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 Pyrrhonisme

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Gary Adams
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MessageSujet: Re: Pyrrhonisme   Mer 13 Avr 2011 - 1:57

- Vous présumez bien mieux que vous ne savez être à l’heure. C’est désolant pour une actrice, rétorqua Gary en jetant son mégot avec un visage railleur et passablement hermétique à l’air renfrogné que la jeune actrice affichait. Vous jouerez les divas du plateau quand vous battrez toutes les autres minettes à plates coutures ou quand vous toucherez les cachets des Bizzarr Sisters.

Elle était passée par Knighstbridge. Et pourquoi pas par l’Ecosse pendant qu’elle y était? Alors qu’elle continuait de se plaindre sans avoir l’air d’y toucher, il lui avait décerné un petit lever de sourcil incrédule en se tournant direction le studio pour la conduire à l’intérieur. La vessie de madame joua son propre concerto. Charlotte fit un détour par la case petit coin en lui mettant ses classeurs et son book dans les mains. Gary le feuilleta en se rendant à la table de l’équipe de tournage. Il prit place en bout de table, à côté de son ex.

- Elle est arrivée ta perle rare? lui chuchota Vanessa en souriant.

Gary haussa les épaules pour rester vague et mystérieux. Devant eux, une femme qui devait peser dans les 500t et qui suait comme un cachalot privé d’eau répondait aux traditionnelles questions de Taylor Reagan.


Il ne fallut guère plus d’un regard à Gary ou d’une intonation dans la voix de Taylor pour savoir que le cachalot qui sue ne serait jamais retenue.

- C’est une perte de temps, dit-il à haute voix en accentuant son ennui d’un bâillement mal élevé.

La femme cachalot le fusilla du regard avant de pivoter ses prunelles vertes - qu’elle avait d’ailleurs particulièrement jolies, ce qui constituait à peu près son seul atout - en direction de Taylor pour attendre son verdict censeur. L’avis de l’importun qui avait interrompu son monologue triste et chiant comme un Discours sur la Méthode était-il partagé par les autres jurés du casting? A vrai dire, oui. Carrément partagé mais personne n’était assez honnête pour le dire d'emblée. Tous voulaient ménager ces femmes au ventre plein de futurs emmerdements. De la gauche de Gary en bout de table, jusqu’au bout de la table sur tréteau à l'extrême gauche : habituée aux manières rustres de Gary, Vanessa avait laissé échapper un petit gloussement malgré elle. Sa répartie nonchalante lui avait décidément manqué. Avec lui, au moins, les castings étaient moins classiques. Taylor, plus professionnelle, s’était contentée d’un soupir de lassitude. Les farces de Gary ne la faisaient plus rire depuis longtemps mais elle aimait tellement le personnage qu’elle acceptait son tempérament incorrigible. Le réalisateur avait rougi, embêté. Il n’aurait pas voulu que le manque de vergogne, d’engouement et l'excès d'antipathie de Gary pontifie définitivement sur la réputation des gens du métier.

Pour aller plus loin dans sa provocation et saborder le travail de Taylor, Gary finit par poser son front sur ses deux mains jointes sur la table :

- Taylor, je pionce. Réveille-moi quand Charlotte de Lansley sera arrivée. Elle pisse pour l’instant...

Gary s’interrompit et se releva subitement comme s’il avait été frappé par une pensée de la plus grande importance. Il interrogea la jeune femme stupéfaite qui était restée debout, raide comme un bâton :

- Au fait, quand une femme enceinte va aux toilettes, ça prend plus de temps qu’une femme ordinaire ? Parce que déjà que c’est ordinairement long, là...
- Gary, la ferme, le coupa Taylor pour faire taire les gloussements de Vanessa et le soliloque sur les pipis.

L’agent sourit d’un sourire triomphateur avant de reposer son front sur le dos de ses mains superposées.

- Je me tais, je me tais, Taylor...

- Merci mademoiselle Chakademus...
- Sérieux? releva-t-il la tête abasourdi. C’est son nom?
- Gary!

Vanessa riait aux larmes et le réalisateur s’enfonça dans son siège avec un air de plus en plus désemparé. Gary reposa son front sur ses mains, comme un enfant qui s’ennuie.

Après six passages supplémentaires, il avait relevé le visage et s’était mis à feuilleter le book de Charlotte. Pour s’occuper pendant que la brochette de femmes enceintes passait, il se mit à trier le book de sa future recrue. Il retira toutes les photos trop vieilles pour figurer dans le livre et secoua nerveusement la tête quand une photo était particulièrement mal choisie. Il fourra le petit de déchets dans sa poche intérieur. Il ne restait plus que deux photos et son CV dans le book.

- C’est pas possible d’avoir des goûts de bouse comme ça! S’énerva-t-il tout seul dans son coin en finissant de trier le book.

Il se voyait tout reprendre avec elle. Comme s'il était au au milieu d'une discussion de café et tout en continuant de faire fi d'une autre jeune femme qui était en train de répondre aux questions de Taylor, Gary entonna à sa voisine :

- Si tu la retiens, Vaness, ce que je sais que tu feras sinon ça voudrait dire que Taylor et toi avez des goûts aussi bouseux que la personne qui a fait ce book, je l’accompagne aux Etats-Unis pour la former... c’est une herbe folle. Elle fait n’importe quoi. Mais elle a du talent. Je vous le promets.
- Gary, soupira Taylor en faisant sortir la femme enceinte qui avait pâli en écoutant l’agent, tu veux bien te taire deux minutes et te concentrer sur les filles?
- Non, je ne peux pas... C’est une perte de temps. Laisse-moi aller la chercher, Taylor. S’il te plaît.

Gary offrit à Taylor son visage le plus faussement désespéré. Il avait un certain talent pour l’exagération et le drame. Taylor n’était pas dupe mais elle n’aimait pas que Gary prenne les choses en main. Pour se débarrasser peut-être un peu plus vite de la corvée du casting, elle accepta que Gary aille chercher sa nouvelle recrue.

Il sauta sur place pour fêter sa demi-victoire sans modestie.
Sous le regard de Vanessa qui le couvait des yeux depuis le début, Gary passa le rideau noir qui séparait les membres du casting des comédiennes et modèles et alla trouver Charlotte qu’il avait plantée (ou qui l’avait planté) à l’entrée du studio. L’un et l’autre était trop fier pour s’attendre encore plus longtemps. C’était ainsi que madame de Lansley n’avait pas trouvé l’agent à sa sortie des toilettes. Une façon pour lui de ne pas laisser à la jeune femme croire qu’elle pouvait lui parler n’importe comment ou monter sur ses grands chevaux comme s’il était un prof sadique et elle une cancre quelconque en pleine tentative de rébellion immature.

- Taylor Reagan voudrait vous voir, mentit-il pour gonfler l’orgueil et l’assurance de Charlotte, tout en lui tendant son bras à la manière d’un cavalier. Une façon de remettre les compteurs à zéro et de se faire pardonner. Sa voix n’était ni railleuse, ni prétentieuse, ni impolie. A peine contente.

Ils traversèrent le grand studio vers le côté casting sous les yeux interrogateurs des autres filles qui restaient par dizaines agglutinées sur les canapés. Gary ne prêta aucune attention aux mirettes qui les martelaient de toute part.

En chemin, il n’avait que quelques secondes pour préparer Charlotte. Il était très sérieux. Gary était toujours sérieux quand il mettait sa réputation en jeu. Il parla bas et vite :

- Quoi qu’il arrive, répondez sincèrement aux deux femmes. Quand vous entrez, saluez-les poliment puis saluez l’homme en dernier avec un sourire distant au début comme à la fin du casting. Pendant l’entretien, au moment de répondre, ne regardez que la personne qui vous parle. Fixez-la du regard sans agressivité mais avec assurance. Vous devez les séduire. Elles, les femmes. C’est un casting pub. Votre cible pour la publicité sera la femme enceinte. Alors celles qui se trouvent derrière le rideau, ne les quittez pas du regard. Imaginez qu'elles sont vos employeuses mais aussi des femmes qui ont été enceintes. Pas de regard dans le vide, pas de regard fuyant, pas de "heuuu", pas de sourire ou de lueur qui trahit une double pensée. Con-cen-trée du début à la fin. N'oubliez pas que même si vous êtes enceinte, vous devez donner l’impression que tout est possible, beau et facile... Même quand on a le ventre gros comme le Titanic, envie de pisser toutes les dix minutes, qu’on se sent parfois aussi sexy qu’un chou de Bruxelles, qu’on a envie de bouffer trois sangliers en club sandwich dès le petit déjeuner et que des connards ne nous laissent même pas monter avant dans le taxi... f-a-c-i-l-e et souriante. Taylor, je te présente Charlotte de Lansley. Tu peux virer tes autres cachalots. Mon cachalot est plus sexy que les vôtres.

Ca n’y ressemblait pas mais c’était une sorte de compliment à la Gary pour Charlotte. L’agent avait enchaîné ses derniers conseils alors qu’il relevait le rideau d’un coup de baguette pour laisser Charlotte devant la table. Il gagna sa chaise et la laissa faire. Il était sûr de son coup.

Dans le pire des cas, je m’envoie Taylor à la troisième mi-temps.




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Charlotte de Lansley
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MessageSujet: Re: Pyrrhonisme   Mer 13 Avr 2011 - 21:59

~† Un peu assommée par tous les conseils de dernière minute que venait de lui prodiguer Gary, quand le rideau s'était levé, elle avait retiré son bras du sien et le premier réflexe qui lui était venu était d'apposer un mince sourire avenant sur ses lèvres. C'était tout ce qu'elle avait retenu de ce qu'il venait de lui dire : sourire et être sincère. Le reste lui était entré dans la tête de manière un peu trop brutale et agressive et ses pensées se mélangeaient et tourbillonnaient à une vitesse folle dans son esprit embrouillé. Ce n'était pas qu'elle était troll, mais elle aimait prendre son temps et réfléchir. Digérer ce qu'on lui disait et laisser les conseils mariner un peu pour pouvoir ensuite les appliquer à sa manière. Elle n'était pas un robot. D'autant plus qu'elle n'avait pratiquement jamais participé à un casting. Pour le premier film d'Eric, elle avait été recrutée par hasard et pour le deuxième, eh bien elle connaissait très bien Eric. Pour le film de Bertrand, c'était lui qui l'avait contactée et elle avait juste eu à passer une audition. Quand aux bijoux Miracle, elle avait rencontré le directeur publicité de la marque par hasard lors d'une soirée mondaine et les choses s'étaient déroulées de manière très facile. Elle l'avouait sans honte, jusqu'ici elle avait eu beaucoup de chance dans ses contrats. Aujourd'hui, c'était différent, elle devait faire ses preuves. Peut-être, mais elle n'était pas vraiment stressée parce qu'elle n'avait rien demandé... C'était Gary qui voulait la présenter pour ce casting, pas elle qui voulait absolument décrocher le contrat. Sur ce point-là, elle pensait avoir un avantage inestimable sur toutes ces autres futures mères qui l'avaient dévisagée quand Gary était venu la chercher. Pas de stress car elle ne s'attendait à rien. Si elle réussissait tant mieux, si elle ne signait pas, ce n'était pas grave. †~

" Bonjour. "

~† Le visage assez détendu et le regard décomplexé, elle détacha ses yeux de Gary qui venait de s'asseoir pour le promener sur chaque autre personne assise à cette table et les saluer un par un. Pas un sourire charmeur qui annonçait clairement qu'elle voulait tous les séduire. Pas un sourire goguenard de la fille blasée par les castings qui connaissait les ficelles du métier. Pas un sourire franc de la meilleure copine en devenir. Pas non un plus sourire railleur comme elle en avait l'habitude. Juste un sourire sincère et poli parce que la soudaine excitation lui avait fait retrouver sa bonne humeur. Elle avait vidé son esprit et ne pensait à rien d'autre qu'à faire de son mieux en étant fidèle à elle-même. Une femme assez âgée et que Charlotte jugea désespérément maigre, surtout comparé à son corps arrondi par la grossesse, prit la parole et lui posa une première question. La jeune brune songea que ce devait être la directrice de casting, la fameuse Taylor Regan. †~

- Très bien mademoiselle...
" C'est "madame". "
- ... Madame de Lansley, nous allons commencer. Je vais vous poser quelques questions. Avez-vous actuellement un agent ?

~† En voilà une question qu'elle était bonne. Avait-elle un agent ? Elle hésita à jeter un œil à Gary qui devait la maudire d'avoir repris sa si importante directrice pour juste un titre. Même si elle s'était trouvée devant Merlin en personne et qu'il l'avait appelée "mademoiselle", elle l'aurait corrigé. Il y avait des choses, comme ça, sur lesquelles elle n'était pas prêtes à faire de concession. D'autant plus qu'elle avait fait un effort, pour une fois elle n'avait pas été rustre ni sèche dans son ton de voix. Juste franche et sincère. C'était lui qui le lui avait demandé... Cela ne répondait toutefois pas à la question. Avait-elle un agent ? Ce Gary Adams avait l'air d'être au moins aussi emmerdeur qu'elle. Elle n'avait rien signé qu'il lui faisait déjà passer un casting. Elle ne le connaissait pas mais pouvait déjà juger que ses méthodes étaient atypiques. Il y allait au culot et même si elle en faisait les frais, une partie d'elle ne pouvait s'empêcher d'en être amusée. Plus important, il avait l'air de savoir ce qu'il faisait, de bien s'y connaître et d'être bon dans son métier. Les quelques conseils qu'il lui avait donnés juste avant de la présenter avaient suffi à la convaincre. Alors, avait-elle un agent ? La réflexion ne lui avait pris que quelques secondes, tandis que son sourire s'étendait à ses yeux. †~

" Je suppose que oui. "

~† L'espace d'un instant, les regards se tournèrent vers Gary. Elle n'imaginait même pas le cirque qu'il avait fait pour la faire passer avant les autres filles qui attendaient. †~

- Très bien ! Quel est le dernier projet sur lequel vous avez travaillé?
" J'ai joué dans un film en 2011 pour un réalisateur français, Bertrand Nesriac. La même année, j'ai été l'ambassadrice de la nouvelle collection du bijoutier sorcier Miracle. J'aurais dû commencer un nouveau tournage cet été pour Eric Marvendall mais il a été reporté. "
- Pour quelles raisons ?
" D'abord à cause des dérèglements climatiques. Puis suite à l'annonce de ma grossesse. Le projet est toujours d'actualité, il est juste en suspens. "
- Jusqu'à ce que vous accouchiez ?
" Exactement. "
- D'accord. Madame de Lansley, connaissez-vous la marque de Vanessa Heaven ?
" Oui, bien sûr. J'ai même déjà acheté quelques vêtements pour moi. Ce n'est pas évident d'en trouver de jolis quand on a le ventre arrondi. Ceux-ci sont très frais et m'ont permis de rester sophistiquée et de me sentir belle malgré le bébé. "
- Vous vous sentez laide ?
" Non. Mais la plupart des habits pour femmes enceintes ne sont pas très chics et sont informes. Les vêtements Heaven sont pratiques et permettent de rester à la mode. Je me suis trouvée à l'aise par rapport à mon bébé et ça ne m'a pas empêché de me trouver séduisante. "

~† Elle n'était pas en train de mentir, de feindre ou de faire lèche-bottisme. Si la femme à laquelle elle parlait depuis tout à l'heure était effectivement Taylor Regan, Charlotte ne doutait pas que l'autre femme assise à la table était Vanessa Heaven. Si elle n'avait pas été observatrice elle n'en aurait jamais rien su, mais la jolie rousse ne parvenait pas à cacher une certaine fierté suite aux phrases que Charlotte employait. Et elle aurait eu tord de s'en priver, Charlotte pensait chacun des mots qu'elle disait concernant les vêtements de cette marque. †~

- Je vois que nous avons affaire à une cliente. Justement, quelle image pensez-vous que la marque devrait diffuser pour séduire les cibles marketing?
" Je crois qu'Heaven a déjà une bonne réputation, je pense qu'elle devrait continuer sur cette voie. Miser sur le côté "nouveauté" et "fraîcheur". Ce n'est pas parce qu'une femme est enceinte qu'elle se sent moins féminine. Au contraire. Le corps change et grossit pour accueillir le bébé, et on a envie de se prouver qu'on peut rester jolie et sexy. Je ne me suis pas encore penchée sur la collection pour les nouveaux nés mais je pense la même chose. Un bébé est un cadeau magnifique, pourquoi se priver de l'habiller avec des vêtements mignons adaptés à ses besoins ? Ce n'est pas parce qu'on devient mère qu'on est moins femme. "
- Madame de Lansley, êtes-vous gênée par la nudité ?

~† Ce n'était pas Taylor Regan qui venait de lui poser cette question mais bien Vanessa Heaven, enfin elle pensait. Sans sourciller, elle se tourna vers elle et prit le temps de la réflexion pour répondre à cette question. †~

" Je n'ai jamais posé ni joué nue. "
' Mais je sais que Sacha détesterait. '
" Je pense néanmoins que la nudité peut être artistique et ne rime pas forcément avec "tout montrer". "

~† Elle ne savait pas vraiment quoi en penser. S'imaginer poser nue était autre chose que si on le lui demandait vraiment. Se montrer totalement déshabillée devant une caméra impliquait dévoiler certaines choses qu'elle préférait garder secrètes et intimes. Mais quel meilleur moment pour le faire que quand elle portait leur enfant ? †~

- Comment vous sentez-vous dans votre corps ?
" Bien. Épanouie. Forcément un peu déséquilibrée mais j'aime me dire que c'est mon enfant qui grandit là-dedans. "

~† Charlotte gardait un visage aimable et serein. Suite aux réponses qu'elle venait de donner, Vanessa se tourna quelques instants vers Taylor, puis l'homme dont elle n'avait toujours pas deviné l'identité, et enfin Gary. Charlotte ne savait pas juger ce que voulait dire ce regard mais elle avait l'impression que l'entretien était bientôt terminé. Taylor reprit. †~

- A combien de mois êtes-vous et quand l'accouchement est-il prévu?
" Pratiquement sept mois. Le bébé devrait arriver vers mi-mars. "
- Avez-vous passé la visite médicale?

~† Quelle visite médicale ? Perplexe, la jeune anglaise ne put s'empêcher de se tourner vers Gary tout en répondant, masquant sa surprise et une moue dubitative qui ne demandait qu'à être affichée sur son visage. †~

" Non, je suis arrivée il n'y a pas très longtemps. S'il faut passer une visite médicale je la passerais, mais il n'y aura pas de problèmes, je suis bien suivie. "

~† Et pour cause. Elle passait par un médicomage de la Résistance pour que Sacha puisse être présent sans risquer d'être dénoncé. Et d'ici quelques jours, elle serait suivie par un médicomage de l'Opposition à New-York. Elle et son bébé allaient très bien, il n'y avait pas de doute là-dessus... Malgré tout, elle eut subitement un léger scrupule. Et si elle signait le contrat ? Comment ces personnes qu'elle essayait de convaincre réagiraient quand ils apprendraient qu'elle s'était faite attaquée par un vampire et qu'elle partait pour New-York ? Elle n'eut même pas vraiment besoin de se poser la question. Peu importait le contrat, elle partirait. Parce que ses contrats, ses films, ses publicités, tout passait après Sacha et la famille qu'ils essayaient tant bien que mal de construire. Elle verrait bien comment Heaven prendrait les choses le moment venu. Au pire, elle perdait le contrat et ils prenaient une autre fille. †~

- Serez-vous disponible de mi janvier à mi février?
" A priori, oui. "
- Bien. Madame de Lansley, merci.

~† Charlotte sourit une dernière fois et hocha simplement la tête en guise d'au revoir. Elle pensait qu'il était venu le temps des discussions et délibérations sur ce qu'ils avaient entendu et vu. Durant tout l'entretien, elle n'avait pas vraiment aimé se sentir ainsi détaillée du regard, observée sous tous les angles pour savoir si elle passerait bien ou non. Mais cela faisait parti du jeu. Jugeant qu'il était temps pour elle de se retirer, elle se retourna pour se diriger vers le rideau d'où elle était arrivée afin de s'éclipser et les laisser parler. †~
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Gary Adams
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MessageSujet: Re: Pyrrhonisme   Jeu 14 Avr 2011 - 15:40

Taylor se pencha pour épingler Gary du regard. L’agent était assis sur sa chaise, droit comme il ne l’avait jamais été durant tout le début du défilé de prétendantes. Il regardait le rideau qui venait d’être refermé par Charlotte. Ses yeux étaient brillants de fierté. Elle ne s’en était pas trop mal sortie. Elle faisait encore un peu trop « bonne élève » mais il taillerait le diamant brut en véritable machine de guerre. Elle en avait les capacités. Il sentait le regard appuyé de Taylor sur lui mais se délectait de ne pas répondre tout de suite à sa sollicitation muette.

- Un sourire et vous lui donniez Merlin sans confession, dit-il bravache et le sourire en coin avant de tourner très lentement sa tête vers la directrice et Vanessa. José éteignit la petite caméra pour que les délibérations se fassent sans témoin. Lui aussi avait l’air conquis. Pour la première fois depuis le début du casting, il émit une opinion avant Taylor.

- Très jolis traits, très naturelle. Une jolie voix. Sûre d’elle. Je peux vous repasser l’essai... elle est photogénique, son teint est laiteux et parfait. Maquillée et coiffée, elle passera encore mieux.

Vanessa hocha la tête pour partager l’avis de José. Taylor, au milieu, n’avait pas détaché son regard de Gary qu'elle toisait lourdement sans parler.

- Bon, vas-y. Crache ce que tu as à dire, Taylor, s’impatienta-t-il en s’accoudant à la table.

La petite assistante à la réalisation choisit ce moment pour entrer et demander si elle pouvait faire venir la candidate suivante. La pauvre enfant repartit sans obtenir d’autre réponse que quatre regards ostensiblement menaçants. Après un rougissement éperdu, elle chavira, tourna sur elle-même et repartit sans demander son reste.

Dans le studio, on entendit un petit cri de stupeur. La jeune femme venait de s’évanouir. Tout le monde se demandait ce qui se passait derrière le rideau noir et pourquoi le rythme d'appel avait soudainement été freiné.

Du côté des castings, après un long silence, Taylor plissa le coin de sa bouche. Un rictus. Sans adresser de regard à Vanessa, elle interrogea toutefois la créatrice. La question lui était clairement adressée.

- Elle t’a plu?

Vanessa secoua la tête négativement. Gary haussa un sourcil outré. Elle mentait! Il connaissait Vanessa par cœur. Elle avait adoré Charlotte. Taylor sourit satisfaite. José fit une grimace d'incompréhension. Lui aussi pensait avoir partagé le même feeling que ses co-workers. Vanessa reprit:

- Elle ne m’a pas plu, elle m’a conquise. Je veux cette fille. Elle me rappelle mes derniers mois de grossesse. Elle donne envie de tomber enceinte!
- Taylor? Insista Gary qui ne serait satisfait que lorsque la directrice de casting aurait enfin admis qu'il avait eu raison depuis le début.

- Tu me surprendras toujours, Adams, concéda finalement Taylor d’une voix sèche mais amicale. Je ne sais pas où tu les trouves. Tu l’as briefé pour les regards?

Victoire! Gary se leva de sa chaise sans répondre mais garda un indéfinissable sourire aux lèvres. Il referma tranquillement les boutons de sa veste et contourna la table. Un baiser à Vanessa, sur la bouche (sinon ce n’est pas drôle). Un gros câlin à Taylor qui le traita de troll chenapan en lui rendant l’étreinte et une bonne poignée de main à José.

- Je vous laisse finir. Je n’ai plus rien à faire ici...
- Que faisons-nous des trente qui restent?
- Je peux m’en occuper, sourit sardoniquement Gary.

Ca ne présageait rien de bon mais personne n’avait envie de s’en charger. Répondre aux larmes, aux questions désœuvrées et à l’incompréhension des candidates étaient un supplice pour les productions. Gary n’avait pas de scrupules.
- Vas-y mollo, dans ce cas, exigea Vanessa.
- Bien sûr! Pour qui tu me prends! S’offusqua-t-il en passant le rideau.

De loin, il vit Charlotte. Il lui décerna un hochement de tête discret mais positif qui la récompensait. Dans la trajectoire, la jeune Madeline tombée dans les pommes était entourée de deux régisseuses qui lui donnaient des petites tapes sur les joues pour la réveiller. Gary s’avança vers les canapés où s'agglutinait les femmes enceintes. Il eut l'impression d'être devant un parking de montgolfières colorées, penchées sur le côté et alignées à la perfection. Il se posta face à elles en écartant les bras, comme un bon seigneur qui allait s’adresser à ses villageois. Villageoises en l’occurrence.

- Mesdames, nous vous remercions toutes de vous être déplacée mais le choix est fait. Aussi, vous faisons-nous toutes nos excuses pour celles que nous ne verrons pas. Mais pour parer à ce manque de délicatesse, la production remboursera le taxi à chacune d'entre vous et Heaven vous offrira 50£ en bons d’achats!

Depuis le rideau, le cri enragé de protestation de Taylor:

- GARY!!!!!!!!

Les femmes enceintes se regardaient les unes et les autres atterrées. Avant de se faire épingler par la vieille botoxée, Gary se dirigea promptement vers Charlotte dans les bras de laquelle il fourra ses book et classeurs. Il la prit par l’épaule et la dirigea en toute hâte vers la porte du studio:

- On ferait mieux de déguerpir! Suggéra-t-il, tout sourire. Vous avez été brillante. J’avais oublié de vous prévenir de quelques détails. Un. Tous mes conseils, écoutez-les puis oubliez-les. Comme vous avez fait. Il ne faut se préoccuper que de ce qui vous reste naturellement. Le reste viendra plus tard. Deux...

Gary héla le premier taxi d’une file de trois véhicules qui faisaient le pied de grue devant les studios pour ne pas retourner vers Londres à vide.

Il invita Charlotte à monter la première, tout en continuant de lui parler.

- Deux, donc. Il s’agit de quatre publicités et d’une campagne d’affichage pour Heaven. Le tout sera shooté à New-York à partir de janvier 2013. Compte tenu de l’avancement de votre grossesse, il faudra que vous vous envoliez le plus tôt possible car dans quelques semaines vous n’aurez plus le droit de prendre l’avion.

- On va où? demanda le taxi.

- Trois. Maintenant vous avez un agent. -- On va à l’ASA. 84 Baker street. Westminster. -- Et quatre... dans l’audiovisuel, on appelle toutes les actrices « mademoiselle » et ce jusqu’à leur mort. C’est un signe de respect. Vous avez de la chance que Taylor ne vous ai pas envoyé bouler. Je crois qu’elle a trouvé cette ignorance touchante.

Toutefois, sur ce coup-là, de Lansley n’avait pas été très fortiche. Face à une tribu de femmes enceintes, aussi jeunes soient-elles, elle aurait dû analyser qu’il y avait forcément une bonne raison pour qu’on l’appelle « mademoiselle » alors que la bonne société désignait toujours une femme enceinte par un courtois « madame », présumant à tord ou à raison que de par son état, la femme enceinte était mariée, en couple, concubine mais, quoi qu’il en soit, irrémédiablement associée à un « monsieur » qui était la cause de cet état. Si malgré votre ventre rond, on vous appelle quand même « mademoiselle », c’est qu’il y a une bonne raison.

- Maintenant vous le savez.

Dans le taxi, Gary cessa de discuter pour se replier dans ses pensées après avoir expliqué très rapidement à Charlotte ce qui allait suivre si elle était d’accord: signer le contrat qui faisait de lui son agent avant toute chose. Lui expliquer ce qu’avoir un agent lui apporterait dans sa carrière. Répondre à ses questions éventuelles. Attendre l’envoi du contrat de Heaven. Passer la visite médicale du travail. Légalement obligatoire pour toutes les personnes désirant travailler dans le milieu du spectacle et de l’audiovisuel. Heaven se chargerait de tous les frais associés à la venue et au séjour de Charlotte aux Etats-Unis.

Ils arrivèrent à l’ASA après de longs embouteillages. La nuit était tombée sur Londres. Gary présenta sommairement Charlotte à Scott avant de se diriger vers une salle de réunion disponible. Il lui offrit un siège et des rafraichissements.

- Toilettes? Interrogea-t-il soucieux du bien-être de la vessie de sa nouvelle recrue. Il ne voulait pas être interrompu par un pipi de plus. Ca faisait longtemps qu’elle n’était pas allée s’enfermer dans les toilettes et le français se méfiait. Ensuite, si vous avez d’autres questions, je peux y répondre. Tout va aller très vite maintenant... ce qui changera votre vie est que vous n’aurez plus à vous soucier de la gestion de votre carrière. Je le ferai pour vous. Alors? Partenaires?
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Charlotte de Lansley
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MessageSujet: Re: Pyrrhonisme   Mar 19 Avr 2011 - 0:54

~† Mademoiselle. Si on appelait toutes les actrices "mademoiselle", alors elle n'y couperait pas mais elle détestait déjà ça. La question ne s'était jamais posée puisque sur les précédents tournages soit on l'appelait Mademoiselle Leonhart à raison puisqu'elle n'était pas encore mariée, soit on l'appelait simplement Charlotte. A ses yeux, on la respectait plus en l'appelant "madame" que "mademoiselle". Elle préférait être Madame de Lansley que Mademoiselle de Lansley. Parce que c'était ce qu'elle était. En l'appelant "mademoiselle" on l'insultait en dénigrant son statut de femme mariée, quand bien même cela n'avait rien à voir avec elle mais qu'il n'était question que d'histoire et de tradition. Ceux qui lui témoignaient ce "respect" n'en sauraient rien mais elle le prendrait très mal. C'était pour cela qu'elle reprenait toujours les gens quand ils se trompaient sur sa civilité. Ils avaient dû et devaient toujours suffisamment se cacher avec Sacha. Qu'on ne l'appelle pas Madame de Lansley sonnait à ses oreilles comme une dénégation des liens qui les unissaient... Elle adorerait qu'on l'appelle "mademoiselle" quand elle aurait cinquante ans. Pour l'heure, elle en avait vingt-deux et préférait "madame". Mais elle ne pourrait pas révolutionner le monde du cinéma pour un caprice de son égo alors il lui faudrait finir par l'accepter. D'ici-là, elle rongerait son frein et tenterait de ne pas montrer sa contrariété chaque fois qu'on la "respecterait". Elle n'en dit pas plus que lui dans le taxi, se contentant de regarder la ville qui défilait avec distance. En vérité, intérieurement elle boudait à moitié. Elle avait l'impression de s'être faite grondée comme une gamine et n'aimait pas du tout cela. Mais silencieuse, elle encaissait.

Ah ! Cinq minutes plus tôt elle était positivement surprise et ravie par le petit signe complice de Gary qui lui signalait que c'était gagné, elle restait perplexe face à l'assistance qui s'était évanouie, elle riait presque d'entendre son nouvel agent provoquer et maintenant elle était assise dans un taxi à se forcer à garder un visage indéchiffrable pour ne pas montrer qu'elle faisait la moue. Les joies des hormones et de la grossesse. Elle qui était déjà une lunatique de base, elle ne faisait plus que cela depuis quelques temps : passer par des émotions complètement contradictoires en moins de deux secondes et pour pas grand chose. Elle ne s'en rendait pas toujours compte sur le moment, mais c'était très déstabilisant. Le trajet en taxi eut au moins le mérite de la calmer un peu. Quand ils arrivèrent à l'ASA - étrangement, elle eut la sensation d'avoir été un peu girouette toute la journée -, elle avait retrouvé une bribe de sourire. Elle salua de nouveau Scott, précisant avec ironie qu'ils s'étaient déjà rencontrés, et suivit Gary jusqu'à une salle vide. Elle l'écouta lui annoncer le programme qui suivrait avec attention et préféra répondre à sa première question en évitant soigneusement la dernière.
†~


" Toilettes. "

~† Petit haussement d'épaules vaguement désolé. Sa vessie ne l'embêtait pas vraiment néanmoins elle avait besoin d'un peu de solitude et de quelques minutes pour réfléchir. Elle emprunta le chemin que lui indiqua son nouvel agent et attendit d'être définitivement seule pour pouvoir songer correctement. L'endroit n'était pas très glamour pour cela mais c'était bien la seule pièce dans un bâtiment public dans laquelle elle était certaine de ne pas être dérangée. La vérité était qu'elle avait un peu peur. Gary venait de lui préciser que tout irait très vite à partir de maintenant mais tout allait déjà trop vite pour elle depuis qu'il lui avait confirmé d'un hochement de tête qu'elle était prise. Elle voulait faire pause. Elle avait besoin de faire pause quelques minutes et les toilettes étaient une excuse parfaite.

Ce qui la freinait autant ? Les derniers mots qu'il avait prononcé. 'Vous n’aurez plus à vous soucier de la gestion de votre carrière. Je le ferai pour vous.' Elle n'avait jamais eu d'agent et ne savait donc pas exactement tout ce que cela impliquait. Un instant, elle songea que si tout le monde décidait de prendre un agent artistique, ce n'était pas juste pour se décharger de la gestion d'une carrière. Au contraire, qui mieux qu'elle-même aurait pu choisir et décider de ce qu'elle voulait faire de la suite de son aventure dans le Cinémagik ? Non, elle pensait qu'il devait y avoir d'autres raisons. Probablement quelque chose en rapport avec la sûreté, vérifier que les contrats étaient bons et qu'elle ne faisait pas arnaquer. Démentir des rumeurs qui circulaient. Sûrement faire toute la paperasse aussi. S'assurer que tout était à son avantage et ce genre de choses. Elle imaginait. Elle n'en savait rien, elle n'en avait jamais eu. Elle n'avait jamais non plus beaucoup discuté de ces choses-là avec ses collègues acteurs, elle n'avait jamais ressenti l'envie ni le besoin d'avoir un agent jusqu'à ce qu'Eric lui parle de Gary Adams. Pourquoi en prendre un aujourd'hui alors ? Parce qu'en une journée, il lui avait fait décrocher un casting.

Son but n'était pas de devenir la plus populaire des actrices du Cinémagik. Elle voulait juste continuer à s'amuser et cela impliquait d'être suffisamment à l'aise et connue pour pouvoir se permettre de choisir les films dans lesquels elle souhaitait jouer ou non. Pour pouvoir être suffisamment à l'aise et connue, il lui fallait se faire remarquer, un peu. Pas trop non plus, elle ne supporterait pas, elle avait besoin de sa tranquillité. Et pour se faire remarquer, il lui fallait être au courant des bons plans du moment. Et c'était là qu'entrait en scène Gary, en tout cas c'était comme cela qu'elle le voyait. Il était là pour lui proposer des choses intéressantes qui la feraient avancer et dont elle n'aurait jamais entendue parler seule mais au final, c'était elle qui avait le dernier mot sur ce qu'elle acceptait ou non. C'était sa carrière, son avenir, son image. C'était elle alors c'était à elle de choisir. Ce que lui en retirait ? Certainement de l'argent, ensuite, c'était son problème à lui. C'était lui qui avait choisi d'être agent, il devait avoir ses raisons et ses motivations, elle n'avait pas à juger de cela.

Ce qui la bloquait aussi était que de prendre un agent impliquait de le faire entrer un peu dans sa vie. Connaître ses goûts, ce qu'elle aimait ou non, ce qu'elle voulait ou pas. Cela voulait dire aussi induire une certaine dose de confiance. Or ces choses-là étaient des choses que Charlotte avait beaucoup de mal à octroyer après si peu de temps. Il lui fallait des preuves, des faits qui attestaient de la bienveillance à son égard de la personne étrangère pour qu'elle veuille bien l'intégrer à son cercle de proches. Car dès que ce serait fait, cela voulait dire que la personne en question avait accès à ses faiblesses et pouvait de ce fait la blesser. C'était pour cela qu'il lui fallait du temps. Entière, si elle se donnait c'était avec ses atouts et ses défauts et elle prenait de même : avec la possibilité de lui faire du bien comme du mal. Alors elle choisissait très précautionneusement pour éviter tant que possible d'être déçue ou heurtée par son cercle intime. Néanmoins lorsque cela arrivait, la chute n'en était que plus douloureuse... Ses réflexions n'avaient duré que quelques minutes. Elle réfléchissait vite mais bien, cela lui avait suffi et l'avait décidée. En acceptant de devenir partenaire si vite avec Gary, elle misait sur son instinct et ce qu'elle avait vu jusqu'ici. Elle comptait sur les points communs de caractère qu'ils avaient et sur la maîtrise de son travail. Il savait ce qu'il faisait et comment il le faisait. Elle revint dans la salle de réunion et s'installa sur un siège. Elle accepta une boisson et, après avoir reposé le verre, elle releva son regard clair et perçant vers le jeune agent. C'était quitte ou double.
†~


" Je n'aurai qu'une question. Jusqu'où ira mon pouvoir de décision si c'est vous qui gérez ma carrière ? "
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MessageSujet: Re: Pyrrhonisme   Lun 25 Avr 2011 - 14:53

Pendant la pause pipi, Gary en avait profité pour rassembler tous les papiers nécessaires à l’élaboration d’un contrat ainsi que la documentation liée plus spécifiquement à la campagne d’Heaven. Le contrat était type, il remplirait le reste avec Charlotte de Lansley et devrait ajouter une clause concernant sa grossesse. Il eut même assez de temps pour leur faire préparer un petit plateau de viennoiseries françaises que la secrétaire, Mounia, leur apporta pour accompagner le thé et le verre de jus de fruits de Charlotte.

Maintenant en bras de chemise en face de sa nouvelle artiste, il s’était assis en bout de table, au coin, et Charlotte était à côté de lui, de l’autre côté de la perpendiculaire. Les bras croisés devant le contrat couché sur un parchemin de la meilleure qualité et une plume à encre noire, il attendait les questions. Beaucoup des réponses, il le savait, se trouvaient dans le contrat.

La première interrogation tomba. Il ne s’était pas attendu à celle-ci. D’habitude, les artistes avaient plutôt des inquiétudes d’ordre juridique et pécuniaire, obsédés par l'idée qu'on était là uniquement pour ramasser du blé sur leur dos et qu'on essayait de les avoir: Qu'est-ce que ça allait leur coûter, quel pourcentage prenait Gary, combien de temps étaient-ils liés par le contrat, en cas de rupture, comment cela se passait-il, la clause d'exclusivité s'étendait-elle aux activités annexes...

Il se redressa sur sa chaise et fit glisser le parchemin devant les yeux de Charlotte pour lui désigner un paragraphe bien précis. L'article concernant les obligations du mandant et du mandataire. Connaissant chacune des lignes qui le composaient par cœur, il le récita en la regardant dans les yeux avec un air dégagé pour rendre moins solennel un moment qui n’avait pas à l’être. Gary détestait les rituels, la gravité et ces choses qui requéraient un grand sérieux alors qu’elles n’étaient que des broutilles. De la paperasse officielle et chiante à mourir. Le vrai sérieux arriverait bien plus tard, lorsqu'il faudrait bouger son popotin de femme enceinte pour complaire aux obligations de l'artiste, quand il faudrait se rendre à une soirée de remise des prix où on ne recevait aucun prix mais où il fallait absolument avoir un avis sur tout, quand des journalistes peu scrupuleux viendraient mélanger sa vie privée et sa vie publique pour faire leur choux gras. Pour l'instant, ce n'était que l'histoire du bout de parchemin qui allait expliquer les termes de leur relation à venir. Autant détendre de Lansley en lui montrant que tout ça était on ne peut plus ordinaire dans le monde qu’elle allait désormais attaquer de plein fouet.

Bien qu’elle ait quelques films derrière elle, Gary avait bien compris qu’elle avait dû travailler dans des conditions très singulières (et il ne voulait vraiment pas savoir lesquelles) et éloignées de la réalité de leur environnement. Elle paraissait n’avoir strictement aucune connaissance précise de la manière dont fonctionnait leur milieu, les règles basiques, le vocabulaire, les habitudes et les codes obligatoires à connaître pour survivre et ne pas s’en sortir trop abîmés. Comme si elle était venue tourner ses films et qu’elle était repartie chaque soir sans avoir croisé personne, sans avoir causé à quelqu'un d'autre que son réalisateur, sans avoir eu de vraie interaction avec les acteurs du domaine artistique et audiovisuel.

Je me demande comment ils ne l’ont pas encore bouffé.

Par curiosité, Gary aurait bien aimé voir la tête des contrats de production qu’elle avait signée avec les sorciers qui l’avaient engagée pour ses films précédant. Peut-être relèverait-il un vice de forme et parviendrait-il à récupérer des fonds qui n’auraient pas été distribués à Charlotte, rêvassa-t-il un bref instant avant de lui réciter les paragraphes importants.


Spoiler:
 


- C’est comme un contrat de mariage, dit-il ensuite. Ce que vous avez fait avant n’appartient qu’à vous mais ce que vous allez faire à partir de maintenant sera le fruit de notre collaboration. Ce document définit aussi la manière dont nous pouvons rompre et ce qui reviendra à chacun après la rupture. A la différence d’un contrat marital, le mandant et le mandataire ont aussi un rapport financier très net. D'habitude, je prends 10% mais j'ai promis à Eric de me montrer moins rapace avec vous. Je vois 7% de toutes vos rémunérations. C’est l’objet de mon travail, en même temps: je m'occupe de votre promotion et je perçois un pourcentage sur les contrats que vous signez par mon intermédiaire.

Gary laissa à Charlotte le soin de parcourir le parchemin pendant qu’il commentait.

- Pour une durée de 18 mois à compter d'aujourd'hui, et renouvelable si tout se passe bien entre nous, je rythme votre carrière, j’organise votre promotion, je vous conseille et j’encadre l’image que vous diffusez... et comme mon plus grand intérêt est que ça marche pour vous (autrement je ne touche aucune commission), il est évident que les conseils que je vous donne et les castings où je vous envoie sont pour le bien de votre carrière et vont dans le sens d’une logique artistique que je définie en fonction de votre personnalité.

Il faudra bien apprendre à me faire confiance, Charlotte. J'ai beau être le plus bel enfoiré que vous allez croiser dans votre carrière, au moins aurez-vous la satisfaction de comprendre que, aussi discutables soient mes méthodes, je serai toujours dans votre camp.

Il n’en reste pas moins que vous êtes la seule à signer avec les productions et à vous présenter aux castings. Vous acceptez ou refusez librement les travaux ou les castings que je vous propose. Seulement, comme le stipule notre contrat, si au bout d’un moment vous ne suivez pas ma ligne promotionnelle, que vous ne travaillez pas, n’allez pas aux castings, aux interviews, bref, que vous ne respectez pas votre part du contrat, je peux décider de rompre le partenariat. Vous me devrez une compensation. De même qu’à tout moment mais moyennant là aussi un dédommagement, vous avez le droit de mettre fin à mon mandat.

La clause d'exclu vous interdit de bosser sans moi, c'est la seule chose qui soit vraiment contraignante pour l'artiste mais c'est comme ça, c'est la vie. Si vous vous mettez à bosser pour la concurrence, comprenez que j'ai le droit de faire la gueule. Donc, cette clause d'exclu est une protection pour les agents.

Vous êtes donc libre de décider de l’orientation que prendra votre carrière sachant que mon but sera que ça marche pour vous. Si ça marche pour vous, ça marche pour moi.


Gary la laissa assimiler pendant qu’il complétait les espaces vides du parchemin. Il prit son adresse, définit une date pour la visite médicale et expliqua ensuite à Charlotte que la particularité de sa grossesse nécessitait qu’il se prémunisse contre certains "accidents". Tacitement, elle aurait deux mois de congés de maternité après son accouchement, donc il la laisserait relativement tranquille. Si par la suite, elle désirait reprendre le travail plus tôt ou plus tard, il était prêt à s’en accommoder à condition qu’elle ne s’enterre pas dans ses devoirs parentaux sans lui donner de nouvelles.

En riant sarcastiquement, il se décrivit comme une Super Nanny pour artistes, une sorte de coach de vie.

Ils discutèrent de la manière dont allait se passer le travail avec Heaven. A cause de sa grossesse, elle devrait se rendre là-bas par avion ou par poudre de cheminette assez rapidement, avant de n’avoir plus le droit de voyager. La production prenait en charge les frais inhérents à ses déplacements et à sa vie sur place pendant la durée du tournage mais pas entre chaque tournage des quatre publicités et campagne de PLV. Sur ce point, Gary promit à Charlotte de faire son possible pour que le client (Heaven), la défraie aussi des jours passés sur place, même hors dates de tournage.

- S’ils vous font venir et vivre aux Etats-Unis pendant presque un mois et demi, ils doivent assumer les conséquences financières.

Le premier tournage était prévu le 19 janvier. Elle aurait une assistante sur les plateaux et dans tout ce qui serait en relation avec les pubs. Son assistante, recrutée par le client, s’occuperait exclusivement d’elle et viendraient faire les pick-up et la raccompagner à son hôtel tous les jours, elle la suivrait au fitting (les essayages, précisa Gary) et aux shooting.

Il signa la partie mandataire et tendit la plume à Charlotte.

- Bienvenue dans le petit monde très prisé du cinéma, de l’art, des paillettes, des strass, de l’argent facile et de la bêtise humaine! Plaisanta Gary avec une voix de ténor qui se parodiait. Tel était le portrait qu’il aimait se faire du monde dans lequel et par lequel il vivait.

_______________________

VOCABULAIRE

plv: "publicité sur le lieu de vente", c'est toute la publicité visuelle qui est présente sur le lieu de vente du produit (pancartes, écriteaux, têtes de gondole, prospectus, étiquettes etc.)
clause d'exclusivité: clause contractuelle qui interdit à un artiste de bosser avec plusieurs fournisseurs d'un même service avec lequel il a un contrat
pick-up: sur un tournage, le transport des acteurs, les mannequins ou les artistes est pris en charge par la production qui envoie quelqu'un les chercher à leur domicile ou sur le lieu où ils sont hébergés pour les emmener sur le lieu de tournage à une heure bien précise (l'heure de convocation)
shooting: tournage ou séance de prise de vue
fitting: séance d'essayage et de magasinage

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MessageSujet: Re: Pyrrhonisme   Jeu 28 Avr 2011 - 13:59

" Vous savez que je suis déjà mariée ? "

~† Un petit sourire au coin des lèvres. La réponse que Gary lui avait fourni sur la seule inquiétude qui l'habitait concernant ce contrat l'avait rassurée et lui avait fait retrouver sa bonne humeur. Peut-être que les viennoiseries y étaient aussi un peu pour quelque chose. Elle plaisantait sur sa comparaison avec un contrat de mariage. Pour elle, c'était gagné dès qu'il lui avait dit que ce serait toujours elle qui déciderait au final. Peu importaient le pourcentage qu'il prenait, la durée du contrat ou même si elle ne pouvait pas aller voir ailleurs. Peu importaient les conditions, elle était venue le voir lui et pas un autre parce qu'Eric le lui avait conseillé. Et elle savait que jamais Eric ne l'aurait dirigée vers quelqu'un qui n'aurait pas été dans son sens ou qui aurait voulu l'arnaquer ou se faire de l'argent sur elle. Elle ne se souvenait que trop bien de sa furtive rencontre avec Elliot O'Malley au cours de laquelle son propre agent avait fait venir Rita Skeeter pour créer un scandale... Elle ne connaissait pas Gary mais si Eric la guidait vers lui, c'était qu'il ne le pensait pas capable de lui faire un tel coup tordu. Cela lui suffisait. Elle prit la plume qu'il lui tendit, la trempa dans l'encre et signa le parchemin sous son nom, côté mandat. Voilà qui était fait. †~

" Partenaires. "

~† Elle acceptait également parce que les conditions ne lui paraissaient pas déraisonnables. Elle avait beau être envoyée ici par Eric, si elle avait décelé quelque chose de suspect en lisant le contrat, elle serait partie sans signer. Mais elle avait lu le contrat dans son entièreté (et avait détesté cela, elle trouvait que c'était beaucoup de blabla pour pas grand chose, en tout cas juste pour s'assurer les arrières. Ah, la paperasserie ! Cela lui rappelait ses cours théoriques...) et ne trouvait rien d'exagérer. Un an et demie, cela ne lui paraissait pas trop, ni pas assez. C'était une juste durée pour apprendre à se connaître et voir si cela collait et s'ils avaient les mêmes directions en tête. Elle ne trouvait pas non plus extravagants les 7% (ni même les 10%, mais le fait qu'il baisse parce qu'Eric le lui avait demandé ne fit que la rassurait dans son idée qu'elle avait fait le bon choix). C'était normal qu'il prenne une part sur les travaux qu'il lui trouverait. Elle imaginait le travail qui se faisait en amont aussi important que la réalisation des contrats en eux-même. Il proposerait, elle disposerait, il était logique qu'il ne fasse pas cela pour rien. Quant au fait d'aller voir ailleurs... L'idée ne lui traverserait pas l'esprit. Ils n'avaient encore rien signé qu'elle n'avait pas voulu le suivre lorsqu'il s'était fait passer pour un autre. Maintenant qu'il était officiellement son agent, elle ne voyait pas pourquoi elle aurait envie d'aller voir si c'était mieux chez le voisin. Sauf s'ils ne s'entendaient vraiment pas, auquel cas ils mettraient simplement fin au contrat et cela s'arrêterait là. Mais de manière globale, dans tous les domaines de sa vie, dès qu'elle laissait quelqu'un y entrer, elle restait loyale et fidèle. Il fallait juste arriver à entrer...

Lorsque la question de New-York était arrivée sur le tapis et des rémunérations qu'Heaven lui devrait pour vivre là-bas pendant la durée du tournage, Charlotte n'avait rien relever. Elle devait de toute manière se rendre dans la Grosse Pomme dans quelques jours, et y resterait de toute façon plus longtemps que le tournage des publicités. Elle avait décidé de ne pas s'en faire pour cela et de voir comment les choses évolueraient. Laisser faire. Cela donnerait du travail supplémentaire à Gary de devoir gérer cette crise avec la production mais elle ne pouvait de toute façon pas le prévenir à l'avance ni faire une quelconque allusion. Trop dangereux. Elle verrait bien... Maintenant qu'elle savait exactement ou presque en quoi consisterait le rôle de Gary, les parts de responsabilité que chacun avait et jusqu'à quelles limites elle allaient, elle était rassurée. Maintenant qu'elle avait signé, elle était plus détendue. Assise un peu plus confortablement dans le siège, une main sur le ventre, elle écoutait Gary qui lui annonçait l'emploi du temps qui arrivait, tout ce qui concernait ce qui précédait les tournages à venir.

Cela commencerait dès le lundi matin, dans trois jours. Une grosse réunion à laquelle assisteraient la production, Vanessa Heaven mais aussi les coiffeur, maquilleur, chef costumière. Une réunion artistique qu'ils appelaient ça. Elle se souvenait avoir déjà participé à une telle chose lorsqu'elle était ambassadrice des bijoux Miracle. Durant cette réunion, on lui prendrait entre autres ses mensurations, et ils discuteraient tous ensemble des vêtements qu'elle porterait pour la première publicité. Dès le lendemain, le mardi, elle irait seule avec la chef costumière dans les ateliers d'Heaven pour sélectionner les vêtements qu'elle porterait durant le premier tournage. Elle les essayerait et ils seraient retouchés ou faits sur mesure si besoin était. Les essayages pour les autres tournages se feraient au fur et à mesure puisqu'elle était sujette à un poids variable étant donné le bébé qui grandissait dans son ventre. Dans sa tête, elle songea que le soir-même des essayages, elle se ferait mordre par un vampire. C'était tendu, mais c'était jouable. Maintenant qu'elle savait un peu mieux vers quoi elle allait, l'entretien était terminé. Charlotte se releva, Gary fit de même, ils se serrèrent la main et se donnèrent rendez-vous ici-même après le week-end. En sortant et en appelant un taxi, elle se rendit compte qu'à partir de maintenant, tout allait s'enchaîner très vite et que la naissance allait arriver à grand pas. Au moins n'aurait-elle pas le temps de s'ennuyer...
†~


THE END
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