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 Sham versus the world

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Sham Alasdair McBrashen
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MessageSujet: Sham versus the world   Mar 5 Juil 2011 - 22:54





╠ Akribeum's Quest ╣




Ce que j'avais considéré au départ comme une simple formalité punitive était devenue une véritable expédition. La liasse de papier qui m'avait été confiée, en janvier dernier, avait muté en une aventure à grandes échelles. Échelles spatiale et temporelle. J'étais dessus depuis... six mois (que je n'avais pas vu passer). Et je me trouvais présentement en Egypte. Non loin d'al Kharga, excusez du peu.
Les grandes envolées spatiales n'étaient pas exactement de mon fait puisque l'objet de ma quête, une antiquité nommé Akribeum, s'y trouvait. Difficile de convaincre un objet de prendre le premier portoloin pour m'atterrir dans la paume. Côté temporalité... j'étais prêt à faire mon mea culpa. Mais ce premier semestre de l'an 2013 avait été plutôt... chargé. Examens blancs en janvier. Investissement politique à prouver en février. Épidémie de dragoncelle tombée sur Ste Mangouste en mars. Dépression andrewesque et hystérie alicienne en avril. Infiltration de la Résistance en mai. Et enfin, juin... et ses épreuves en vue d'obtenir (enfin) mon diplôme. Le tout se mélangeant de bon cœur, au gré des mois et sans sectarisme, dans les interstices laissés vacants. Les études au milieu de ma première véritable mission d'envergure. Des heures sup' en plein drame familial. Sans compter les urgences amicales et les petits aléas que la vie ne manquait jamais de déposer sur votre route. Sans oublier non plus Alix et ses chamboulements dans l'ordre pré-établi de mon existence.


Sans doute Dolorès-la-Charmante me trouvait-elle trop lent (n'était-ce pas moi, pourtant, qui était parvenu à déchiffrer l'information ô combien essentielle, de l'emplacement de l'akribeum? Découvrant par là-même quelques indices sur l'utilité de la chose, que je m'étais bien gardé de partager avec quiconque. J'avais ma susceptibilité.), et il ne fallait pas chercher plus loin à justifier sa décision de m'adjoindre une petite équipe. Pour m'aider dans ma tâche, qu'elle disait. Ou alors, était-ce tout simplement parce que, quoi qu'en dise Jones, elle n'avait pas la moindre bribe de confiance rescapée à placer en moi? Oui, plus vraisemblablement.

J'y avais gagné Keeblyn.
Qui était bien le moindre de mes maux, malgré son humeur, morose dans le meilleur des cas.
En prime, j'avais également hérité de Daniel Shepherd et Susan Davidson. Monsieur Je-Sais-Tout et Roquette-en-chef. Roquette comme féminin de roquet. Néologisme spécialement créé pour la circonstance.
Les présentations étaient faites.
Equipe de choc pour atmosphère idyllique. En dépit du soleil, des palmiers et du sable, impossible de se croire en vacances avec un tel escadron d'Opposants. C'était tout juste si je parvenais à avoir le dernier mot, privilège réclamé au vu de mon grand âge. Chaque décision était prétexte à discorde et à discussion sans fin. Nous nous étions trouvés à deux doigts de faire appel à un diplomate local pour régler la question du matériel à emporter alors que nous mettions en place notre intervention pour récupérer l'abrikeum. J'avais crié plus fort que les autres, ce qui nous avait évité d'en venir aux baguettes. Je me découvrais un certain coffre et ça n'était pas pour me déplaire.

Ces petits détails réglés, notre petite troupe s'était dirigée, avec plus ou moins de bonne humeur, dans la direction des ruines de es ruines de Qasr al-Ghoueita (ou Palais de la Belle), un peu au sud de Kharga. Sophia et moi avions pris la tête, laissant le soin aux deux énergumènes de se faire la conversation. L'atmosphère, depuis le début de notre séjour égyptien, n'était pas aux confidences et je m'étais bien gardé d'aborder la moindre question personnelle. Il n'empêchait que je m'interrogeai sur l'état émotionnel de mon ex-Soumise. D'un point de vue strictement personnel et sans doute très égocentrique, je ne trouvais pas vraiment que la libération lui avait été si bénéfique. Des cernes ombraient son regard et, même au plus fort de sa rancune contre moi, je l'avais connue plus souriante. L'heure n'était toujours pas aux épanchements et aux distractions mais je me promis de prendre le temps de m'entretenir avec elle. Sérieusement. Je n'aimais pas à la voir si sombre. Quand bien même, pour l'instant, je devais me contenter de directives en vue de l'accomplissement de notre mission. La dévalisation d'un site classé historique, ni plus, ni moins. Mais l'Opposition n'admettait pas de demi-mesures. Nous récupérions l'akribeum ou nous ne le récupérions pas. Entre la réussite et l'échec, il n'y avait pas de demi-teinte. Et, cette fois-ci, même Ethan Jones ne pourrait me relever si je faillais à nouveau.

Mais je me promis de prendre le temps pour un petit-à-tête avec Sophia. Après.

Depuis quelques temps déjà, je me sentais engagé sur la voie "Sham vs The World". Et la compagnie de Susan et Daniel n'aidait pas à combattre ma paranoïa. Je les entendais marmonner à l'arrière-plan et je dus me retenir de réagir comme un gamin et de régler ça par les poings. Ou la baguette. La baguette, probablement. Mon potentiel sortilèges avait plus de poids que mon potentiel muscle.

Au milieu de tout ce sable blond, nous étions comme quatre gros points noirs qui grimpaient à l'assaut de la ruine. On nous voyait à des kilomètres à la ronde. Mais si, ici, le soleil se levait tôt, ça n'était heureusement pas le cas des touristes. Nous avions plus ou moins une heure avant que les vacanciers n'émergent. Et peut-être une heure de plus avant qu'ils ne se ruent vers les spécialités architecturales locales. Ne nous restait plus qu'à nous méfier des autochtones.
Mais si nous étions visibles de loin, tout autre intrus s'immisçant sur "notre" territoire le serait aussi. Si on omettait les quelques métamorphomages de passage qui ne perdraient sans doute pas leur temps à jouer les protecteurs d'antiquités. C'était à espérer.

Je ressassais mes pensées jusqu'à notre arrivée au pied des ruines. Nous avions d'ores et déjà effectué quelques repérages, par binôme, les jours précédents. Nous étions fins prêts. Je l'espérai. Je ne savais pas trop à quoi m'attendre de la part de mes compagnons d'infortune. Je ne les sentais pas d'un enthousiasme débordant mais je doutais que leur rancune à mon égard aille jusqu'à faire capoter cette mission. Je ne me sentais pas, de toute façon, de surveiller à la fois mes avants et mes arrières.
Quelque part, je crois que je comptais sur la... loyauté de Sophia? Le terme était un peu exagéré. Disons la confiance que j'avais en elle. Voilà, je comptais sur la confiance pour me servir de garde-fou.

Selon le plan pré-établi, nous pénétrâmes un par un à l'intérieur des ruines, qui étaient empreintes de poussière ensablée et menaçaient de nous faire tousser à chaque pas. Officiellement, nous étions un groupe d'étudiants en archéologie venus sur place pour un travail d'étude. Officieusement, ma foi...
Susan, qui avait été tirée à la courte-paille, stagnerait à l'entrée pour guetter le moindre problème. Elle soupçonnait une entourloupe et elle avait raison. Un coup de baguette bien placée l'avait fait perdre au tirage au sort. C'était la seule option que j'avais trouvé pour me débarrasser provisoirement d'elle.
Pendant qu'elle faisait le poireau, nous nous aventurerions à l'intérieur, en évitant de nous perdre dans le dédale des couloirs par la grâce du plan que nous avions dessiné au terme de nos excursions précédentes. Au bout d'un quart d'heure d'errance, nous devions parvenir dans une petite salle en cul de sac. Là, se trouvait, dissimulé par magie et autres artefacts moldus, l'akribeum. A nous de déjouer les pièges, de nous emparer de l'objet, de nous extirper fissa de ce nid de poussière et de rentrer aussi sec à notre camp, histoire de faire nos bagages et de prendre les voiles.

Jusqu'ici, tout fonctionnait à merveille. Même si les merveilles s'accompagnaient de quelques ronchonnements épars. Nous avancions d'un pas assuré et nous approchions du but.
Mais tout avait une fin, même "jusqu'ici", puisqu'après, nous étions "là-bas".
Un bruit de pas se fit entendre, en écho, derrière nous.
Susan.


- Davidson! Tu devais garder l'entrée...
- Oh, crois bien que j'en étais ravie! mais nous avons... un problème.


L'espace d'un instant, je me pris à croire qu'il s'agissait simplement d'une autre manœuvre pour me porter sur les nerfs, activité dans laquelle elle excellait. Mais même ma mauvaise foi peinait à justifier les perles de sueur qui nimbaient son front. Il faisait frais à l'intérieur des ruines. Frais en comparaison de l'extérieur. Et quand bien même, la chaleur ne justifiait pas le bref éclair de panique que je crus desceller dans son regard.

Bien. De deux choses l'une: soit nous rebroussions chemin, quitte à affronter notre problème, soit nous continuions notre route, récupérions ce que nous avions à récupérer l'akribeum, quitte à affronter ledit problème par la suite. Au moins, nous aurions l'objet en notre possession. Si on comparait les deux plateaux de la balance, l'un pesait plus lourd que l'autre.

D'un signe de tête, je fis signe à ma petite équipe de poursuivre sur notre lancée. Pour une fois qu'une de mes décisions ne provoquait pas un tollé ni une argumentation sans fin, je ne pouvais même pas en profiter...
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Sophia R. Keeblyn
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MessageSujet: Re: Sham versus the world   Dim 10 Juil 2011 - 1:24

Elle attendit le signe de Sham pour continuer d'avancer derrière Dan. Normalement, elle aurait du se tenir en tête du fait de sa particularité, et Sophia était pratiquement certaine que dès cette peste de Davidson s'en rendrait compte, elle ne se priverait pas de le faire, mais la jeune femme se trouvait bien plus en sécurité derrière le sorcier. Parce que, immortelle ou pas, elle n'avait pas envie de se risquer à quoi que ce soit privée de sa baguette, et Dolores la lui avait enlevée dès son départ pour Holly Springs, et elle ne lui avait toujours pas rendue, prétextant que ses supérieurs trouvaient Sophia trop instable et ses sortilèges trop imprévisibles pour qu'ils puissent lui laisser. A la place, la sorcière l'avait initié aux armes à feu, et elle ne maîtrisait malheureusement pas l’artefact moldu qu'elle lui avait donné en échange. Donc, derrière un génie de la magie comme Dan, elle était nettement plus en sécurité qu'avec son truc en main. Surtout après avoir passé la soirée à écouter le jeune homme lui raconter le folklore qui se rattachait aux ruines.

En fait, ce qu’espérait Sophia, c'était que Davidson ne lui dise rien, elle avait tout fait pour être neutre quand ils se disputaient tous les trois et rester hors de leurs histoires pour ne se mettre personne à dos. La dernière chose dont elle avait besoin était de gérer quelqu'un qui lui en voulait. Ses pensées étaient ailleurs, tournées vers quelqu'un en particulier, et elle voulait juste qu'on lui fiche la paix pour qu'elle puisse patauger à sa guise dans sa tristesse. Sophia était au moins reconnaissante à ses compagnons de ne pas lui poser de question sur ce qui la rendait silencieuse et repliée sur elle. En général, les gens voulaient toujours savoir pourquoi quelqu'un ne se prêtait pas au jeu de la socialisation, et d'habitude, elle n'aurait pas rechigné à répondre à leurs questions. Ce n'était pas le cas dans la situation présente.

Car Ludwig Darwyn qui occupait ses pensées depuis des mois, et qui était apparemment déterminé à y rester pour encore un petit bout de temps, était également la cause de tous ses soucis. Parce que Sophia culpabilisait souvent, elle culpabilisait pour tout, souvent et pour longtemps. Et elle se sentait investie d'une responsabilité envers la personne à laquelle elle avait fait du tord, jusqu'à ce que le sentiment qui la tenait s'éloigne. Par exemple, Sham, ça faisait maintenant des mois, elle se sentait toujours mal vis-à-vis de lui, et était toujours son obligée. Mais en comparaison avec Ludwig, Sham ne représentait que 10% de son marasme intérieur. Parce qu'elle avait seulement tenté de le trahir, et elle n'avait même pas réussit, Ludwig, lui, elle l'avait presque tué. Et il lui avait refusé le droit de se repentir. Bon, il ne l'avait pas dit comme ça, mais ses actes les équivalaient. Pendant trois mois, il l'avait laissé croire qu'il était mort alors qu'il était bien en vie, puis lui avait demandé de ne plus essayer de rentrer en contact avec lui. En somme, elle allait avoir beaucoup de mal pour être de nouveau en paix avec elle-même. La jeune femme passait donc ses journées à essayer de trouver une solution pour aller mieux, un prétexte pour essayer de revoir Ludwig …

Et même si à la base, elle n'avait pas été très chaude pour se rendre en Égypte, très loin du lieux où elle habitait depuis plusieurs mois pour partir à l'aventure, cependant, cette mission avait ses avantages, elle occupait la majeure partie de son temps, l'empêchant de tourner et de retourner ses sombres préoccupations qui semblaient vouloir la submerger et l'étouffer avec de nouveaux problèmes qui se présentaient dès qu'elle essayait de creuser une hypothétique solution. Dolores avait bien fait de la forcer à le faire.

"The True Sin / 12 Juin 2013":
 

En plus, du point de vue de Sophia, cela ressemblait presque à des vacances. D'abord parce qu'elle aimait les pays chauds, et que pour être chaud, l'Égypte était un champion presque toute catégorie. Ensuite les paysages étaient époustouflants, et en les regardant, Sophia avait l'impression de retrouver ceux qu'elle s'était imaginé à travers les récits d'aventure que lui racontait son oncle les rares fois où il venait les voir, il avait vu la Vallée des Rois, plusieurs fois même. Et à chaque fois, il lui avait ramené un petit souvenir, elle avait grandit et voyagé à travers ses histoires. Et parfois même, l'amie de son oncle Halleigh, lui faisait transmettre un petit quelque chose pour elle, parce que sa mère ne voulait pas d'étranger dans la maison.

En plus, elle était avec des personnes qu'elle appréciait. Sauf Susan, mais elle personne ne l'appréciait vraiment donc elle comptait à part. Qui étaient plutôt faciles à vivre et avec qui partager une tente n'était pas forcément un calvaire, d'autant plus que Dan se faisait une grande joie de faire la vaisselle à sa place, il pouvait bien lui offrir de la faire à sa place étant donné qu'un seul coup de baguette lui suffisait à mettre les objets en mouvement pour qu'ils se lavent tous seuls à la différence de Sophia. Bon, évidement, certains moments étaient un plus durs à vivre, comme quand ils faisaient leur espèce de petite guerre pour essayer de déterminer qu'est ce qu'ils allaient faire, qui avait raison, qui était le chef, qui devait aller nourrir les chameaux (étant donné que c'était une tâche qui ne dérangeait absolument pas Sophia, à chaque fois, c'était elle qui y était allée pour couper court aux disputes concernant leurs montures). Parfois supporter Sham et Daniel se disputer pour savoir qui avait le mieux traduit le texte d'un vieux grigou indiquant où était caché ce machin aussi vieux le schnock était éprouvant. Et alors quand Davidson s'y mettait, ça devenait même carrément infernal. Voilà pourquoi elle préférait ne pas prendre partie du tout.

- Bon avance Dan, dit-elle au sorcier devant elle en le poussant gentiment devant elle.

Parce que quitte à ignorer royalement le problème qui les attendait dehors et qui avait même réussit à faire fuir Davidson, autant ne pas perdre de temps à se tourner les pouces dans un couloir poussiéreux. Plus vite ils auraient récuperés ce qu'ils étaient venus chez eux, plus vite ils pourraient quitter les lieux. Et comme ils étaient tous les quatre des sorciers capable - sauf Sophia- de transplanner, ils pourraient même éviter le problème. Ce qui, au final, serait peut-être mieux pour tout le monde. Et puis c'était mieux s'ils partaient avant que quelqu'un les ai vus assez longtemps pour être capable de les identifier comme les profanateurs des ruines. Qui d'ailleurs regorgeaient peut-être de mille et un pièges horribles et mortels. Le problème, c'était qu'elle avait entendu Daniel dire que le lieu avait été traité de façon à ce que personne ne puisse transplanner entre ces murs.

- Au fait, on ne devrait pas tomber sur quelque chose qui nous rendrait la tâche un peu plus difficile ? … Non que je me plaigne, mais … c'est trop facile pour le moment.
- Et bien en fait si … on devrait déjà avoir croisé quelque chose. Dans le livre que je lisais encore hier soir, il disait que des sorciers et des moldus avaient associé leur génie pour proteger cet endroit de toute personne qui aurait la bonne idée d'y entrer avec de mauvaises attentions.
- Autrement dit, nous ?
- Oui, c'est ça. Mais il y a eut plein de fouilles déjà, et personne n'est mort ou s'est mystérieusement retrouvé avec un sortilège de Jambencoton, par exemple. A croire que ses ruines savent reconnaître ceux qui lui veulent du mal.

Sa théorie était intéressante. Sauf que les pièges moldus n'étaient pas aussi sophistiqués que ceux posés par des sorciers, ils n'étaient certainement pas capable de choisir de s'ouvrir parce que quelqu'un entre en se disant, tient ! et si je ramenais un bibelot de ma promenade hein ? Sauf si bien sur les sorciers étaient passés derrière. Mais mieux ne valait-il pas penser au pire. Parce que dans de tels endroits, si elle accordait du crédit aux récits de voyage de son oncle, le pire pouvait toujours arriver après.

Mais il fallait se dire que Dan allait prendre en premier de toute façon.

- D'un autre côté, ils n'ont rien découvert d'autre que les étages supérieurs, d'après nos recherches, il se trouve sous terre.

Ils étaient arrivés dans la première salle exhumée. De l'avis de Sophia, il y avait trop de poussière partout, en plus ceux qui travaillaient là avaient laissé leurs outils partout sur le sol, pour ceux qui passaient derrière, c'était un vrai capharnaüm. Et ça ne donnait pas vraiment envie de jeter un regard aux trucs et bidules qu'ils avaient retrouvé dans le sol et dans les recoins. Mais au moins, les murs étaient dégagés et clairs, les longues fresques murales étaient juste splendide; et Sophia resta derrière Dan pendant qu'il décryptait de son côté les pans de hiéroglyphes, il les marmonnait à mesure, la jeune femme juste derrière lui pouvait bénéficier de la traduction en direct-live. C'était un avantage. Mais il s'arrêta devant un sigle qui différait des autres, même Sophia le remarquât. Il s'approcha un peu plus et appuya dessus comme un malade.

Il y eut une sorte de déclic sonore qui emplit toute la salle, et une sorte de roulement qui venait de derrière le mur de pierre, et s'arrêta. Daniel se retourna pour lui sourire et … le sol disparut de sous leurs pieds.

Littéralement, un moment il y était, sablonneux et dallés de vieilles pierres, puis plus rien. Ils chutèrent juste sur quelques mètres et retombèrent sur quelque chose. Pour Sophia se fut encore plus de poussière et pour Daniel, il tomba directement sur Sophia. Et en essayant de se relever il lui donna même un coup de pied dans le menton. Elle toussa en aspirant de la poussière pour se plaindre.

- Bordel Daneeuuh ! Fais gaffe mince !


Elle repoussa les cannes maigrichonnes de son camarade et se releva tant bien que mal, et plutôt mal en fait. Elle réalisa que son poignet avait eut du mal à amortir le choc avec en plus la charge de Sheperd. Mais pas assez pour être cassé malheureusement, cependant, il était bien foulé. Elle grimaça en le touchant. Elle releva ensuite les yeux pour regarder Daniel et éclata de rire. C'était un rire incontrôlable en plus et sans doute nerveux. Mais en tombant, il s'était égratigné la pommette, ce qui le changeait bien de ses airs d'intello. Et il avait du tomber sur un beau tas de poussière parce qu'elle lui avait pratiquement recouvert tout le visage et les cheveux en lui donnant un air d'alchimiste fou qui aurait fait explosé une potion devant son visage. Elle s'obligea à arrêter de rire en le voyant prendre un air vexé et essayant de plaquer ses cheveux un chouïa trop longs sur son crâne.

- Hey ho en haut ! On a bien atterrit ! cria t-elle vers le carré de lumière. Et on a trouvé des sous-terrains ! C'est une espèce de grand couloir. Continuez on va essayez de remonter dès qu'on le pourra ! Essayez de nous rejoindre sans sauter ok ?

Elle finit par aider Dan à se relever complètement et épousseta le dos de sa chemise en lui assurant qu'elle ne dirait jamais rien sur cette chute. S'il promettait bien sur de faire de même la concernant, le seul moyen qu'elle avait trouvé d'essayer de regonfler l'égo blessé du jeune homme. Et chercha son briquet à tâtons dans sa poche pendant que Daniel illuminait le couloir avec un Lumos et il l'interrogea du regard en regardant le prolongement du couloir à droite et à gauche.

- Quel côté ? demanda t-il.
- Droite ?

Il hocha de la tête et se tourna vers la droite, baguette tendue, et elle-même sortie l'arme à feu, sans trouver pourtant le moindre réconfort dans le poids dans sa main. Au bout de quelques mètres, ils trouvèrent une immense toile d'araignée qui recouvrait de vieux bouts de tissus. Sophia se prenait à imaginer qu'ils trouvaient un squelette au détour de l'étroit couloir. Cela prouvait bien que regarder des films moldus le soir n'était absolument pas une bonne idée.

- Regarde là-bas une porte ! fit-il remarquer. On devrait peut-être faire demi-tour, proposa t-il.

Elle lui sourit, pressa son épaule et passa en premier pour s'approcher de la salle. La vieille porte en bois pourrie aux trois quarts, était encore bien solide. Et, elle n'avait pas envie de laisser Daniel l'ouvrir, s'il avait bien voulut l'ouvrir, mais quelque chose lui disait qu'il ne l'aurait pas fait même si la jeune femme le suppliait. Alors elle s'assit à genoux en face de la sérrure et sortit ce qu'elle avait qui pourrait faire l'affaire pour tenter de crocheter l'antique serrure en demandant à Daniel d'éclairer par là. Il ne semblait vraiment pas rassuré. Il trépignait et sautait d'un pied à l'autre.

- Qu'est ce qu'il y a derrière ?
- Aucune idée.
- Quelque chose de pas rassurant ?

- A coup sur Dan, chut.
- Et tu vas l'ouvrir, j'imagine ?


Elle se retourna pour le regarder avec un grand sourire.

- C'est fermé. Comment une femme peut-elle résister ?
- Ce n'est vraiment pas raisonnable !
- J'espère bien !


Il soupira profondément mais n'ajouta rien, pour deux raisons. La première : il s'était fait une raison, il n'y avait pas la moindre chance pour qu'il réussisse à la faire changer d'avis. Surtout si on prenait en compte le fait que pour une fois que ses problèmes ne l'occupaient pas, elle s'efforçait de ressentir le moindre frisson d’adrénaline en jouant à Sydney Fox au détriment de Dan. Et ça l'amusait de voir son air pas très rassuré. Ou alors, le bruit du verrou qui tourne et de la porte qui s'ouvrit en grinçant suffit à fermer son clapet.

- Je ne suis pas certain que ça soit une bonne idée, tu sais. Les portes ne sont pas fermées pour rien.

La jeune femme ne l'écouta pas et poussa la porte pour entrer. Dans une immense salle sombre, mais le sortilège de Dan éclaira un plafond haut, un sol dallé comme dans le couloir et d'épaisses colonnes de pierres sur toute la hauteur des murs. Dans un coin, quelque chose bougeait, quelque chose de la taille d'un être humain qui roulait sur le sol. Sophia s'approcha à pas lents.

C'était une silhouette humaine, qui ressemblait à celle d'une femme, qui tremblait, ses yeux roulaient convulsivement et ses mains passaient sur son corps comme si elle essayait de chasser quelque chose d'invisible aux yeux de Daniel et de Sophia. Elle ne semblait même pas respirer. Le petit râle qu'elle laissait échapper ressemblait à un ton de terreur absolue et elle semblait dire "enlevez les, par pitié enlevez les !". Mais à l'instant même où Sophia posa sa main sur le front de la femme celle ci se transforma en poussière. D'un seul coup. Elle demanda à Dan d'éclairer dans cette direction, mais il s'était éloigné pour enflammer des torches qui avaient été accrochés le long du sol. La salle s'illumina instantanément. Et Dan se figea en regardant vers un coin de la salle.

- Dan ? Qu'est ce qu'il y a ? demanda t-elle en s'approchant de lui.
- D'où elle vient cette eau ?

Elle regarda dans la direction que fixait son camarade, sans y voir la moindre trace de liquide quelconque. Mais Dan semblait bel et bien y voir quelque chose, il se mit à reculer en respirant d'une manière hachée. Quelque chose le fit trébucher, il s'étala par terre et battit des bras comme s'il essayait de … nager ?

Alors la jeune femme comprit, ils avaient trouvés le premier piège, enfin de leur côté, elle ne savait pas de ce qu'il en était pour Sham et Susan, pour le moment, elle semblait immuniser mais Dan paniquait vraiment. Elle fouilla la salle des yeux, il y avait une sorte de pierre violette au fond de la salle, qui brillait d'un éclat maléfique. Peut-être que si elle réussissait à la retirer …

Au moment même ou elle pensa à ça …

- Dan ? C'est toi qui a éteint la lumière ?




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MessageSujet: Re: Sham versus the world   Mar 20 Sep 2011 - 22:37

Franchement, l'idée de sauter à la suite de Keeblyn et Sheperd avait fait plus que m'effleurer. Entre affronter l'inconnu avec Davidson et l'affronter sans Davidson, le choix était vite fait. Avec un peu de chance, il me suffirait de quelques mots mal placés pour qu'elle me pousse elle-même dans la fosse. Hop! Même pas de ma faute si je ne suivais pas le plan de départ. On trouvait un peu de lâcheté où on pouvait.
Sauf que, bien évidemment, je ne sautais pas. Et je ne grommelais même pas une petite provocation de travers.
Je n'étais pas certain que tenter de retrouver Sophia et Dan par un quelconque détour nous aiderait à terminer au plus tôt notre petite aventure mais j'étais étrangement mal à l'aise à l'idée de continuer sans eux. J'avisai une ouverture légèrement sur ma gauche, qui semblait être la seule autre issue, hormis celle par laquelle nous avions pénétré Avant de quitter cette chambre, je jetais un regard alentour. Bien entendu, personne n'avait songé à dessiner un plan d'évacuation. A se demander comment faisaient les forces d'intervention de l'époque en cas d'incendie. Bref. Je me faufilais hors de la pièce et je continuais à avancer précautionneusement droit devant moi, laissant cette chère Susan libre de ses choix. Susan qui avait peut-être peur du noir. Ou de la solitude. Elle m’emboîta le pas. Nous nous retrouvâmes donc à poursuivre notre errance dans la poussière, au pas de course. Je ne tenais pas plus que cela à ce que le problème nous rattrape. Avec un peu de chance, le problème en question choierait sans grâce dans le mini-gouffre, se casserait quelques jambes au passage (m'étais avis que ce genre de problème en possédait plus de deux, réparties entre plusieurs corps à tendance humanoïde) et nous laisserait continuer notre exploration pour enfin ressortir des ruines, crevés mais indemnes, et en possession de l'akribeum. Douce utopie.

Tout droit. Tout droit. A gauche. Cul de sac. Demi-tour. A gauche qui était notre droite de tout à l'heure. Nouvel embranchement.

- A gauche.
- Je pense qu'on devrait plutôt prendre à droite.
- Et depuis quand les femmes ont le sens de l'orientation?
- Crétin.
- Dis donc! Tu en as, du vocabulaire, Davidson.
- J'essaie de rester calme.
- Super nouvelle. A gauche, donc.


Elle me laissa bien faire trois pas, avant d'ajouter, narquoise:

- Le couloir de droite dessine une pente légère d'approximativement 5%.
- Et alors?


Trois autres pas.

- On cherche à descendre, non?, conclut-elle d'une voix aussi mielleuse qu'irritante.

Je détestais quand elle avait raison.
J'exécutais un demi-tour en ignorant son air victorieux, manquais lui proposer de passer devant et me souvins de mes bonnes manières. Passais donc en premier, prêt à braver les dangers et à me manger les pièges supposés en pleine mâchoire. Quitte à sortir amoché de ce labyrinthe antique, autant que ce soit par la grâce d'une magie vétuste et puissante plutôt que de la main de Susan Davidson.

Alors que je continuais de jouer les éclaireurs modernes, un sentiment désagréable persistait à grignoter mon enthousiasme. D'aucuns pourraient penser qu'être poursuivis par un problème quelconque était largement suffisant dans le programme d'une journée – et ils auraient raison – mais j'étais paradoxalement inquiet que rien d'autre ne vienne en travers de notre route. D'après les parchemins que nous avions déchiffré avec peine, notre Qasr al-Ghoueita n'était pas seulement un attrape-touristes, appâtés par quelques vieilles histoires. Certes, il s'agissait en premier lieu d'un palais, autrefois habité par des rois et des reines dont les os n'étaient désormais que poussière. Mais les sous-sols où nous nous frayions passage abritaient alors un ordre secret dont le nom exact demeurait un mystère pour Sheperd comme pour moi, le terme, sans doute uniquement destiné à nommer cet ordre, s'était révélé intraduisible. Seule l'apparition fréquente du mot «Vérité» nous avait assuré que nous ne faisions pas fausse route. L'ensemble des documents que j'avais en ma possession étaient tous relativement flous quant à l'utilisation réelle de ces sous-sols par les autochtones de l'époque. Le tout était nimbé de mystères. Or, mystère était synonyme de confidentiel, lui-même synonyme de hermétique et le tout allait rarement sans quelques protections, le plus souvent de grandes ampleurs. Et je n'étais pas très confiant à l'idée de me frotter à une magie vieille de plusieurs siècles. Parce que je ne doutais pas un instant que des sorciers aient été impliqués dans cette histoire.

J'avançais néanmoins d'un bon pas, guère enthousiaste à l'idée de passer pour un froussard aux yeux de mademoiselle Davidson. Si je venais à mourir (il fallait toujours faire preuve d'optimisme dans ce genre de situations), au moins mourrais-je la baguette à la main, dans un geste de vain courage. La pensée en elle-même n'était pas des plus réconfortante.

Comme l'avait prédit Davidson, nous nous mîmes à descendre, tout d'abord doucement, puis la pente se fit plus abrupte, si bien qu'en plus de surveiller nos arrières et de protéger nos avants, nous devions prêter attention à chaque pied que nous posions devant le précédent. Et ce, sans ralentir l'allure. Faut-il s'étonner que je me sois pris violemment l'obstacle en pleine face? Pas vraiment si l'on tient compte que l'obstacle en question était invisible à l'œil nu.
Ce que j'avais tout d'abord pris pour un mur que l'éclairage prodigué par ma baguette n'aurait pas détecté était tout simplement de l'air devenu solide. Aussi inattendu qu'indétectable. Et aussi douloureux qu'infranchissable.
Ne subsistaient que deux options: 1. rebrousser chemin et compenser le temps perdu en galopant comme des dératés dans nos dédales souterrains, tout en tentant vaillamment de conserver un air digne; ou 2. nous montrer plus têtus que l'intelligence millénaire du palais et nous frayer un chemin coûte que coûte. Essayez de deviner notre conclusion, pour voir.

Exact. Nous nous mîmes en position (c'est-à-dire, moi devant et Davidson planquée derrière mon épaule) et fîmes étalage de notre magie la plus complexe, sous des airs un peu crânes. Les rais de lumière fusèrent, se répercutèrent sur cette paroi invisible mais très palpable, revenant à l'expéditeur dans des sursauts de bonne humeur fâcheux, nous arrachant quelques grimaces et autres lambeaux de peau au passage. Le crépitement des maléfices me harcelait les oreilles et je peinais à me concentrer pour trouver une solution pertinente. Sac à méduses! J'avais été Serdaigle. Le spécialiste de la matière grise et de la magie théorique, c'était supposé être moi.

Solution, où es-tu?

Entre les doigts de Susan Davidson qui, la première, se lassa de jouer les m'as-tu-vue pour verser dans l'efficacité pure et simple. Juste un soupçon de frime dans l'utilisation des informulés. Ou alors ses sortilèges étaient classés secret défense. Je décelai quelque chose qui ressemblait à un sortilège de relâchement et une autre qui me paraissait être un très non officiel maléfice du Coudboule. Officiel ou pas, la chose s'avéra efficace puisque la barrière indétectable gagna en visibilité avant de sembler éclater en une myriade d'éclats de verre.
Un, deux, trois pas et nous avions franchi l'obstacle. Juste au cas où il se serait reconstitué de lui-même passé un court laps de temps.

* Bien. Maintenant, passons aux choses sérieuses. *

Sauf que...
Tellement impatients de franchir l'obstacle qui nous barrait la route, nous en avions oublié d'observer ce qui nous attendait de l'autre côté. Bon. D'accord. J'avais oublié d'observer ce qui nous attendait de l'autre côté. A savoir rien. Rien du tout. Un magnifique cul-de-sac. Une superbe voie sans issue. Un présent sans avenir. Un mur de brique qui nous scellait l'horizon. Au sens figuré.
Le temps de me retourner pour faire part de mon triste constat à ma binôme de fortune, la binôme en question finissait de réparer l'outrage qu'elle avait fait subir à notre fameux obstacle. Qui me paraissait tout à fait reconstitué.

Sans doute prit-elle le regard que je lui envoyai comme un reproche (ce qui était le cas) car elle se justifia d'un ton rogue:

- Autant freiner nos "amis" au maximum.

Dans d'autres circonstances, j'aurais peut-être même été jusqu'à la féliciter de cette initiative qui ne manquait pas de pertinence. Là, je me contentais de lui indiquer des yeux ce qui nous attendait de l'autre côté. A savoir mon fameux mur de brique.

Bon. Et maintenant? Que nous restait-il comme option?
Je n'étais définitivement pas l'aventurier de mes lectures. J'avais étudié la diplomatie plutôt que la débrouillardise. Alors quoi? On arrêtait là les frais et on attendait notre problème afin de discutailler une alternative qui nous convienne à tous? Mouaif. Je m'apprêtais à partager mes impressions avec Davidson quand je me rendais compte qu'elle me fixait en se mordillant la lèvre supérieure. Signe que ça cogitait dense sous son crâne. Haussement de sourcils personnel pour l'inciter à énoncer à haute voix les conclusions de ses réflexions.

- Je doute que "rien du tout" soit protégé par un maléfice comme celui-là.

Celui-là étant le "mur" transparent qui avait failli me casser le nez.

- Un banal sortilège pour fausser les apparences, peut-être mais pas quelque chose de cette ampleur. Aussi, je pense que tu devrais chercher un peu plus fort.

Ah! Voilà! J'attendais le moment où ça allait redevenir ma faute.
Néanmoins, il y avait un peu trop de vrai dans son verdict pour que je me lance dans une argumentation de pure façade. J'attendais une petite minute, juste pour lui prouver que le jour où je lui obéirais au doigt et à l'œil n'était pas encore arrivé, avant de me remettre aux recherches. Maintenant qu'elle m'avait fout cette idée dans la tête, il me paraissait évident qu'il y avait effectivement quelque chose d'autre qu'un banal cul-de-sac. Restait à trouver quoi.

L'arrivée de notre problème, sous forme d'une petite escouade d'individus, dont la forme était encore floutée par l'obscurité dans laquelle ils se déplaçaient, n'était pas exactement pour m'aider.

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Sophia R. Keeblyn
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MessageSujet: Re: Sham versus the world   Dim 9 Oct 2011 - 17:10

Le noir avait envahi sa vision en à peine quelques instants. Elle n'eut même pas le temps d'être surprise que Daniel ne lui réponde pas qu'elle sentit quatre parois l'entourer et la faire basculer par terre dans un grand fracas de bois.
Sophia était totalement envahie par la peur, elle pouvait presque la sentir enfler de sa poitrine et s'étendre petit à petit dans chacun de ses membres. C'était presque comme du poison, non en fait c'était du poison. Une peur primaire, l'ennemi génial, un parfait piège dont personne ne pouvait se débarrasser à moins d'être le plus grand idiot du monde et de ne rien craindre. Sophia était au prise avec son propre corps et son propre esprit lui jouait des tours qui entretenait l'illusion et le pire dans tout ça, était sûrement qu'elle n'en avait pas même conscience.
Trop occupée à hurler de toutes ses forces pour qu'on vienne l'aider, elle s'arrachait toute seule les cordes vocales pour dans l'espoir vain que quelqu'un vienne la chercher. Elle ne parvenait plus à réfléchir, tout son être était tourné vers le déploiement de ses capacités à se sortir de cette situation.
Ainsi, elle tambourinait de ses coups de poings et de pieds les planches de bois qui l'entourait de chaque côté en poussant des hurlements déchirants. Il y avait bien une voix au fond de sa tête qui lui disait que cette situation était visiblement invraisemblable, qu'elle ne pouvait pas se trouver à la fois dans un couloir de ruines en Égypte, dans un cercueil et dans les souterrains où elle avait longtemps été enfermée e n même tempe, mais pour le moment, Sophia était bien trop occupée à être prise d'une crise de terreur absolue pour écouter cette même petite voix. Même si elle avait parfaitement raison.

- Elle est là !
- Non, NON !
- Attrapez là … Maintenant ! Coincez la !
- … Petit Monstre …


Son cœur semblait à deux doigts d'exploser, elle avait l'impression de pouvoir regarder derrière elle, sonder l'obscurité et pouvoir voir arriver les militaires qui gardaient les souterrains où elle avait été enfermée, elle était certaine qu'ils allaient arriver d'un instant à l'autre, lui faire du mal de nouveau et la rejeter dans sa cellule, la trainer pour l'y emmener comme à chaque fois qu'elle avait tenté de s'échapper. Elle hurla de dépit en cognant contre la paroi qui l’empêchait de s'échapper. Le derrière du cercueil se rematérialisa contre son dos quand elle détourna son regard pour frapper de nouveau de toutes ses forces contre la paroi. Des volutes de poussières et de terre s'élevaient à chaque nouveau coup porté contre le bois, ses mains : en fait ses doigts et ses jointures commençaient à être en sang. Ils l'avaient enterrés vivante ! On croyait rêver ! Ils ne savaient donc pas qu'elle ne pouvait pas mourir, elle était prise au piège là-dedans, pour toujours ou au moins pour très longtemps. Elle ne survivrait pas, elle allait en devenir folle si elle restait enfermée. Ce n'était pas possible! Elle ne pouvait pas être enfermée là, elle ne voulait …
Derrière elle, les pas se précipitaient dans sa direction, elle était bloquée, à l'idée de la douleur que faisaient les balles lorsqu'elle pénétraient la peau, déchiraient la chaire et fracassaient les os et que Sophia avait finit par oublier en quittant les souterrains, elle ne voulait pas subir cela de nouveau. Ses larmes se mirent à rouler sur ses joues pour se perdre dans ses cheveux et dans ses oreilles.

- Keeblyn !
- Lâchez moi ! Laissez moi partir ! , hurla t-elle en renouvelant son attaque de coups contre le bois.

Elle pleurait vraiment cette fois ci, son corps tremblait au rythme de ses sanglots. La panique submergeait ses pensées, la laissant dans une attitude hors de contrôle. La seule chose que gérait encore son cerveau était de tout mettre en œuvre pour la maintenir en vie, et avec beaucoup de peine, ses mains tremblaient sous la douleur de la peau qu'elle s'était arrachée en frappant le bois, sa respiration était saccadée, complètement désordonnée et presque inutile.

- Keeblyn ! KEEBLYN !
- NON !
- Sophia !


Le bois disparut.
La lumière revint. Elle reconnut la salle dans les ruines. Elle ne risquait plus rien à présent, elle n'était ni enfermée dans un cercueil, oubliée sous terre, ni poursuivie par des opposants qui voudraient la remettre dans sa cellule. La jeune femme tourna sa tête sur le côté et vit Daniel qui tenait une sphère ronde entre ses mains, et la tenait éloignée de son support, lui aussi tremblait encore un peu, mais il allait nettement mieux déjà. Sophia éclata en sanglot en restant allongée sur le dos, laissant son corps évacuer comme il le sentait. Maintenant qu'elle avait de nouveau accès à ses pensées, elle trouvait sa réaction et son raisonnement absolument idiot, elle aurait du immédiatement se rendre compte que cette situation était totalement improbable et essayer de trouver une solution efficace. C'était ce que Daniel avait fait, avec brio d'ailleurs. Lui avait réussit à se débarrasser de sa peur et a agir. Elle n'en avait pas été capable, elle était inutile et presque idiote même !
Daniel s'était rapproché d'elle en tenant la sphère sous son bras et la posa afin de l'aider à se relever, les sanglots de la jeune femme s'étaient calmés mais les larmes continuaient de couler contre ses joues. Il posa maladroitement sa main sur son épaule et serra. Il lui dit qu'il fallait qu'ils se remettent en marche pour trouver une sortie, elle enfouie son visage dans ses mains en marmonnant qu'elle avait besoin de quelques minutes et qu'elle pourrait se remettre ensuite en route. Elle se ressaisit, s'encouragea à oublier ce qui s'était passé, et ce qu'elle avait vu. Dès qu'ils seraient sortis, elle pourrait toujours s’effondrer dans son lit en pleurant. Elle était douée pour faire ça.

- Keeblyn ? demanda de nouveau Daniel.

Elle hocha péniblement de la tête et se releva en essuyant son visage, ignorant royalement le regard un peu embêté du jeune homme posé sur elle. Cette salle était une vraie machine à torture, et si elle était la première sur le chemin, elle se demandait ce qui pouvait encore les attendre plus loin, puisque la sphère que tenait Daniel ne semblait pas être l'objet qu'il recherchait. Du moins des dessins qu'elle avait vu traîné sur la table après un brainstorming qu'ils avaient fait à chaque fois qu'ils s'étaient vu pour parler de leur intervention. Et ce truc rond n'était pas l'akribeum, loin de là.
Daniel désigna une longue fissure dans le mur qui s'enfonçait dans le noir. Cela semblait la seule issue hormis celle par laquelle ils étaient déjà entrés. Alors autant continuer à avancer. Sophia regrettait déjà d'avoir déverrouiller cette foutue porte.

Ils avancèrent dans le noir à tâtons, en suivant le chemin de sable et de terre autant en essayant de ne pas se prendre les monticules de pierres au sommet. Sophia restait derrière lui et l'aidait à avancer, lui montrait comment se faufiler quand les parois rocheuses devenaient un peu trop exiguë. Ils arrivèrent finalement devant un grand mur de roches pratiquement lisse, c'était un cul de sac, la seule manière de continuer à avancer c'était de grimper à présent. Heureusement, le temps avait crée des saillies rocheuses tout le long. Elle retira son blouson et l'attacha autour de sa taille pendant que Daniel s'approchait de la paroi pour la toucher. Il semblait assez dubitatif.

- File moi ta baguette.

Il lui jeta un regard interrogatif, et finalement lui envoya son bout de bois. Sophia l'attrapa au vol et le fit léviter jusqu'en haut de la paroi sans même le prévenir, il poussa un petit cri indigné et se cramponna à la seule chose qu'il pouvait : la sphère bleutée pendant qu'il s'élevait lentement dans les airs comme une marionnette vivante. Quand ses pieds se posèrent sur le sol, il sauta à terre en poussant un juron.

- C'est bon, je suis arrivé, il n'y a rien de dangereux mais par contre … enfin … Tu devrais venir voir ça par toi-même !

Sophia acquiesça, rangea la baguette dans la poche de son pantalon et commença à gravir lentement le mur, se ruinant le bout des doigts à chaque fois qu'elle les posaient sur les petites prises qu'elle trouvait. Elle eut beaucoup de mal à parvenir en haut, et ce fut un soulagement d'y être en fin. Elle roula sur le côté et tourna la tête pour regarder Daniel qui était penché au dessus de ce qui semblait être une petite mare bleutée, du même bleu que la sphère qu'il tenait. Il levait au dessus un stylo bille et l'eau était en train de ronger lentement le plastique. Sophia s'approcha et lui rendit sa baguette pendant qu'elle se penchait à son tour au dessus de la petite mare. Ce n'était apparemment pas de l'eau, aucun mouvement n'était détectable, pas la moindre petite onde, on aurait plutôt dit une espèce de miroir ou de surface glacée un peu transparente car au fond on apercevait une porte.

Sophia posa son doigt dessus, après tout, elle ne risquait pas grand chose, elle. C'était une structure solide, Daniel l'observait maintenant qu'il avait lâché son stylo, la matière était en train de l'avaler, mais une espèce de liquide remonta le long de sa main. Elle la secoua et la matière redescendit immédiatement, mais il restait quelques cristaux de glaces accrochés à sa peau. Elle la tendit à Daniel pour qu'il regarde lui aussi le résultat de ce truc. Ça ne semblait pas trop dangereux au première abord, mais vu qu'ils avaient déjà fait cette erreur en entrant dans une salle qui s'était retrouvée être un véritable traquenard, absolument horrible.

Daniel l'encouragea du regard et elle reposa sa main tout au plat contre le lac et laissa la substance l'entourer pour voir s'il allait se passer quelque chose ou pas. Quelque chose tremblota dans les dessous de l'eau comme un grondement sourd et la surface se rompit au centre pour laisser apparaître un support de métallique, semblable à celui qui était dans la première salle qu'ils avaient rencontrés. Sophia retira sa main et regarda l'objet au milieu de la mare.

- Qu'est ce qu'il faut faire ? C'est impossible de casser ce truc, et en supposant qu'on y arrive, il faudrait encore qu'on parvienne à cette porte sans mourir gelé.
- J'ai peut-être une idée, file moi ce truc.


Elle se releva en retroussant ses manches et prit la sphère entre ses mains. Elle posa prudemment son pied sur la surface et voyant qu'il ne se passait rien elle continua sur sa lancée et avança courageusement. Un regard à ses pieds l'informa que ses bottes étaient entièrement recouvertes de cette substance. Elle continua et posa la sphère sur le bout de métal en l'ajustant correctement. Il y eut une sorte de déclic et la matière qui était du coté de Daniel enfla de façon à former des marches qui montaient vers le plafond. Elle regarda d'abord le fond, et l'image de la porte se troubla avant de simplement disparaitre comme si elle n'avait jamais été là. Sophia leva donc la tête et vit que la porte était au plafond. Daniel posa prudemment son pied sur une marche puis commença à les monter, alors que les pieds de Sophia s'enfonçait petit à petit dans la substance.

- Dan ! Dan aide moi !
s'exclama t-elle.

Il lui jeta un regard et continua à grimper. Elle était enfoncée à présent jusqu'à la taille, ses jambes étaient complètement glacées, presque paralysées. Elle hurla le nom de son collègue et finit par le fusiller du regard. Elle était dedans jusqu'au coup maintenant, elle prit une intense respiration et se laissa enfoncer la tête dans la substance, regardant simplement Dan grimper les marches à travers la surface, déformée par les traces de son sillage. Elle continuait de descendre et la situation semblait vraiment grave.

Il y eut comme une sorte de déflagration au dessus d'elle et une silhouette nageant vers elle apparut.
Ses pieds touchèrent le sol en dessous d'elle et la porte était bel et bien là. Elle agrippa la main du jeune homme qui battait furieusement vers elle et le tira à elle. Elle le poussa vers la porte et il l'ouvrit. Ils furent tout de suite attirés. e haut et le bas ne devinrent plus qu'une seule notion tout se brouillait dans un mélange de couleur et de glace.

Et en quelques instants, Daniel et Sophia se retrouvèrent au sol, grelotants et crachant une eau glacée. Sophia releva les yeux pour sourire à Dan, pour tomber sur son visage déconfit et ses mains pointées en l'air. Ils se retrouvaient entourés d'individus renfrognés et visiblement en colère, qui les tenaient en joue avec des baguettes et des armes à feu. Au moins c'était beau de voir que sorciers et moldus s'associaient pour une même cause. Mais Daniel et Sophia allaient en payer le prix fort malheureusement.

- Et on fait quoi là ?

Sophia secoua la tête et leva les mains.

- Silence, siffla une voix qui lui disait quelque chose




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MessageSujet: Re: Sham versus the world   Dim 18 Déc 2011 - 15:27

A l'évidence, mademoiselle Davidson n'avait pas encore compris que, moi, j'avais des difficultés à être efficace quand on faisait subir à mes oreilles une overdose de commentaires allant du blasé, au froussard, sans oublier le stressé et le râleur. Définitivement, j'adorai cette fille. Et je ne me serais pas gêné pour lui en faire une petite déclaration salée, si, de l'autre côté de la paroi invisible, le commando anti-intrus ne mettait pas tout en œuvre pour nous expulser.

* Concentre-toi McBrashen, concentre-toi ! *

Il me semblait que j'avais d'autres ambitions que de finir comme chair à banthas au fin fond d'un désert africain. Y avait-il des banthas dans ce coin reculé du monde ? J'aurais certainement dû porter un peu plus d'attention à mes cours d'Anthropomagie pour en avoir le cœur net. Trop tard pour les regrets. J'imaginais de toute façon que, une fois mort, ce genre de détails n'aurait plus vraiment d'importance.
Il était donc temps de faire preuve d'un peu d'ingéniosité pour être à la hauteur de mon espérance de vie.
J'essayais de soustraire mon attention aux diatribes de Susan Davidson - l’assommer aurait pris trop de temps - et de me concentrer sur le casse-tête proposé par nos ruines préférées.

On nous répétait depuis les BUSEs que la magie laisse des traces et que quiconque d'un peu sensé et sensible est supposé en percevoir le passage. Mais Merlin que mes BUSEs étaient loin. Et ça n'était pas le genre de choses qu'on nous rabâchait en diplomatie moldue. Je l'aurais su, j'avais refait une année pour en acquérir la certitude. Et chacun sait que le stress n'est pas le meilleur moteur pour produire de la sensibilité spontanée. Ne restait qu'à espérer qu'elle réveillerait l'intuition que je n'avais jamais réellement possédée.

Trêve de monologue.

Je laissais ma coéquipière guetter les avancées de nos traqueurs, en regrettant devoir remettre une partie de ma vie entre ses mains, tandis que je m'attelais à la tâche. Il me fallait garder à l'esprit la conviction qu'il y avait bel et bien une sortie à notre cul-de-sac. le découragement n'avait jamais rien donné de bon. Je disposais exactement du laps de temps qu'il leur faudrait pour nous rejoindre et pour briser le sortilège qui nous avait tenu occupés précédemment, moins quelques secondes pour la fuite.
Après une flopée de sortilège tous plus inefficace les uns que les autres, je sentais le désespoir et la résignation avancer à grands pas tandis que je leur opposait une résistance encore vaguement farouche. Quand la magie ne marchait pas, il fallait employer d'autres moyens. Ceci, je l'avais appris en cours. Finalement, mon cursus n'aurait peut-être pas mené à rien. Si passage il y avait, il était peut-être tout simplement dissimulé par d'autres moyens que la magie. Oui, tentai-je de me convaincre. Si, moi, j'avais été en charge d'assurer la sécurité de ce genre de bâtiment, j'aurais tenté de le protéger des moldus, en employant la sorcellerie, mais également des sorciers, en utilisant un soupçon de génie moldu.

- McBrashen !!!

Obstinément, je tentais d'ignorer les triples points d'exclamation qui concluaient mon nom. Oui, on était mal barrés, et non, je n'avais toujours pas de solution à notre situation bancale.
Génie moldu. génie moldu. Comme nous, les êtres dépourvus de pouvoirs magiques aimaient à créer des passages secrets accessibles à une petite élite. Je l'avais lu dans un ou deux bouquins du genre. Passages secrets qui, eux, ne répondaient pas à un sortilège ou à une injonction. Le sésame se trouvait plutôt dans une ingéniosité tactile qui permettait aux initiés de passer outre les apparences. Voilà comment je me retrouvais à examiner chaque anfractuosité dans l'espoir d'y découvrir le déclic vers la liberté. Au fur et à mesure que les secondes passaient, mes tentatives devenaient moins subtiles et plus brutales. Qui savaient si le mécanisme ne s'était pas enrayé avec le temps. Chez nous, même les sortilèges les mieux réalisés n'étaient pas toujours à l'épreuve des siècles. Mes désormais coups de poing ne semblaient avoir pour d'autre résultat que l'agacement croissant de Davidson et un regain d'énergie chez nos adversaires. J'étais néanmoins ravi de constater que la paroi invisible leur opposait, à eux aussi, quelque résistance. Ou je l'aurais été si j'en avais eu le temps.

- Sers-toi de tes yeux, bon sang !

Parce que je les avais fermé, peut-être ?

- Il y a quelque chose, là-haut.

D'où elle avait eu le temps de fureter ?

- Je suis trop petite pour l'atteindre alors réagis, nom de Dyode !

Je me vexerai plus tard que notre salut, une fois de plus, me vienne d'elle. Si salut il y avait.
Et salut il y eut. Sous mes doigts, pile à l'endroit indiqué par Susan, il y avait une pierre qui se déplaça docilement à mon contact. Nous ouvrant une porte vers la sortie. Ou, pour le moins, vers ailleurs. Je laissais Davidson passer devant, moins par galanterie que par esprit pratique. Avant de m'engouffrer à sa suite, je jetai un sortilège destructeur sur ladite pierre-poussoir. Je me jetai ensuite dans l'ouverture puis refermai le pan de mur sur nos agresseurs potentiels. Encore bloqués par la paroi magique, je les entendis malgré tout jurer dans une langue qui m'était inconnue. Ils ne perdirent pourtant pas de temps et bientôt leurs voix ne fut qu'un murmure disparaissant dans le lointain. Eux savaient où aller pour nous retrouver. Nous n'avions gagné qu'un peu de répit.

Nous le mimes à profit pour tenter d'avancer le plus possible vers notre but, refusant de nous avouer que nous nous étions tout simplement perdus. Si tel était le cas, combien de temps tiendrions-nous dans ces souterrains avant de devenir fous ? Ou morts.

Un quelque chose posa ses pattes désagréables sur la base de ma nuque. Un quelque chose qui, me soufflait mon instinct finalement à portée de main, avait une très nette tendance à la susceptibilité. Susceptibilité qui mènerait à l'insécurité, puis à l'énervement. Et qui me conduirait à une mort précoce si le quelque chose était, comme je le soupçonnais, venimeux. Un deuxième quelque chose semblait déterminé à escalader ma jambe. Et Davidson, par un hoquet qui lui échappa, se trouvait dans une situation similaire à la mienne.

Et merde.

Dans cette situation des plus critique, me parvint alors le son d'une voix douloureusement familière dont le cri ma glaça les sangs. Impossible de bouger et pourtant, impossible de demeurer sur place. Pourtant, le moindre mouvement, la moindre vibration de mes cordes vocales risquait de signer mon arrêt de mort.
Fort heureusement pour moi, j'étais un sorcier. Un sorcier avec une baguette et la réminiscence d'une tripoté de sortilèges parmi lesquels se trouvait un maléfice qui me serait certainement utile. Je maîtrisai depuis longtemps les informulés et, au bout de mon bras, ma baguette n'eut besoin que de l'une de mes pensées pour effectuer un efficace sortilège de répulsion. Les quelque choses n'y résistèrent pas. Poussées par un instinct de survie qui les dépassaient, les créatures nous quittèrent sans un mot d'adieu. Sans la moindre piqûre ou morsure en guise de souvenir.
Peut-être que finalement, je n'étais pas un looser sans espoir.

Aucun de nous ne prononça un mot et, dans ce silence, un nouveau cri vint nous heurter.
Sans réfléchir, je me précipitais en avant. J'étais certain d'avoir reconnu la voix de Sophia.


Dernière édition par Sham Alasdair McBrashen le Dim 25 Mar 2012 - 14:42, édité 1 fois
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Sophia R. Keeblyn
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MessageSujet: Re: Sham versus the world   Dim 12 Fév 2012 - 19:28

Avant qu'elle n'ait eut le temps de se souvenir pourquoi cette voix là lui disait quelque chose qui avait rapport avec son enfance - et pourtant peu de voix avaient rapport avec son enfance - on les enferma deux, elle et Dan dans une espèce de débarras antique plus poussiéreux tu meurs, bien que quelqu'un avait eut le bon sens de mettre quelques lampes. Sophia n'avait pas de baguettes pour se défendre, pour eux, qui qu'ils soient d'ailleurs, la tâche avait été des plus simple pour ce qui la concernait, même un peu trop clichée : un simple "les mains en l'air" avait suffit à la faire obéir. Mais avec une fracture de cheville qui ne se résolvait pas, elle ne préférait pas trop tenter le diable en essayant de jouer à qui va le plus vite avec des balles de métal. Quant à ce qui était de Dan … Et bien disons simplement que Dan n'était pas vraiment quelqu'un fait pour l'action, en fait Sophia était pratiquement certaine qu'il aurait nettement été plus heureux en restant dans ses bouquins. Ou alors il s'était dit que vivre l'aventure hors de ses livres serait quelque d’excitant, mais maintenant il devait regretter. Quelque chose dans le genre, parce que lorsqu'un des hommes le plaqua contre le mur pour lui prendre sa baguette, il resta comme un poisson hors de l'eau, à brasser de l'air sans réagir. Pour résumer, ils étaient mal. Très mal.

Seulement, d'un autre côté, aux yeux de Sophia être enfermée dans un débarras était mieux que de gambader joyeusement dans le labyrinthe poussiéreux que représentait cette foutue pyramide et ses pièges d'une magie tellement ancienne et étrange qu'elle en altérait celle qui la faisait tenir debout. Elle préférait être coincée là-dedans que prendre le risque de tomber sur autre chose, comme cette saleté de salle qui lui avait fait vivre un véritable enfer. Cet endroit ne la rassurait pas, il la terrifiait même presque, si elle pouvait être dehors elle ne s'en porterait peut-être pas si mal que ça finalement. Mais pas Dan, puisque apparemment il avait repris du poil de la bête et s'était ressaisi : il arpentait la petite pièce en long et en large, comme un fauve en cage, surement à la recherche d'une sortie ou de quelque chose capable de les sortir de là, mais Sophia ne l'aidait pas, elle s'était assise contre un mur pour reposer sa cheville.

- Rassure moi, t'es au courant que ce que tu fais ne sert absolument à rien, demanda t-elle à Dan alors qu'il farfouillait les murs recouverts de hiéroglyphes noyés sous du sable.
- Ce n'est pas parce que t'as décidé de te laisser faire que c'est aussi mon cas.

Il rigolait là ? Il espérait trouver quoi dans ses vieux murs à moitié moisis ? Elle le fusilla du regard et continua d'examiner sa cheville en serrant les dents pour ne rien répliquer qui lui aurait attiré des ennuis. S'il voulait trifouiller ses trucs, grand bien l'en fasse mais elle n'allait pas l'aider.

- Qu'est ce tu as vu ?

Sophia ne s'était pas rendue compte qu'il s'était arrêté de trifouiller ses trucs et qu'il s'était tourné vers elle. Et bien qu'elle ait compris sa question, horrible et déloyale question, est ce qu'elle le lui avait demandé elle, hein ? Non. Bon, ok, ce n'était pas très dur à deviner, mais elle ne l'avait pas fait, alors pourquoi est-ce que lui devait le faire ? Elle serra les dents et dit finalement sans même le regarder.

- Quoi ?
- Tu sais très bien. Dans la salle. Tout à l'heure.

Est ce qu'elle devait lui dire ? Elle ne le connaissait pas, même si elle le trouvait super sympa et tout, ils n'étaient pas proches, et elle craignait trop les délations au sein de l'Opposition pour lui confier ses plus grandes peurs. Même si elle ne devrait pas avoir honte de ses peurs puisqu'elles étaient totalement justifiées, pour quelqu'un qui ne pouvait pas mourir, s'imaginer enfermée dans un cercueil était terrifiant et pour quelqu'un qui avait été enfermée dans une base souterraine à la merci de fous furieux de l'Opposition qui avait voulu faire des expériences sur son corps, c'était normal de ne pas vouloir y retourner. Mais c'était justement ce que les autres avaient besoin de savoir pour la faire plier, alors aussi sympa que Dan était, elle ne pouvait pas lui dire.

- Je ne sais pas. C'était trop confus. Il se remit à chercher dans ses murs, un sourire sur les lèvres, pas dupe pour un sou. Laisse tomber.

Ggrrrr, Qu'est ce qu'il pouvait l'énerver. Bien sur que c'était ce qu'il voulait de toute façon : l'énerver au point qu'elle se sente obligée de répondre à la question. C'était intelligent, bien trop. Les gens aussi intelligents, on les traitait de sorciers au Moyen-Age et on les lapidait. Chez les Sorciers, elle ne savait pas ce qui arrivait aux personnes trop intelligentes puisque son grand-père avait omit tous les détails susceptibles de choquer la gamine de huit ou neuf ans qu'elle était quand il lui a appris l'Histoire de la Magie, mais elle était presque sur que la même chose était arrivée.

- Et qu'est ce que tu fabriques d'abord ?
- T'écoutes jamais ce qu'on te dis, hein ? Je t'ai dit en entrant dans la pyramide qu'elle reconnaissait ceux qui voulaient du mal à ce qu'elle cachait et qu'elle les menait en bateau. Comme elle nous a mené à cette salle tout à l'heure.

Elle voyait où il voulait en venir, et son avis sur les gens trop intelligents ne fit que s'accentuer. On ne jouait pas avec la magie, c'était idiot et trop risqué, rien qu'en temps normal, alors avec une magie aussi ancienne, c'était carrément suicidaire, mais elle partageait le point de vue de Dan, ils ne pouvaient pas rester là si longtemps. Ils perdaient du temps et mettaient les autres en danger s'ils essayaient de venir les chercher.

S'ils s'en étaient sortis. Évidemment.

Elle se remit debout, ignorant royalement l'élancement dans sa cheville et le rejoignit près du mur. Il fallait qu'il lui explique comment il comptait s'y prendre, parce qu'ils étaient enfermés parce que justement ils cherchaient s'emparer de l'Akribeum, donc en toute logique, la pyramide devrait être d'accord avec ses inconnus. Alors qu'est ce qu'il voulait faire ? C'est la question qu'elle lui posa. Il y répondit par un sourire.

- C'est simple, pense qu'être dans cette cellule est une bonne chose, qu'elle va t'aider à le trouver.
- C'est complètement débile ce que tu proposes, tu t'en rends compte au moins ?
- Qui ne tente rien n'a rien,
répliqua t-il philosophiquement. Si ça marche, t'auras qu'à t'excuser.[/b]

Sophia soupira mais ne dit rien et s’efforça de voir dans les hiéroglyphes un signe qui indiquait le chemin qui menait jusqu'à la salle où était gardé l'Akribeum. Sceptique, elle tourna les yeux vers Dan qui semblait très concentré sur une tête d'aigle, et alors qu'elle allait soupirer et râler que ça ne marchait pas, une trappe de la hauteur d'un bambin se dégagea juste à côté des jambes maigrichonnes de Dan, laissant sur son passage un nuage de vieux sable. Dan lui jeta un regard triomphant et s'engagea dedans sans se demander un seul instant quels horreurs leur préparait la pyramide. A contrecœur elle le suivit. Mais ses pensées étaient ailleurs, où est-ce qu'elle avait entendu la voix de cette femme ? La lumière se fit quand derrière elle, dans un grincement terrible, la petite trappe se referma. C'était la voix d'une archéologue qu'elle connaissait. Halleigh. Halleigh Hamilton. Vu que deux fois, une copine à son oncle. Le seul qui n'était pas là le soir où toute … Non. Elle se retourna mais la trappe était toujours solidement fermée, comme si elle ne s'était jamais fermée.

Il fallait falloir qu'elle la retrouve, qu'elle lui dise qui elle était, peut-être même qu'elle saurait où était Isaac Keeblyn. Mais comment est ce qu'elle n'avait pas pu voir son nom sur les dossiers ? Est-ce qu'elle avait été si inattentive ? Mais comment est ce que sa vie, sa culpabilité pouvait t-elle envahir son travail à ce point là, c'était désolant.

- Sophia ! Viens !

Et elle suivit la voix de Daniel dans le noir.




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MessageSujet: Re: Sham versus the world   Ven 18 Mai 2012 - 23:15

Alors que mes enjambées se faisaient pas de géants, Susan sur mes talons et ce, sans la moindre râlerie à l'horizon. Je n'avais pas exactement le temps de m'en occuper maintenant, mais, sûr et certain, quand, plus tard, si seulement nous sortions un jour de ce tombeau égyptien, quand donc je jetterai un regard en arrière pour contempler les enchaînement des évènements, ce petit accroc dans le mépris rebelle de Davidson me vaudrait une bonne thérapie. Le choc, que voulez-vous, de la voir me suivre, obéir sans même énoncer à voix haute la moindre contradiction. Le tout me vaudrait sans doute une once sympathie et de reconnaissance à son égard. Une thérapie, vous dis-je.

Les murs gravés de hiéroglyphes et d'autres alphabets auxquels je ne comprenais rien me défilaient dans le coin de l'œil sans que j'y accorde la moindre attention. Le cri se répétait à intervalle régulier et interpellait... Interpellait quoi exactement ? Mon sens des responsabilités ? Ma culpabilité ? Mon inquiétude ? Perdu au milieu de la poussière, je devais prendre conscience qu'en dépit de nos querelles et nos divergences, je m'étais attaché à ma petite Soumise. Qui était précisément cela, à mes yeux : petite. Sans vraiment m'en rendre compte, je l'avais pris sous mon aile et m'inquiétais d'elle. Elle avait beau être immortelle, c'était pour moi une éternelle gamine. Un genre de petite sœur en plus agaçant. Du moins, ainsi imaginais-je une petite sœur.
La voix que je percevais n'était pas à l'agonie, mais, à trop fréquenter Keeblyn, je savais qu'il y avait bien pire sort que l'on pouvait réserver à l'espace humaine, et plus encore à un être plus vraiment humain qui ne pouvait pas mourir. Et, de nous quatre, elle était à mes yeux la plus démunie. Manquait à son cursus le détour obligatoire par Poudlard.

Droite, gauche, tout droit, gauche, gauche, gauche.
La voix qui ne faiblissait pas, se rapprochait et s'éloignait tour à tour, à chaque détour de notre labyrinthe sans fin.
Je n'étais pas très sportif au quotidien mais j'avais eu la bonne idée d'imposer quelques entraînements intensifs avant le départ si bien que ni Davidson ni moi ne souffrions trop de notre rythme soutenu. Notre souffle était erratique et on sentait l'effort à chaque foulée qui s'accélérait mais, pour ma part, je n'avais pas encore le ventre dévorer par trois points de côtés et une envie déchirante de tout envoyer valser. Victoire de l'esprit sur le corps, qui avait pensé à prendre les devants. Et si j'avais l'impression d'avaler plus de poussière que d'air à chaque inspiration, cela ne m'empêchait visiblement pas de continuer.
Gauche, droite, demi-tour, droite, droite, droite.
Je ne réfléchissais pas au prochain pas à faire, à la logique qui aurait voulu que nous tentions de faire un point « orientation » tous les dix mètres, à ce qui pouvait bien être tombé sur Sophia et Dan (à la condition que la force des choses ne les aient pas séparés, cette force des choses qui nous aurait encore un peu plus enfoncer dans le bordel sans nom que devenait cette aventure moderne) et à comment en venir à bout. Toute mon énergie était distillée à mes muscles et il ne restait qu'à espérer qu'un pourcentage pas trop ridicule survive à l'effort pour ensuite abreuver mes neurones. Autant être exigeant.

Sans que cela ne soit vraiment notable, quantifiable, plus nous avancions, moins cette avancée nous paraissait difficile -voilà que je me mettais à employer la première personne du pluriel, à englober Davidson dans un groupuscule dont je faisais partie... Thérapie, thérapie ! -. L'air qui nous englobait se rafraichissait et semblait presque, si une telle image n'avait pas été ridicule, s'écarter devant nous. Notre tunnel devenait plus vaste, nous permettant de courir de front . Plus vaste, plus éclairé, moins poussiéreux. La partie de mon cerveau consacrée au sarcasme se serait fendue d'un petit * Et bientôt, une fontaine d'eau potable et une foule admirative sur la ligne d'arrivée ! * si elle n'avait pas été rendue muette par l'effort. Au lieu de m'étonner, donc, comme une personne normalement constituée et en pleine possession de ses moyens, je ne parvenais qu'à me réjouir de cette amélioration notable de notre environnement immédiat. Mais, à ce que je sache, Dumbledore n'avait pas découvert les neuf usages du sang de dragon au cours de son footing du matin. Nous autres hommes devions avoir une connexion manquante dans notre constitution qui nous empêchait d'effectuer deux tâches à la fois.

Comme ceux qui nous suivent depuis le début s'en douteront, ce fut nulle autre que ma chère et tendre (sic) Susan Davidson qui marqua un temps d'arrêt. Au sens propre comme figuré.

- McBrashen...

Je me retournai avec humeur :

- Quoi ?, marmonnai-je un ton plus haut que je ne l'avais voulu. Davidson me tapait sur le système à toujours réagir quand et comme il le fallait. Mon sens de la survie osait prétendre que ça n'était pas une mauvaise chose mais ma self-estime commençait à sérieusement s'en agacer. Mademoiselle-m'as-tu-vu était plus supportable quand elle se taisait.

- Pas besoin de la prendre sur ce ton...
- Je le prends comme je veux.
- C'est ça, prend-le comme tu veux.


Silence. Evidemment, il allait falloir que je la supplie à genoux pour qu'elle daigne m'expliquer son interruption. Je pris une grande inspiration pour me calmer... Qui ne fonctionna pas des masses. Au temps pour le calme.

- Bon, explique maintenant.
- Non.
- Pas envie.
- Pas envie ? Pas ? Envie ?


Mademoiselle avait sombré dans un mutisme boudeur. Non mais je rêvais ! ON était plongés jusqu'au cou dans la bouse et elle se payait un caprice. C'était trop ! Sans plus lui accorder un regard, je repris mon avancée, en ruminant mes pensées à voix basse.

- Quand notre petite princesse daignera s'adresser au commun des mortels, peut-être qu'on tendra une oreille pour écouter ses inepties. Ou peut-être qu'elle n'a rien d'autre dans le crâne qu'une commande qui lui ordonne d'embouser Sham Alasdair McBrashen jusqu'à ce que mort s'ensuive. Et si elle ouvrait la bouche, on se rendrait compte que sous ses airs de petite bêcheuse, il n'y a rien d'autre qu'un vide abyssal. Mais puisque mademoiselle a décidé de s'exprimer, il faut l'écouter et si elle décide de se taire, i faut écouter ses silences. Et dire que je ne suis pas payé une fichue noise pour ma la coltiner depuis des jours...Ah, elle a bon dos l'Opposition... ! Engagez-vous qu'ils disaient ! Tu parles, avec elle dans nos rangs, c'est étonnant que l'ennemi ne recrute pas mieux de nos déserteurs. Quelle...
- Je t'entend McBrashen... Non seulement tu marmonnes comme un idiot mais tu n'as même pas les couil*** pour me le dire en face.
- Je vais lui en donner du "en face". Contente Davidson ?


Brutalement, j'avais fait demi-tour pour me camper face à elle, poings sur les hanches et rage en bandoulière. J'en récoltai une bonne gifle qui, à coup sûr, serait imprimée sur ma joue pour les prochaines vingt-quatre heures. Ma mère avait beau m'avoir inculqué qu'on ne frappait pas les femmes, ce n'était pas l'envie de me retenir qui m'étouffait. En homme civilisé, je dirigeai plutôt ma baguette dans sa direction, afin de lui faire goûter un petit florilège de sortilège à la McBrashen. Mademoiselle n'était pas en reste et, bientôt, notre bout de tunnel fut éclairé par les jets de maléfices qui fusaient entre nous. La chaleur en moins, on se serait presque cru aux illuminations de Noël.
Intercalant quelques jurons et autres grossièretés entre deux formules, notre duel allait bon train. C'était juste un tel soulagement que de pouvoir déverser ma frustration et ma colère sur Davidson que ... j'étais incapable de modération.

Nous nous enlisions toujours plus loin dans la hargne et la violence.

Afin d'épargner les âmes les plu sensibles, disons simplement qu'un peu plus tard, les vêtements en vrac, des écorchures à la pelle, nous nous retrouvâmes à délaisser nos baguettes pour un combat au corps-à-corps digne du Néandertal. En moins civilisé. Je crois que je ne m'étais encore jamais fait mordre depuis mes trois où Neriam-Ailein, ma sœur, m'avait prélevé un morceau de bras du bout des dents, menaçant de me dévorer tout cru si je ne lui rendais pas sa poupée dans les cinq secondes. Je n'avais jamais été aussi humilié depuis.
Un voile rouge brouilla ma vision et brisa mes derniers vestiges de civilisation où je m'étais promis de ne pas (trop) tirer avantage de la supériorité de ma force physique. En deux mouvements, je me retrouvais sur elle à l'écraser de mon poids. Et sans trop savoir sur comment enchaîner. Un sursaut de conscience m'informa que j'allais trop loin. Que quelque chose clochait. Ma conscience ne parlait pas assez fort pour que je l'entende. Je me sentais sur le point de commettre quelque chose de regrettable et étais incapable de m'arrêter.

Le dénouement de cet folie naquit d'un évènement inattendu.
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MessageSujet: Re: Sham versus the world   Dim 8 Juil 2012 - 20:48

Finalement, suivre Dan dans ce couloir noir n'était peut-être pas la meilleure idée qu'elle avait eu cette année. Voilà qu'elle se retrouvait pliée en deux à courir, une main posée contre le mur de pierre à côté d'elle dans l'espoir de ne pas perdre la route, de ne pas perdre Dan non plus, devant elle, qu'elle ne perçoit qu'à son souffle extatique qui s'éteignait parfois au détour du couloir avant de réapparaître comme il avait disparut. Peut-être qu'elle aurait finalement mieux fait de rester prisonnière dans l'autre pièce, peut-être qu'il n'était même pas encore trop tard pour rebrousser chemin. Qu'est-ce qu'elle risquait là-bas ? Quand elle serait identifiée comme une Opposante, alors peut-être qu'elle passerait un sale quart d'heure, certes, si jamais elle était identifié tel quel. Mais, si elle avait bien reconnu la voix alors elle avait peut-être une chance de négocier et peut-être même de quitter sa vie. Abandonner Dolorès et l'Opposition sans que cela ressemble à une désertion de sa part, sans que cela ressemble à toutes les autres fois. Si bien Halleigh se rappelait d'elle, après tout, la dernière fois qu'elle l'avait vue, Sophia ne devait pas être très âgée. Six ou sept ans à tout casser, cela remontait à très loin.

Quelque chose l'arrêta dans ses pensées, quelque chose l'arrêta tout court dans son élan. Sophia rentra dans Dan. Ou du moins, c'était la seule possibilité à moins qu'elle ne soit tombée sur bien pire que lui, et que du coup, par extension, son compagnon aussi était tombé sur quelque chose de mauvais et était en danger. Mais non, un grognement de la part de son obstacle, avec la voix de Dan la rassura. La jeune femme tâtonna doucement dans le noir pour se mettre à la hauteur de son compagnon, pour l'aider et pour voir ce qui leur barrait la route comme ça.

Génial, voilà que la pyramide refaisait des siennes pour les empêcher d'avancer. Sophia soupira, c'était bien la dernière fois qu'on la reprenait à accepter des missions aussi débiles que celle là ou elle devait entrer en contact avec des sortes de magies encore plus bizarre que celle qui l'animait. Qui l'animait, oui comme si elle n'était qu'un vulgaire pantin fait vaguement de chair et de sang et qu'on avait animé pour profiter de la compagnie, elle se sentait comme un Pinocchio de plus mauvaises factures. Heureusement encore que son nez ne s'allongeait pas à tout vas parce que là elle aurait sûrement vraiment été furieuse de son sort. Sophia donna rageusement un coup de pied dans le vide. Sauf que bien sûr, dans le noir il était nettement plus difficile d'estimer jusqu'où allait le vide et son pied ne se perdit pas dans le vide mais entra en collision directe avec le mur. Sophia jura, démontrant l'originalité de son vocabulaire et la puissance de ses cordes vocales. Dan eut enfin la présence d'esprit de se servir de sa baguette qu'il avait eu la bonne idée de cacher quelque part avant que les autres gus ne les attrapent pour illuminer de bleu le vieux couloir poussiéreux qui, éclairé ainsi, ressemblait fortement aux couloirs de cage pour hamster. Ce n'était pas possible être aussi peu aidé ! Si elle avait eu sa baguette, celle qu'elle était théoriquement censée récupérer si jamais elle sortait jamais vivante de ce piège à rat, elle n'aurait certainement pas attendu autant avant de l'allumer pour voir au moins ou ils allaient. Et s'ils avaient rencontrés des créatures dangereuses ? S'ils étaient tombés sur des sorciers ou des moldus qui voulaient justement protéger leur foutue pyramide ? Il y avait tellement de choses qui rôdaient dans le noir, parfaitement cachés qui représentaient un grand danger pour eux. Sophia pouvait parfaitement comprendre qu'il n'avait pas beaucoup d'expérience en ce qui concernait l'intervention sur terrain, mais quand même ! Elle était pratiquement certaine qu'elle s'en serait sûrement mieux sortie avec Sham par exemple.

Au moins, avec lui, elle n'avait pas besoin de trop parler, de s'expliquer. Elle n'avait pas besoin de trop réfléchir parce qu'elle avait prit l'habitude de le voir prendre les décisions. Pas vraiment par paresse, loin de là, mais au final, les choses tournaient mieux lorsque c'était lui qui prenait les décisions. Il y avait moins de dégâts, moins de personnes blessés, moins d'histoire de trahison et tout le toutim. Moins de dommages collatéraux en somme. Tout le contraire que lorsque c'était elle qui prenait les décisions par exemple. Là il fallait toujours que quelque chose tourne mal. Même lorsque ses plans semblaient géniaux, il fallait absolument que quelque chose tourne mal. Non, elle préférait mille fois qu'il prenne les décisions. Finalement, elle n'avait jamais autant été en sécurité que lorsqu'elle lui avait été soumise. Oh bon sang. Sophia, c'est loin d'être le bon moment pour faire le point sur ta situation personnelle. Alors pour l'amour de ce que tu veux, est-ce que tu pourrais te reconcentrer trente secondes ce qui est vraiment important, genre ce qui est sur le feu, genre ta survie. Il la découvrit en train de sautiller pour garder son équilibre en serrant à deux mains son pied douloureux. Et resta les bras ballants sans rien faire. Peut-être qu'il n'était pas encore trop tard pour "trahir" une nouvelle fois et vite faire demi-tour, sauf si bien sûr la pyramide avait refait des siennes et condamné le passage qui les avait sortir de leur espèce de cellule de fortune. De toute façon, ce n'était pas vraiment de la trahison comme ils aimaient le crier si fort à chaque fois. On ne trahissait pas lorsqu'on assurait sa propre survie pour ensuite porter secours aux autres derrière.

Mouais, pas sûr qu'ils achètent ses salades, malgré les soldes et tout. Personne n'allait certainement plus jamais la croire sur ce point là et elle n'avait pas la moindre envie de perdre bêtement du temps là-dessus.

- Oh bon sang, je déteste cette pyramide ! Je ne voulais même pas venir à la base ! J'en ai rien à faire moi de ce truc !

Cet endroit était l'enfer réalisé sur Terre. Comment est-ce que des gens pouvaient accepter de venir travailler ici en toute conscience ? Comment est-ce qu'ils pouvaient aimer cet endroit au point de vouloir le protéger envers et contre tous ? Et comment, nom d'un diode, réussissaient-ils à ne pas perdre la boule à force de rester ici en plein dans l'œil de la tempête avec toute cette magie dans l'air, le coup des murs qui bougeaient, des sols qui n'en faisaient qu'à leur guise et tout le bâtiment en fait qui s'amusait presque consciemment à faire tourner ses visiteurs en bourrique ? A tous les coups, eux non plus n'étaient même pas payer pour faire ce boulot de cinglé !

Non et puis zut ! Zut de zut de zut !

Sans rire, la seule qu'elle souhaitait maintenant c'était sortir de là, prendre de vraies vacances loin du sable et du soleil, peut-être en Alaska tiens, au moins ça ne ressemblait pas du tout à l'Egypte, boire des cocktails non alcoolisés ou un bon chocolat chaud, regarder un film débile et abrutissant, n'importe quoi qui l'éloigne totalement de tout ce qu'elle était justement en train de vivre. Et si possible effectuer pleins de petits gestes quotidiens sans la moindre importance. Des gestes typiquement humains qui pourraient peut-être lui faire oublier ce qu'elle était vraiment, même une illusion, elle n'en demandait pas plus.

- Si on sort de là c'est même pas la peine de me parler de partir à la mer ou n'importe quel endroit avec du sable ! J'en ai marre du sable ! Y'en a partout ! Je pratiquement certaine que même avec une centaine de douches je n'arriverais pas à tout retirer !

Est-ce que c'était vraiment trop demander ? Elle le vit distraitement hocher de la tête avec compassion avant de se retourner vers ce qui leur barrait la route : un mur tout ce qu'il pouvait y avoir de plus normal de pierre qui semblait avoir été là. Elle échangea un regard avec Dan. C'était décidé, si cette foutue pyramide ne voulait pas faire d'effort avec eux, alors elle n'allait pas non plus faire d'effort. Quitte à simplement crier comme une petite fille jusqu'à ce qu'on les trouve et vienne les sauver ou jusqu'à ce que mort s'en suive. Mais elle avait largement dépassé son quotient de patience pour essayer de rivaliser avec un magie on-ne-pouvait plus puissante et plus ancienne que celle dont elle était faite. Ce n'était qu'une perte d'énergie et de temps alors hors de question qu'elle se laisse entraîner à ce petit jeu. Oh si seulement elle pouvait avoir Sham sous la main.

Justement alors qu'elle s'apprêtait à baisser les bras et s'affaler contre le mur en attendant que n'importe quoi ou quoi la trouve, un grondement sourd retentit autours d'eux, de provenance indistincte. Sophia aurait en effet bien été incapable de dire s'il venait d'au-dessus ou d'au-dessous d'eux. Il roulait dans les murs et se répercutaient en eux comme une menace sourde.

- J'aime pas ça

A parce que peut-être elle avait l'air d'aimer ça plus que lui ? Elle posa sa main à plat contre le mur recouvert de hiéroglyphe en face d'elle. Le bruit faisait légèrement trembler les murs. Et il ressemblait à s'y méprendre à celui qu'ils avaient entendu plusieurs fois, le bruit des rouages. Sophia baissa les yeux pour se rendre compte que les grains de sable s'écoulaient entre leur piège vers le mur comme si le sol descendait. Le sol finit véritablement par trembler avant de s'ébranler lentement comme si le mécanisme se remettait lentement en marche après une longue pause.

- J'aime vraiment pas ça du tout Sophia

Elle le comprenait. La jeune femme tendit le bras pour lui attraper la main et la serra dans la sienne, là il faudrait vraiment qu'elle soit morte pour qu'elle le lâche. Sophia le regarda longuement avec le cœur au bord des lèvres. A quoi est-ce qu'il avait bien pu penser pour mettre la pyramide en colère au point de les précipiter littéralement vers la mort ? Bon, elle l'engueulerait lorsqu'ils seraient morts, pour le moment, elle préférait ne pas gâcher leurs derniers instants.

Le trou dans le sol apparut quelques minutes plus tard, le sable avait déjà complètement filé à l'intérieur et la pente que formait le sol avait poussé les deux jeunes gens contre le mur, obligé de le repousser sur la pointe des pieds pour ne pas tomber dans le précipice. Mais la fente continuait encore et toujours de grandir, et Sophia était pratiquement certaine qu'ils ne tiendraient pas assez longtemps pour que quelqu'un vienne les aider.

- Dan ?
- Non, Sophia. Je sais ce que tu vas dire, mais ce n'est pas le moment d'être négatif
- Je ne veux surtout pas être méchante, mais tu crois pas que c'est plutôt exactement le bon moment pour être négatif ?
- Au contraire, reste positive. Qu'est-ce qu'il pourrait bien nous arriver de pire ?

Les bras douloureux à force d'être crispés et tendus, Sohia hocha de la tête, il n'avait pas complètement tord. Mais comme pour les détromper une nouvelle fois, la pyramide gronda autour d'eux, d'un nouveau bruit, qui était encore plus effrayant que tous les précédents. Dan et Sophia eut juste le temps de relever la tête comme ils le pouvaient pour voir un torrent d'eau jaillir d'une autre faille au dessus d'eux et les entraîner dans le précipice. Ils trouvèrent le sol , enfin ce qui semblait être le sol, après avoir traversé tout un tuyau à moitié en apnée. Allez savoir comment, ils étaient encore vivant.

Sophia se releva, à moitié aveuglée par une mèche de cheveux roux mouillée et collée contre son visage.

- Dan ? cria t-elle en toussant. Dan ? T'es où ?

Elle réussit à se débarrasser de son bandeau pour voir qu'elle se trouvait dans un autre couloir. Sophia se retourna et trouva Dan. Lui avait eut la chance - ou la malchance - de ne pas se réceptionner sur le sol. A la place, il avait atterrit sur Sham et Davidson qui étaient dans une posture des plus étranges, il fallait bien le reconnaitre. Elle s'approcha pour aider Dan à se relever.

- Sham ?! C'est comme ça que vous cherchiez l'Akribeum ? Qu'est ce que tu faisais sur Susan ? Et qu'est ce que vous étiez en train de faire exactement dans cette posture ?

Et voilà, simplement avec cette phrase, son imagination s'emballait, et vu le petit sourire que Dan essayait de cacher dans sa main, elle n'était visiblement pas la seule. Sophia hésitait entre éclater de rire et … éclater de rire mais d'une manière un peu plus hystérique et pas pour les mêmes motifs. Dire que son premier réflexe aurait été de sauter au cou de Sham juste parce qu'il allait bien, qu'elle allait bien et qu'une fois encore ils avaient réussit à plus ou moins s'en sortir sans trop de casse. Mais ça … C'était … franchement hilarant. Elle éclata d'un grand rire, relâchant la pression, et elle entendit vaguement Dan faire pareil.




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MessageSujet: Re: Sham versus the world   Dim 15 Juil 2012 - 23:02

L'arrivée impromptue de Sophia et Dan eut pour seul avantage de me détourner un instant de Davidson. La brume de colère qui m'embrumait l'esprit se reporta sur les deux intrus. Une part de moi, ma raison, sans doute, me soufflait qui ils étaient, mais la rage m'aveuglait. L'impression que la tour d'Astronomie m'était tombée dessus n'aidait pas non plus. Sous moi, Davidson en perdait le souffle.

Peut-être parce que je n'étais pas un goujat fini ou peut-être pour me renouveler un peu, je laissais cette chère Susan respirer et me levai, les nerfs agacés par la réapparition de nos deux coéquipiers. Boosté par la colère, je me précipitais à moitié vers leur drôle de duo, sans me demander lequel j'allais cogner en premier. J'avais deux mains, deux poings, alors, autant qu'ils servent. Je me sentais capable d'abattre des montagnes et de me battre jusqu'à l'aube. Toute mon agressivité refoulée semblait vouloir refaire surface et je ne réfléchissais même pas qu'en tant qu'homme des temps moderne, je devais être capable de transformer cette énergie négative en quelque chose de positif. Ou, pour le moins, essayer de l'évacuer sans porter atteinte à mes semblables.
La bave aux lèvres et les yeux fous, je me jetai littéralement sur eux, prêt à en découdre. Par galanterie ou par réflexe ou par je ne sais quoi et je m'en foutais, Dan tenta d'attirer ma furie dans sa seule direction et récolta, pour la peine, un bel uppercut du droit dans la mâchoire. S'engagea alors une drôle de danse, chorégraphie pour ruines ensablées. Pour chacun de mes pas en avant, Dan en faisait deux en arrière. Et cette fuite, plus encore que les provocations de Davidson, semblait réveiller des instincts millénaires de chasseur et bête traquée. Nous nous éloignions peu à peu des deux filles (dont je saurais plus tard les détails vagues de leur bagarre : Susan Davidson n'avait guère perdu de temps à me poursuivre, préférant se reporter sur Sophia pour un crêpage de chignon en règle) et ma cervelle commença à reprendre le dessus et à questionner le pourquoi de mon ire irraisonnée. Encore quelques mètres supplémentaires et je me sentais vaguement nauséeux, reléguant la colère sur la seconde marche. Je m'affalai contre le mur le plus proche et ce fut ce moment que le poing de Dan choisit pour m'arracher un cri. J'imagine que je l'avais bien cherché.

Mon agressivité refluait tandis que mon malaise grimpait les échelons trois par trois.

* Merde.... c'était quoi ça ? *

Après sept années passées à Serdaigle et quatre autres à Unicorn Ring, mon cerveau était plutôt rodé au jeu des devinettes. Mes neurones mirent en commun tout ce qu'ils avaient glané au cours de notre début d’aventure dans les ruines de Qasr al-Ghoueita pour mettre en place une sorte de diagnostique des évènements récents. Après deux minutes de cogitations intensives, je ne doutais plus que Davidson et moi-même avions été victime d'une autre des malédictions placées dans les ruines par des gens ayant vécu des siècles avant nous, et ce, en vue de protéger les trésors que recelait le temple. Et, si je n'en avais pas fait les frais, j'aurais trouvé l'idée génialissime. De toute évidence, ce qui devait être un sortilège aux intonations belliqueuses était d'une efficacité redoutable. Qui se préoccupait de récupérer reliques et bijoux anciens quand il était tout entier concentré à mettre ses partenaires en charpie ? Même les pilleurs solitaires ne devaient pas résister à ce maléfice, s'en prenant probablement à eux-mêmes ou au ruine ou à quoi que ce soit qui passait à leur portée. A la réflexion, je trouvais étrange qu'il n'y ait pas plus d'ossement à encombrer ce passage. Et frémis à cette idée. Ce périple gagnait sans cesse quelques échelons en direction du lugubre.

Pendant que je me perdais en vaines réflexions (dans notre cas de figure, rien ne prévalait l'action, semblait-il), notre chère Susan avait décidé de reporter son agressivité sur Sophia. Du moins était-ce vraisemblablement son intention avant que Dan ne se décide à essayer de les séparer, gagnant le champ d'action du sortilège (dont j'étais miraculeusement sorti) et succombant à la vague de violence qui nous avait tous submergés à tour de rôle. C'était donc à moi d'agir, et je n'avais pas la plus petite idée de la manière dont m'y prendre. Non seulement, j'avais encore le corps qui résonnait des coups que 'javais subi (et donné) mais je me trouvais trop loin d'eux pour intervenir physiquement... et je ne comptais pas me risquer à une nouvelle contamination révoltée. De toute évidence, tous les appels à la non-violence, tous les discours du monde ne ferait que les entraîner un peu plus loin dans leurs extrêmes. Je ne me souvenais que trop bien comment la simple intervention de Sophia m'avait fait monté la moutarde au nez (et ce n'était pourtant que maintenant que les sous-entendus de sa question me paraissaient clairs... et injurieux). Il ne me restait plus que ma magie, ce qui ne me paraissait, pour l'instant, d'aucune utilité.

* A moins que... *

Me revinrent en mémoire quelques images d'une sortie à Londres où j'avais (re) croisé le chemin d'Alix Twain. La foule se pressait alors pour assister à l'évènement de la diffusion du film interdit, « Commandeur » de Georges Lucas. Dès l'ouverture des portes, cela avait été une ruée sans pitié, où les fans et les curieux bousculaient tout sur leur passage, quitte à piétiner leurs concitoyens. Pour nous tirer d'affaire, Alix et moi, je n'avais rien trouvé de mieux que de nous jeter un...

- Levicorpus !

J'avais pris le temps de viser Sophia avec soin, ce qui n'était pas une mince affaire, compte tenu de l'agitation ambiante. A mon grand soulagement, elle semblait étrangement en marge de la bagarre générale et n'avait été que plus facile à désigner de ma baguette. D'un autre sortilège (Mobilicorpus), je l'avais fait venir jusqu'à moi puis descendre en douceur, le temps, j'espère, qu'elle reprenne ses esprits.

Pendant ce temps, inconscients de mon petit manège, Dan et Susan continuaient de s'entretuer joyeusement. A ma grande honte, j'hésitais une demi-seconde à intervenir. Demi-seconde que j'employais à m'enquérir de l'état de Sophia et de la serrer étrangement contre moi. Le contre-coup des émotions vous fait vraiment faire n'importe quoi. Bref. Enfin, me décidai-je à œuvrer pour les séparer. Dan le premier que je souhaitais mettre à l'abri de cette folle furieuse. Même manège qu'avec Sophia, sauf que, cette fois, Davidson sembla prendre conscience de ce qui se passait et s'accrocha au pantalon de Dan. Je n'avais dosé mon sortilège que pour une personne et tous deux retombèrent au sol dans une grande gerbe de poussière et de sable.
Je résistais alors à grand peine de jeter un sort d'immobilité à Davidson mais je savais que j'en entendrais encore parler pendant un peu plus de deux siècles. Aussi m'abstins-je. Je profitai de ce que leur chute les avait momentanément séparés pour répéter ma manœuvre et rapatrier Dan en lieu sûr. Une fois arrivé à bon port, j'hésitai une nouvelle demi-seconde, en l'honneur de l'inimitié que m'inspirait notre coéquipière. Je pouvais la laisser là, non ? Non. Là aussi, je risquais de m'attirer une autre centaine d'années de tirades agressives et revanchardes. Sans façon.
Dernière manipulation. Levicorpus puis Mobili Corpus.

Une fois regroupés tous les quatre, un lourd silence s'abattit sur nous, le temps que chacun et chacune reprenne ses esprits. Et puisque, en théorie, c'était moi le boss de l'expédition, je décrétai une pause pour nous remettre de nos émotions et savourer (sic) nos retrouvailles récentes.
Nous en profitâmes pour prendre un petit encas et descendre un ou deux bouteilles d'eau minérale. J'étais celui qui avait l'esprit le plus clair, aussi remplis-je le silence avec le récit de nos aventures, à Davidson et à moi, en essayant d'être le plus objectif possible (c'est-à-dire en reconnaissance les mérites de Susan à leur juste valeur et sans oublier mes propres maladresses) et détaillant au maximum nos différentes péripéties. Pour ce que j'en savais, le moindre détail pouvait se révéler essentiel. Au terme de mon compte-rendu, je m’enquérais de la santé de tous avant de me tourner vers Sophia et:

- Et vous, de votre côté... comment ça a été ? Vous avez fait des découvertes, hum, intéressantes ?

Si je m'adressai à elle, ce n'était pas tout à fait dans le but de négliger Dan. Je me fiais plus à Sophia. A ses avis. Ses remarques. Ses réflexions. Oui, j'avais confiance en elle.
En attendant sa réponse, j'essayais de la détailler pour décrypter sur son visage et son corps les séquelles de leur expédition à eux, des difficultés qu'ils avaient pu avoir. Mais notre bout de couloir était juste assez éclairé pour discerner les formes et de vagues couleurs. J'aurais pu continuer mon inspection à la lueur d'un Lumos Maxima mais la soumettre à ceci me paraissait manquer de tact et je ne désirais pas susciter un malaise plus grand que celui qui était déjà le nôtre.
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Sophia R. Keeblyn
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MessageSujet: Re: Sham versus the world   Ven 20 Juil 2012 - 15:41

Rire un bon coup faisait le plus grand bien à Sophia. Relâcher la pression, enfin, sans avoir à s’inquiéter, juste pendant quelques instants, de ce qui allait leur tomber dessus, de ce qui pouvait tomber sur Sham et Susan où-qu'ils-soient ou ce qu'ils allaient devoir faire ou affronter pour sortir de là. Personne ne pouvait les blâmer de rire un peu, ils étaient trempés, glacés jusqu'aux os à cause de la température basse de l'eau et de l'endroit, et encore un peu secoués d'avoir - encore - crut mourir à cause des tours de cette pyramide. Non, rire leur faisait vraiment du bien. Et puis, ils s'étaient tous les deux mis dans une position des plus étranges, après il ne fallait s'étonner de provoquer le rire, ils ne faisaient que récolter ce qu'ils avaient semé. Surtout qu'en y réfléchissant bien, ils n'auraient jamais du être retrouvés comme ça, après tout, Sham et Davidson avaient consciencieusement passé tout le temps en groupe à se bouffer le nez. Mais apparemment, leurs éclats de rire n'étaient pas vraiment du goût des deux autres. Ils semblaient d'ailleurs, vraiment très en colère, pourtant, ce n'était pas méchant, ils ne voulaient pas les blesser. Ou du moins, ce n'était pas l'intention de Sophia. D'ailleurs, ça ne ressemblait pas à Sham de réagir aussi violemment, et elle parlait en connaissance de cause, elle avait déjà eu plusieurs fois l'occasion de le mettre vraiment en rogne, pourtant, il ne s'était jamais mis aussi en colère, c'était plutôt ça qui était vraiment très étrange. Sophia arrêta de rire en voyant son ancien soumetteur se jeter littéralement sur eux, avec l'impression qu'il s'apprêtait à la frapper, Dan apparut, avec un réflexe qu'il devait sûrement au fait que l'adrénaline circule encore dans ses veines et détourna Sham d'elle, récoltant pour son beau geste rien d'autre qu'un coup de poing dans le visage.

Sophia se recula pour se mettre hors de portée de leur dispute, voyant que même Dan, qui était pourtant un chic type qui préférait visiblement le confort d'une bibliothèque à l'action du terrain - ce qui était aussi, au passage ce que Sham était censé aimer faire - même Dan se lançait à corps perdu dans cette bagarre, ça ne leur ressemblait tellement pas, ni à Sham, ni à Dan, et plongée dans ces observations, Sophia rata la gifle que Susan lui destinait. La jeune femme porta la main à sa joue, choquée et sonnée avant de voir sa co-équipière se jeter de nouveau sur elle. Et soudain, la colère la saisit, un état de rage qu'elle ne se connaissait pas du tout. Un état où il n'y avait plus de réflexion possible, juste de l'action. Sophia rendit sa gifle à Davidson, y mettant toute sa force, et se fut son tour de se jeter sur elle, essayant par tous les moyens qu'elle connaissait de lui faire mal. Lui tirant cheveux, vêtements, tout ce qu'il lui tombait entre les doigts finalement, griffant, mordant où elle le pouvait, peut importait le moyen, seul comptait le résultat en fin de compte. Faire mal, détruire. Il lui semblait tout d'un coup que Davidson était responsable à elle seule de tous les problèmes qu'il y avait dans sa vie, et que la détruire allait y remédier. Pour cela, il suffisait de la frapper, de profiter de chaque opportunité qui se présentait à elle, sachant qu'en plus, remarqua une voix lointaine dans sa tête avec un sourire carnassier, c'était qu'elle avait un net avantage sur Davidson, c'était que toutes ses plaies et petits bobos se soigneraient gentiment tous seul une fois sorti de la pyramide, alors qu'elle resterait morte dans son couloir.

Et d'un coup, Dan était là, les tirant chacune d'un côté comme pour les séparer. Mais est-ce qu'on lui avait demandé quelque chose à lui ? Pour sa peine, il récolta un coup de poing de Susan d'un côté et une gifle de Sophia de l'autre, ce fut à son tour de céder à la colère, il repoussa Sophia qui s'apprêtait à le mordre avec une violence qui ne lui ressemblait pas et se lança dans un combat acharné avec Davidson, allant jusqu'à l'entraîner par terre, visiblement bien décidé à lui faire manger la poussière. De son côté, Sophia heurta le mur le plus proche, le souffle coupé, elle se laissa tomber par terre en portant une main à sa tête. Les voir se battre sans elle semblait être une aberration qu'elle se devait de corriger, mais alors qu'elle se relevait pour se jeter dans la mêlée, ses pieds quittèrent le sol. La jeune femme pesta de rage, se débattant et griffant les airs en voyant les objets de sa haine en train de s'éloigner d'elle. Mais plus elle s'éloigna, plus elle se sentait mal, comme si elle ressortait d'un tunnel, avec la tête qui tournait et la nausée.

Elle finit par atterrir à côté de Sham, qui semblait avoir récupérer son calme. La jeune femme se laissa serrer en aillant l'impression de n'être rien d'autre qu'un pantin désarticulé et pour répondre à sa question, se contenta de hocher du chef, elle allait plutôt bien, dans la mesure où c'était possible. Une telle colère ne lui ressemblait absolument pas, et même si elle ne se contrôlait pas toujours, et plus particulièrement ses mots, elle contrôlait suffisamment ses gestes pour ne pas se laisser aller à la violence ainsi. Elle profita que Sham se détourne et s'occupe des autres pour se laisser glisser par terre et mettre la tête entre ses genoux le temps de faire partir la sensation convalescence-de-la-grippe-qui-tue. Elle aurait du être en train d'aider son ancien Soumetteur, même sans baguette essayer d'être utile au moins dans le mesure de ses moyens, devinant que sous cet accès de violence qui les avait tous pris se cachait un nouveau sortilège de la pyramide. Mais plus violent que les autres celui-là.

* Allez Sophia, tu respires un bon coup et c'est reparti *


Plus facile à penser qu'à faire, tout son corps lui faisait mal et son visage la tirait, en y passant la main, elle découvrit plusieurs griffures profondes, sûrement celle que Susan avait du lui faire en retour et qu'elle n'avait pas du sentir sur le moment, croyant être intouchable. La jeune femme se força néanmoins à se remettre en selle et se releva juste à temps pour aider Dan à tenir debout après que Sham l'ait ramené jusqu'à eux en sécurité, là où le sortilège ne semblait pas avoir d'effet. Elle l'aida à s'asseoir, lui conseilla de faire comme elle et lui frictionna le dos en regardant Sham faire venir Susan jusqu'à eux, remarquant qu'il semblait vraiment hésiter à le faire.`

Elle acquiesça avec reconnaissance la pause stratégique que Sham proposait. En profitant pour essorer ses cheveux, ses vêtements et essayer de sécher comme elle le pouvait sans trop se découvrir, préférant rester mouillée plutôt que de choper la crève en retirant une couche dans ces couloirs froids. N'écoutant que d'une oreille distraite tout ce qu'avaient fait Sham et Susan pendant leur absence, notant silencieusement la façon dont il mettait sa partenaire en avant. Ce qui était assez étrange si on notait l'hésitation qu'il avait montré à la sauver. Et alors que Sophia aurait mille fois préféré se terrer dans un grand silence pour profiter de la pause comme elle le pouvait, Sham se tourna vers elle - au lieu de se tourner vers Dan, qui était quand même le plus qualifié des deux - avec l'air d'attendre un compte rendu de ce qu'eux avaient fait. Elle se dépecha d'avaler sa gorgée d'eau, s'étouffant à moitié pour lui répondre.

- On a … pfou … survécu comme on pouvait. Il y a une bande de sorciers qui traînent dans la pyramide, apparemment … enfin, on aurait dit qu'ils protégeaient la pyramide ou quelque chose comme ça. Et puis, il y a beaucoup de salles magiques, on a été pris dans une sorte de lac de glace ou … je sais pas et … et oh ! Oh !

Sophia se retourna vers Dan avec enthousiasme, l'objet qu'ils avaient trouvé dans la première salle, c'était ça qu'ils cherchaient ! Mais est-ce qu'ils l'avaient toujours ? Dan avait caché sa baguette à temps avant d'être arrêté, mais est-ce qu'il avait fait pareil avec ce truc ? Elle claqua des doigts en essayant de trouver un nom au truc, mais Dan sembla comprendre quand même ce qu'elle voulait dire et fouilla ses poches avant de lui tendre le petit globe vert. Sophia le présenta au centre de sa paume avec un sourire éclatant

- Regarde ! On l'a trouvé ! On peut rentrer chez nous !

Au visage déconfit de Dan, elle comprit toute seule qu'elle avait sûrement dit une grosse connerie, et qu'elle aurait sûrement mieux fait d'écouter pendant les séances de recherche au lieu de simplement faire acte de présence pour Dolorès.

- En fait non, ce n'est pas l'Akribeum, mais c'est une sorte de clé. Qui doit permettre d'ouvrir la porte. Je ne sais pas si c'est la seule ou s'il y en d'autres ou pas …

Sophia soupira profondément, même ça, elle n'était pas capable de le faire correctement. Elle le tendit néanmoins à Sham avec un air déçu et se recula contre le mur pour continuer de manger.

- Qu'est ce qu'on fait du coup ? On continu ou on repart ?

Très bonne question, Dan.




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