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 Epilogue

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L'Ombre
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MessageSujet: Epilogue   Lun 30 Mai 2011 - 16:54

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Participants

● Les acteurs de la Prophétie :
- Les deux Iccams : Isis Kitlee, Iccam Rosà ; Egon Sutham, Iccam Umbrès.
- Les quatre Clés : Emmett Aeterna, le Passeur ; Sacha de Lansley, le Gardien ; Mareva Coolwater, la Kalista ; Mélusine McEwan, le Miroir.

● Les PNJ :
L'Ombre, La Rose.

● Les autres :

Lorsque le sujet sera terminé en ce qui concerne l'épisode "fusion" ; tous les personnages qui le souhaitent et qui ont besoin de conclure le volume 3 à leur façon, peuvent poster.

Fonctionnement du sujet

- Chacun poste quand c'est à lui d'intervenir. Inutile de suivre un ordre de posting rigide.
- Évitez les romans fleuves soyez efficaces pour que ce sujet soit narratif, dynamique, interactif et le moins lourd possible afin d'être à la portée de tous. C'est un one-shot à plusieurs mains.
- Dans le style narratif, n'hésitez pas à répéter des choses qui vous paraissent évidentes ou à remettre le lecteur dans le contexte grâce à de courtes remise au point. Tout le monde n'a pas suivi l'intrigue du forum et ce sujet est supposé se suffire à lui même pour expliquer et conclure le volume 3 (et intrigues précédentes).
- Si vous avez un doute, si vous avez besoin de faire agir un ou plusieurs autres personnages, expliquez-vous dans le [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien].
- Pour rendre ce sujet interactif, toutes personnes désirant le suivre et qui se sent perdu ou qui ne comprend pas quelque chose pourra venir poser sa question. Je rappelle qu'il n'y a pas de question idiote, il n'y a que des réponses cons. Nous avons pleinement conscience que tout le monde n'a pas forcément suivi toute l'intrigue et que certaines choses demeurent obscures.


Poster sa conclusion

● Quand ? Lorsque la fin du volume 3 sera conclue et qu'un "FIN" apparaîtra à la fin d'un post, cela sera le signal pour que tous ceux qui ont envie ou besoin de conclure leur intrigue volume 3 se sentent libre de poster.

● Qui ? Tous les personnages (PJ, PM, PNJ, doubles comptes) désirant conclure convenablement leur intrigue volume 3 pour passer à autre chose, pour faire le point, pour s'amuser, pour participer, pour le plaisir, parce qu'on a pas posté depuis longtemps, parce qu'il fait beau ou parce qu'on a envie, tout bêtement.

● Comment ? Sous forme de texte, de one-shot, de RP, de RP express, de page de journal intime, de news, de montage photos, de montage vidéo, de poème, de récit, de pensée, de brouillon, d'interview, de chanson, de tout ce qui vous passerait par la tête PAR-TI-CI-PEZ sans vous prendre la tête et à votre manière.

● Nombre de lignes ? Libre.

● Chronologie ? Aucune. Vous pouvez situer votre intervention à partir du 15 février 2013 et jusqu'à avril ou mai 2013. L'idée est d'expliquer et de situer votre personnage et son entourage lorsque l'Amiral va passer au camp adverse, qu'Emmett va le remplacer, que les Soumis vont être libérés, que le Calice va changer de main et qu'Antarès va gagner encore plus d'influence malgré qu'il n'a plus le Calice. Vous pourrez vous baser sur les pistes et les indices que nous laisserons dans nos messages et sur [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] actuellement développée dans l'Atrium. N'ayez pas peur d'avoir faux ou de ne pas avoir compris ce qu'il faut faire. C'est impossible du moment que vous suivez votre envie.

● Délais ? Il faudrait que "les prophètes" aient terminé avant mi-juin. Un message ou deux chacun. Pas la peine de s'étendre puisque tout le monde sait comment ça finit. Smile

Qui commence ? C'est Emmett !

Lien rapide :
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Emmett Aeterna
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MessageSujet: Re: Epilogue   Lun 6 Juin 2011 - 15:21

« Mes enfants, c’est l’heure... »


Vous entendez cette voix cristalline s’introduire doucement et résonner dans votre esprit et vous ne pouvez pas résister au frisson qu’elle fait rouler sur votre peau, depuis votre nuque jusqu’au bas de votre dos. Que vous soyez une femme ou un homme, sa voix dans votre tête est troublante. Elle paralyse votre crâne qui vibre sous l’effet d’une suite d’images rapides. La seconde d’avant, tout était normal et indifférent. Désormais vous revoyez tout ce que vous avez vécu jusqu’ici, les visages de vos proches défilent dans votre rétine dilatée, les promesses, les discussions, les rencontres, les gens et les évènements qui vous ont guidé à faire les choix que vous avez faits pour en arriver là. Vous vous attendiez à cette voix légère et éthérée qui vous frappe avec la force d’une enclume. Vous ne saviez pas quand elle allait venir vous prendre tous ces battements de cœurs qui chahutent, ce que vous seriez en train de faire à cet instant, vous ne saviez même pas que ça serait une voix si douce qui viendrait vous remuer autant les entrailles et faire grimper l’excitation d’un coup, comme une gifle violente qui vous réveille. La voix vous subjugue, vous enrubanne dans une enveloppe chaude mêlée d’appréhension et de soulagement.

C’est enfin le moment. Après cette voix, il faut que tout s’arrête. Je veux retourner à ma vie, vous dites-vous. Vous êtes prêts. On vous a préparé à cet instant. Même si cette forme indistincte d’excitation est indissociable d’une certaine appréhension, vous savez que vous ne serez pas seul et ça vous rassure à moitié. Il y a déjà la personne avec laquelle vous vous trouvez en ce moment, au moment où la voix vient vous chercher, comme par hasard, comme si les choses avaient été bien faites. Dans le regard de cette personne qui vous est actuellement la plus chère, vous constatez d’ailleurs la même lueur interrogative. Pressentiment, anticipation, dilatation des pupilles, rythme cardiaque aprioristique. Vous comprenez instinctivement que l’autre aussi a entendu la voix. C’est l’heure.

On ne sait pas bien ce qu’on espère qu’il arrivera. Nous avons parlé théoriquement de tout ce qui était susceptible d’advenir. Nous avons travaillé presque trois années pour découvrir le rôle que nous avions à jouer dans la résolution de cette histoire. Nous avons parlé de tout pour essayer d’être surpris le moins possible. Nous avons envisagé le pire. Nous avons communément espéré le meilleur. Nous sommes devenus un groupe solidement lié par des choses qu’on n’a jamais su nommer et sur lesquelles on ne sait toujours pas mettre de qualificatif. Malgré nos dissonances et nos caractères si distincts. Nous avons eu besoin de passer au-delà de nos qualités et de nos différences tant l’extraordinaire mission qu’était la nôtre nous mettait à part du reste du monde. Il y a eu des jours où on avait l’impression de n’appartenir à rien, d’avoir des obligations qui étaient trop grandes pour nous. De ne pas en vouloir, de peur de ne pas y pourvoir. Mais il y avait cet Autre indélébile qui motivait nos espoirs. On l’a trouvé, on l’a reconnu, on s’est fait reconnaitre par lui, on a dû changer pour le recevoir dans sa vie et maintenant on ne saurait l’en faire sortir.

On sait tant de choses maintenant, sur nous et sur ces cinq autres personnes avec lesquelles nous ne tarderons pas à être rassemblé. Et pourtant, c’est le brouillard total. On se retrouve comme des enfants qui attendent d’être guidés par la voix maternelle.

« Préparez-vous. Chérissez cette minute. Soyez tranquilles.
Nous sommes dans la salle du trône et nous vous attendons. »


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Les yeux d’Emmett quittèrent ceux de Mareva. Il se laissa tomber sur elle et enfonça son visage dans son cou, les lèvres collées sous son lobe d’oreille.
Dès que la voix de La Rose s’était infiltrée en lui, doucement, comme une pensée qui aurait pu être la sienne, il était resté paralysé. La voix avait été précédée de l’impression de sa présence, chaude, langoureuse. Comme un soupir délicat qui prévient qu’on va ouvrir la bouche pour parler. Ses lèvres invisibles avaient passé l’appel du rassemblement.

« Je t’aime » murmura-t-il pour toute réaction dans le creux de l’oreille de sa compagne.

Elle ne répondit pas. Elle referma ses bras autour de son cou et appuya son visage contre ses cheveux ébouriffés. Ils roulèrent l’un sur l’autre. Elle se retrouva assise sur lui. Il l’éperonna du regard comme si c’aurait pu être la dernière fois qu’ils se voyaient ainsi. Elle baisa sa bouche et descendit de sa monture. Les premiers pas dodelinant, les suivant hésitant. Avant de passer dans la salle de bain, elle se tourna vers lui :

« A ton avis, pourquoi ce soir ? »

Il haussa les épaules. Seule La Rose et L’Ombre pouvaient le savoir. Avaient-ils sondé les six cœurs et discerné l’emphase commune ? Était-ce la position de la lune, la symbolique de la soirée des amoureux, la commémoration de la mort de celle qui avait engendré ce démon qui rythmait nos jours ces dernières années ? Seuls les Dyodes savaient.


**
*

« Ce soir, vous êtes tous sereins et soudés, entama La Rose. Vos six cœurs battent à l’unisson... »

Les uns et les autres n’osèrent pas s’examiner. Depuis quelques jours maintenant, ils avaient pris l’habitude de parler moins et se ressentir plus. Les explications de la Dyade provoquaient malgré elles une de ces situations où il était préférable de ne pas parler.




Mareva et Emmett étaient arrivés les premiers. Il avait utilisé le portoloin séquentiel qui pouvait emmener directement au bureau de Sacha près de l’espace verdi. On les fit attendre en les remerciant pour leur réactivité. On s’excusa de les avoir interrompus dans leur activité intime néanmoins les Dyodes ne se seraient pas formalisés s’ils avaient dû attendre quelques minutes de plus. La japonaise rougit et songea qu’elle se serait bien passée d’une telle remarque. Si la petite femme aux cheveux roses qui se trouvait devant elle n’avait pas fait figure d’œuvre antique vivante, elle l’aurait transformé en sushi. La Rose, qui conversait plus naturellement que L’Ombre, les rassura, les autres étaient en chemin. Elle ajouta à l’attention de Mareva qu’elle ne savait pas ce qu’était un sushi mais qu’elle y gouterait avec joie si La Kalista veillait à ne pas approcher la lame de son sabre ni de son compagnon ni d’elle. Honteuse de comprendre que La Rose entendait leurs pensées, Mareva se tut jusqu’à l’arrivée d’Egon et d’Isis. La Rose goûta ce silence avec espièglerie.

Bien qu’ils furent géographiquement les plus proches, les deux Iccams, quant à eux, ne s’étaient pas « formalisés », comme l’avait dit La Rose. Décidément, amusant de constater que l'activité de cette soirée était commune à plus d'un couple. Ils avaient fêté leur Saint-Valentin jusqu’aux derniers soupirs, profitant de ces instants d’intimité pour se jurer en silence que tout se passerait bien. L’alcool et la fête leur prêtait un peu plus d’aplombs et de détachement qu’ils auraient dû normalement en avoir. Iccam Umbrès, en se présentant dans la salle du trône avec l’Iccam Rosà à son bras, avait titubé après qu’une dalle détournât son dernier pas vers les Dyodes. La Rose avait gloussé comme une adolescente ; elle les préférait détendus.

« Iccam Umbrès, tu as bu ! » s'exclama La Rose ahurie et amusée.
« Oh, non... si peu... » avait-il sourit en se frottant la tête un peu hagard.

Il avait salué d’un petit geste de la tête les autres personnes en présence. Il fut quasiment certain de voir un sourire poindre au coin des lèvres immobiles de L’Ombre qui était resté en retrait.

La Rose avait sourit à Isis avec gratitude. L’Ombre avait opiné légèrement du chef pour apprécier leur venue et les remercier.

Une poignée de secondes plus tard, Sacha était arrivé. Seul, les mains dans les poches, la désinvolture en bandoulière, ses cheveux dans les yeux, princier et charismatique comme il savait si bien représenter la force et l’aisance.

« Bonsoir à tous, avait-il jeté en s’avançant vers le petit groupe épars, je suppose que c’est ici la surprise party ? »

Il avait salué tout le monde d’un geste de la main et d’une réplique cinglante avant d’aller faire le pitre sous le nez des Iccams :

« Egon... tu es ivre ou... tu déconnes ? On doit sauver le monde et toi tu te pointes bourré ? »

L’Amiral se tourna déconcerté vers les divinités sorcières :

« Attendez, après avoir dû se soumettre aux desiderata de la prophétie d’un cheval toxico, il faut désormais réaliser votre histoire d’orgie avec un... un Iccam et demi ? »
« Ce n’est pas une orgie, c’est une fusion » soupira Emmett en s’excusant d’un regard abasourdi en direction des Dyodes qui restaient imperturbables.
« J’appelle ça une orgie divine » se moqua Sacha en s’éloignant d’Egon qui souriait en coin tout en serrant un peu plus fort la main d’Isis :
« Voir ta tête de con m’a fait redescendre tout de suite. »

Sacha avait sourit, enchanté de trouver du répondant parmi ses camarades Prophètes qu’il s’appliqua à dérider jusqu’à l’arrivée de Mélusine.

« Est-on bien certain qu’il n’y a aucune possibilité de changer de Gardien à la dernière minute ? » demanda sarcastiquement Mareva.

Arrivant au milieu de rires et d’une discussion bien lointaine de ce qu’on aurait pu attendre d’un rassemblement aussi solennel et important, le Miroir avait avancé d’un pas timide mais qui se voulait sûr en apparence. Comme Sacha avait subitement fixé sa pupille endiablée et provocatrice vers le fond de la salle du trône, les rires et les conversations se turent. Les têtes se tournèrent pour regarder ce que regardait Sacha. Mélusine était en train de traverser la passerelle après un petit « bonsoir » lancé à la cantonade.

Dans un petit crac sonore, l’Amiral avait soudain disparu pour réapparaître au bout de la passerelle où il était allé chercher la jeune femme. Son visage était redevenu sérieux. Il lui tendit la main pour l’escorter jusqu'aux divinités. Sans une parole qui ne fut audible ou un sourire qui ne fut visible par les autres. Et pourtant...




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Mareva Coolwater
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MessageSujet: Re: Epilogue   Lun 6 Juin 2011 - 15:25

La Rose fut rejointe par L’Ombre.

« Ce soir, vous êtes tous sereins et soudés, entama La Rose. Vos six cœurs battent à l’unisson... Vous êtes capables de rires ensemble, de vous moquer les uns des autres et de vous comprendre ou de vous soutenir. Vous partagez l’amour, la passion et un espoir commun...

Autant que vous, nous sommes liés à cette prophétie par un sens que nous ignorons. Mais pour qu’elle se réalise, nous devons laisser faire les hasards... nous sommes tributaires et dépendants de vos désirs, de vos choix et de vos ambitions. Ca n’a jamais été l’inverse même si chacun de vous s’est un jour posé la question. Vos rencontres, vos liens... nous n’y sommes pour rien. Ils ne sont que le résultat de votre choix et j’avais besoin de vous le dire pour que vous soyez sûrs de ça avant que nous commencions..
. »


Comme un ballet répété des heures et malgré la très grande part d’improvisation, tout s’enclencha avec un naturel désarmant. Comme si subitement chacun avait compris sa place et ce qu’il avait à faire. Car tel était le mot : naturel. Et on ne pouvait se battre contre cette Nature qui nous avait envoûtée.

L’Ombre saisit la main de La Rose.

« Vous savez ce que vous avez à faire si cela fonctionne... ou si cela ne fonctionne pas » répéta La Rose au moment où une lueur éblouissante se mit à illuminer leurs mains liées. Les deux divinités fermèrent les yeux et se tinrent debout en face des quatre clés et des deux Iccams.

Emmett ouvrit le vieux grimoire avec lequel il était venu et duquel un parchemin très abîmé se déroula jusqu’à toucher le dallage gelé. Il lut l’incantation que Rhidow lui avait traduite un jour. Plus il lisait, plus la lueur naissante dans les paumes liées de L’Ombre et de La Rose grandit.

Tout à coup, les deux divinités se détachèrent l’une de l’autre. Leurs corps devinrent deux globes lumineux puis deux comètes qui chargèrent les deux Iccams à toute allure ; direction les poitrines d’Egon et d’Isis qui les reçurent de plein fouet et les absorbèrent dans deux cris de douleurs bouleversants.

Emmett ne cessa pas de lire malgré ce que cela lui coûtait de voir les deux jeunes gens subir l’incompréhensible souffrance de porter en eux la puissance de plus de 5500 ans de magie. Chacun avait un rôle. Un vent puissant se leva dans la salle du trône, des pierres vinrent s’entrechoquer les unes aux autres autour des six prophètes.

Egon était à genoux près d’Isis. Son corps ployait sous une douleur telle qu’il n’en avait connu.

« Isis, Isis ! » appelait-il désespérément et incapable d’ouvrir les yeux. L’une de ses mains cherchait désespérément à s’agripper quelques part, aux cannelures du dallage, au vide, aux pierres tourbillonnantes et affolées par le vent qui passaient et leurs fouettait le visage. L’autre main restait appuyée sur la poitrine d’Isis, il cherchait le cœur qui battait. Il s’accrochait avec désespoir à ce cœur qui ne devait jamais cesser de battre.

Etait-ce normal tout cela ? La puissance de cette incantation ne s’apparentait à rien de ce dont il avait parlé toutes les fois où les quatre clés et les Iccams s’étaient rencontrées entre janvier et février. Lors de leur voyage dans une dimension parallèle qui leur avait enseigné la manière dont la fusion devait se faire pour libérer une arme capable de libérer le monde du joug d’Antarès, rien de ce qu’ils y avaient vu ne s’apparentait à ce qu’ils vivaient actuellement.

« Mais dans ce que vous avez vu, lui rappela L’Ombre qui demeurait en lui comme une chaleur horripilante et douloureuse, la fusion n’a jamais fonctionné... »

« Si pour votre arme, je dois perdre Isis, j’aime autant aller tuer Antarès de mes propres mains, arrêtez ça ! Rosà ! Rosà ! Sortez d’Isis !! »

« Non !! hurla Mareva. Il faut tenir ! Egon concentre-toi sur Isis, oublie le reste ! Oublie sinon tu sais ce que je devrais faire... »

Mareva se détacha légèrement du Passeur et se jeta à genoux à côté des Iccams pour les aider à se relever, les exhortant avec force à ne pas faiblir. Elle parvint à obliger Egon à se relever mais l’Iccam se battit pour revenir s’asseoir auprès du corps allongé d’Isis.





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MessageSujet: Re: Epilogue   Lun 6 Juin 2011 - 15:50

La passion qu’y mettait La Kalista déplût au Gardien qui se mêla à eux en prenant position de manière à empêcher la japonaise de jouer l’entrave entre Egon et Isis.

« Tu ne feras rien du tout », intervint Sacha en attrapant de toutes ses forces Mareva par la taille afin de la forcer à garder ses distances avec Egon. « Laisse-les ou je n'hésiterais pas à te broyer la cage thoracique. Tu vois bien qu’il est inquiet... s’ils ne sont pas en contact comment veux-tu... »

Elle se débattait comme une furie. Elle était si anxieuse à l'idée d'un échec que l'aveuglement dont elle faisait preuve eut tôt fait d'énerver Sacha. Il fallait qu'il la force à regarder ce qui se passait. Par la magie de la chevalière, l’Amiral força alors Mareva à regarder le couple d’Iccams d’un autre œil en lui jetant un stupéfix. A ce geste qu'il prit comme une violente agression contre la femme qu'il aimait, le Passeur laissa tomber le grimoire et vint pousser Sacha avec fureur :

« Arrête Sacha ! Inutile d’utiliser la force ! Libère-la, je m’occuperai d’elle ! »

On avait jamais vu Emmett dans un tel état. Sentiments exacerbés. Rage et haine. Amour et folie. Mélange insoluble qui menaçait l'équilibre de la fusion.

Sur ces entrefaites, Le Miroir - jamais bien loin de l'Amiral depuis qu'il était arrivé -, s’approcha pour arbitrer la dispute naissante. Une secousse du cœur. Insupportable besoin d'avancer. L'apothéose de la bonté et de la justice :

« Sacha, libère-la ! Nous devons tous êtes libres ! Libère-la ou la fusion va échouer.
Vous ne voyez pas que c’est justement maintenant que nous devrions aider Egon à protéger Isis ?
Elle souffre... »

Tous les yeux se baissèrent sur Egon qui s’était recroquevillé sur le corps d’Isis afin de la protéger des projectiles et de l’intense lumière qui leur broyait les entrailles.

« Sacha, reprit Mélusine plus doucement mais sans déchanter. La magie... Comme dans la grotte de White... la magie positive se partage, se propage à l’extérieur de nous pour secourir l’autre... rappelle-toi. »

Le souvenir frappa l’Amiral. Il eut un battement de cœur qui résonna dans les poitrines des cinq autres. Il regarda son Miroir. L'aima. Un deuxième battement cœur qui ne provenait pas de leur propre poitrine vint frapper à l'intérieur de la carcasse de chacun d'entre eux. Ils comprirent. Ils acceptèrent. Ils partagèrent instantanément. Ils compatirent. Sacha gratifia d’un sourire affable Mélusine et il lui prit la main. Il avait besoin de son contact pour se concentrer.

Grâce à un informulé de magie noire, il libéra Mareva laquelle tomba dans les bras d’Emmett qui l’aida à se rétablir. Le Passeur la cajola. Vérifia qu'elle allait bien. Oublia d'un seul coup toute la haine qui l'avait pris aux narines quand sa santé était menacée. Emmett n'avait jamais été fait pour la haine. Même la juste haine.


Sans s’en apercevoir, ils avaient chacun adopté la position décrite dans la Prophétie du Centaure.

Chacun se referma sur lui-même pour partager et propager suffisamment de magie autour des deux Iccams. Un bouclier naturel vint les apaiser et prendre plus de la moitié de la douleur et du poids qu’ils ressentaient à cause de la présence en eux des deux divinités.

Egon prit Isis dans ses bras. Lesté de leur souffrance physique, les deux Iccams purent ouvrir les yeux et se regarder. Il fut un moment où, de la même façon que Sacha abandonna quelques battements de cœur dans la poitrine des autres Prophètes, chacun put ressentir en soi la force de l’amour qui les unissait.

Aidés et confortés par cette instruction, Mareva et Emmett redoublèrent d’énergie. Tout se calma en eux. Tout devint évident et paisible. Sacha restait près de Mélusine. Son attention persistait à surveiller Mareva mais il mit tout ce qu'il avait d'énergie et de compassion dans le corps des Iccams afin de les aider à générer cet fameuse arme qui résoudrait ou qui détruirait tout.

La tempête de pierres qui les entourait se pacifia en même temps que leurs craintes et leur énervement. Les projectiles tombèrent d’un coup sur le sol comme s’ils furent régis par la baguette d’un chef d’orchestre qui l’aurait vivement baissé pour mettre un terme à une symphonie.

Tout devint calme.
Les respirations s’alignèrent les unes aux autres.
La certitude que ce qu’ils étaient en train de faire était ce qu’il fallait faire leur donna du baume au cœur. On eut qu'un seul coeur pour six. Un seul cerveau pour six. Une seule histoire. Une seule force. Un seul sexe. Un seul amour. Plus rien ne compta vraiment que la réussite de leur alliance. On se détacha du bassement humain. On oublia qu'on était un homme ou qu'on était une femme. On donna sans espoir de retour.

Soudain, le corps d’Isis s’éleva de lui-même dans les airs comme une plume bercée par la brise légère. Il se cabra comme un arc de cercle. Son visage paraissait néanmoins toujours en souffrance. Egon ne se décidait pas à la lâcher. Il était inquiet. Supporter de voir celle qu'on aime souffrir et n'y rien pouvoir faire... Marre. Assez de souffrance. Faites qu'on en finisse et donnez la paix. Sacha, Mélusine, Emmett, Mareva et peut-être des milliers de sorciers et de créatures magiques par-delà cette pièce ressentirent ce besoin dramatique de se sentir libre, équilibré, aimé et en sécurité. De l'amour partout, et de la liberté.

Egon garda Isis dans ses bras alors qu’une lueur plus éblouissante qu’un soleil parut sortir de la poitrine d'Iccam Rosà. La lueur divine à la consistance et à l'apparence édénique forma un faisceau qui se projeta jusqu’au plafond de la salle du trône.

Un étrange objet sortit en lévitation du sein d’Isis.


Edité et corrigé par La Rose pour harmoniser les styles.




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MessageSujet: Re: Epilogue   Lun 20 Juin 2011 - 23:45

Cet étrange objet avait sa propre existence.

Façonné par la magie millénaire des premiers sorciers, il s’en nourrissait littéralement. L’assimilait et ne fit qu’un avec elle. Il est la création des déités.
Le faisceau s’amoindrissait au fur et à mesure qu’il prenait vie. Né, il y a des millénaires, de la puissance des Dyodes, il est leur magie à l’état brute. Une baguette pour deux êtres d’exception. Il est l’imperceptible matérialisé.
Longtemps caché en Rosà. Dérobé. C’est grâce à l’amour des Iccams et de leurs Clés qu’il revenait près de ses créateurs, les protecteurs de la vie. Il en est le fruit.



Libérée du faisceau, le corps d’Isis pesa plus lourdement dans les bras de son compagnon.

L’Iccam Rosà avait perdu le fil de ce qui l’entourait depuis le début. Elle était sourde à ses propres hurlements. Aveugle aux mouvements des autres qui la protégeaient. Seule la main sur le cœur l’empêchait de sombrer dans une mort bienfaitrice. La main puis les yeux turquoise.

Ces mêmes yeux qui l'a questionnaient - inquiets et soulagés qu’elle soit toujours en vie – qu’elle soulageât avec un tout va bien maintenant. Plus qu’un chuchotement, ça n’avait été qu’un mouvement de lèvres. Il comprit. Ils comprirent tous.

Tous, bien avant elle.
Il lui fallut lever la tête pour saisir l'apaisement, le soulagement qu’elle ressentit en chacun d’eux. L’excitation et les questionnements aussi.
L’arme lévitait au-dessus des Iccams. Ligne pure aux couleurs argentées. Chose insignifiante qui n’avait de menaçant que sa puissance.

Il trônait au-dessus des Prophètes, attendant qu’on libère le monde, la magie qu’il canalise depuis des siècles.

Il est… le Calice.
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Egon Sutham
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MessageSujet: Re: Epilogue   Lun 18 Juil 2011 - 19:30

Tout allait par deux dans cette histoire.
Tout était gouverné par une
binômie parfaite. Une symétrie de l'excellence.
Duel. Double. Deux. Binaire. 1 + 1.
Si, à Deux, un nouvel élément voulait s'ajouter, on pouvait être certain qu'il possédait une face cachée ou une entité qui devait venir l'équilibrer. 1 + 1 + 1 n'existait pas.
La seule vérité, la seule force était binaire. Un et Un, et Un et Un encore. A l'infini.
Le Pile et la face. Le vu et le caché. L'homme et la femme. L'amour et la haine. Tout et son contraire.
La vérité et le mensonge. L'égoïsme et la générosité. Tu et Je. Eux et Nous.
Et, contre toute attente, 1 + 1 devait toujours faire Un sinon l'équation demeurait imparfaite.


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Les yeux d'Egon restèrent rivés à ceux d'Isis jusqu'à ce que la douleur disparaisse complètement. Lorsqu'il comprit qu'elle était libérée, il avança son buste vers le sien et sa bouche contre la sienne. Apaisement.

Ils levèrent le visage vers l'objet sacré et le contemplèrent.
Sans l'avoir jamais vu auparavant, les six Prophètes surent qu'il s'agissait d'un Calice.

Personne n'osa bouger, parler ou ébranler l'atmosphère paisible qui emplit la pièce à l'apparition de l'objet divin.
En lui, Egon ne sentait plus la présence lourde et remuante de L'Ombre mais il le savait encore là, quelque part dans la salle du trône.

Il aida Isis à se redresser sur ses deux jambes. Le faisceau cessa subitement de baigner la salle de sa lumière. Le Calice étincelait, solitaire, au-dessus d'Isis.

Après une hésitation et une concertation muette avec l'Iccam Rosà, Egon tendit la main vers le Calice. Pour l'atteindre, il dût se mettre sur la pointe des pieds. Ses doigts effleurèrent la coupe d'argent. Il n'en fallut guère plus pour que l'objet se remette à luire. Cette fois, le Calice vira à l'or.

Sans se laisser intimider par l'étrange réaction, Egon attrapa l'anse, saisit l'objet avec prudence afin de le remettre à Isis. Il lui semblait normal que le Calice lui revienne puisqu'elle en était techniquement la mère.
Comme s'il fut transi d'une vie propre, le Calice se mit à briller de plus belle au contact de la main d'Isis et à diffuser une aura tiède et rassurante autour de lui. Tout le monde dût se protéger les yeux pour ne pas être aveuglé.
Dans la coupe, apparut progressivement un liquide doré dont le niveau augmenta jusqu'à déborder et se répandre le long des parois puis des avant-bras des deux Iccams.

Bientôt tout leur corps fut recouvert par le fluide ambré. Les quatre Clés rouvrirent doucement leurs yeux à mesure qu'ils s'habituèrent à la forte exposition lumineuse. Témoin de l'engloutissement des deux Iccams par cet étrange coulée d'or qui ne répondait à aucune loi sur la gravité et qui commençaient à les faire ressembler à deux statues d'or, ils hésitèrent à intervenir. Mais, sérieusement, pensèrent-ils incrédules, qu'auraient-ils dû faire ? Devaient-ils vraiment faire quelque chose ? De toute manière, les visages sereins de leurs deux compagnons ne les alertaient d'aucune menace.

La suite leur démontra qu'ils avaient eu raison de rester stoïques et attentifs. Après quelques secondes, le film doré fut comme absorbé par les deux Iccams. Après avoir "reconnu" ses deux parents et échangé son énergie avec eux, le Calice recouvra sa couleur argent. Dans le liquide ambré et scintillent qu'il contenait, flottaient deux petits poissons.

Egon posa la coupe sur le sol. Il avait déjà vu ces deux poissons quelque part.

- La Cuerta Istorico... murmura-t-il en reculant près d'Isis dont il saisit la main. Umbrès et Rosà.

A peine eut-il prononcé leur prénom que les deux poissons se métamorphosèrent en Umbrès et en Rosà. L'un et l'autre étaient aussi nus que des nouveau-nés et, à voir leurs visages ivoirins, candides et si étonnés, on aurait dit qu'ils n'avaient aucune idée de ce qu'ils faisaient là. Ils étaient grelotant. Mareva fut la première à intervenir pour recouvrir leur nudité en faisant apparaitre sur eux deux toges blanches.

On les fit asseoir sur le trône, l'un à côté de l'autre. Ils ne parlaient pas et regardaient tout le monde comme s'ils découvraient chacun pour la première fois. Ils n'avaient jamais autant ressemblé à deux adolescents qu'à présent. Purs, chétifs, vulnérables. Leurs peaux blanches paraissaient incrustées de reflets nacrés. Elles étaient lisses, douces et d'une perfection et d'une beauté troublante. Leurs cheveux étaient plus longs. Ceux de Rosà lui arrivaient jusqu'aux genoux et ceux d'Umbrès retombaient sur ses épaules. Le regard du Dyode était d'un gris plus clair qu'auparavant, presque transparent, tandis que celui de Rosà était devenu aussi rose que ses cheveux.

- Avez-vous réussi ? demanda finalement Rosà d'une voix mal assurée alors qu'elle avait l'air de recouvrer doucement ses esprits. Je ne ressens plus rien... s'étonna-t-elle en mettant ses deux mains sur sa poitrine à l'endroit où son coeur battait tout bas.

L'Ombre, impassible, se débarrassa de sa toge pour libérer ses mains. Le tissu tomba sur ses hanches, laissant apercevoir un buste fin et élancé, au dessin parfait, et à la peau étonnamment blanche et nacrée. Presque translucide, comme une méduse. Il entoura La Rose de ses bras pour la presser contre lui.

- C'est normal, murmura-t-il d'une voix grave qui tranchait avec son physique juvénile et candide, c'est la nouvelle Rose qui a engendré le Calice...

Comme elle le regardait sans être certaine de comprendre ce que cela signifiait ou engageait, L'Ombre prit délicatement le poignet de sa femme. Il retourna sa main dans le creux de la sienne, paume dirigée vers eux. Dans son autre main, il fit apparaître son glaive dont il apposa la lame contre la paume de Rosà. Doucement et sans appuyer, il fit glisser le fil à l'oblique des lignes palmaires. Une fine entaille rouge s'ouvrit. Une larme de sang coula le long du poignet de Rosà et vint tacher la toge.

Rosà écarquilla les yeux. Elle n'avait plus vu son sang depuis la naissance des jumeaux Messunc et Gabor. Même lorsqu'Antarès était venu lui dérober le Calice, la paralysant en enfonçant une tige de fer dans ses mains, le sang n'avait pas coulé. Il n'y avait eu que la douleur.

Tout le monde retint son souffle. Chacun attendait de comprendre ce que cela signifiait. Quelle sentence émotionnelle le visage de Rosà ou le regard d'Umbrès allait apporter à cette découverte ?

Quand Rosà sourit, résignée puis enchantée, un vague soulagement détendit tous les Prophètes. Elle leva le visage vers Isis :

- Je suis mortelle grâce à toi, s'esclaffa la Dyade apparemment enchantée d'avoir abandonné son éternité. C'est le dernier Calice.

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Plus tard, L'Ombre leur expliqua que ce Calice serait le dernier puisque plus jamais Rosà ne pourrait en créer un, ni fusionner avec un Iccam. Elle n'était plus immortelle. Son éternité avait été transférée dans cet ultime Calice.

- Dernier Calice, derniers Iccams, derniers Prophètes.

L'objet divin devenait le seul garant de l'équilibre magique. Quant au premier Calice, celui qui était entre les mains d'Antarès, il servirait tout au plus de coupe de fruits ou d'objet décoratif. La vie et la magie l'avaient quitté à l'instant où ce second Calice apparaissait. Plus puissant que le premier car il renfermait la magie et la personnalité de six âmes et 5500 ans de magie ancestrale. Ce Calice était l'ouvrage unique de huit êtres liés pour toujours, par l'histoire, le coeur et l'esprit.

- Et vous Umbrès ? se risqua à demander Emmett. Avez-vous gardé votre immortalité ?

Egon aurait pu répondre à cette question mais il se tut. Il tourna les talons et s'en alla discrètement, étourdi par la douleur du Dyode et un orage qui refusait d'affleurer.

L'Ombre sourit et ne répondit rien à la question embêtée d'Emmett. Prenant délicatement La Rose par la main pour disparaître dans les ombres d'un couloir des sous-sols, on n'entendit que le bruissement de ses lèvres souriantes. A qui savait observer, l'éclair d'inquiétude et de tristesse qui brillait dans son regard lorsqu'il regardait La Rose devenue mortelle, répondait sans aucun doute à la question. Il n'y avait plus de Dyade. La loi des paires et l'équilibre était-il brisé ?


Edité à 18h15, concernant les propriétés du nouveau Calice.




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Mélusine McEwan
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MessageSujet: Re: Epilogue   Ven 2 Sep 2011 - 22:39

Avec les départs de Rosà et Umbrès, suivis par celui d'Egon, l'atmosphère, déjà embarrassée, se teinta d'une étrangeté un peu bancale. Le silence, symptomatique d'un trop plein d'informations simultanées ou d'une fatigue soudaine, tomba comme une chape de plomb sur la salle du trône. Le temps lui-même sembla soudain avancer au ralenti.

Un bruit vint rompre ce silence - le bruissement d'une étoffe, le vacillement d'un corps - et les regards se détournèrent du vide pour se poser sur l'Iccam Rosà. Isis. Mélusine se précipita vers elle, ne devançant les autres Prophètes que d'une demi-longueur, pour serrer son amie dans ses bras, avant de relâcher son étreinte, sans un mot. Emmett prit le relai, en s'adressant à elle dans un murmure inaudible. De l'extérieur, hormis les cernes qui ourlaient ses yeux noisettes et son teint légèrement plus pâle qu'à l'accoutumée, l'Iccam semblait parfaitement normale. Pas même un ongle pour manquer à l'appel. De l'intérieur, si ils étaient encore tous en phase, alors, comme eux, elle devait se sentir un peu perdue. Empruntée. Sonnée.

Quand Isis les quitta, peu après, nul n'eut besoin d'explications pour comprendre où elle se rendait, pour deviner qui elle partait rejoindre. Chacun(e) sembla éprouver le même besoin de s'assurer que son Autre allait bien, de le toucher, d'échanger quelques mots à voix basses.

Là, face à son Gardien dont elle balaya quelques mèches de cheveux pour en libérer son regard, Mélusine trouva la réponse aux doutes qu'elle avait cultivé pendant cette dernière quinzaine, à envisager la réalisation de la Prophétie comme une délivrance. Dilatation du cœur. Elle émit un sourire tremblant parce qu'elle lut dans ses yeux ce qu'elle savait déjà, d'instinct. Ce que les autres avaient compris bien avant elle. Rien n'avait changé. Sur le moment, elle fut incapable de dissocier le soulagement de sa pointe d'amertume. Rien n'avait changé, si ce n'était que, de ce côté-là de la Fusion, l'avenir avait des airs beaucoup moins rassurants. Tout aurait été tellement plus simple, moins douloureux si... Mais tout aurait été tellement plus fade. Et le Miroir n'avait jamais aimé la simplicité.

Ainsi... ainsi, tout était vrai.
Tous autant qu'ils étaient, avec leurs sentiments et leurs personnalités, ils se trouvaient à l'origine de ce besoin de se réunir, de se rassembler, de cette nécessité qui les poussait en avant et les avait menés pas à pas jusqu'à aujourd'hui. Jusqu'à cette Fusion dont ils étaient l'origine. Dont leur rapprochement était la cause. Pas la conséquence. La création du Calice qui voyait s'accomplir une des Phase-Clef de la Prophétie, n'avait en rien altéré leurs liens, si ce n'était, semblait-il, pour les renforcer. La force née de l'expérience partagée. Le retour des Iccams, ensemble, soudés, auprès de leurs quatre Clefs, semblait en être l'illustration. Et, avec la réapparition d'Isis et d'Egon, un sourire similaire, involontaire, fleurit sur toutes les lèvres. Il y avait quelque chose de chaleureux, de réconfortant dans leur complétude.

Quelques questions fusèrent, tronquées, auxquelles firent écho autant de réponses avortées. On peinait à communiquer, à renouer avec la réalité. On avait été unité, il fallait désormais réapprendre à être trois, puis six individus distincts.

Qui émit l'idée en premier? Egon, peut-être, qui proposa de changer d'air, de quitter l'atmosphère confinée de la pièce, encore embrumée de ce qu'ils venaient de vivre, de tout ce qui les dépassait. Quitter l'endroit, ses mystères et ce malaise certain.
A peine plus tard, ils transplanaient ensemble, sans effort, sans encombre, jusqu'à l'un des hôtels particuliers de Mareva Coolwater, en plein Londres. La reprise des hostilités amicales entre le Gardien et la Kalista, alors qu'ils étaient sur le départ, augurait un lent retour à la normale.

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Une fois confortablement installés dans un petit salon privé, la conversation s'engagea laborieusement. Si il leur était difficile d'exprimer ce qu'ils venaient de vivre à haute voix, il était tout aussi ardu de se contenter d'un simple compte-rendu météo.
La Kalista fut la première à avoir l'audace de briser le tabou, en présentant des excuses maladroites aux Iccams et au Gardien. Le Passeur lui fit écho d'une façon légèrement moins passionnée et plus discrète. Ils avaient tous tellement investi de temps, d'énergie et de volonté pour remplir le rôle qui leur avait été assigné que cette urgence, cette impatience, ce besoin même d'accomplir la Prophétie s'étaient heurtés à sa réalité brutale.

« Tant de violence. Tellement de souffrance. C'était... »

Peut-être était-ce écrit ainsi, mais, face à la douleur des Iccams, ils s'étaient sentis... révoltés? Impuissants? Ils n'avaient eu d'autre volonté que de les aider, de les soutenir, d'être à leurs côtés.
Sacha, Isis, Egon, chacun d'eux émit qui un sourire, qui un petit geste en direction du couple. Remerciement. Pardon. Ou simple compréhension tacite. Ils partageaient. Ils étaient tous conscients de l'ampleur et de la difficulté de ce qu'ils venaient d'accomplir. Et il ne fallait pas oublier qu'ils étaient tous, avant tout, des êtres humains. L'essentiel était qu'ils réussissent.

Parce qu'ils avaient réussi.

Tout d'un coup, cette réalité leur tomba dessus. Ils réalisaient doucement. Brutalement. Un par un. Ils l'avaient fait. Leurs regards se mirent à briller. Leurs lèvres s'étirèrent. On se regardait sans y croire vraiment.

Quelle gorge exhala le premier rire? On ne savait plus très bien. L'euphorie les gagnait tous et résonnait dans l'air, sur chacune des pierres du bâtiment où venaient rebondir leurs éclats de rire.
Les nerfs se relâchaient, la tension refluait, les inquiétudes s'estompaient.

Surgis de nulle part, de quoi se désaltérer et se restaurer.

Pendant un instant encore, on voulait oublier et hier et demain. On ignorait ce qui pouvait bien les attendre demain mais on se sentait plus forts. Pleins d'espoirs. Invulnérables. On oubliait qu'il était parfois fou d'y croire encore. On oubliait qu'il allait falloir lutter encore. Souffrir. Un peu. Beaucoup. Avec passion. Avec folie.
Là, maintenant, on était ensemble. Unis par quelque chose de plus fort que cette peur qui les rongeait, par quelque chose qui transcendait ce qu'ils étaient et qu'ils peinaient à envisager. A comprendre.

Un autre langage, muet, courrait entre eux. Léger et discret. C'était dans un jeu de regard, dans la façon dont l'espace s'agençait naturellement entre eux, avec eux. Les uns et les autres. Une interaction innée.

L'ambiance était désormais à la détente et à l'euphorie. Après tout, «ça n'est pas tous les jours qu'on réalisait la Prophétie d'un Centaure toxico». Retour aux joutes verbales et paroles sans queue ni tête dans une atmosphère bon enfant. Maintenant que leur relation était à l'apaisement, ils prenaient le temps de passer en revue, l'air de rien, les événements de la soirée. L'alcool et la fatigue aidant, les gardes étaient baissées et les mots filaient mieux.
Vaguement inquisitrice, Mareva osa la première question, mi-amusée, mi-curieuse:

« Je suis schizo ou est-ce que vous avez tous ressenti quelque chose ? »
« Tu veux parler de ... »


Le regard d'Emmett rejoignit celui de Mareva, se portant sur Sacha et le dispensant de terminer sa phrase.

« Si Mélusine rougit, ça veut sans aucun doute dire oui », conclut Isis, taquine.

Quelques rires amicaux s'élevèrent.

« Genre, on a rien reçu de vous deux non plus... », contre-attaqua ladite Mélusine, désignant le couple d'Iccams.

Un bref silence accueillit ce constat bien qu'aucun d'eux ne parut réellement surpris, comme s'ils avaient su avant même de formuler leurs impressions à haute et intelligible voix. Le regard d'Emmett brillait déjà, curieux de découvrir les tenants et les aboutissants de cette nouvelle spécificité, impatient d'approfondir ce nouvel axe de réflexion au sujet de leur étrange alliance. Si véritablement, ils étaient encore tous émotionnellement liés... Chacun intégra l'information à sa façon, avec plus ou moins de discrétion.

« Me retrouver dans la tête de ce dégénéré ! De ce pervers sexuel ! Ahhh kazo ! »
« Le plaisir est partagé, chère madame... »


Et cætera.
De son côté, Mélusine garda le silence, se rapprochant du dégénéré. Le message était passé. Ils savaient, tous. Nul besoin de dissimuler encore. Intimité discrète. Deux corps côté à côté, deux mains enchevêtrées, une tête sur une épaule et une lueur de fierté au fond du regard. Un sourire léger face à cette liberté d'être et d'aimer, sans jugement et sans autre réaction que de gentils sarcasmes et une compréhension tacite et muette. Des moqueries amicales et un silence approbateur.
Depuis la paume de sa main, une vague de chaleur grimpa jusqu'à son cœur, s'y déploya, déborda de sa poitrine et envoya l'écho d'une de ses systoles résonner chez les autres. Sa manière à elle, empruntée à d'autre, d'assumer, d'avouer et de répondre aux affirmations muettes.

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La nuit s'étirait doucement. Bientôt, Isis et Egon s'éclipseraient, effectuant le trajet retour à deux. Bientôt, Mareva et Emmett se retireraient à leur tour, laissant Mélusine et Sacha pour un dernier tête à tête.


Plus tard, Sacha de Lansley rallierait New-York pour prêter serment à l'Opposition.
Plus tard, la Résistance devrait continuer sa refonte, restructurer son organisation interne et se pencher sur la question du Nouveau Calice et de ses possibilités. Elle devrait planifier sa stratégie face au bouleversement inévitable qu'allait engager le départ de son Amiral. Elle envisagerait un nouveau lieu pour lui servir de Quartier Général. Mareva Coolwater émettrait la suggestion d'accueillir l'organisme au sein d'un de ses hôtels particuliers, où siégerait également le Comité mené par Isis Kitlee.
Plus tard, également, ils comprendraient peu à peu comment et combien la Fusion avaient pu renforcer leur lien.

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En omettant les considérations strictement personnelles...
La concrétisation de la Prophétie n'était pas une fin en soit. C'était un commencement.




« When I went to school, they asked me what I wanted to be when I grew up.
I wrote down ‘happy’.
They told me I didn’t understand the assignment,
And I told them they didn’t understand life. »
John Lennon
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