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 Le dernier signe

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Loevi Leroy
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MessageSujet: Le dernier signe   Ven 25 Fév 2011 - 23:20

    Tokyo, Japon
    Lundi 25 février 2013

Cela faisait deux ans qu'Eleanor avait disparu de la circulation. Deux ans pile.

Après tout ce temps passé sans la moindre piste sérieuse, sans la moindre information, la moindre nouvelle, Loevi n'avait toujours pas abandonné. Elle gardait l'espoir douloureux que sa cousine finirait par réapparaître dans sa vie, comme si pas une seconde de ce cauchemar sans fin n'avait eu lieu. Peut-être refusait-elle simplement de voir la réalité en face, d'admettre que, peut-être, tout était perdu. Qu'elle ne reverrait jamais Eleanor, quoi que cela puisse signifier.

Au comble du désespoir, refusant de se laisser abattre comme l'année précédente, la jeune fille avait suivi le premier signe qui s'était manifesté à elle. Et, contre toute logique, cela l'avait menée ici, à Tokyo, encore une fois à l'autre bout du monde, sur une partie du globe qu'elle ne connaissait absolument pas. Et où, contrairement à la Russie, elle n'avait aucun repère. Pas de famille ; pas d'amis. Elle avait mis le pied en terre étrangère, incapable de prononcer le moindre mot que quelqu'un puisse comprendre. Complètement paumée.

Cela ne l'avait pour autant pas empêchée de mener ses recherches avec toute la détermination dont elle était capable. Elle avait non sans mal dégoté un employé de l'ambassade magique d'Angleterre et, usant de son nom et de sa fortune, l'avait convaincu de l'aider dans le plus absolu des secrets. Elle ne voulait laisser aucune trace de son passage - parce que, cette fois, elle croyait en sa réussite.

Elle trouverait Eleanor. C'était une certitude.

Tokyo était grande, plus grande que tout ce qu'elle avait imaginé. Il était facile de s'y perdre et elle avait souvent dû avoir recours à quelques sortilèges pour retrouver sa route, incapable de se rappeler des noms abscons affichés dans les rues ou sur les plans des lignes de train. Il y avait quantité de choses ici qu'elle trouvait déroutantes, bien plus que ce qu'elle avait pu voir en Russie, et sa propre ignorance l'agaçait prodigieusement. Pas parce qu'elle aurait voulu comprendre ce pays - non, elle avait seulement besoin de s'y retrouver pour ne pas perdre de temps à se heurter à son sens perturbé de l'orientation ou à la barrière quasi infranchissable de cette langue barbare.

Heureusement, son guide l'avait tirée de pas mal de mauvais pas, avec un sens inné de la diplomatie, et elle s'était bientôt retrouvée à errer sans but à travers la ville gigantesque, désœuvrée. Elle s'ennuyait à mourir, dans ces quartiers qui ne parvenaient pas même à attirer son attention pour autre chose que des grimaces de lassitude. Elle avait envie d'agir, elle avait besoin d'agir. Eleanor était là, quelque part dans cette ville, et Loevi devait patienter sans rien faire, en profitant du paysage et du temps clément de cette partie du monde. Or Loevi détestait attendre.

Immobile au milieu d'une ruelle piétonne surpeuplée, elle observait d'un regard perplexe la [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] d'une boutique de vêtements, où s'alignaient des robes colorées de petites fleurs et agrémentées de dentelles, aux jupes ultra courtes et bouffantes. A côté d'elle, deux jeunes asiatiques s'extasiaient devant les modèles, et l'anglaise leur jeta un coup d'œil presque incrédule, se demandant comment de telles gamineries pouvaient attirer des jeunes filles d'apparence si sage. Il était évident qu'elles avaient passé l'âge de jouer à la poupée, et pourtant...

Elle se détourna de la vitrine et leva les yeux sur la foule, remontant la rue jusqu'au croisement où elle débouchait sur la station de train. Elle distinguait à peine les voitures qui passaient au loin. Le grand panneau suspendu annonçant "[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]" était en revanche parfaitement visible bien au-dessus des têtes de ces gens minuscules, avec ses couleurs pastels et ses formes tarabiscotées.

Inexplicablement, elle eut une pensée pour Wyndham, son professeur particulier depuis près de deux ans, qui devait encore s'arracher les cheveux à se demander où elle pouvait bien être encore passée. Bien sûr, il n'était pas du genre à s'arracher les cheveux. Soupirer de lassitude, oui, sans doute, c'était plus son style. Il lui ferait encore un sermon à son retour comme il l'avait fait après son voyage en Russie mais, en dehors de ça...

Il n'était que son professeur particulier, désigné d'office après le départ en retraite anticipée du vieux bonhomme qui avait vaillamment tenté de s'occuper d'elle pendant près de deux ans. Il n'avait rien demandé à personne - il avait à peine débarqué à l'université qu'on lui avait refilé le pétard à retardement qu'elle était, sans lui demander son avis. Jusque-là, il s'en était plutôt bien tiré. Et, surtout, il n'avait pas de tendances cardiaques comme son prédécesseur. Elle devait au moins lui reconnaître ça.

Mais... Il était trop froid, trop distant, et en fin de compte, Loevi détestait ça. Il ne lèverait jamais le petit doigt pour elle, elle le savait. Elle avait eu conscience de ce fait dès la première seconde où leurs regards s'étaient croisés, dans le bureau du professeur, un an et demi plus tôt. Wyndham enseignait, et le reste n'avait aucune importance. Même si Loevi se montrait ostensiblement distraite, il poursuivait son cours avec la plus profonde indifférence. Il n'en avait que faire d'elle, de son nom ou de sa fortune. Elle n'avait aucune valeur à ses yeux. Elle n'était qu'une élève parmi tant d'autres.

Et ça, ça l'énervait plus que ça n'aurait dû.

Quelque chose attira soudain son attention, au milieu des couleurs et du bruit qui l'entourait. Elle tourna vivement la tête et faillit pousser un cri de surprise et de victoire mêlées. Eleanor ! Merlin et sa baguette ! Nom d'un troll bourré au Pur Feu ! Eleanor !

Elle bondit presque sur place avant de s'élancer dans sa direction, fendant difficilement la foule pour tenter de la rattraper. Avec une aisance enviable, Eleanor remonta la rue et traversa la chaussée ; arrivée quelques secondes plus tard, le feu passé au rouge, Loevi dut attendre que le flot de voitures s'estompe en trépignant comme une gamine impatiente. Elle pesta : elle venait de perdre sa cousine de vue. N'y tenant plus, elle courut le long du trottoir, tentant de l'apercevoir en face, et s'engagea sur la chaussée entre deux véhicules qui se suivaient de près, parfaitement inconsciente du danger.

Ça y était ! De l'autre côté du pont surplombant les rails, près de l'entrée d'un parc débordant de verdure, elle reconnut la chevelure d'ébène de sa précieuse cousine. Elle accéléra l'allure et pénétra à son tour dans l'enceinte du jardin, la suivant d'aussi près que possible. Il y avait moins de monde ici, mais elle ne voulait pas l'aborder n'importe comment. Maintenant qu'elle l'avait retrouvée, elle se découvrait un frisson de peur, d'appréhension ; et si tout ne se passait pas comme elle l'espérait ?

Elles arrivèrent à la [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] d'un grand temple Shinto, et Eleanor regarda autour d'elle, comme si elle se savait suivie. Son regard tomba sur Loevi et, après un bref instant de flottement, elle s'écarta sur la droite, quittant le chemin pour s'engager dans la forêt qui bordait le temple. Sans la moindre hésitation, Loevi fit de même. Elles marchèrent en silence sur quelques mètres, assez pour ne plus entendre les gens, autour de la fontaine de purification, à quelques pas l'une de l'autre.

Enfin, après ce qui parut un siècle à la pauvre étudiante bouleversée, Eleanor s'arrêta et se tourna vers elle. L'expression affligée que montrait son visage serra le cœur de Loevi. A ce moment seulement, elle se demanda ce qu'avait pu vivre Eleanor durant ces deux années, et pourquoi elle se trouvait ici, aujourd'hui, si loin de chez elle - et de sa cousine. Elle en eut du mal à respirer.


-Tu n'aurais pas dû venir ici, commença Eleanor, ébranlant les dernières convictions de Loevi.

Que... qu'est-ce que ça voulait dire ? Elle n'était pas heureuse de la revoir, après si longtemps ? Elle ne ressentait pas la moindre joie à l'idée de savoir que sa précieuse parente l'avait cherchée, tout ce temps, sans jamais baisser les bras ? Pourquoi cette réaction ? Une larme silencieuse dévala la joue pâle de Loevi. Suivie d'un "Pourquoi ?" à peine audible.


-Tu aurais dû m'oublier, Evy, reprit Eleanor, de cette même voix inquiétante de lassitude. Tu aurais dû tourner la page dès que je suis sortie de ta vie.

-Non ! Je n'aurais jamais pu faire ça, tu le sais pourtant... Tu comptes bien trop pour moi, tu es comme une sœur, tu le sais ça, non ? Tu sais que je t'aime comme une sœur...

-Non, tu te trompes, murmura Eleanor en secouant légèrement la tête. Je ne suis qu'une chimère, Evy. Une affabulation qui n'aurait jamais dû intervenir dans ton existence.

-Je ne comprends pas...

-Tu n'as pas besoin de comprendre, Evy. Je préférerais que rien de tout ceci ne soit jamais arrivé. Je suis désolée, Evy. Tu as gardé mon souvenir en toi, mais je vais devoir l'effacer. Aujourd'hui, je disparais de ta vie. Adieu.

Elle leva la main, pointant sa baguette en direction de sa cousine qui, abasourdie, eut tout juste le réflexe de brandir sa baguette à son tour pour repousser le sort d'Oubli lancé contre elle. Et, comme longtemps auparavant dans cette volière où leurs sorts, se heurtant, avaient fait voler la réalité en éclats, leurs rayons entrèrent en collision, projetant des myriades d'étincelles multicolores autour d'elles dans un fracas indescriptible.

Lorsque le calme revint enfin sur le parc pétrifié par la stupéfaction, il n'y avait plus qu'une jeune fille maigre, au visage trop pâle et aux cheveux couleurs chocolat, allongée inconsciente au milieu des arbres miraculeusement épargnés. D'Eleanor il n'y eut plus jamais aucune trace.
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