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 Meyer's Mad Stars

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Ellias MacInerty
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MessageSujet: Re: Meyer's Mad Stars   Mar 22 Mar 2011 - 19:50



Ellias n'avait jamais rien vu de pareil. Comment est-ce qu'une simple petite question pouvait mettre quelqu'un dans cet état là ? Il n'avait que posé une simple petite question et … Son état avait soudainement empiré comme ça. Elle se pencha en avant, et pour avoir vu cette scène des centaines de fois lors de ses services à St Mangouste, il tira son neveu en arrière juste à temps.
Ellias avait un solide estomac, endurci par des milliers de scènes peu ragoûtantes, mais son neveu lui, ne put retenir une grimace écoeurée. Ellias poussa doucement son neveu assez loin de Miss Shelter et s'approcha pour prendre sa température, elle avait nettement remonté contrairement à tout à l'heure quand il l'avait retrouvé dans le couloir.

- Μου πήρε μετά από την αναχώρησή σας και να πει τα πράγματα είναι πολύ δυσάρεστα.
Αν το δοκιμάσω εγώ, ορκίζομαι θα σας έντερο με κομμάτια μοβ άνθη κούπα του αγαπημένου φίλου σας ...


Ellias ne s'y connaissait pas en langues étrangères, mais il aurait pu jurer que c'était du grec ou quelque chose comme ça. Il posa son index sur ses poignets et remarqua que son rythme cardiaque s'était accéléré. Mais elle n'était pas malade, ce n'était pas un virus ou quoique ce soit de connu parce que ça ne pouvait pas prendre aussi vite, elle était en bonne santé quand elle était arrivé, ça il aurait pu le jurer sur sa propre tête.

- Vraiment... Il faut que je rentre...

Ellias acquiesça, dans cet état là, il était absolument d'accord avec elle. Et il pourrait peut-être l'aider en quoi que ce soit. Elle n'était pas en état de conduire sa voiture mais il pouvait peut-être la raccompagner puisqu'il savait où elle habitait, en plus, ça lui permettrait de s'échapper à cette soirée qu'il avait en horreur depuis le début de sa carrière dans le milieu de l'art. Alors …

• Est ce que vous voulez que je vous appelles un taxi ?

La réaction fut instantanée, elle eut l'air de se sentir encore plus mal qu'avant vu la grimace qu'elle fit, on aurait dit qu'elle avait mal au crâne. Et le jeune homme s'en voulu presque immédiatement, il avait enfin compris et n'avait rien fait pour l'empêcher d'avoir mal. Ce n'était pas une maladie normale mais quelque chose de magique et il ne l'avait pas vu avant. Quel piètre médecin il ferait plus tard c'était affligeant. Surtout qu'en plus, il voulait rentrer dans le service des Charmes et des Sortilèges.

- Non, je ne sais pas... Je n'en sais rien... Je ne peux pas répondre... Je ne sais pas... Je ne sais pas... Aucune idée... Que voulez-vous que je dise... Je ne sais pas... Quelle était la question ? Pourquoi ? Quelle importance ? Je ne sais pas... La vérité ? La Terre n'est pas tout à fait ronde .... Van Gogh ne s'est pas complètement coupé l'oreille, il restait un cartilage... Oh merde... Putain de merde...

Avec un regard outré, il plaqua ses mains sur les oreilles de son neveu en entendant le premier gros mot. Wesley lui jeta un regard tout à fait innocent avec un grand sourire. Ellias savait parfaitement que son neveu avait dû entendre pire mais quand même, pour le jeune homme un enfant ne devait pas avoir à entendre des choses pareilles, même s'il les avait déjà entendu auparavant.

- Posez-moi une question simple, vite, avant que je m'évanouisse !

Ellias la dévisagea sans comprendre, la seule chose qui lui était évident c'est que le truc dont elle était atteinte l'atteignait vraiment. Si Ellias n'avait pas déjà vu des sortilèges faire des ravages bien plus important sur des autres sorciers, voire Moldus, il aurait vraiment paniqué. Quoiqu'à la réflexion, son cerveau était en train de marcher en mode veille. La situation lui échappait sans s'arrêter un seul instant pour permettre à un de ses neurones de capter et comprendre le message. Pourtant la situation semblait plutôt grave là, Miss Shelter avait vraiment l'air particulièrement mal en point. Wesley lui aussi la regardait sauf que lui devait vraiment avoir l'air intelligent contrairement à son oncle.

• Est ce que Vil Coyote a déjà tenté de tuer Bip Bip ? s'écria Wesley avec un éclat intelligent dans les yeux.

Le jeune homme regarda son neveu avec un air qui devait être encore plus incrédule que celui qu'il arborait quelques minutes plus tôt. Mais déjà, elle semblait déjà aller un peu mieux mais ce n'était pas forcement mieux pour autant. Il se força à se ressaisir un peu, et posa sa main sur le front de sa nouvelle artiste. Sa température semblait un peu baisser, même très vite. Pareil que pour son rythme cardiaque. J'ai soupiré, c'était beaucoup mieux ainsi. Dites donc, si des situations pareilles le faisait tellement paniquer, il n'avait pas vraiment sa place dans le milieu de la médecine.

Tient ! Même son neveu s'y mettait, il le regardait d'un air navré en secouant la tête d'un air de reproche. En temps normal, il ne l'aurait pas tolérer mais là, la situation était nettement différente et il pouvait le tolérer. Mais ce n'était qu'une exception à sa politique de rendre son neveu mois pourri gâté. Même si les exceptions se multipliaient de plus en plus en ce moment. Il faudrait qu'il les stoppent un peu d'ailleurs.

• Quoi ? demanda t-il à son neveu qui n'arrêtaient pas de le regarder toujours avec ce petit air. Et si t'allais chercher du jus d'orange hein ?

Il s'éloigna avec un air supérieur et Ellias soupira profondément et enterrant au plus profond de lui l'agacement qui commençait à le prendre. Puis il se tourna vers Alitheia. Il aurait voulu lui demander comment elle allait mais apparemment elle faisait une allergie sévère aux questions
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Alithéia Shelter
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MessageSujet: Re: Meyer's Mad Stars   Mar 22 Mar 2011 - 22:48

• Est ce que Vil Coyote a déjà tenté de tuer Bip Bip ?

La voix enfantine de Wesley perça le brouillard comateux dans lequel je m'enfonçais.
Cette question ne nécessitait même pas de réponse tant cette dernière était évidente. Elle chassa l'alarme 'REPONDS' de ma tête. Ma température retomba. Bénis soient les enfants et leur vitesse de réaction. Sans la présence d'esprit du neveu d'Ellias, qui sait jusqu'où tout cela aurait pu me mener. Je frémissais à cette pensée. Mieux valait arrêter de réfléchir. J'avais eu mon compte de cervelle détraquée pour la soirée. Et je l'avais payé cher.
La migraine persistait mais j'avais l'habitude, je pourrai la supporter. Au fond, les retombées sur mon organisme ressemblaient beaucoup à une vilaine gueule de bois. Ca me rappellerait qu'une fois encore, j'avais failli mourir, et puis que je l'avais échappée belle. Maigre consolation. Enfin, j'étais toujours en vie...

Je rejetais la tête contre le dossier du fauteuil de bureau. Les larmes montaient. Un énième effet secondaire. Si si, je vous assure... Mais oui, bien sûr !

J'en avais marre de tout ça. Mensonges, vérités, questions, réponses... L'essentiel du mode de communication humaine s'apparentait à un fusil chargé, armé, posé sur ma tempe en permanence. Je reconsidérais la possibilité de finir hermite... Et ouvrais finalement les yeux.

Ellias se tenait près du fauteuil. Une main encore posée sur mon poignet. Réflexe de médecin/guérisseur. Le pauvre avait dû en voir de toutes les couleurs ce soir. Par ma faute. Sans parler du gamin. Les pauvres !

- Je suis profondément désolée, lâchais-je d'une voix à peine audible.

Le mal dont je souffrais était unique, incurable. Hormis ce médicomage de Ste Langouste (il me semble que c'est un nom de ce goût-là) à qui j'avais dû déclarer mon problème en venant m'installer à Londres, personne dans ce pays ne connaissait mon triste état de santé. Le mage en question réprouvait ma façon de vivre. Il disait chaque année à la visite de contrôle que je prenais de gros risques en cumulant les activités de groupe et les rencontres, les visites de lieux publics, etc. Personnellement, je n'étais pas d'accord. Il suffisait d'un individu mal intentionné pour me mettre au tapis. Quelqu'un qui me connaisse très bien. Rester uniquement avec mes proches se révélait aussi dangereux que déambuler au milieu d'une foule d'inconnus. De toute façon, j'avais depuis longtemps abandonné l'idée de vivre vieille.

- D'ordinaire, les questions ne posent pas autant de problème. Mais Cavendish a l'art et la manière de parler de choses qui fâchent. Et j'ai perdu le contrôle...

Faible et pitoyable excuse. Je ne possédais rien d'autre en stock. Pour cela, il faudrait attendre 36h de sommeil ininterrompu et une solide cure de solitude afin que je puisse m'en remettre.

- Si vous désirez obtenir quelques précisions, formulez vos questions pour les rendre affirmatives. Très franchement, je ne suis pas certaine d'arriver à encaisser un autre interrogatoire ce soir.

Je me redressai une seconde pour voir si la gravité allait me porter assistance et me laisser me mettre debout sans me jeter le sol à la figure. L'Univers lui-même conspira avec cette pimbêche. Je restais clouée au fauteuil. De guerre lasse, cette situation embarrassante m'arracha un soupir.

- Pourrez-vous m'aider à rentrer chez moi quand je serai en état de me lever ?

Je croisais les bras sur ma poitrine. Il ne faisait pas particulièrement chaud dans ce bureau. J'étais gelée. Un tas de porcelaine décorée de violettes attira mon regard. Oups ! L'ex-tasse gisait sur le bureau, à côté d'une pile de dossier de 4cm d'épaisseur. Deux raisons pour l'employeur d'être furax si elle passait la porte du bureau incessamment. J'avais toutes les chances de m'en sortir : personne dans le camp des Gentils ne frappait un blessé ou une personne à terre. Ellias en revanche...

- Je vous prêterai mon immunité auprès de votre patronne si vous voulez. Vous n'aurez qu'à dire que je suis responsable de tout ce bazar. Après tout, c'est la vérité.


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MessageSujet: Re: Meyer's Mad Stars   Jeu 24 Mar 2011 - 15:54

Pour un peu, Ellias se serait effondré sur sa chaise et serait resté là comme un légume en s'efforçant de ne penser absolument à rien. Or, sa chaise était occupée, et il ne pouvait décemment pas demander à celle qui l'occupait de la désoccuper.
Il se posa donc sur son bureau en attrapant, sans vraiment y penser, sa bouteille de scotch. Pour une fois, il aurait bien apprécier de se prendre la cuite de sa vie si celle ci lui avait permis de tout oublier de cette soirée. Et d'oublier surtout toutes les bizarreries qui s'étaient produites et qui étaient liés à Shelter. Pourtant elle n'était pas sorcière, il l'aurait pu le jurer, mais elle était affectée d'une maladie de base sorcière, ça il l'avait assez vu pour pouvoir le reconnaître dès le premier regard. Elle devait avoir des ennemis qui la détestait vraiment beaucoup pour que ce soit à ce point là. Être à l'article de la mort à chaque fois qu'elle devait répondre à une question, c'était vraiment cruel. Et le jeune médecin n'avait jamais vu ça. Dès qu'elle serait remise, il faudrait vraiment qu'il lui pose la question pour avoir si elle connaissait le nom de son mal ou pas. Mais à vue de nez, on aurait dit qu'on lui avait ait avaler un sérum de vérité particulièrement puissant. Avant de se souvenir que l'on ne pouvait pas éviter de répondre une question en changeant de langage lorsque l'on était sous Véritasérum. Il était vraiment nul comme médecin.

Et il pensa, histoire de bien s'achever, qu'il allait vraiment devoir briser son projet pour le dépourrigâtiser, parce que là il le méritait vraiment. Peut-être une caisse complète de chocogrenouille pourrait vraiment lui faire très plaisir, et déculpabiliserait son oncle à coup sûr. Pour lui, un week end dans un bar avec ses amis devant un bon match de rugby le défoulerait sûrement pour quelques heures. Au moins, un week-end sans s'approcher de cette galerie qui attirait les tordus et les extra terrestres. Il profiterait d'ailleurs de ce week-end pour essayer de penser s'il était vraiment fait pour le métier de Médicomage où s'il ferait mieux de rester faire de la paperasse pour Vicky et d'autres moldus.

- Si vous désirez obtenir quelques précisions, formulez vos questions pour les rendre affirmatives. Très franchement, je ne suis pas certaine d'arriver à encaisser un autre interrogatoire ce soir.

Ellias hocha énergiquement la tête en signe négatif, les chances qu'il retente tout de suite de poser de simple question frôlaient le zéro absolu. Voire même carrément plus. Il préférait ne prendre aucun risque de prononcerait plus de phrases en sa présence qui commenceraient par les mots Qui, Que, Quoi, Comment, Pourquoi ou encore Est ce que. Sans oublier tous leurs dérivés auxquels il n'avait pas pensé pour ne pas s'être encore ressaisit. Ce que, au passage, il devrait se dépêcher de faire avant que Wesley ne revienne avec le jus d'orange. A la réflexion, le jus d'orange n'était peut-être pas une si bonne idée, il y avait certes beaucoup de vitamines dans cette solution mais elle avait surtout besoin de beaucoup dormir, et le jus d'orange ne l'aiderait vraiment pas à dormir aussi vite qu'Ellias pourrait l'espérer pour une malade de ce genre.
Tient justement, voilà qu'il arrivait.

• Wesley tu peux aller reposer le jus d'orange en fait ! Puis en voyant la grimace de son neveu s'étaler sur son visage, il ajouta avec un sourire d'excuse : Désolé.

Puis il se retourna vers Shelter pour voir si son état continuait de s'améliorer ou pas. Elle avait toujours l'air vaseuse, mais ce n'était pas pire que quelque minutes plus tôt.

- Pourrez-vous m'aider à rentrer chez moi quand je serai en état de me lever ?


Il acquiesça, lui même se refusait à la laisser repartir toute seule, la moindre des choses s'était bien évidemment de la raccompagner, par contre le problème était qu'ils étaient venus en taxi et que son antique voiture dormait depuis très longtemps au fond du garage de son immeuble. Ce qui voulait dire qu'il allait devoir repasser pour la prendre parce qu'il était absolument hors de question de la laisser prendre le taxi toute seule, au cas où le taxidermiste se mettait à lui poser des questions indiscrètes, elle ne l'y aurait vraiment pas survécu.

• Évidemment ! Par contre, il faudrait repasser à la maison pour récupérer la voiture, désolé.

Ellias avait appelé un taxi à l'aller pour éviter à Wesley d'avoir à marcher, mais là ils allaient bien être obligé de marcher, impossible de laisser l'occasion à quelqu'un d'embêter Shelter avec des questions intempestives. Hors de question de la laisser reprendre ce risque.
Avec un soupir, il se dirigea vers la salle d'exposition, un peu moins bondée que tout à l'heure mais quand même encore bien garnie de riches collectionneurs et de mécènes intéressés. Si seulement il savait quel type avait peint le tableau qui les ravissait complètement. Bref, il fonça au vestiaire et récupéra ses affaires et celles de son neveu ainsi que celles de Miss Shelter. En repérant Vicky, il baissa la tête et fonça pour retourner dans les bureaux, si elle le chopait avant qu'il ait réparé la tasse, toutes les immunités du monde n'y changeront absolument rien, le résultat serait le même : lui dans un cercueil. Il haussa un sourcil en s'entendant lui même parler de sa mort. Il était d'humeur lugubre ce soir.

• Bon Wesley !Tu enfiles ton manteau et tu mets ton écharpe,
commanda t-il en mettant son propre manteau. Shelter …

Il releva la jeune femme avec la douceur qu'il employait avec ses propres malades et posa le manteau de la jeune femme sur ses épaules en fermant juste le premier bouton mais, il n'avait pas le courage de lui mettre les manches. Il se retourna pour vérifier l'accoutrement de son neveu, qui avait focalisé de nouveau son attention sur ses précieuses cartes, donnant une image fugitive à son oncle d'un certain hobbit à la voix traînante et schizophrène. Il s'étira de nouveau, et prévenant à l'avance sa cargaison avec un "Accrochez vous, Shelter !", il l'a prit dans ses bras et la souleva, songeant que son dos allait hurler pendant dix minutes quand ses muscles se relâcheraient.

Heureusement, son neveu capta très vite qu'il n'avait pas l'attention de lui courir après dans toute la ville avec une malade dans les bras et il n'eut même pas à lui demander de ne pas s'approcher du bord de la route. Le jeune homme s'entêta néanmoins à ne pas adresser la parole à Alithéia de peur qu'une question lui échappe des lèvres, ce qui n'empêchait pas son neveu de lui raconter la vie de chaque personnalité qu'il avait en cartes et leur découverte. Lui offrant ainsi un magnifique exposé sur l'Histoire de la Magie revisitée par Wesley De Baenvol.
Il se concentra surtout ses mouvements histoire d'amortir tous les chocs qui pouvaient déranger l'artiste de sa galerie, ce qui faisait d'elle un objet à protéger aux pris de sa vie… ou moins de pas mal de courbatures pour le lendemain.

Plus que quelques marches et il serait enfin de retour chez lui, mais pas pour avoir la satisfaction de se jeter sur son canapé comme un cachalot échoué ou de dormir comme, un cachalot qui a le ventre plein. Oui, l'honneur était aux images de cachalot aujourd'hui. Mais pour coucher Wesley, retrouver les clefs de sa voiture dans son fouillis et de reprendre la route pour ramener Shelter chez elle. Quel planning en perspective ! Il ne rêvait que d'une bonne tasse de thé et une douche chaude. Mais il ne le pouvait pas, c'était triste mais au moins il pouvait se réconforter en se disant qu'il était utile à quelqu'un

Enfin à l'intérieur, Wesley aillant sérieusement bien aidé en obligeant son oncle à se contorsionner pour que celui puisse récupérer ses clefs dans sa poche de manteau, manquant de les faire renverser tous les trois grâce au légendaire équilibre d'Ellias. Et ouvrant la porte d'un coup de pied, il alla déposer la demoiselle en détresse sur son canapé. Ses bras crièrent de soulagement, après un quart d'heure de marche avec Shelter dans les bras, on pouvait très facilement les comprendre. Mais malgré tout, il chopa son neveu à la taille et l'emmena dans sa chambre à la tête à l'envers. En lui ordonnant de se mettre en pyjama et d'être endormi quand son oncle reviendrait.
Parce qu'étant donné que son appartement était un foutoir son nom, il préférait ne pas trop laissée leur invitée, elle risquerait peut-être de finir étouffée en dessous d'une avalanche de catalogue de cuisine. Alors il préférait vite l'occuper.

• Tonton ?


Ellias se retourna en entendant la petite voix de son neveu parvenir de la montagne de couverture sous laquelle il était.

• Oui ? Tu veux de l'eau.

Il haussa les sourcils d'un air déçu par les neurones déficients de son oncle avant de lâcher le morceau.

• Tu sais, aucune fille ne vienne ici ! Tu veux pas avoir une maman comme la mienne pour être avec toi ?

Ellias ne put faire autrement qu'éclater de rire, mais apparemment son neveu n'était pas d'humeur à rire, lui. Il fit une petite grimace et le dévisagea furieusement. Il était d'ailleurs trop mignon avec cette tête là.

• J'ai largement le temps d'en trouver une, ne t'inquiète pas pour moi.

Il lui sourit et sortit de la chambre pour revenir au salon pour constater qu'elle n'avait pas été enterrée vivante sous des piles de catalogues.

• On y va ? Par contre j'espère que vous pouvez marcher, mon dos n'y survivra pas
, précisa t-il en haussant un sourcil.
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MessageSujet: Re: Meyer's Mad Stars   Mar 29 Mar 2011 - 20:55

• Évidemment ! Par contre, il faudrait repasser à la maison pour récupérer la voiture, désolé.

Je considérai la réponse avec étonnement. Enfin, dans la mesure où mes neurones arrivaient à peser les paroles d'Ellias. Je suppose qu'il avait fait le tour de ma question afin de choisir la meilleure option. Il ne semblait pas envisager de nous faire prendre un taxi. J'en retirai un premier vrai soulagement. Les taxis n'ont jamais été mon truc. Il faut se battre pour en trouver un. Généralement les autres usagers n'ont aucun scrupule à vous écrabouiller si cela leur permet de vous coiffer au poteau. Ou alors il fait un temps de chien et là, ce sont les taxis qui choisissent mystérieusement cet instant pour disparaître corps et biens. Dans le dernier cas, vous tombez sur des chauffeurs bizarres. A la limite, la bizarrerie de ces individus ne me pose pas de problème. Toutes catégories confondues, on pourrait me décerner un prix du Bizarre, alors ce n'est pas moi qui m'amuserait à les juger, eux. Mais leur côté bavard sympathique, bavard rasoir, bavard tout court, est mauvais pour ma santé. Carrément contre indiqué dans mon état actuel. J'estimai donc d'autant plus la présence d'esprit de McInerty de les éviter... Pour m'apercevoir qu'il s'était éclipsé hors du bureau pendant mes cogitations brumeuses.

• Si je devais vous demander un truc sans poser de question, je dirais comment Tonton a fait pour vous connaître, Madame Shelter, parce que d'habitude je ne le vois jamais avec personne en dehors du travail.

Je tournai la tête vers Wesley. Je connaissais quelques gamins de son âge. Dont des jumelles vivant en Irlande, près de Dublin. Jamais encore je n'avais rencontré un autre nain de jardin aussi malin qu'elles deux réunies. Je m'étais posée la même question. Parce que mon nom ne figurait sur aucune sorte d'annuaire des Parfaits Petits Artistes Locaux. Il m'avait d'ailleurs vaguement répondu. Sans me convaincre. Le fin mot de l'histoire, c'était Vicky qui me l'avait donné. Quand j'étais allée signer son contrat. Elle avait entendu parler de moi par des connaissances communes. Le bouche à oreilles avait fait le reste.

- Tu veux dire que ton oncle n'a pas d'amis ?
• Tonton est trop occupé. C'est parce qu'il est célibataire.
Traduction : parce que je suis là.

Je souriais malgré moi. Normalement, le célibat limitait vos obligations, et non le contraire. Je décelais dans le ton du gamin une note attristée. A mon avis, il croyait que son oncle se refusait toute vie sociale à cause de lui. Ca pouvait se comprendre. Si j'avais un enfant à charge, je suppose que j'aurai une vie un peu plus rangée. Moins de voyages à l'étranger, moins de nuits blanches dédiées à la peinture, plus de soirées arrosées avec mes amis... Quoi que. Oui, la présence d'un enfant vous changeait le quotidien. C'était indéniable.

- Je vois.

Le principal intéressé refit surface. Wesley se pinça les lèvres. Discussion close. Je hochai discrètement la tête.

• Bon Wesley !Tu enfiles ton manteau et tu mets ton écharpe, dit-il, endossant son propre manteau.

• Shelter …

Je pesai sur les accoudoirs. Il m'aida à me relever. En quelques secondes, mon manteau reposait sur mes épaules, boutonné près du col.

• Accrochez vous, Shelter !
Traduction : je m'apprête à faire quelque chose de potentiellement gênant et fatiguant mais ne vous méprenez pas, c'est strictement professionnel.
* Mais oui, bien sûr ! *

Quoi ?!

- Attendez... Je peux march...


Il me souleva de terre avant que je puisse protester jusqu'au bout. Hé ! En me tenant le bras, je pouvais marcher ! Mince, je n'étais pas en sucre !

* Tes jambes sont en tagliatelles ma grande ! Laisse faire le med-mage ! *

J'ai horreur de ça. A la base, tout au fond, j'exècre ce genre de faiblesse. Celle qui pousse des personnes bien attentionnées comme Ellias à porter les loques humaines comme moi. Parce que ça faisait précisément de moi une loque humaine. Incapable de tenir seule sur ses pattes. Obligée de s'appuyer sur l'épaule de quelqu'un.

* Précisément ! *

J'espérai que le trajet ne dure pas indéfiniment. Outre l'humiliation d'être trimballée à travers Londres par un chevalier en armure ès McInerty, l'immobilité risquait de me faire sombrer dans le gouffre de sommeil qui suivait généralement mes crises.

* D'ailleurs ce serait bien que tu gardes les yeux ouverts *

Oups !

J'atterris dans tous les sens du terme quand mon preux chevalier me déposa sur le canapé de son salon. (* Mouahahahaha * , c'est bon là ! Inutile d'en rajouter...)
Je ne voulais même pas imaginer comme cette marche avait dû l'épuiser. Il disparut avec son neveu sous le bras. J'étais bonne pour m'endormir, alors je me hissai vers le bord et me mis debout. Un de mes pieds maladroits buta contre une pile de catalogues appuyés à l'un des coins du canapé. Je reculais, et cette fois, mon autre pied glissa sur une autre revue.

Bravo Ali ! De mieux en mieux !

Je jetai un coup d'œil.

Les omelettes françaises, spécialités de la Mère Poulard...

Ellias aimait cuisiner, il me l'avait dit quand il était passé chez moi la dernière fois. De là à vouer à cette discipline un intérêt suffisant pour s'abonner à des revues hebdomadaires... Je reposais la semelle de ma chaussure à côté. L'article de la seconde page visible était une recette de cuisses de grenouilles. Ces français mangeaient vraiment n'importe quoi ! Berk !

Tout le salon semblait envahi. Revues, vêtements laissés sur différents dossiers de sièges... Une baguette magique trônait en haut d'une étagère, quelques photographies bougeaient dans leur cadre. Mais ici et là, je notais une existence simple, mixée sorcière et moldue. Un peu comme chez mes parents. Avant.

* Attention, tu oscilles sur tes jambes *

Je me concentrai pour garder l'équilibre. Et les yeux ouverts. Si je m'endormais maintenant... Un tremblement de terre ne suffirait pas à me réveiller. Pas avant plusieurs jours.

• On y va ? Par contre j'espère que vous pouvez marcher, mon dos n'y survivra pas.

- Pas de problème, répondis-je, surprise par son retour.

Nous sortîmes. Aussitôt le sol tangua.

* Allez bouge ! Un pied devant l'autre. Tu peux le faire, tu dois juste avancer...*

Je ne sais toujours pas comment ça m'est venue.

* Quoi donc ?*

Après une crise, ma voix intérieure se dote d'une volonté propre. Elle parle à tort et à travers dans ma tête. On pouvait s'attendre à ce que je devienne folle, moi la première. Ca aurait même pu arriver bien plus tôt, avec mon organisme infusé au Véritaserum. On le devenait aussi pour moins que ça. Je l'entendais depuis ce fameux coma, survenu l'année de mes dix-sept ans à Orléans. Quelques jours après mon réveil, elle s'était mise à ponctuer mes propres tentatives pour digérer le traumatisme. Celui d'avoir limite vécu une tentative d'homicide volontaire que je devais à l'inconscience de ma mère.

Mais je sais de ce qu'elle est. Je sais faire la part des choses. Tant que je ne suis un danger pour personne, je ne vois pas où est le problème. D'ailleurs aucun médicomage ou médecin n'est au courant. Parmi la longue liste d'effets secondaires de mon mal, elle figure entre « sautes d'humeurs » et « troubles de sommeil » sur une ligne imaginaire.

D'habitude, je l'ignore, comme presque tout le monde. Là, il faudrait patienter. D'ici trois-quatre jours, je ne l'entendrai plus. Pas avant la prochaine crise. Tout allait bien !

* C'est ce qu'ils disent tous !*

Je haussai les épaules et suivis McInerty jusqu'à l'endroit où il avait garé sa voiture.



Dernière édition par Alithéia Shelter le Dim 17 Avr 2011 - 18:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Meyer's Mad Stars   Mer 30 Mar 2011 - 23:10

Ellias se sentit coupable de la laisser comme ça. Comme si elle allait s'effondrer par terre et se transformer en flaque visqueuse sur le sol. Elle n'avait vraiment l'air rien. Ce n'était pas forcément méchant dans l'esprit d'Ellias. Parfois c'était bien de ressembler à rien. On ressemblait à … bah à rien pour commencer mais au moins on se démarquait des autres puisque l'on ne ressemblait à rien de connu pour être comparé. Donc on se démarquait, donc on était différent donc … on était différent et s'était pas mal.
Mais là, pour l'occasion, ce n'était pas vraiment un compliment, même si Ellias se sentait vraiment coupable de penser ça. Soyons réaliste : elle allait pas tarder à rendre son petit déjeuner, avec la chance qu'il avait ce soir, elle allait faire ça dans sa voiture et il serait bon pour nettoyer. Ce qui était loin d'être cool. Vraiment loin d'être cool.

* Pitié, pitié, pitié. S'il y a un Dieu quelque part, je sais qu'il ne s'est jamais vraiment soucié de moi, mais par pitié, fait qu'elle ne gerbe pas dans ma voiture. Allez, c'est la première fois que je te demande un truc *

Oui, dans ce genre de situation, les prières étaient une alternative qu'Ellias s'accordait en théorie. Alors pour une fois, il le faisait de la théorie une pratique. Il se le devait bien. Et puis ce n'est pas comme s'il le faisait tous les jours. Bon, peut-être mais c'était vraiment des jours où il avait besoin de trouver la foi. Du genre les matins où Wesley en apercevant le contenu de son assiette s'asseyait en posant ses mains sur sa bouche. Ces jours là, Ellias avait besoin de courage, en partie parce qu'il fallait le choper, faire en sorte qu'il arrête de se débattre, décoller ses mains de sa bouche et lui faire avaler son petit déjeuner. Et bien c'était pour ça qu'il préférait prier, plutôt que de frapper quelque chose ou d'éclater en sanglot. Ces matinées là étaient plus longues que les autres.

Il jeta un coup d'œil à sa droite, elle tanguait dangereusement. Mais il ne pouvait pas la reporter. En raison de son dos premièrement, et puis elle n'avait pas franchement eu l'air d'apprécier d'être trimballée comme ça. Donc Ellias en avait prit note mentalement un peu sous la forme de : Ok, noté, je ne dois pas porter Shelter quand elle est malade même si c'est pour quelque rues. En fait, ça venait juste après : Ne pas parler de cuisine espagnole à Vicky, aussi distrayant que cela peut-être, quand elle est penchée sur ses factures de cartes bleues et que le verre de Téquila posé à côté d'elle indique que la pilule à du mal à passer.

• Ca va ?
demanda t-il avant de se traiter mentalement d'idiot.

Que croyait-il qu'elle allait répondre ? Sérieusement ? Ca n'allait sûrement pas être : Oui ! Tout va super bien ! C'est pas comme si j'allais pas tarder à m'écraser face contre sol et que je tangue plus qu'une quille qui vient d'être frolé par une boule. Métaphore pitoyable pour désigner Alithéia comme la quille et Cavendish comme la boule, parce qu'il était un boulet et que c'était de sa faute si Ellias jouait le taxi alors qu'il aurait mille fois préféré veiller son neveu. Parce que c'était lui qui allait se taper la crise de culpabilité parce qu'il l'avait laissé tout seul. Et elles étaient particulièrement sévère s'il se passait quelque chose pendant son absence. Genre le jour où il avait retrouvé son neveu assis dans un coin du salon fixant la télévision éteinte, par ce que ce jour là, les piles avaient cessé de fonctionner et qu'il avait passé tout l'après midi à fixer l'écran. C'était assez flippant dans un sens. Mais bon maintenant il savait où trouver les piles, et puis de toute façon, il avait aussi ses cartes de chocogrenouilles.

• Pardon pour la question idiote, intervint-il avant de lui laisser l'occasion de sortir un sarcasme.

Il déverrouilla la portière et s'installa devant le volant en se félicitant que, au contraire du reste des objets ou lieux qui lui appartenaient, sa voiture soit clean et sentent la menthe grâce au petit sapin vert parfumé accroché à son rétroviseur qu'il ajusta avant de faire demi tour.

Bon, au moins il savait où elle habitait, donc Ellias n'avait pas besoin de la harceler pour qu'elle lui dise où était son lieu d'habitation, ni qu'elle fasse le rôle de Micheline le GPS pour qu'il ne se perde pas dans le dédale que pouvaient être les rues de Londres. Mais évidement, la facilité n'étant pas marqué comme une option heureuse dans le destin d'Ellias, il fallait toujours qu'il tire une carte Chance foireuse.

Vous avez été arrêté par la Police, rangez vous sur le côté et affichez un beau et grand sourire. Et pourquoi est-ce qu'ils l'arrêtaient d'abord ? Il respectait les limitations de vitesse et tout fonctionnait parfaitement dans sa voiture ! Ok, il était près de minuit, mais ce n'était pas une excuse pour arrêter de braves citoyens comme lui qui payait ses impots presque toujours en temps et en heure.

• Oui ? demanda Ellias avec un grand sourire après avoir baissé sa fenêtre.

Le policier ne lui prêta presque aucune considération à part un petit regard vaguement agacé quand il se pencha devant lui pour voir Shelter d'un peu plus près.

• Elle n'a pas l'air d'aller bien
, commenta t-il.

Aaaaaah. C'était donc pour ça qu'ils l'avaient fait s'arrêter. Bon ok, ce n'était donc pas quelque chose qu'il aurait fait de mal, comme griller un feu rouge. Ellias haussa un sourcil en réprimant un sarcasme qui n'allait pas tarder à s'échapper de sa gorge s'il ne se faisait pas violence pour prendre un moment et de se raisonner. Non ce n'était pas bien de se foutre d'un policier, non. Même si c'était vraiment tentant. Parce que ce n'était pas cool d'avoir un ennemi parmi les membres des Forces de l'Ordre, c'était le genre de chose qui ne pardonnait pas si cela devait récidiver.

• Qu'est ce qu'elle a ? continua t-il.

Ellias se contenta de soupirer profondément.

• Est ce qu'elle aurait prit des substances illicites ?
demanda le policier en dardant un regard pénetrant sur le jeune homme qui comprit enfin où il voulait en venir.

Il faillit presque éclater de rire si la situation n'avait pas demandé autant de sérieux pour une fois. Non mais il pensait quoi là ? Qu'il l'avait drogué et que maintenant il voulait … erk ! Formuler cette possibilité, même en pensée lui donnait envie de vomir. Et une série de frisson. Oh non, lui, les filles chez qu'il allait, il avait la décence de les rencontrer et de vérifier qu'elles étaient consentante avant. Il était loin, très loin d'être ce genre de personne là.

• Non, ma compagne a juste bu un peu trop. Nous sommes en train de rentrer justement.

Oui, c'était horrible de mentir mais la situation présente était un peu trop longue à expliquer, surtout quand il était près de minuit et que son réveil avait sonné à cinq heures du matin pour qu'il soit à l'heure à son stage à St Mangouste. Et il espérait pour que Shelter soit encore assez dans les vapes pour ne pas avoir entendu le "ma compagne", sa réplique semblait tout droit sortir d'un roman de bit-lit que lisait la baby-sitter de Wesley et qu'elle laissait traîner derrière elle. Alors évidemment, qu'est ce que Ellias pouvait faire d'autre que de les lire. La curiosité l'y poussait !

• Ah … Bien

Ellias trouvait qu'il lâchait le morceau un peu trop vite quand même. Vive la sécurité de Shelter s'il avait bel et bien été une sorte de pervers psychopathe qui avait décidé de la découper lentement en morceau avant de l'abandonner dans un fossé. Il avait presque envie de hurler qu'il n'était pas du tout son époux et de lui demander d'intervenir d'une manière ou d'une autre.
Mais après un moment de raisonnement, il se convainc qu'il valait mieux rentrer juste le plus vite possible. Alors il se contenta de sourire un peu plus et de reprendre son chemin.
Plongé dans un silence râleur avec une phrase qui retournait dans sa tête en boucle et qui lui criait d'envoyer une lettre à la police pour se plaindre de la façon dont il assurait la protection des citoyens. Puis il se rangea devant l'immeuble où habitait Miss Shelter.

Il éteignit le moteur en songeant qu'il ne pouvait pas laisser remonter TOUS les étages toute seule sachant qu'elle ne tenait presque pas sur ses pieds. Il alla de l'autre côté de la voiture et lui tint la portière en songeant avec un immense sourire interne qu'il pouvait facilement utiliser l'image d'un ange pour se désigner. Parce que c'était ce qu'il était, véritablement.
Jusqu'à ce qu'il ait à pousser la porte avec l'épaule. Ouh, elle était lourde cette porte. Et les anges étaient censé être musclés et balèzes, ce qui était loin d'être son cas.

Et pour couronner le tout, il reçut en arrivant sur le dernier palier une masse lourde et griffue sur son mollet, avant de découvrir en sautant sur le côté à cause de la surprise cette saleté de bêbête qu'était le chat orange. Non mais, il pouvait le laisser circuler tranquillement dans ce foutu couloir ? On rêvait !!

• Mais il faut le nourrir votre chat ! s'insurgea t-il en secouant la jambe pour dégager le tissu de son pantalon des griffes sorties de ce monstre énorme.

Il la laissa ouvrir sa porte en se tenant le plus loin de la plante dont il s'était un peu trop approché, ce qui expliquait l'attaque du matou. En songeant à ce que lui avait dit Wesley avant de partir. La dernière fois qu'il était sorti avec quelqu'un, c'était … il y a très longtemps. Alors pourquoi pas …

• Oh fait Shelter. Est ce que ça vous dirait de prendre un café quand vous serez rétablie ? demanda t-il en haussant un sourcil interrogateur.

Après tout, qui ne tente rien n'a rien, non ?
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MessageSujet: Re: Meyer's Mad Stars   Jeu 31 Mar 2011 - 0:40


• Ca va ? ... Pardon pour la question idiote.


Idiote ? Non, pas tant que ça... J'aurais certainement répondu Ca va impeccable, Ellias ! Vraiment je vous assure ! Mais il l'aurait pris pour un sarcasme ou une déviance mentale. Et il aurait eu raison. Dans les deux cas, mieux valait garder le silence.

L'aspect rangé et propre de la voiture de MacInerty me sauta à la figure quand je montai sur le siège passager avant. Sitôt fermée, le courant d'air de la portière brassa une odeur de pin. Je repérai le petit sapin vert attaché au rétroviseur. Pitié !

Hélas la gerbe me prit à nouveau à pleine gorge. Je me concentrai pour contenir le malaise enfoui au plus profond de mon estomac. Pas question de salir cette voiture. Ou son propriétaire pourrait bien ne jamais me le pardonner.
Soudain, les lumières colorées d'un gyrophare rebondirent dans l'habitacle. Ellias se gara sur le bas côté. Je sentais les muscles de ses bras se tendre. Ses mains serraient le volant avec une crispation de fatalité. Il devait certainement se dire "Pourquoi moi ?" ou bien "Shelter, vous ne m'attirez que des problèmes !" . Il baissa sa fenêtre sans un mot.
L'agent vint se pencher devant.

* Dis bonjour, Ali !*

Oh toi, la ferme !

• Oui ? demanda Ellias avec un grand sourire.

* Vraiment tu devrais te montrer polie...*

Au lieu de quoi je réprimai une nouvelle vague de nausée. Alors l'agent de police fit une chose qui frisait le ridicule. Il passa la tête par la vitre. Soudain je me retrouvai nez à nez avec lui.

Salut toi ? On a le droit de tirer sur les moustaches ? Gouzougouzougouzou...

Je bloquai mon souffle. Il ne fallait surtout pas se gêner ! Comme à la maison mon grand ! On ne lui avait visiblement jamais dit que c'était impoli de dévisager les gens, à celui-là. Une fouine dans sa plus pure expression.

• Elle n'a pas l'air d'aller bien, commenta t-il.

Et le contenu de mon estomac dans ta face, abruti
! Je serrai les dents.

* Il ne fait que son travail, Ali. Tu serais bien contente si Ellias était un enfoiré de psychopath violeur d'artiste et que ce moustachu était le seul rempart de défense à des miles à la ronde ! Enfin, quand je dis que tu serais contente... Enfin tu te comprends ! *

Oui, mais là, tout ce qui m'importait, c'était de retrouver mon lit, mon bisounours arc-en-ciel, et de ne plus côtoyer une seule âme bavarde quelques jours d'affilés.

• Qu'est ce qu'elle a ? continua t-il.

Pauvre Ellias ! Je me rendis compte de tout ce par quoi il passait en une soirée. On ne pouvait pas rêver pire. Non, là, je me surpassai. Si nous sortions de ce cauchemar indemnes, s'il était assez fou pour garder contact avec moi après ça... Il faudrait que je pense à le remercier. Pas uniquement avec des paroles. Peut-être prouver au jeune Wesley que son Tonton possédait une vie sociale. Peut-être qu'il apprécierait le café des artistes...

• Est ce qu'elle aurait prit des substances illicites ? demanda le policier en dardant un regard pénétrant sur le jeune homme.

Ouch ! Ca allait trop loin. Je devais intervenir. Ou Ellias se retrouverait en garde à vue dans le pire des cas, et moi en cellule de dégrisement. No way ! J'ouvris la bouche pour riposter.

• Non, ma compagne a juste bu un peu trop. Nous sommes en train de rentrer justement.

Ding !

Le mensonge me coupa le sifflet. Je refermais la bouche aussi sec. Je ne pouvais pas en vouloir à Ellias de mentir pour nous couvrir. Mais il aurait pu trouver autre chose, non ?

* Quelle importance ! *

Le flic eut une moue gênée. Voilà qu'il s'imaginait certainement avoir insulté un honnête citoyen avec ses vilaines questions.

• Ah … Bien

Non pas bien ! Je ne suis pas une poivrote ! Mince !

* Alcool ou Véritaserum récalcitrant... C'est pareil non ? *

Rien à voir ! D'ailleurs, combien on parie qu'Ellias a plus bu que moi ce soir ?

* Ce que tu peux être susceptible ! *

Je perdis le fil de la conversation et le reste du trajet en voiture. Je ne songeai pas à protester quand Ellias m'achemina tant bien que mal jusqu'à la porte de mon appartement. Je crois que je n'étais plus à ça près. Son dos par contre, serait le premier à le féliciter au réveil le lendemain matin.

Alerte ! Chat méchant ! Coriolis au rapport !

• Mais il faut le nourrir votre chat !

- Le nourrir ne change rien... répondis-je à voix basse, Et puis ce n'est pas vraiment mon chat. Enfin... Comment dire... Il était fourni avec la plante ET l'appartement. Son nom figure sur le contrat de vente. Vous y croyez vous ? Je ferais sans doute la même chose si je déménage un jour.

J'ouvrai la porte et entrai. Je soupirai de soulagement. Enfin chez moi. Je laissai mon sac à main choir à côté de la petite console, posai mes clés sur la surface en verre.

• Oh fait Shelter...

Je me retournai vers Ellias, resté sur le seuil. Je haussai même un sourcil interrogateur à son intention.

• Est ce que ça vous dirait de prendre un café quand vous serez rétablie ? demanda t-il en haussant un sourcil interrogateur.

J'esquissai d'abord une moue éberluée. Je m'attendais à tout sauf à ça. Mr en redemandait ! Certains sont suicidaires, inconscients... Et j'en passe.

Peut-être était-il seulement désespéré ?

* Ou peut-être que le scotch et le mensonge lui ont tapé dur sur la cervelle ! *

- Appelez-moi Ali pour commencer, répondis-je. Très honnêtement, après les ennuis que je vous ai causé, je suis surprise que vous vouliez encore entendre parler de moi. Vous êtes sûr que ça va ? Ma maladie n'est pas contagieuse, mais parfois, on peut contracter un traumatisme pour moins que ça...

C'est un type qui bosse à Ste Langouste qui me l'a dit, un jour.

Je ressortis dans le couloir pour pêcher l'orchidée en pot. Coriolis eut un drôle de miaulement. Je la déposai à côté de mes clés sur la console. J'allai passer trois jours et autant de nuits à dormir. Elle aurait besoin d'eau. Je vis l'énorme peluche rousse se carapater sous le meuble.

- Vous avez mon numéro de portable ? Rappelez-moi dans quelques jours...

Traduction au moins quatre ou cinq. 'Quelques' renvoyait à un multiple de jours non ? Mais qu'est-ce qu'on considérait comme un multiple ? Deux ? Trois ? Une dizaine ?

Je priai pour que ce ne soit pas 'deux' du point de vue d'Ellias. Parce qu'il allait être déçu du voyage s'il tombait sur ma messagerie alors que l'artiste au bois dormant roupillait gaiement.


- Je tâcherai de ne pas vous attirer d'autres ennuis comme ce soir... Je suis tellement désolée que pour un peu, je vous pardonnerai facilement d'avoir menti au policier. Mais de nous deux, vous ne me ferez pas croire que votre descente d'alcool est moins redoutable que la mienne !


Je souris franchement cette fois-ci.

- Heureusement que vous étiez là. Merci encore !




Dernière édition par Alithéia Shelter le Dim 17 Avr 2011 - 18:41, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Meyer's Mad Stars   Jeu 31 Mar 2011 - 19:06


Ellias ne répondit rien, lui était certain que s'il faisait goûter à cette boule de poil un de ses bœuf bourguignon à la française, aucun doute qu'il deviendrait les meilleurs amis au monde. Mais dire ça à haute voix faisait un peu prétentieux sur les bords, alors il préférait s'abstenir. Même s'il savait parfaitement que son bœuf, tout comme toute la nourriture qu'il touchait étaient à se damner. Foi de MacInerty.

- Appelez-moi Ali pour commencer. Très honnêtement, après les ennuis que je vous ai causé, je suis surprise que vous vouliez encore entendre parler de moi. Vous êtes sûr que ça va ? Ma maladie n'est pas contagieuse, mais parfois, on peut contracter un traumatisme pour moins que ça...

Elle n'avait pas forcément tord là-dessus. Bon, elle n'avait pas foutu sa soirée en l'air, c'était déjà ça. En fait elle l'avait juste beaucoup améliorée. Parce que se montrer pour serrer des mains toute la soirée, afficher un grand sourire intéressé et faire comme s'il en avait quelque chose à fiche, tout ça, ce n'était pas pour lui. Mais alors pas du tout, donc il lui était plutôt reconnaissant. Du coup, il s'interrogeait sur pourquoi cela semblait si incongru de lui demander cela.

• Écoutez Ali, si vous aviez eu ma vie ô combien fascinante et trépignante, vous comprendrez que ce qui sort de l'ordinaire me plait toujours.

Il haussa un nouveau sourcil interrogateur. En espérant qu'elle prenne sérieusement le temps d'y réfléchir au moins. Bah quoi ? On pouvait bien lui demander ça étant donné que cela risquait d'être sa dernière parole intelligente avant … hum, vu son état … avant des jours au moins.

- Vous avez mon numéro de portable ? Rappelez-moi dans quelques jours... Je tâcherai de ne pas vous attirer d'autres ennuis comme ce soir... Je suis tellement désolée que pour un peu, je vous pardonnerai facilement d'avoir menti au policier. Mais de nous deux, vous ne me ferez pas croire que votre descente d'alcool est moins redoutable que la mienne !

Le sourcil d'Ellias se baissa tout seul, mais il n'esquissa même pas un sourire. En partie à cause de la phrase qui suivit. La phrase, hum. L'accusation froide et totalement injustifiée qui suivit. Lui ? D'eux deux, et sans private joke, qui était en train de tanguer comme un poivrot rond comme … euh un rond ? Ce n'était certainement pas lui. Et ce malgré la quantité de scotch qu'il s'était envoyé ce soir. Ah !

• Peut être, concéda t-il. Mais en attendant ce n'est pas moi qui ai en main un aller simple pour le pays des éléphants roses.

Il allait ajouter quelque chose mais fut arrêté en plein élan par l'éblouissant sourire de Miss Shelter qui le rendit un peu plus suspect tout d'un coup. Ce n'était pas qu'il accordait le moindre crédit à son délire sur les traumatismes. Mais cette soirée avait été haute en couleur, alors il valait mieux se méfier de tout ce qui viendrai d'elle pour la fin de sa soirée. Jusqu'à la prochaine fois, puisqu'il y avait de forte chance qu'il oublie grâce à sa merveilleuse mémoire pas du tout dysfonctionnante ses judicieux conseils de lui-même adressés à lui-même.

- Heureusement que vous étiez là. Merci encore !


Euh ouais. Maintenant il était un héros qui avait la descente facile. Cette soirée était décidément très riche en révélation sur sa propre petite personne. Il hocha la tête, en sentant que son binôme allait passer une sale semaine. Parce que là il était bon pour en parler encore et encore pendant toute une semaine au moins. Ellias allait tellement qu'il allait en pleurer (le binôme hein ! Pas Ellias, non lui allait sûrement rire des pleurs de son ami. Pauvre de lui d'avoir un tel ami.) Mais en attendant, c'était génial d'entendre quelqu'un dire du bien de soit ou même juste de se faire remercier comme ça.

• Ce n'est rien du tout voyons.


Bien sûr que si c'était quelque chose, ooouuuhhh, Terry allait morfler. Et tel qu'il le connaissait il n'allait pas arrêter d'essayer de lui trouver des maladies psychologiques à tout bout de champ qui tenteraient d'expliquer pourquoi est-ce qu'il était autant bavard sur le fait qu'il était un très bon Samaritain. Une technique de défense comme une autre visant à emprunter la moitié du temps de paroles qu'aurait pu utiliser Ellias pour parler de lui même, donc pour faire gagner au moins la moitié du temps en tranquillité. Seulement il était le seul à savoir cette technique magique qui saoulait tellement le jeune homme qu'il en arrêtait de parler. Ellias espérait que personne d'autre n'apprenne cette technique.

• Bon et bien je dois y aller, je ne peux pas laisser Wesley tout seul trop longtemps.


Et oui, c'était le retour à la réalité, qui sait demain, peut-être aurait-il droit à une nouvelle séance du film "Wesley n'aime désespérément rien", avec son neveu dans son propre rôle, un enfant très doué pour faire criser son oncle tout en réussissant adroitement à lui soutirer deux trois trucs et ainsi rendre Ellias malade de culpabilité.

Cet enfant était un vrai démon.

• Ne tombez pas, si vous le faites, ne restez pas par terre mais si le sol vous semble alors incroyablement confortable et préparez vous une bouteille d'eau. En général, quand on est malade, on a la flemme de sortir de son lit pour s'hydrater. Bonne soirée


Sur ses bons conseils, il tendit la main pour serrer celle de la jeune femme et se retourna pour retourner à sa voiture. Ellias prévoyait de dormir beaucoup, tout le week-end. Annulé la sortie au parc qu'il essayait de faire faire à son neveu tous les week-ends pour lui faire respirer de l'air frais et même si cela devait lui donner une bonne séance de culpabilité. Et il bosserait très dur Lundi pour ne pas se donner le temps de déblatérer sur ses qualités humaines, laissant ainsi tranquille pour un moment la santé mentale, déjà bien amochée de son binôme.
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MessageSujet: Re: Meyer's Mad Stars   Ven 1 Avr 2011 - 2:30



Nous nous souhaitâmes bonne soirée après qu'Ellias m'eut donné quelques recommandations de base. Décidément, il prenait son rôle de guérisseur très au sérieux. Je me gardais de lui expliquer qu'on me les avait déjà données à de trop nombreuses reprises. Mes remerciements avaient eu l'air de lui faire tellement plaisir que ça aurait été dommage de lui gâcher sa joie. Mais d'où venait-il pour avoir une si piètre estime de son mérite à aider les autres ? Un médicomage normalement constitué est fier de lui en toute circonstance. Tous ceux que j'avais eu le malheur de croiser me sortaient invariablement un "Peuh ! Je ne fais que mon travail, Madame !". Comme si je les insultais en disant merci. Comme s'ils étaient au-dessus du commun des mortels.

A trop s'élever, on finit toujours par s'écraser. Pas Ellias. Lui, visiblement, il gardait les pieds sur terre. Peut-être ferait-il un med-mage normal quand il aurait fini sa formation. Je l'espérais. Et s'il travaillait à Ste Langouste, ça me changerait du Mage Ecrabe et de son caractère plus irascible que jamais. Si ses oreilles sifflaient là, juste là, c'était tant pis pour lui. J'espérais seulement qu'il n'entendrait pas parler de moi d'ici à une semaine. Qu'il ne saurait rien de ma crise présente...

Mes genoux se mirent à trembler. Je verrouillai ma porte d'entrée à double tour. Puis, direction la cuisine. Orchidée en main. Je déposai la Dame Violette de Coriolis directement dans l'évier, et y versai un fond d'eau. Je ne voulais pas non plus noyer les racines. Elle aurait des réserves pour trois jours, et pourrait ainsi en tenir quatre de plus par elle-même. La gamelle de Coriolis était pleine. Inutile de rajouter des croquettes. De toute façon, il pouvait tenir le reste de l'hiver avec ses masses de graisses qui le gonflait de toutes parts. Je me tournai avec précaution du côté du frigo. Une grande bouteille d'eau minérale se dressait à l'intérieur de la porte. Je n'eus pas un regard pour la nourriture. Quoi que j'avale, j'allais le régurgiter aussi sec. Il n'y aurait que l'eau qui passerait sans encombre... D'ici quelques heures. Si la soif parvenait à me réveiller.

Coriolis s'interposa au milieu du passage entre le comptoir américain et l'atelier/salon. Dehors, la lune brillait à travers la baie vitrée donnant sur le balcon. L'astre faisait luire les yeux de mon dragon de chat d'une couleur jaune presque inquiétante. Ses poils roux tigrés n'en paraissaient que plus agressifs.

- Bouge, Coriolis, ou bien je t'écrase. Et ça pourrait bien ne pas être intentionnel.

Il huma l'air dans ma direction, me dédaignant superbement.

- Je suis prête à m'écrouler. Ca pèse lourd un être humain. Plus qu'un chat en surcharge pondérale.

Il dressa les oreilles.

- Tu serais prêt à renoncer à Dame Violette ?

Là je fis mouche. Il poussa un miaulement désespéré. Enfin, ce qui s'en approchait le plus. Je refuse d'humaniser cette bestiole. C'est une plaie en temps que chat. Pas la peine d'en rajouter une couche. Il fila du côté du frigo. Je pédalais droit vers ma chambre. Une main tendue vers le mur du couloir, l'autre tenant la bouteille au bout de mon bras pendant.
En un rien de temps, j'ôtais mes habits pour enfiler un T-Shirt très large. J'avais réussi à ne pas m'écrouler entre temps. Ma peluche bisounours arc-en-ciel m'attendait sur un oreiller en tête de lit. Sur l'étagère près de la porte, ses condisciples souriaient. J'éteignis la lumière, me glissais sous l'édredon. Dès que ma tête toucha l'oreiller, mes yeux se fermèrent. 1h a.m. J'eus une vague pensée pour la porte de ma chambre restée entrebâillée. Tellement vague que je demeurais immobile.

Les effets post-crise m'épuisaient. Dans ces cas-là, je ne mangeais rien, et dormais beaucoup. Quand les phases de sommeil s'allégeaient, je me réveillais pour boire.

Je n'avalai qu'un tiers de la bouteille de 1L... Après vingt-quatre heures de sommeil ininterrompu. Je me rendormis aussitôt. Quatorze heures plus tard - soit 02h00 p.m - une première envie pressante me tira du lit. L'effort pour aller à la salle de bain grignota mon quota d'énergie. Je bus de l'eau du robinet puis retournais dormir. Et croisai Coriolis, roulé en boule au milieu du couloir. Mon répondeur téléphonique clignotait rouge agressif au loin, côté entrée. Je songeais à le débrancher. Mais j'avais trop la flemme. Mon estomac noué me pliait en deux. Il était trop tôt pour manger. Je le savais. Je filai me rendormir.

Dix-neuf heures plus tard, des coups tambourinés à ma porte résonnèrent dans mon appartement.
Je fixais bêtement le plafond. Il était environ 10h00 a.m. à mon réveil.

- Miss Shelter ! Ouvrez, je sais que vous êtes là !
Le médicomage Ecrabe.

Comment le bougre avait-il su ?

Je me levais et marchais. Pas très bien, mais je marchais. Longer le couloir fut aisé. Une main sur chaque paroi, et vogue la galère !

- Allez-vous-en ! criai-je à travers la porte, appuyée par les grognements de Coriolis.
- Vous avez raté votre visite de contrôle, Miss Shelter, j'ai traversé toute la ville pour venir vous voir, ouvrez-moi !
- Vous êtes sorcier, ce n'était pas difficile !
- Oh je vous en prie ! Je sais que vous avez fait une crise. Je vous ai placé sous sortilège de surveillance. Vos constantes ont décollé il a presque trois jours. Laissez-moi vous examiner !

Je tournais la clé de la serrure, mais maintenait la chaîne du verrou avant d'ouvrir. Coriolis glissa ses griffes par l'interstice. Un bruit de tissu déchiré me parvint. Douce musique !

- Bouse ! Mais c'est quoi votre problème ?! Retenez votre chat !
- Pas maintenant. Peut-être plus tard.
- Vous refusez mon aide... Je vois.
- Je n'ai... Pas besoin d'aide, Mr Ecrabe. Certainement pas venant de quelqu'un qui me prend pour un spécimen de foire !

Sur ces paroles agréables, j'allais me servir une poignée de morceaux de sucres dans la cuisine. Coriolis moulina des griffes pendant encore quelques minutes. Jusqu'à ce qu'Ecrabe s'en aille.
Dans ma pire conception de l'Enfer, je subis les effets d'une crise interminable, et Ecrabe est mon infirmière.
S'il avait plus de jugeote, il enverrait quelqu'un d'autre faire le sale boulot à sa place. Mais ce médicomage était ambitieux. J'étais devenue son sujet de recherche attitré dès mon arrivée à Londres. Depuis, je me cognais des visites de contrôle régulières à Ste Langouste. Dangouste, Zangouste ? Peu importe !
Je n'étais pas d'humeur à me faire disséquer vive.
J'avalais mon sucre avec de l'eau tiède, et devinez quoi ? Je retournais dormir.

Au passage, je claquais la porte d'entrée et retournais la clé dans sa serrure.

Passées soixante-douze heures au total, j'étais guérie. Légère, pâle comme un cachet, tremblante comme une feuille, mais guérie. Trois jours entiers employés essentiellement à dormir. Quant à mon répondeur, il affichait "mémoire saturée".

Il était près de minuit, vendredi s'était métamorphosé en lundi presque révolu. Le téléphone sonnait encore...




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Ellias MacInerty
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MessageSujet: Re: Meyer's Mad Stars   Dim 3 Avr 2011 - 2:08

Lundi 18 Février 2013

Ellias but une longue gorgée de thé avant de continuer avec un immense sourire toujours cloué aux lèvres. Son ami en face de lui était affalé sur sa feuille d'admission, de dos, faisant mine de la remplir alors qu'il devait juste en train de mâchouiller le bout de sa plume. Et Ellias l'imaginait très bien en train de le singer en même temps pour avoir une sorte de vengeance personnel pour le gratifier du récit de ses aventures pourtant ô combien intéressantes qu'il lui contait depuis le début de leur service, c'est à dire cinq heures du matin, il fallait bien s'occuper et se tenir éveillé non ?

• Bref, et moi tu me connais je pouvais rien faire d'autre. Alors je l'ai aidé cette vieille femme, parce qu'elle ne pouvait pas attraper ses boites de conserves pour les chiens. Bon j'ai du me déboiter l'épaule aussi, mais à côté de la sensation de rendre service c'était … wow. Je me suis fait l'effet d'un ange. C'était cool !

Il se décida enfin à se retourner vers Ellias avec un visage particulièrement fatigué. Pourtant son histoire l'avait réveillé lui ! Il n'aurait jamais pu imaginer que cette histoire aurait eu l'effet inverse sur son collègue. Pourtant il devrait avoir l'habitude maintenant, ça faisait un an qui lui narrait les moindres de ses faits et gestes tous les matins de cinq heures à au moins quinze heures, c'est à dire la fin de son service. Pendant que lui marmonnait dans son coin en faisant semblant de l'écouter ou l'interrompait de temps en temps pour suivre un médicomage à un des différents services de St Mangouste. Alors c'était plutôt étonnant de le voir aussi grognon alors qu'il était déjà assez tard. Enfin, petit, il était quand même onze heures et demi là. Il pouvait faire un effort pour au moins soulever les paupières quand il faisait semblant de remplir des fiches d'admissions. Mince quoi !

Ellias allait le jouer fair-play, au lieu de lui faire une remarque condescendante ou sa célèbre réplique qui le faisait toujours sursauter et faire semblant de travailler en moins de trois secondes à savoir " Attention Ecrabe arrive !". Cela marchait tout le temps, sauf qu'au bout d'un moment, Terry allait finir par vraiment le détester cruellement. Et ce n'était pas forcement une bonne idée de se le mettre à dos. Même pas du tout une bonne idée, du tout du tout.
Il ramassa le petit troll à chevelure violette qui traînait là depuis des temps très reculé, puisque personne ne semblait vraiment savoir qui avait amené cette babiole là et l'envoya sur la tête de son collègue.

La réaction n'était pas aussi marrante qu'il aurait pu l'espérer. Il ne bougea même pas, à peine un grognement de mécontentement. Il dormait là ou quoi ? Le jeune homme se leva pour aller vérifier, c'était presque le cas, pourtant ses doigts bougeaient et il écrivait. C'était un extra terrestre ! Il n'y avait pas d'autres explications possibles là ! Il dormait mais il écrivait en même temps. Pour s'en assurer, il avança le bout de sa plume vers le visage de son collègue.

• Eli, bouge tout de suite, marmonna t-il.

Et c'était à peine si ses lèvres avaient bougé. Il n'avait fait aucun mouvement ni rien. Ce qui confirmait bien la théorie des extraterrestres. Haha ! Après on disait qu'ils n'existaient pas ! Ils avaient raisons finalement ces moldus. Ellias passait la majorité de son temps avec un extra terrestre, pas étonnant que la moindre chose bizarre lui fasse penser aux petits bonshommes verts. Enfin dans le cas présent une montagne de grimaces bougonnes et de marmonnements.

• T'as des yeux derrière la tête ou quoi ? Espèce de vulcain.

Oui, bon ses références en SF étaient limites mais bon, fallait le comprendre, il était né et avait grandi dans une famille sorcière, alors il ne pouvait avoir la même culture que les autres en matière de science fiction et de film.

• Les vulcains ont une super ouïe pas une super vue. Sale sorcier de malheur !

Bien sûr, Terry était né moldu aussi. Donc lui avait de meilleures références sur la SF même s'il avait ça en horreur alors qu'Ellias lui adorait ça et n'en avait presque pas. Le monde était vraiment injuste. Et Terry ne ratait jamais la moindre occasion de lui faire des remarques sur sa culture quand celui ci avait un peu trop abusé de son temps et usé ces oreilles pour lui raconter quel bon Samaritain il était. Oui, il aimait beaucoup être un Saint, et oui, il adorait les extraterrestres. Il continua de se pencher pour voir ce qu'il trafiquait. De toute façon, il n'y avait vraiment rien de plus intéressant à faire pour le moment. Et il était trop tôt pour réfléchir.

• Tient Ecrabe arrive.

Ellias sursauta comme un gosse en faute avant de remarquer que le médecin en question n'était absolument pas en train d'arriver. Ellias balança une pichenette à l'arrière du crâne de son collègue puis retourna s'asseoir dans son coin pour continuer d'essayer de faire quelque chose pour s'occuper dans la mesure du possible. Ce qui n'offrait pas beaucoup de possiblité.

• Très drôle, mais c'est moi qui sort ça en général.

Il se releva pour ensuite se retourner vers lui en pointant la porte.

• Sans déconner il arrive là.

Et en effet le gars se pointa avec l'air vraiment sur les nerfs, ce qui changeait vraiment des autres jours. Non sérieusement, il avait une sale tête tout le temps en arrivant, et pourtant lui ne devait pas se lever pour cinq heures du mat, c'était eux qui devrait faire le tête et pas lui. Mais évidement, ils n'étaient pas encore de vrais médecins, alors ils étaient traités n'importe comment. Et c'était normal pour tous leurs supérieurs. Et en fait tout le monde trouvait cela normal. C'était nul.

• Vous deux. Vos noms ?

Terry et Ellias s'interrogèrent du regard pendant quelques secondes. Apparemment, c'était bien à eux qu'il parlait, c'était cool.

• Euh … MacInerty et … Lewal.

Il leur fit signe de les suivre. Et quand quelqu'un "d'important" vous demandait de le suivre, et bien vous preniez vos manteaux et ensuite vous le suiviez. Heureusement, l'endroit où il les emmenait n'était pas très loin. Allelujah d'ailleurs, la marche à pied à onze heures, Ellias n'aurait pas vraiment aimé. Mais en même temps il n'était pas très bien placé pour râler ou contester les ordres, donc, les voilà qui marchaient dans un quartier qu'Ellias reconnaissait pour y être venu deux fois : celui d'Alitheia. Il n'avait pas osé la rappeler et maintenant il n'avait pas très envie de la croiser dans la quartier. Et s'il ne la voyait pas, il pourrait essayer de l'appeler ce soir, parce que maintenant elle devait bien être rétablie non ?

Ah mince maintenant ils montaient dans son immeuble et s'arrêtaient à son étage, le dernier. Aïe. Après tout Ecrabe était médicomage non ? Peut-être qu'il venait la soigner.

• Mr Ecrabe ? Qu'est ce que l'on vient faire ici ?

Après tout ce n'était qu'une innocente question.

• Une de mes patientes m'a balancé son chat pour que je ne l'ausculte pas, mais il est hors de question que je me lasse faire. Alors je vais retenter. Je l'ai déjà appelé plein de fois pour qu'elle me laisse entrer mais pas de réponse.

Ok, le chat taré c'était Coriolis, le jeune homme aurait pu mettre sa main à couper. Oh oui. Et puis il s'arrêtait devant sa porte. Ellias soupira profondément. Décidément avec elle, on ne savait jamais quand est-ce que l'on allait la revoir.
Ecrabe se mit à tambouriner contre la porte en la suppliant de l'ouvrir vainement. A Minuit quoi … On ne venait pas tambouriner à une porte comme ça. Pas à cette heure.

Il laissa vite tomber, et rejoint Terry assit près contre le mur. Ellias aussi se laissa glisser contre le mur en face de son ami. Parce que tant qu'Ecrabe ne voulait pas partir, et bien euh aussi devait rester tant que ça lui chanterait. Aussi injuste que c'était. La journée avait été bien trop longue comme ça. Heureusement qu'il ne travaillait pas le lendemain. Quand une idée lui vient en tête, il sortit en toute hâte son téléphone et composa le numéro en mémoire de la jeune artiste en espérant qu'elle serait révéillée. Enfin ça sonna.

• Shelter ? Ici Ellias à l'appareil. Je suis dehors avec Ecrabe, est ce que ça vous dirait de nous ouvrir la porte ? C'est pour votre bien.
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MessageSujet: Re: Meyer's Mad Stars   Dim 3 Avr 2011 - 13:48


• Shelter ? Ici Ellias à l'appareil. Je suis dehors avec Ecrabe, est ce que ça vous dirait de nous ouvrir la porte ? C'est pour votre bien.

Pas un mot ne sortit de ma bouche. J'étais à ce point stupéfaite que je ne trouvais rien à répondre à Ellias. Quoi qu'il en soit, le résultat ne varierait pas d'un iota. Ecrabe pouvait aller se brosser, je ne lui ouvrirai pas ma porte. Pas même pour les beaux yeux de MacInerty.

Je raccrochai, envoyai valser l'appareil mobile dans la corbeille à papiers, et repartis vers ma chambre pour prendre une douche. Si ça les amusait de faire le pied de grue amoureuse sur mon palier, ce n'était pas moi qui allait leur dire d'arrêter. Cependant j'espérai secrètement qu'un voisin appelle les flics et porte plainte pour tapage nocturne.

Désolé Ellias, ce n'est pas contre toi, mais si tu es du côté d'Ecrabe, pas de quartier.

Une demi-heure plus tard, je ressortis de ma salle de bain propre et habillée d'un pantalon de survêtement bleu-nuit ainsi qu'un sweat-shirt gris. Je peignis mes cheveux mouillés avec les doigts d'une main. L'autre arborait un beau bandage tout neuf. La voix d'Ecrabe me parvenait toujours derrière la porte. Je ne poussai pas l'insolence à y traîner mes pantoufles.

Dans le genre obstiné comme un âne, je voudrais...

Ma corbeille à papiers remuait bruyamment. J'en connaissais un autre qui ne voulait pas non plus laisser tomber. Qu'avais-je fait au monde pour mériter ça ?
Assis sous l'évier, Coriolis me regarda approcher calmement. Sa queue pointait en direction de sa gamelle vide. Je sortis son paquet de croquettes du placard et lui servis double ration. Puis j'ouvris mon frigo, tirais le tiroir du congélateur, et repérai un bol de riz et une tarte aux pommes.
Je plaçai le bol au micro-ondes. La tarte glissa toute entière sur la grille du four un étage plus bas. Je me tournai à l'opposé pour saisir une assiette dans le placard à vaisselle, perché au-dessus de ma tête.

Là, le drame.

Mes doigts échappèrent le disque de porcelaine. J'eus le temps de bondir en arrière. L'assiette explosa en miettes devant mes pantoufles. Je manquai d'énergie. Certes. Quand on passe trois jours à dormir sans manger, on peut s'y attendre. De là à ne pas pouvoir soulever une assiette !
Je me dressai sur la pointe des pieds pour en saisir une autre. J'eus le temps de baisser le bras à hauteur de taille. Mais à nouveau, mes doigts faiblirent. La seconde assiette rejoignit la première dans un concert de brisures.

Et merde !

Je restais face au désastre, bouche bée.

Dans sa corbeille, mon téléphone devint complètement fou de sonneries répétées. La porte tremblait sous les coups, ses gongs grinçaient. Je n'entendis pas le micro-ondes biper la fin de son cycle de décongélation. En revanche, difficile d'ignorer la bonne odeur de tarte aux pommes chaude qui s'éleva.

- Cette fois ça suffit ! cria Ecrabe, Si elle aime se mettre en danger, c'est son problème... Mais je ne la laisserai pas bousiller mes recherches ! ALOHOMORA !
Mauvaise idée, vieux c** !

Je vis Coriolis redresser le museau de sa gamelle à la vitesse de la lumière. Il feula, poils dressés sur l'échine. Même si j'avais voulu le retenir, je ne m'y serais pas risquée. Il détala droit sur la porte au moment où elle s'entrouvrait... Sa gueule s'écrasa contre le panneau. Il poussa un premier miaulement agressif suraigu.
Je penchais le buste par-dessus le comptoir. Coriolis griffait la porte avec trois pattes. La quatrième prise au piège entre le panneau et le chambranle disparaissait dans le couloir. A mon tour, je me ruai sur la porte pour saisir le chat avant qu'il ne se brise quelque chose. Trop tard ! Sa patte coincée présentait un angle impossible. Le pauvre l'avait bien cherché, mais il devait souffrir le martyr. Du genre qu'on ne souhaitait à personne. Le poing d'Ecrabe tirait sur la poignée pour la maintenir presque fermée. La traction se fit plus forte. Coriolis cracha et miaula en même temps sa colère et sa douleur.

Je tentais de le saisir derrière la tête. Il était si gros qu'en le soulevant, je risquais probablement de l'étrangler dans ses propres plis de graisse. Mais je n'avais pas le choix. Sauf que je manquais de forces. Je passai ma main bandée sous son triple ventre pour faire bonne mesure. Coriolis planta les griffes de sa patte piégée dans le bois. Des esquilles tombèrent sur le paillasson. La bestiole que je tirai contre moi n'avait plus rien d'un chat, mais d'un tigre en modèle réduit. Sa tête avait la forme ovoïde d'un ballon de rugby. Ses yeux jaunes lançaient des éclairs. Sa seconde patte antérieure agrippa soudain mon sweat-shirt. Je ne sentis pas ses griffes percer le tissu. En revanche, quand ses dents attaquèrent le bandage de ma main, je ne pus retenir un cri de douleur.

Mes pieds bloquaient le bas de la porte. Je pris appui dessus et tirai à nouveau. Coriolis perdit une griffe dans la bataille. Mais le panneau claqua après que sa patte l'eut lâché. Sur le coup, je basculais en arrière. Mes fesses amortirent la chute, mon dos bascula contre la cloison qui séparait l'entrée de l'atelier avec un bruit mat.

Coriolis grognait toujours dans mon giron. Ses dents plantées dans ma main bandée gardaient la même tension.

- Du calme sac à puces... Tu vas gentiment ouvrir la gueule... Ouvre !

Il cracha sur la bande de gaze hydrophile.

- Okay... Changeons de méthode.

Je me relevais tant bien que mal. Mes jambes tremblaient... Et... Et... J'avais la dalle ! Mon estomac grondait autant que le chat. Et ma main faisait un mal de chien.

- Ecrabe si vous mettez un pied dans cet appartement, je jure que je vous balance Coriolis à la tronche ! Vous lui avez sans doute cassé la patte, mais ça ne l'empêchera pas de revenir vous bouffer les mollets... Et cette fois, je ne viendrai pas sauver votre peau !


Je retournais à la cuisine. La lumière des appliques murales jouait avec la couleur vive des fleurs de Dame Violette.

- Regarde qui est là, Coriolis... Dis bonjour à Dame Violette ! Je sais qu'elle t'a beaucoup manqué...

- Grrrrr... shhhhhhhh !

- Allez Coco... Ne fais pas ta mauvaise tête ! Je sais que tu l'adores, fais-lui un joli sourire...

Ma main bandée me lançait vivement entre les dents du chat. La douleur grimpa jusqu'à mon coude. Une canine s'enfonçait dans l'os sur la base supérieure de mon pouce. Il fallait que je garde mon calme. Je tirai un tabouret haut près de l'évier pour m'y asseoir. Le derrière du chat glissa au fond de l'évier. En trois jours, l'orchidée avait avalé toute sa réserve d'eau. Le museau de Coriolis huma l'odeur de la plante par-dessus mon poignet. Il affermit sa position à demi-assise sur ses pattes arrières.

- Mââââouuuuuuuh ?

Le miaulement étouffé remua deux canines dans le bandage. J'ouvris le robinet. L'eau aspergea ma main. Coriolis recula la tête et ferma la gueule. Aussitôt je retirais mon bras libéré. Le chat enfouit la tête sous les feuilles de la plante et n'y bougea plus. Sa patte antérieure pendait sous son ventre. Je me risquais à le caresser. Son échine rabattit des épis de fourrure que je lissais pour leur faire reprendre une position passive.

- Tu restes là, et tu ne bouges plus, compris ?
lui ordonnais-je.

Je suis la première à le traiter comme un animal. Si je commençais à l'humaniser, il serait encore plus intenable et effrayant. C'est un chat, pas une créature démoniaque. Inutile de revenir sur ce point... Pourtant cette nuit, j'espérais qu'il comprenne mes paroles mot pour mot, et qu'il m'obéisse.

La tension descendit de quelques crans. La première chose qui s'imposa à moi fut la vision éclairée de mon bol de riz dans le micro-ondes. J'oubliai sciemment Ecrabe et sa clique dans le couloir. Je saisis une fourchette sur l'égouttoir de l'évier, m'emparai du bol et la plongeai dedans. Au passage, j'éteignis le four. Mes pantoufles éparpillaient les morceaux de porcelaine sur mon passage. Je retournais m'asseoir près de l'évier.

Dans mon dos, la porte se rouvrit. Si Coriolis leva une oreille par-en-dessous les larges feuilles de Dame Violette, ce fut bien sa seule réaction. Bon chat !





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