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 Confidences intimes

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Charlotte de Lansley
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MessageSujet: Confidences intimes   Mer 12 Jan 2011 - 3:10

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Dernière édition par Charlotte de Lansley le Mer 29 Aoû 2012 - 0:54, édité 1 fois
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Charlotte de Lansley
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MessageSujet: Re: Confidences intimes   Mer 12 Jan 2011 - 3:12

Mercredi 9 janvier 2013. Appartement de Yann Kenston, Tour Antarès, New-York.
11h, heure de NY.


Sacha,

Je suis bien arrivée. Hier, Yann a très rapidement pris les choses en main en me voyant "agressée". Comme prévu ils m'ont emmenée voir Macbeth tout de suite. Le vampire a bien fait ça, la morsure ne fait pas mal mais je sens les regards sur moi, dans mon dos, ahuris lorsqu'ils ont vu la morsure sur l'arrière du genou. Je vais devoir mettre des jupes longues pendant un petit moment...
Quant à Macbeth, il est... c'est un médicomage. Il est très professionnel.
Je n'aime pas l'avion. Comment font-ils pour garder quelque chose d'aussi lourd et contenant tellement de gens dans les airs sans magie ? Les sept heures de vols étaient infiniment longues. Quand le bébé sera arrivé, je vais faire une cure de transplanage.

Pour te situer le cadre, je suis dans l'appartement de mon Soumetteur, dans la Tour Antarès. Elle a beau avoir un nom affreux et avoir été construire pour un homme détestable, c'est un beau bâtiment. J'aurais aimé que tu vois les jardins suspendus.
C'est ici que je vais vivre, jusqu'à l'accouchement. Lui est resté en Angleterre et ne viendra que de temps à autres, pour voir si tout se passe bien. Il a fait venir des elfes de maisons et un Opposant est devant la porte à s'ennuyer, probablement compte-t-il les mouches. J'ai l'impression que le temps va être très long. Bien que je n'aurais pas assez de temps si je décidais de visiter un étage par jour.

J'ai eu une idée dans l'avion. J'ai gardé des traces de ma grossesse sur des bouts de papiers. Je voudrais les garder dans un endroit sûr. Je me suis dit, quitte à les recopier, autant t'en faire profiter. Voici les débuts, la suite viendra plus tard, quand je m'ennuierais.

    Juillet 2012, samedi 14.
    Allongée sur mon lit, mon ancien lit, chez mes parents, j'ai relevé ma robe jusqu'à mon soutien-gorge. Je regarde entre mes doigts la petite sphère pas plus grosse qu'un vif d'or. J'hésite. Je suis passée sur le Chemin de Traverse avant de venir à Hammersmith, à la boutique de Médicomagie, pour acheter un Baby'in (Baby's in ?). J'aurais dû y aller plus tôt. Ca fait presque une semaine que j'ai des doutes. Je me suis dit que c'était juste un petit retard, rien de grave. Mais le retard s'attarde et des images de langes, de peluches et de chaussures minuscules ont envahi ma tête.
    Est-ce que j'en ai envie ? Est-ce que c'est le bon moment ? Est-ce que ce n'est pas trop tôt ? Nous sommes jeunes encore. J'ai un film qui doit commencer dans un mois. Et...
    Je ne sais pas. Je n'ai jamais réussi à y réfléchir clairement, j'ai préféré me cacher derrière des échéances plutôt que de me poser la question. Pas avant la fin des études. Pas avant la fin du tournage. Pas avant ceci, pas avant cela... Et aujourd'hui j'ai dix jours de retard.

    Je ne réfléchis pas plus longtemps et pose la petite boule sur mon nombril dénudé. Je ferme les yeux et commence à compter silencieusement. Jusque 60. Une minute, j'ouvre les yeux mais mon regard reste accroché sur mon plafond sali par le temps. Je n'arrive pas à le descendre. Je ne sais pas ce que je vais y voir, ce que je veux y voir. Mon coeur s'accélère et j'ai chaud. Je reste peut-être encore une minute immobile et ma mère qui fait tomber quelque chose au rez-de-chaussée me sort de ma léthargie. Je baisse les yeux. Le Baby'in n'est plus gris. Il est devenu violet. Enceinte.
    J'ai l'impression qu'un filet de frissons s'écoule de ma tête jusqu'à mes pieds. Je suis enceinte. Et comme toujours, je ne me rends compte que, oui, je le veux cet enfant, qu'au moment où on me met la preuve sous le nez. J'apporte ma main devant ma bouche en souriant comme une idiote. Je sens mes yeux qui pétillent et les pulsations de mon coeur chantent l'amour.
    Nous allons avoir un enfant. Lui et moi.

    ______________________________
    Mes parents ont fini par acheter une tésé... tévé... télévision. Cette drôle de boîte plate moldue toute noire qui, quand on appuie sur un bouton, fait défiler des images et des sons. Un peu comme au Cinémagik. C'est très étrange mais je ne sais pas encore qu'elle deviendra ma meilleure amie pour les mois à venir.
    Mon père, très fier de son acquisition, m'explique comment ça fonctionne et je me demande pourquoi ce drôle d'engin affiche la tête de mon mari. Les seuls mots que je retiens : chasse, chercher, trouver, Amiral de la Résistance. J'ai l'impression que le monde s'écroule. Je me sens nauséeuse et j'ai subitement du mal à respirer. A court d'air. Je m'appuie sur le fauteuil en portant une main à ma poitrine, comme si cela allait l'aider à inspirer et expirer. Je me dis que ce n'est pas possible. Il ne peut pas être de la Résistance et moi dans le camp opposé. Il ne peut pas en être le leader sans que je n'ai jamais rien remarqué. J'aimerais que ce ne soit qu'un rêve parce que je comprends subitement... tout. Qu'il ne nous rejoindra pas ce soir. Qu'il se met à traquer Antarès. Que je ne pourrais pas lui annoncer ce soir qu'il va être père à nouveau. Mais j'ai la certitude que tout cela est bien réel.
    Comme je comprends tout cela, j'ai la tête qui bourdonne. Un sifflement perçant et persistant s'installe dans mes oreilles et je vois des milliers de petites tâches danser devant moi. Ca ne m'était jamais arrivé, l'inconscient qui prend le pas sur le conscient et qui s'impose pour le protéger. Je m'évanouis.

    Quand je me réveille, je suis allongée sur le divan. Mon père paniqué me fait de l'air avec un parchemin pendant que ma mère affolée m'humidifie le visage. J'ai la tête embrumée mais je me souviens de tout. Alors les vannes s'ouvrent et le resteront : les premières larmes.


J'ai très longtemps hésité à te partager la deuxième partie. Je ne veux pas que cela te fasse te sentir mal ou que tu culpabilises. Je ne voulais pas non plus t'infliger mes maux. Mais je vois où mes secrets nous ont mené et je ne veux plus de ça. Peut-être que ce sera moins... pire si je fais sortir tout ce que je garde petit à petit. Je ne suis pas très douée pour me raconter, tu le sais mieux que personne, mais j'essayerais si tu le souhaites. Pour le meilleur et pour le pire, pas vrai ?

Je t'aime. Tu nous manques déjà.
Charlotte.


Dernière édition par Charlotte de Lansley le Mer 23 Mar 2011 - 21:18, édité 3 fois
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Charlotte de Lansley
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MessageSujet: Re: Confidences intimes   Mer 26 Jan 2011 - 23:58

Mercredi 9 janvier 2013. Appartement de Yann Kenston, Tour Antarès, New-York.
13h30, heure de NY.


    Août 2012, mardi 7.
    Il est venu. Hier soir. Je ne pensais pas qu'il viendrait. Si je l'avais su, je l'aurais attendu. Au lieu de cela, il m'a trouvée endormie. Je ne sais si c'est sa voix qui m'a réveillée, ou son regard sur moi, ou juste sa présence devenue inhabituelle. C'est triste de se dire que la présence de son mari n'est plus quelque chose de normal. Avant, à Newquay, dès que nous étions dans la même pièce, je me sentais complète, moi-même malgré tout ce que je cache. Hier, c'était... Je ne sais pas. Ce n'était pas pareil et de le voir, de le sentir là, à quelques mètres de moi, c'était... anormal. C'est triste aussi de se dire comme on finit par s'habituer à l'Absence, pourtant ça ne fait même pas un mois. Mais il était bien là.
    J'ai d'abord cru que je rêvais. Il n'avait rien à faire là, planté au beau milieu des ténèbres de ma chambre, caché parmi les ombres. Il aurait dû être quelque part ailleurs à rassembler des informations sur Antarès. Mais il était là et j'aurais dû m'en douter. Même du fin fond d'Azkaban, il avait trouvé un moyen de me souhaiter mon anniversaire. Cette fois il était parti de son plein gré et j'aurais dû savoir que j'allais recevoir une lettre, ou quelque chose. C'est sa visite qu'il m'a offert et je n'en espérais pas tant. Je n'ai rien dit à papa et maman ce matin, je préfère garder ce souvenir dans mon petit jardin secret. J'ai juste glissé entre deux mots à maman qu'il avait trouvé un moyen de me souhaiter mon anniversaire. Me suis aussi excusée d'avoir failli hier, j'aurais aimé ne pas pleurer, pour cette journée. Raté.

    Ses baisers et ses caresses ont fini par avoir raison de mon coeur affolé. Les battements surpris se sont changés en battements passionnés. J'ai eu un petit pincement néanmoins, quand sa main s'est aventurée sur mon ventre. Il ne sait pas ce qui se cache sous ma peau. Et je n'ai pas pu lui dire. Ma bouche est restée désespérément close, aucun mot n'est sorti. Pas même une question. Pourtant j'en ai des milliers dans la tête. Mais rien. C'est parce que je savais qu'il ne resterait pas. Je ne voulais pas gaspiller notre temps en babillages et en réponses que je ne suis pas sûre de pouvoir entendre déjà. Alors je n'ai rien dit.

    C'est un joli mensonge. Se dire que je n'ai rien révélé parce que nous n'avions pas le temps. C'est juste que je n'étais pas assez forte. En vérité je n'ai rien dit parce que c'était plus facile. Plus facile que de l'entendre me répondre qu'un bébé, c'est bien, mais ce n'est pas le bon moment. Je dois repartir quand même, Mim'.
    Je ne veux pas entendre ça. Je ne veux pas voir mon ventre grossir seule. Je ne veux pas découvrir notre bébé seule. Mais je veux encore moins avoir à le faire en sachant qu'il sait, mais qu'il n'est pas là quand même.
    Et je ne veux pas non plus lui infliger cette révélation. Qu'il se sente obligé de rester parce que je suis enceinte. Il est parti. Il est parti pour une bonne raison, je n'ai pas à le retenir. J'aimerais qu'il revienne, plus que tout, mais quand lui l'aura décidé. Quand il aura fini, ou quand il considérera que c'est moins dangereux. Est-ce que ça le sera un jour ?

    Je déteste son alliance autour de mon cou. Je n'aime pas qu'il ne l'ait plus sur lui, à son doigt. C'est idiot mais c'est comme s'ils allaient tous en profiter pour me le voler. Ca me rend malade et mon imagination bien trop fertile envisage tout et n'importe quoi.
    Ceci dit, ça ne me rend pas plus malade que les nausées. Je déteste les nausées. Et j'adore détester. Je me suis rendue compte que depuis que je suis enceinte, beaucoup de choses me sont insupportables. A fleur de peau, encore plus qu'avant. Une image, une musique, un souvenir et je me transforme en fontaine. Même devant les films à l'eau de rose qui passent l'après-midi dans la télévision de papa...
    Je déteste pleurer.
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Sacha de Lansley
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MessageSujet: Re: Confidences intimes   Sam 5 Fév 2011 - 16:13



10 janvier 2013


Je me suis toujours demandé ce que tu avais vécu ce jour-là.

Au moment où j’ai pris la décision de ne plus cacher mon identité – ce devait être en juin, très peu de temps après qu’Antarès nous ait jeté son idée de référendum –, je me doutais que la nouvelle allait te heurter. Te blesser. T’affliger, hésitais-je. Ou peut-être même t’énerver. T’exaspérer? Je ne savais quel mot serait le plus juste.

Je n'ignorais pas que tu étais Soumise. J'aurais plus de pudeur que toi à te dire ce que ça m'a fait le jour où je l'ai compris. En premier, je crois qu'il y eu beaucoup de colère.
Mais, à aucun moment, je n’aurais pu me douter que tu étais enceinte. J’aurais revu mes plans à la baisse si c’avait été le cas. Peut-être que j’aurais quitté la Résistance. Peut-être que tu m’aurais empêché d’agir sur un coup de tête. Peut-être que. Peut-être pas. Et avec des 'si' et des 'peut-être', on n'a jamais rien fait de bon.

Depuis le 14 juillet, je me suis empêché de songer à ce que tu avais pu ressentir ou penser.
Je suis parfois cruel et insensible mais je ne suis pas imbécile. J’en avais une plutôt bonne idée. Je priais Merlin pour que ta réaction soit moins vive que celle que je te prêtais dans mon imaginaire. De tous les coups que j'ai pu te faire jusqu'ici, ça devait être le pire.

Ma seule crainte était que tu penses que je t'abandonnais. Que je me protégeais en te laissant à tes drames.

Il n’y a pas eu un seul jour et une seule minute de ces jours où je ne me sois demandé si j’avais fait une erreur et si tu comprendrais comment et pourquoi j'ai agi ainsi.
Je n’ai rien fait au hasard. Je ne t’aurais fait courir aucun risque. Si Antarès avait voulu m’attraper par ton biais, il ne t’aurait fait aucun mal. Dans le pire des cas, il se serait servi de toi comme appât dans l’espoir que je morde et je serais venu mordre si le danger avait été trop grand. J’ai réfléchi qu’il t’aurait bousculée un peu, faite interroger par ses sbires sorciers ou cuisinée au veritaserum... Et ils se seraient tous retrouvé bien cons parce que j’ai fait tout mon possible depuis des mois pour que tu ne saches rien, pour que tu ne te doutes de rien, pour qu’on n’ai rien à tirer de toi. Beaucoup de cachoteries pour ne jamais avoir à te faire vivre la vie que je mène à présent: celle d’un fugitif à la recherche désespérée de son pire ennemi.

Juste avant ma période ‘moldue’, j’avais par ailleurs saisi l’image de celui que je pensais être ton Soumetteur. Je ne connaissais que son visage. Cela me fut assez pour comprendre que cet homme tenait énormément à toi. J'avais beau être agacé qu'un autre homme que moi puisse développer ce genre d'attachement pour toi, je décidai de te laisser entre ses mains sûres. N'est-il pas vrai que nulle endroit ne sera jamais plus imprenable que l'enceinte des bras d'un amoureux frustré?

Dans tous les choix que j'ai fait depuis, dans ce qui s'est passé et qui nous sépare, je ne ressens aucun regret. Nous avons sans cesse été ballotés par l'infortune depuis que nous sommes ensemble. Pourtant, plusieurs années plus tard, nous voilà toujours amoureux et tu portes mon enfant.

Je n'ai pas peur de ce qui pourrait nous faire du mal, Charlotte. Je ne me suis jamais senti aussi fort que depuis que tu m'as annoncé la nouvelle. La seule chose que je crains est la folie qui m'enrage quand je sais que tu as souffert, souffre et souffrira peut-être encore à cause de moi.
Pire est la pensée que j'ai perdu le savoir-faire pour t'éviter de telles douleurs sans me trahir un peu.
Je suis devenu un piètre mari et mon cœur va à vau-l'eau.

Je t'aime.
Et je t'aime tellement que cet amour fait tout mon malheur.
C'est cet amour poison qui m'a piqué et me contamine encore aujourd'hui.
Une drogue dont l'effet ne passe jamais et qui aura raison de moi.

Avec cet enfant, tu multiplies cet amour et me plonge encore plus profondément dans la crainte de faire mal et de mal faire. J'aimerais être à la hauteur de notre amour et de la famille que tu prépares.

Si je te fais mal ou si j'ai mal fait, dis-le moi toujours.
Il y a trop de choses que je ne peux pas deviner, même en voyageant dans tes plus intimes pensées.





Message édité à 21:13, le 05.02.11.




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MessageSujet: Re: Confidences intimes   Lun 7 Fév 2011 - 15:32

Vendredi 11 janvier 2013. Appartement de Yann Kenston, Tour Antarès, New-York.
15h, heure de NY.


Cela fait une heure que je suis assise, la plume à la main, à lire et relire tes mots. Cela fait une heure que je n'ai rien écrit parce que je ne sais pas quoi répondre.
Mes pensées se bousculent, et pourtant... Ca t'est déjà arrivé, de réfléchir tellement que tu as l'impression finalement que ton esprit est vide ? Le mien l'est actuellement et c'est pour ça que je ne sais pas quoi dire.

Je ne sais pas si tu as bien fait ou mal fait. Je ne sais pas non plus si j'ai bien fait ou mal fait. Je crois que nous avons fait ce que nous croyions juste, nous ne sommes après tout qu'humains.
Je ne suis pas sûre encore aujourd'hui d'avoir compris pourquoi tu étais parti. J'en ai vague idée, mais ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi tu es parti sans moi. En revanche, je sais que ce n'était pas pour te protéger toi-même.

Je t'ai détesté. Je t'ai maudit. Je t'ai pleuré. Mais je ne le pensais jamais vraiment. Ce que je pense sincèrement, c'est que ça aurait été plus facile de véritablement te détester, te maudire et te pleurer. Ca aurait été plus simple de ne pas chercher à comprendre et me dire que tu m'avais abandonnée. Plus simple de ne plus vouloir te revoir et te rayer de ma vie. J'aurais pu le faire, tu sais comme je suis têtue et rationnelle. Seulement voilà, ce n'était pas possible parce que je t'aime.
Je ne suis pas désolée de t'empoisonner. Définitivement pas. Car si je t'empoisonne, tu me rends aveugle au reste du monde et je n'ai d'yeux que pour toi.
Je m'intéresse tellement peu aux Autres que je n'arrive pas à envisager être vrai ce que tu suggères : que Yann soit un "amoureux frustré". Il m'a aidée et protégée sans que je sache pourquoi et, ça aurait un sens avec ta théorie, néanmoins je ne peux pas la concevoir parce que je n'ai rien vu. Je n'ai rien vu, mais je ne regardais pas non plus.
Sacha, j'aurais préféré que tu m'emmènes avec toi en juillet. Même si cela voulait dire devenir une fugitive. Je m'en serais accommodée tant que j'étais à tes côtés. Ma famille aurait certainement désapprouvé mais ils auraient fini par l'accepter parce qu'ils savent que tu es ce qui compte le plus à mes yeux.
Et tout aussi sûrement que toi, je sais que cet amour finira par me rendre folle. Vraiment folle. Mais je m'en fiche parce que, comme toi, je n'ai pas peur de ce qui pourrait nous arriver tant que je te sais à mes côtés.

Je ne te reproche rien. Encore moins parce que si je t'avais dit dès le départ que j'étais entrée dans l'Opposition, nous n'en serions pas là aujourd'hui. Mais tu as raison au sujet des "peut-être" et des "si'. Ce qui est fait est fait. Ce serait plus simple d'utiliser le médaillon et de revenir dans le passé. Mais je ne veux rien changer. Rien perdre.
J'ai fait un cauchemar il y a quelques nuits. J'ai rêvé que Victor nous enlevait l'enfant à la naissance et je me servais de mon souhait pour te demander de me faire oublier la grossesse. Si je devais te faire ce vœu un jour, promets-moi de ne jamais l'accepter. Je ne veux rien oublier, même si je devais en mourir de tristesse et de douleur. J'ai déjà trop fui et trop menti, y compris à moi-même. Pour ce bébé, si un tel malheur devait arriver, je ne veux rien oublier et au contraire, tout faire pour le retrouver. C'est notre enfant, je refuse qu'il grandisse ailleurs qu'entre nous deux.

J'écris mais je ne sais pas si tous ces mots ont un but. Je n'ai pas l'habitude de coucher ainsi mes pensées. Je ne sais d'ailleurs pas si je continuerais à recopier ce que j'ai écrit ces derniers mois. J'ai l'impression qu'ils te font te sentir mal à l'aise, à moins que ce ne soit que la froideur du papier. J'y réfléchirais. Sache que si j'ai si peu de pudeur, c'est parce qu'ils sont déjà écrits, je ne fais que recopier le passé. Dire le présent est toujours aussi délicat.
Excuse-moi pour cet épanchement, j'ai l'impression de raconter tout et n'importe quoi. Mais j'aimerais te répondre à la hauteur de ce que tu m'as fait ressentir. C'est peut-être plus facile de l'écrire, que de le dire.

Pour répondre à tes dernières lignes : je le dirais, à condition que mes yeux aveuglément amoureux ne le voient. Ce que je veux dire, et c'est terrible, est, que tu fasses bien ou mal, je ne t'en voudrais jamais tant que tu me laisses continuer à exister avec toi, à aimer et à être aimée. A être une Mimoune. Crois bien que si je n'avais pas été aussi sûre de ton amour après ton départ, je n'aurais pas été assez forte pour continuer.
Hum. Ma fierté en prend en coup. Ne réponds pas à ces mots s'il te plaît. Garde-les dans un coin de ta tête parce que j'aurai beaucoup de mal à les dire (ou écrire) à nouveau. Mais au moins, tu sais.

Je t'aime. No matter what.
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MessageSujet: Re: Confidences intimes   Sam 19 Fév 2011 - 18:13

Vendredi 11 janvier 2013. Appartement de Yann Kenston, Tour Antarès, New-York.
19h, heure de NY.


Hier j'avais visité un peu le rez-de-chaussée de la Tour et fait quelques boutiques. C'est horrible, je suis devenue gaga. J'ai acheté des chaussures. Pour le bébé. Elles sont toutes petites, minuscules. Je n'arrive même pas à y glisser ma main entière. Elles sont adorables et superbes. J'ai acheté des peluches aussi, et il y avait ce petit hochet en forme de serpent. Sa langue sort en sifflant dès qu'on le secoue. Crois-le si tu veux, j'ai passé un quart d'heure à jouer avec...

Aujourd'hui, je suis allée dans les étages. Tout en haut. A ce que j'ai compris c'est le Secteur 3 et il a pour thème l'eau. Il y a des piscines gigantesques, des hammams, des jacuzzis... J'ai passé l'après-midi à la piscine et je crois que j'irai tous les jours. L'eau me porte et c'est moins fatiguant, le bébé est moins lourd. Et puis je crois qu'il aime ça, l'eau, parce qu'il n'a presque pas bougé tout le temps où j'ai fait trempette. Autrement, il remue beaucoup. J'ai un peu de mal à croire que d'ici deux mois, le bébé sera là. Et j'ai hâte, aussi. Pressée. J'ai envie de pouvoir le tenir dans mes bras, et pas seulement l'avoir à l'intérieur de moi. Pouvoir le regarder avec mes yeux, et pas seulement à travers une échographie.
Et puis, c'est bête, j'aimerais bien redevenir mince. Neuf mois c'est trop long. Ils devraient raccourcir un peu. J'aimerais pouvoir me baisser, marcher sans être déséquilibrée, ne plus avoir si mal au dos et à la poitrine. J'aimerais revoir mes pieds... Et pourtant, même si je râle parce que c'est fatiguant, je n'en veux pas au bébé et je suis sûre que j'oublierais tout au moment où je le verrais.
C'est ce que je disais, je deviens gaga...

Je viens de recevoir un hibou d'Eneas. Il arrivera ce soir et me tiendra compagnie quelques jours. Juste le temps que je m'habitue à New-York. Je suis contente parce que je me sens un peu seule ici. Pourtant il y a du monde à chaque recoin de cette Tour, mais ce ne sont que des personnes que je croise, que je ne connais pas et qui ne me connaissent pas. Et même si les elfes de maison qu'a laissé Yann font tout pour me satisfaire (un peu trop même, je ne fais que manger), ce n'est pas la compagnie d'un être humain qui m'est cher. Mes parents me manquent et j'ai le mal du pays mais, tout à la fois, je suis très excitée par l'idée d'être à New-York et d'avoir plein de choses à découvrir. J'aurais simplement aimé être un peu moins encombrée pour pouvoir visiter.

J'espère que tout va bien pour toi. Quoique tu fasses, où quoi tu sois.
J'ai l'impression que tu manques autant au bébé qu'à moi. Nous t'embrassons.
Mim' et Bébé.
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MessageSujet: Re: Confidences intimes   Mer 9 Mar 2011 - 18:49

Dimanche 13 janvier 2013. Appartement de Yann Kenston, Tour Antarès, New-York.
7h, heure de NY.


Tu vas détester ce que j'ai à te dire.

Quelques jours avant la mise en scène avec Atålan et mon départ, j'ai eu un rendez-vous avec un agent artistique. Eric le connait et c'est lui qui m'a eu cet entretien. Il s'appelle Gary et il est très culotté.
Je l'avais à peine rencontré qu'il m'a emmené à un casting. Bien que ça ne s'est pas exactement passé de cette manière mais je t'épargne les détails. Le casting avait lieu à Londres. Je n'étais pas au courant jusqu'à ce que j'arrive sur les lieux. Là-bas, des dizaines de femmes avec des ventres aussi ronds que le mien. C'était un casting pour la marque sorcière de vêtements Heaven. Si tu ne connais pas, ils font des habits pour les femmes enceintes, pour les bébés, et quelques accessoires prénataux. J'ai décroché le casting et j'ai signé un contrat de quatre publicités.
Le tournage de la première commence la semaine prochaine, ici à New-York.

Je sais que ça ne va pas te plaire, mais je voulais quand même te le dire. Te mettre au courant plutôt que tu tombes un jour sur les publicités en te demandant ce que ta femme fout là-dedans.


Autrement, Eneas est bien arrivé. Hier nous nous sommes promenés dans la Tour et avons fait quelques restaurants et boutiques. Le soir, il y avait un spectacle de cabaret. Tu aurais adoré, il y avait plein de filles dont on voyait presque les nénés...
Je n'ai pas eu le temps de m'ennuyer et c'est pour ça que je n'ai pas pu t'écrire. Je me rattrape ce matin, Bébé n'a pas voulu me laisser dormir.
Tout à l'heure j'ai eu ma première contraction. C'est normal, MacBeth m'avait dit que ça pourrait arriver, c'est mon corps qui s'entraîne. Ce n'était pas très fort mais tout de même douloureux.
Je dois bientôt avoir une nouvelle consultation, je te tiendrais au courant.

Aujourd'hui je ne sais pas encore ce que nous allons faire. Peut-être pas grand chose, je me sens fatiguée. Et pour l'instant Eneas dort toujours. Je vais peut-être essayer de me rendormir moi aussi.

A bientôt ?
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Charlotte de Lansley
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MessageSujet: Re: Confidences intimes   Jeu 28 Avr 2011 - 0:26

Mardi 15 janvier 2013. Appartement de Yann Kenston, Tour Antarès, New-York.
22h, heure de NY.


Sale journée très étrange.
Je viens de me disputer avec Eneas, il est reparti.

Bébé va bien.
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Sacha de Lansley
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MessageSujet: Re: Confidences intimes   Jeu 28 Avr 2011 - 1:23



15 janvier 2013, 23 heures.


Ce journal te sert plus qu'à moi. Je n'ose pas y écrire.
Je lis et je trouve beau de pouvoir te lire sans te déranger.

Je me passionne silencieusement pour ta vie intérieure.
Je me demande parfois, si je dois vraiment lire. J'ai peur, en répondant, d'interrompre le fil de tes pensées.
Je crains qu'en réagissant, tu redresses le rempart dont je ne réalise qu'aujourd'hui la sidérante hauteur et l'inaccessibilité.

Dans ce journal, tu me montres des parcelles de toi que tu as beaucoup tardé à me dévoiler. Même si je t'ai toujours su sincère - en tout cas moins secrète mais plus authentique que moi -, il y a beaucoup de pans à ton âme où j'aurais aimé me rouler et me salir. Peu importait la bouse et les noirceurs de ta vie intérieur du moment qu'il n'y avait pas de secrets.

Les nébulosités, les mauvaises pensées, les cruautés, les égarements, les incertitudes, les ambigüités et les jugements iniques ne m'ont jamais effarouché. Comment les tiens l'auraient-ils pu ? J'ai toujours été le premier à les gaspiller avec une certaine générosité, dois-je admettre. Le beau et l'idéal, autrement que dans une œuvre, ne m'ont jamais intéressé. Je suis tombé en premier amoureux de tes défauts, Charlotte. De ta fièvre, de ton arrogance, de ta démarche de paon. Je t'aime forte, je t'aime folle, faible, défaillante, déraillant, désobligeante, brutale, jalouse. Je t'aime attentive, excessive, sensible, perdue, à fleur de peau et incertaine.

Combien de temps as-tu perdu à te barricader ? J'aurais aimé être ton confident bien avant l'existence de ce journal. J'ai l'impression de te découvrir autrement que je t'ai toujours vu.

Je suis passé à côté de beaucoup de choses...
Je me suis dégommé la tête contre beaucoup d'autres.
Mais j'ai toujours l'impression de manquer d'expérience et de maturité quand il s'agit de comprendre vraiment qui tu es.
D'une manière un peu floue, un peu confuse, j'ai la sensation de ne pas savoir comment réagir face à cette découverte touchante... tu es vulnérable, Charlotte. Je ne le savais pas.

J'aimerais croire que seules les hormones et la grossesse ne sont pas à l'origine de ce trait de ta personnalité.

Je ne sais pas très bien comment sonne tous ces paragraphes pour toi mais sache que de l'autre côté de ce journal en papier, je souris. J'ai de la tendresse qui déborde de chacune de mes dents écarquillée par ce sourire. Je souris de la joie de te redécouvrir.


Passons aux choses sérieuses.


Certes, je déteste ton métier.
Mais je ne t'empêcherai jamais de faire ce qui te plaît. Seulement, le premier crétin que je coince à taguer une paire de moustaches et une dent noire sur les affiches publicitaires de ma femme, je lui pète les quatre membres.
Je ne peux pas envoyer de Stupéfix à tous les morveux de quatorze ans qui connaitront leurs premiers émois solitaires sur des films de toi.
Je ne peux pas empêcher les hommes de fantasmer sur tes courbes d'Entre deux Mondes.

Je ne peux pas et je n'en ai pas le droit. Surtout pas après ce que moi, je t'ai fait subir. Je ne m'excuse pas, prétentieuse ! J'égalise la balance.

Donc, va. Vis ta vie de starlette et mets-en plein la vue à ces ados, à ces pervers, à ces gamines qui voudront toute te ressembler, aux réalisateurs lubriques et aux producteurs gourmands.
Je sais que tu es forte. Entoure-toi bien. L'entourage compte beaucoup pour se protéger de ce milieu professionnel. Il faudra que tu me présentes ce Gary. S'il ne plaît pas... Je... rien du tout. C'est ta vie. J'accepte.

Quant à Eneas.
Lorsque tu seras moins fâchée, peut-être te décideras-tu à lui écrire un mot. Tu veux me raconter ce qu'il s'est passé ? Toujours est-il, pour avoir vécu fâché toute ma vie avec la mienne, laisse-moi te donner la seule leçon que je te donnerai à jamais : choie ta famille. Tu n'en as qu'une. Un mari, des copains, des copines, on ne sait jamais de quoi seront faits les 'demain'. Je manque cruellement d'une famille. D'un cadre. Même toute petite, j'aurais aimé en avoir une.

En ce qui concerne ton message de 15h du 11/01... Je t'aime, Charlotte.
Ma vie est compliquée en ce moment. Je ne sais pas où je suis, où j'en suis ou ce que je dois faire.

Je viendrai te voir demain soir. Dans notre pièce. Bon pour toi ?
Si tu dois travailler, j'attendrai.

Prends soin de toi.




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Walked out this morning
Don't believe what I saw
A hundred billion bottles
Washed up on the shore
Seems I'm not alone at being alone
A hundred billion castaways
Are looking for a home
(Police)

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MessageSujet: Re: Confidences intimes   Mar 3 Mai 2011 - 20:19

Mercredi 16 janvier 2013. Appartement de Yann Kenston, Tour Antarès, New-York.
9h30, heure de NY.


J'ai passé une nuit exécrable. J'aurais préféré ne pas me coucher si tôt et lire tes mots avant de m'endormir. Ils m'auraient apaisée et j'aurais rejoins Morphée avec le sourire plutôt qu'avec le coeur plein de colère.

Cette fois, c'est moi qui n'ai pas envie d'écrire dans le journal parce que je ne trouverais jamais les mots justes pour exprimer ce que je pense et ce que je ressens.
Je crois que c'est pour ça que je ne me "confie" pas, même à toi. Je n'ai jamais été habituée à dire et formuler les émotions qui m'habitent. Moi-même je ne sais pas toujours les qualifier exactement. Je suis une handicapée de l'expression des sentiments, c'est comme ça. Je trouve très compliqué de les écrire dans ce journal chaque jour mais j'ai envie de faire l'effort pour toi, ne plus mentir et ne plus rien cacher. Ceci dit, de vive voix, je ne sais pas si je serais capable d'en faire autant.
Mais il ne faut pas que tu t'inquiètes. Je ne dis jamais les choses, à personne. Même pas à Eneas que je considère pourtant comme mon frère. Mais avec lui, c'est différent. Je ne saurais pas comment l'expliquer mais je n'ai pas besoin de parler. Lui non plus. Un regard nous suffit à savoir ce que pense l'autre exactement et l'état dans lequel il se trouve. Je me suis toujours dit que c'était étrange et qu'il y avait un peu de magie là-dessous. Je crois que nous n'en saurons jamais rien.

Tout ça pour dire, si je me suis montrée distante et secrète avec toi, ce n'était jamais voulu. Je ne t'ai jamais consciemment tenu à l'écart de mes pensées et doutes, hormis en ce qui concerne l'Opposition. Si tu as l'impression que je l'ai fait, je t'assure que c'était de manière involontaire. Certainement ce vieil instinct de survie qui m'empêche de me dévoiler entièrement pour protéger cette vulnérabilité que tu as découverte. Si tu ne la connaissais pas, j'étais en revanche bien au courant de son existence. Depuis Ryan, je crois.
Tiens, un souvenir me fait sourire. Je ne sais pas si tu t'en rappelles, mais il me semble que je t'avais prévenu. C'était "avec difficulté".
Ca l'est toujours à la différence qu'aujourd'hui, même si le rempart est toujours là, aussi haut et infranchissable, je t'ai montré l'accès à la petite porte cachée qui mène à l'intérieur du château. Même si je doublais la hauteur du mur, tu pourrais toujours entrer. Même si je ne voulais plus que tu entres, tu auras toujours la clé.

Encore une fois, je ne sais pas si tout ce que je raconte a un réel sens ou but. Je crois aussi que, même si ça n'en a pas, ce n'est pas si grave au final. J'ai encore l'impression d'être brouillon mais je te livre mes pensées comme elles arrivent. C'est nouveau alors c'est forcément un peu rudimentaire...

Tu dis que tu ne comprends pas qui je suis. Moi non plus. Se connait-on vraiment soi-même un jour ?
Je ne comprends pas non plus forcément qui tu es, les choix que tu as fait notamment quand tu es parti. Beaucoup d'autres choses aussi. Je ne les comprends pas alors je réfléchis, je doute, je ris, je pleure. Ca ne m'empêche pas pour autant de te prendre tel que tu es et tout entier. C'est ça aussi que j'aime chez toi, ton mystère et tes surprises. Ne pas te comprendre et ne pas savoir ce que tu penses, ne pas pouvoir lire en toi comme dans un livre ouvert ni anticiper le moindre de tes gestes. J'aime ça. Tu es ma petite équation insolvable dont je chéris chaque inconnue.

Oula. Je commence à parler comme un mélange de Vector et Trelawney ! C'est de ta faute si je dis n'importe quoi, j'espère que tu es fier de toi. Je rougis.

Pour en revenir au reste.

J'ai envoyé ce matin un hibou à Eneas pour m'excuser de mon emportement, avant même de voir tes lignes. Il m'a dit ne pas m'en vouloir. Il est bien moins rancunier que moi... S'il m'avait dit la moitié des mots que je lui ai hurlé, je l'aurais crucifié sur place. Nous avons décidé de nous donner un peu d'air et de laisser le temps calmer les tensions. Je n'ai pas envie d'écrire ici ce qu'il s'est passé hier. Je te raconterais peut-être ce soir, peut-être pas. Il va me falloir un peu de temps pour digérer.
Je ne peux qu'être d'accord avec ton conseil. S'il y a bien une chose que je retiens de l'histoire Ryan c'est que je n'aurais pas dû couper aussi brutalement les ponts avec mes proches. Je le sais aujourd'hui et je m'en veux. Mais il y a toujours ce foutu orgueil... Si tu savais comme ça m'a coûté ce matin de m'excuser même par écrit. Quoiqu'il en soit, je ne compte pas faire la même erreur deux fois. Je sais que je lui ai fait du mal quand je ne lui ai plus parlé du jour au lendemain, à mes parents aussi. Je ne veux plus heurter mes proches même si je dois faire violence à ma fierté.
Je sais que ce ne sera jamais pareil mais j'espère qu'avec le petit être qui pousse dans mon ventre - qui vient d'ailleurs de cogner - et qui arrivera bientôt, tu pourras te sentir à l'aise dans une famille. Notre famille. Aussi minuscule soit-elle.

Pour le Cinémagik, je ne sais pas quoi dire. Je n'imaginais pas les raisons qui te faisaient détester ce métier. Encore une fois, je me soucie tellement peu des Autres que je me fiche de savoir si je vais éveiller du désir chez certains s'ils regardent mes films.
Ce n'est pas mon but. Je veux simplement continuer à m'amuser car je m'amuse réellement quand je suis sur un plateau. C'est un terrain de jeu de rôles immense sur lequel je peux mentir et devenir une autre sans qu'il n'y ait de conséquences néfastes. J'aime aussi l'idée de faire réfléchir les gens sur la complexité humaine et leur faire prendre conscience de leur part d'ombre. Ce que tu décris comme les pans de l'âme emplis de bouse et de noirceur.
Je suis consciente d'avoir un coin de mon coeur complètement noirci et empoisonné par la haine et la colère. Comme un pantin dans sa boîte qui se nourrirait de toutes les horreurs que j'imagine et que je ressens jusqu'à ce qu'il soit assez fort pour faire sauter le couvercle et s'échapper... Je ne sais pas ce qu'il se passera ce jour-là mais je le crains.
Ca par contre, je ne crois pas l'avoir jamais dit à quiconque.

Je te présenterais Gary si tu le souhaites. Tu verras que c'est une vraie tête à claque. Il m'a l'air aussi têtu que moi. Mais il est bon dans son travail. J'espère que ça se passera bien.
Voudras-tu que je te raconte mes journées de tournage ou tu ne préfères pas ? Tu peux dire non, je ne le prendrais pas mal.

Je vais filer. Les elfes de maison m'ont encore préparé un petit-déjeuner digne d'une reine.

Je t'embrasse et te dis à ce soir. Il me tarde d'y être.
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