à part la possession du Calice ? Le monde était en progression constante et la Résistance passait pour des vieux conservateurs. Le seul réel bémol qu’on pouvait désormais opposer à Antarès était son refus de libérer les Soumis des pays Résistants.

Cette idée amenait sous un jour nouveau le combat de Shawn et la proposition d’Ulysse.

Le Dschubba se leva et tendit sa main à Ulysse pour celer leur échange.

« — Je vous promets de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour libérer les derniers Soumis. Pour vous libérer aussi Ulysse. Simplifions notre échange. Quelle que soit la manière dont vous avez obtenue cette information, j’imagine que vous êtes apte à m’en donner d’autres du même acabit.

Shawn s’approcha de son interlocuteur d’un autre pas pour se trouver au plus proche de lui et avoir son regard dans le sien.

— Je libère les Soumis. Sans votre aide. Gardez donc vos doigts, dit-il en regardant sa main avec un sourire en coin, je saurais me débrouiller. Je viens d’avoir une idée... Mais je vous échange la certitude de la libération de ces personnes contre d’autres informations de ce style. Je veux savoir où sera Sacha le 25 décembre. Mais je veux aussi savoir où il était avant et où il sera après. Je veux que vous soyez mon messager pour lui transmettre l’heure et le lieu d’un rendez-vous. Je veux le voir seul, sans la presse, sans la télévision, sans armée, sans sa femme ou nos camps respectifs. Si vous parvenez à me donner une réponse claire sous forme de rendez-vous – son lieu sera le mien – et après quoi, j’irai moi-même proposer à Antarès ou à Bruno de libérer les Soumis. Et ce pour toute rémunération de la capture de l’Amiral. »

Shawn lâcha d’Ulysse. Cet échange de bon procédé dépendait de la finesse psychologique et de la stratégie de chacun d’eux.

Pour clore leur échange, Shawn se décontracta subitement et repris ses souliers d’étudiants :

« — Vous me montrez ces toiles du 14 juillet ? »





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